Présidentielle. L’écologie oubliée ?

Photo: letegramme.com

L’écologie, thème central de la présidentielle de 2007 suite au Pacte écologique lancé par la Fondation Nicolas Hulot, serait-elle un sujet oublié de la campagne présidentielle 2012 ? Energie, biodiversité, agriculture, développement renouvelable, autant de sujets qui ne sont pas les premières préoccupations des candidats. France Nature Environnement, fédération de 3000 associations pour la protection de l’environnement, avait interpellé les candidats en janvier dernier sur les thématiques écologiques, elle dresse aujourd’hui un bilan mitigé.

Fer de lance de la campagne : la crise économique

L’écologie n’est pas absente des programmes, certaines propositions ont été faites, notamment sur la sortie du nucléaire. L’énergie est le seul point commun des divers discours énoncés jusqu’ici. Selon Bruno Gentil, le président de FNE « on a un peu parlé d’écologie, mais pas beaucoup ». En regard de la situation actuelle, le sujet principal des politiques est devenu la crise économique, laissant ainsi l’environnement loin derrière les principales préoccupations de la campagne.

Le désintérêt pour l’écologie ne se cantonne pas à la sphère politique. En effet, un sondage IFOP réalisé au mois d’avril, révèle que seulement 27% des Français « jugent que la protection de l’environnement est « tout à fait prioritaire ». Contre 71 % pour le chômage ». Si l’on juge que les thèmes de campagne doivent répondre aux préoccupations des électeurs, la question environnementale ne doit toutefois pas être mise au rebus.

Propositions : l’importance du nucléaire

Tous les candidats parlent de développement durable, mais dans l’ensemble tous restent peu précis, flous. Ils ne se prononcent pas clairement pour la mise en place de mesures environnementales et n’apportent pas de réelles solutions. Peu se mobilisent pour une transition énergétique franche, qui signifierait une économie d’émission de CO2 dans l’atmosphère et la sortie du nucléaire. Concernant l’agriculture biologique et les OGM, les candidats ne remettent pas en cause les engagements pris au Grenelle de l’environnement « comme la réduction de 50% de l’usage des pesticides d’ici 2018 » et « 20% de surface agricole pour l’agriculture biologique en 2020 ». Quant à la préservation de la biodiversité, le sujet est très peu abordé par les candidats.

La sortie du nucléaire est restée la question la plus débattue lors de la campagne. Les diverses propositions montrent que tous les présidentiables se sont tous prononcés sur ce dossier. Sur son site, Greenpeace propose une carte interactive reprenant la position des différents candidats :

–          Eva Joly sera « la candidate de la sortie du nucléaire », qu’elle prévoit pour 2030.
–          Philippe Poutou déclare qu’ « il faut transformer radicalement le secteur énergétique et décider immédiatement de la sortie du nucléaire ». Le candidat voudrait sortir du nucléaire d’ici une décennie.
–          Pour François Bayrou : « il se posera dans ce laps de temps [2050], à la fois la question des fermetures des centrales en fin de vie, et celle de leur renouvellement. »
–          Jean-Luc Mélenchon : « nous proposerons un débat public national immédiat ».
–          Selon Nicolas Sarkozy « sortir du nucléaire reviendrait à se couper un bras ».
–          « La sortie du nucléaire, je n’y suis pas favorable », déclare François Hollande.
–         Pour Nicolas Dupont-Aignan « le nucléaire est aujourd’hui est forme d’énergie dont il est impossible de se passer à court terme ».

Un bilan mitigé

Malgré le « grand oral » soumis aux candidats par FNE, il n’y a pas eu lors de la campagne de paroles percutantes ou de réelles solutions concernant l’environnement. Nicolas Hulot a présenté dernièrement son inquiétude « devant la disparition des enjeux environnementaux de la campagne 2012 ». Selon lui « la vraie crise, celle qui va saper tous nos acquis démocratiques, économiques, sociaux, c’est la crise écologique, si on n’y prend pas garde ». A une semaine du premier tour, les propositions restent peu nombreuses et les avis non tranchés. C’est pour cela que le Réseau Action Climat-France composé de Greenpeace, WWF France, Amis de la Terre, Réseau Action Climat, Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, France Nature Environnement, interpellent les candidats à l’élection présidentielle dans une lettre par laquelle ils demandent un débat consacré à l’énergie et à l’environnement. Il se déroulerait entre les deux tours de l’élection et mettrait les deux candidats face aux ONG qui les questionneraient sur des thèmes comme l’énergie, l’agriculture ou la biodiversité, sur lesquels ils souhaitent des engagements clairs.

Source : LeMonde.fr