Villes: des « puits de carbones »

Une étude publiée récemment dans le Journal of Applied Ecology a montré que les espaces verts peuvent apporter leur contribution au stockage de carbone et faire des villes des « puits de carbone urbain ».

A la suite d’une observation de la ville de Leicester dans les Middle Highlands, au centre de l’Angleterre, abritant 300 000 habitants sur 73 km2, les scientifiques ont mesuré la capacité à absorber le CO2 des parcs, jardins, zones industrielles abandonnées, golfs, berges et accotements des routes et ont trouvé que 231 000 tonnes de carbone ont été captées par ces espaces.

Les zones urbaines ne sont d’ordinaire jamais prises en compte comme source de photosynthèse. L’étude montre que leur contribution peut être significative.

Bien sûr les espaces verts dans les villes ne peuvent faire oublier l’impact néfaste de la pollution urbaine sur le réchauffement climatique. Aussi les « puits de carbone » ne seront certainement pas suffisants pour compenser les énormes émissions de carbone des activités humaines et du monde. Mais cela laisse à réfléchir. Alors qu’environ 4 % de la surface terrestre est urbanisée, et que la population mondiale s’élève à sept milliards aujourd’hui, pour croitre à près de 9,5 milliards d’individus d’ici à 2050, il va devenir essentiel de favoriser les dispositions des villes à absorber le carbone, en encourageant par exemple les jardiniers à planter des arbres plutôt que des pelouses ou des arbustes.

Les nuisances de l’éclairage public

L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie) relance le débat sur la problématique de l’éclairage public. Dans l’une de ses études, relayée par le quotidien L’Est-Eclair, elle indique ainsi que « l’éclairage artificiel public occasionne 37 % des dépenses en électricité des municipalités, soit 7,10 € par habitant et par an en moyenne ».

Les motifs avancés par les municipalités pour justifier ces dépenses sont connus. Celles-ci mettent en avant l’apport pour l’esthétique des villes de l’éclairage public, ainsi qu’une nécessité de lutter contre l’insécurité. Mais selon le quotidien, son efficacité en matière de sécurisation « n’a jamais été démontrée ».

En outre, l’ADEME souligne qu’actuellement, près de neuf millions de lampes sont utilisées en France dans le but d’éclairer les villes et les campagnes, pour une consommation estimée à 5,6 térawatts par heure, soit l’équivalent de la production annuelle d’un réacteur nucléaire.

Un tel sur-éclairage aurait des conséquences importantes sur notre organisme, de même que sur la faune. La sécrétion de mélatonine – l’hormone du sommeil – chez l’Homme, diminuerait ainsi sous l’influence de la lumière artificielle environnante. Or, celle-ci contribue à stabiliser la tension par exemple. Les espèces animales, comme les oiseaux ou les chauves-souris, verraient pour leur part leurs repères s’estomper et seraient alors considérablement désorientées. Enfin, les insectes  trouvent dans la pollution lumineuse une grande cause de mortalité, devenant des proies faciles.

Des progrès devront donc être réalisés dans les années à venir, afin de rendre l’éclairage public plus durable. Poursuivant cet objectif, l’association Cluster Lumière qui regroupe les acteurs de de la filière, organisera le 29 septembre les premières rencontres sur le thème de la performance et de l’efficience durables dans l’éclairage public à Paris. Nous verrons ce qu’il en sortira.