Bahamas : la pêche au requin interdite

Après une longue campagne de sensibilisation contre la surpêche des requins et la publication d’un rapport sur leur rôle important dans l’écosystème, l’association américaine Pew Environment Group (Peg) a eu raison des réticences des autorités au Bahamas ; la pêche au requin y est aujourd’hui interdite. La pêche à la palangre – une technique de pêche – y était déjà interdite depuis 20 ans mais les pêcheurs commerciaux pouvaient toujours capturer des requins à l’aide de méthodes moins populaires…

Dans le rapport publié en juin, l’association explique que la surpêche est responsable chaque année de la disparition de 73 millions de ces grands prédateurs, recherchés principalement pour leurs ailerons consommés dans une soupe traditionnelle chinoise. C’est un commerce très lucratif, en hausse ces dernières années, qui entraine cependant la disparition annuelle de 73 millions de ces poissons. L’association avait vivement sonné l’alerte lorsqu’une entreprise localisée dans l’archipel avait déclaré vouloir exporter les ailerons vers Hong Kong, en Chine.

 

Une préservation lucrative

Les Bahamas ont prohibé la pêche et le commerce du requin dans ses eaux territoriales (630.000 km2). Ceci n’est pas sans bénéfices pour l’archipel qui retire chaque année 80 millions de dollars de la plongée aux requins.

La préservation a été compliquée à mettre en place et l’embargo sur le commerce d’ailerons de requins est difficile à maintenir. La Californie, aux Etats-Unis, a maintes fois tenté de l’appliquer mais la résistance de sa population sino-américaine l’oblige souvent à revoir ses positions à la baisse.

Les Bahamas sont aujourd’hui le dernier pays en date à interdire la pêche au requin. Parmi les plus grands consommateurs, la Chine a pris peu d’initiative dans ce sens, à l’exception notable de la proposition du milliardaire et député chinois Ding Liguo, qui a demandé cette année un embargo total sur le commerce d’ailerons de requins.

Sur la plage de « Jaws » de l’île principale de l’archipel, les caméras avaient pris place pour le tournage des « Dents de la mer » en 1975. L’an dernier encore, les restes d’un plaisancier, porté disparu de cette plage, étaient retrouvés dans l’estomac d’un requin-tigre. Le requin alimente toujours les peurs les plus fantasmées parfois fondées. De nombreuses personnes s’interrogent : aurions-nous tort de protéger un mangeur d’Homme ? La protection de la nature passe finalement par la fin d’une vision anthropocentrée pour une perspective plus lointaine…bénéfique pour la planète, et finalement aussi pour l’Homme.

Source: cyberpress, tahiti-info

 

Le requin plus rentable en vie plutôt qu’en soupe

http://aileronsderequins.blogspot.com/L’Australian Institute of Marine Science (AIMS) a mené une étude aux Palaos, un archipel du Pacifique au nord de l’Indonésie.

Pour réaliser de la soupe de requins, on utilise simplement l’aileron soit 2% de l’animal. Un aileron peut se vendre de 50 à 80 $ la pièce et coute la vie de 73 millions de requins par an. Le commerce d’ailerons de requins représente donc 4,830 millions de retombées chaque année.
Or un requin vivant peut générer au cours de sa vie jusqu’à deux millions de dollars en retombées touristiques pour le pays dont il fréquente les côtes. Ainsi si les 73 millions d’individus étaient sauvés, ils pourraient engranger jusqu’à 146 milliers de milliards pour le tourisme soit 2,920 milliards par an – si on considère que les requins ont en moyenne 50 ans d’espérance de vie.

Le calcul est rapidement fait, le requin est plus rentable en vie plutôt qu’en soupe. Ce constat « peut inciter plusieurs pays à voir les requins comme bénéfiques à l’océan et au bien-être financier », espère Matt Rand du Pew Environment Group, le commanditaire de l’étude.

Conscient du fait, l’archipel des Palaos est devenu le premier sanctuaire mondial des requins en 2009. L’archipel a été suivi dans l’idée par les îles Fidji ou les Bahamas. Les chiffres sont toujours à nuancer, certes, mais il suffit parfois de rationaliser les gains pour voir que protéger la nature n’est pas toujours si coûteux…

Sources : rtbf.be, radio-canada.ca