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Face aux enjeux climatiques et économiques, l’agriculture doit sans cesse innover. L’agrivoltaïsme, qui associe production d’électricité solaire et culture des terres, s’impose progressivement comme une réponse concrète. Parmi les technologies utilisées, les trackers solaires suscitent un intérêt croissant. En suivant la course du soleil, ces dispositifs augmentent le rendement énergétique des installations photovoltaïques. Mais sont-ils réellement adaptés au monde agricole ? Éléments de réponse.
Mieux produire grâce aux trackers solaires
Un tracker solaire permet d’orienter automatiquement les panneaux photovoltaïques en fonction de la position du soleil. Cette mobilité permet d’augmenter considérablement la production d’électricité par rapport à une installation fixe.
L’utilisation des trackers solaires agricoles dans les exploitations ne se limite pas à la production d’électricité. Ils peuvent également contribuer à une gestion plus efficace des terres en permettant de conserver certaines cultures ou prairies sous les installations. Cette approche combine ainsi production d’énergie et maintien d’activités agricoles, ouvrant la voie à des pratiques d’agrivoltaïsme où la production alimentaire et la production d’énergie se complètent mutuellement.
Selon les modèles, le gain peut atteindre entre 15 % et 30 %. Les trackers à un axe suivent le mouvement du soleil d’est en ouest, tandis que les modèles à deux axes ajustent également l’inclinaison verticale, maximisant ainsi l’exposition tout au long de la journée.
Cette efficacité énergétique permet aux exploitations de viser une autonomie électrique accrue, voire de générer un surplus revendable, tout en gardant une partie des terres productives.
Un outil au service de l’agrivoltaïsme
Les trackers peuvent être installés au-dessus de cultures ou de pâturages sans empêcher leur exploitation. Cette configuration optimise l’utilisation des terres agricoles tout en apportant des effets bénéfiques aux plantes : ombrage modéré, réduction du stress hydrique, conservation de l’humidité des sols.
Des expérimentations montrent que certaines cultures, comme les salades, les épinards ou certaines plantes fourragères, présentent de meilleurs rendements sous ombrière légère, avec un arrosage réduit jusqu’à 20 %.
Ce double usage des sols inscrit les trackers solaires dans une logique d’agrivoltaïsme performant et durable.
Comparatif des technologies disponibles
Le choix du type de tracker dépend des besoins énergétiques, du terrain et du budget disponible.
| Type de tracker | Mouvement | Gain estimé | Coût d’installation | Entretien |
|---|---|---|---|---|
| À un axe | Est-ouest | 15 à 20 % | Modéré | Faible |
| À deux axes | Est-ouest + inclinaison | 25 à 30 % | Élevé | Plus technique |
Pour les exploitations moyennes, un tracker à un axe offre un bon compromis entre rendement et coût. Les modèles à deux axes, plus complexes, conviennent mieux aux fermes photovoltaïques de grande taille.
Exemples concrets d’installations agricoles
Certaines exploitations françaises et européennes ont déjà franchi le pas avec succès.
- Sud-Ouest de la France : une ferme céréalière a équipé 5 hectares de trackers à deux axes. Résultat : +25 % de production, autoconsommation complète, et vente d’excédents au réseau, générant une source de revenus complémentaires.
- Portugal : une coopérative laitière a installé des trackers à un axe. La production couvre les besoins en électricité des salles de traite et des chambres froides. La facture énergétique a baissé de 40 %, permettant de réinvestir dans l’amélioration des équipements agricoles.
Ces retours d’expérience confirment que les trackers sont adaptés à une exploitation agricole bien dimensionnée et ouverte à la transition énergétique.
Contraintes et conditions de réussite
L’installation de trackers solaires implique un coût initial plus élevé que les panneaux fixes. À cela s’ajoute la nécessité d’un entretien régulier pour garantir le bon fonctionnement des moteurs et systèmes de rotation.
Cependant, les avancées technologiques ont permis de fiabiliser les modèles récents et de limiter les pannes. L’amortissement d’un tel investissement est estimé entre 7 et 12 ans, en fonction :
- du niveau d’ensoleillement,
- des aides publiques disponibles,
- et de la capacité à valoriser l’électricité produite (autoconsommation ou revente).
Certaines aides européennes ou régionales couvrent jusqu’à 40 % du montant total, ce qui rend l’installation plus accessible.
Choisir un fournisseur fiable
Il est essentiel de sélectionner un fabricant de tracker solaire reconnu, capable d’offrir non seulement du matériel performant, mais aussi un service après-vente réactif et des garanties solides.
Avant de s’engager, il est recommandé de vérifier :
- la résistance au vent des structures,
- la compatibilité avec les équipements existants,
- les certifications techniques (TÜV, IEC),
- les modalités de maintenance et la réactivité du service après-vente.
Certaines entreprises proposent également des formations pratiques pour les agriculteurs, facilitant la maintenance au quotidien.
Enjeux environnementaux et perspectives d’évolution
Au-delà de la performance énergétique, les trackers solaires répondent à des préoccupations environnementales majeures. En maximisant la production d’énergie renouvelable, ils contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
L’agrivoltaïsme favorise également la biodiversité en maintenant l’usage agricole des terres et en limitant l’artificialisation. Des études indiquent que l’ombrage partiel peut ralentir l’érosion des sols et préserver les micro-organismes essentiels à la fertilité.
Les évolutions à venir, notamment l’intégration de capteurs météorologiques ou d’intelligence artificielle, devraient encore améliorer la rentabilité des trackers. Ces technologies permettront d’ajuster la position des panneaux en temps réel selon les conditions précises, optimisant ainsi la production à chaque instant.
Conclusion : des équipements à fort potentiel, à condition d’être bien maîtrisés
Les trackers solaires s’imposent comme une solution crédible pour les exploitations agricoles cherchant à optimiser leur autonomie énergétique sans sacrifier la productivité des terres. Leur rendement supérieur, leur compatibilité avec les systèmes agrivoltaïques et leur durabilité en font un investissement stratégique.
Toutefois, leur succès repose sur une analyse rigoureuse du projet, une bonne intégration technique et un accompagnement de qualité. Pour aller plus loin, il est pertinent d’envisager les trackers dans une démarche globale d’efficacité énergétique de l’exploitation, en les combinant par exemple à des systèmes de stockage ou à une gestion optimisée de l’irrigation.




