Philippines : l’OMC encourage les PPP

© Copyright 2010 CorbisCorporation

Fin mars, l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a publié la quatrième revue des politiques commerciales des Philippines. Dans le document, « plusieurs membres de l’OMC ont exprimé leur espoir que la récente initiative » du gouvernement des Philippines « en matière de partenariat public-privé (PPP) puisse encourager l’investissement dans les grandes infrastructures ».

Ce souhait des professionnels de l’OMC concorde avec le rapport du secrétariat général de l’institution internationale selon lesquels « les bons résultats des Philippines sont, néanmoins, « en deçà de ses possibilités ». Le pays, dont les infrastructures ne sont pas tout à fait adaptées, devrait, selon les experts, chercher à booster sa productivité « de façon à soutenir la concurrence des producteurs à bas coûts des pays voisins ».

Les centrales électriques concernées par les PPP

Deux documents, publiés fin avril, par le Service économique régional (SER) de l’ambassade de France, l’un intitulé « Fiche sur le programme de partenariats public-privé aux Philippines » et l’autre « Pipeline of PPP Projects », font part des priorités de l’initiative sur les PPP. Elles portent sur « les infrastructures » telles que « les aéroports, transports en commun, centrales électriques » ainsi que sur les technologies d’information ou les services sociaux.

Les biocarburants soutenus à travers le plan d’investissements prioritaires

Le ministère de l’Industrie et du commerce a établi, parallèlement, « des priorités en matière d’investissement, dans le cadre de son Plan d’investissements prioritaires (IPP) ». La production de biocarburants et l’agriculture biologique ont été ajoutées à cette liste établie en début d’année, qui concernait déjà les secteurs suivants : agriculture, pêche, industries créatives (technologies de l’information, décidemment !) construction navale, logement, énergie, transport, eau, logistique, déchets, voies de communication, oléoducs et gazoducs, recherche et développement.

Des investissements toutefois faibles aux Philippines

Dans le pays, les investissements directs étrangers (IDE) sont faibles, selon lemoci.com. Le gouvernement veille au contrôle par les nationaux des secteurs jugés les plus importants, tels que « l’agriculture, la pêche et de nombreux services ». Le pouvoir en place « incite à s’implanter dans des zones industrielles d’exportation (ZIE) les opérateurs extérieurs qui veulent s’engager dans les activités manufacturières, en profitant d’aides fiscales substantielles ». Leur participation « dans les marchés publics » est toutefois « volontairement limitée ».

Sources : Lemoci.com

L’ONU soutient les Partenariats Public Privé (PPP)

Source: Fotosearch

Au cours d’une réunion de l’ONU organisée le 2 juin dernier à New York, les représentants des nations se sont interrogés sur la manière de « donner accès à l’électricité, de manière durable et économiquement viable, au quelque 2,5 millions de personnes qui sont mal reliées ou qui ne sont pas reliées à un réseau ».dans le monde.

Après avoir lu et commenté les conclusions d’un rapport sur les Partenariats public-privé (PPP) publié par l’organisation, les Etats ont été invités à s’inspirer des expériences de PPP réussies, à l’exemple du partenariat entre les communautés, le gouvernement local et le Partenariat mondial pour la création d’une station hydroélectrique près de Chorriaca, en Argentine.

Le communiqué de presse de l’ONU décrit que l’objectif du rapport est « d’aider la communauté internationale à trouver des solutions pour approvisionner en électricité les millions de personnes « pauvres en énergie » dans le monde. »

Le PPP est-il LA solution ?

Tout d’abord, le PPP est conditionné à des choix rigoureux et pragmatiques, décris par le rapport :

– choisir une technologie électrique appropriée au lieu et aux conditions de vie ;

– avoir des objectifs de développement de l’énergie et des politiques claires sur le long terme, accompagnées d’un cadre juridique et de l’assurance d’un retour sur investissement voire de profits pour les investisseurs ;

– avoir des fonds suffisants pour la recherche et le développement d’énergies propres ;

– prendre des mesures pour optimiser la capacité du secteur privé à proposer ce qu’il sait faire de mieux dans le cadre d’un partenariat public privé ;

– entretenir des relations fortes entre les secteurs public et privé, et réaliser des accords d’achat de l’électricité assurant le secteur privé d’un retour sur investissement.

Et si les partisans de la formule PPP vantent sa rapidité de mise en œuvre et l’obligation de résultat pesant sur le partenariat, ses détracteurs pointent le coût des études qui limite la concurrence et le surcoût lié au financement privé. Il est important que les PPP ne puissent  servir d’artifice à l’Etat et aux collectivités pour ne pas s’engager financièrement et à long terme dans les investissements nécessaires, ici, à la production de l’énergie.

Selon Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, « la disponibilité de réserves d’énergies propres et fiables est essentielle pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement et combattre le changement climatique ».

Les PPP deviennent progressivement le cheval de bataille de l’ONU pour inciter les Etats membres à agir. Le partenariat mutualise les ressources et partage les coûts et les prises de risques entre le public et le privé favorisant ainsi la poursuite d’investissement dans le secteur de l’énergie.

La formule PPP constitue un outil efficace de gouvernance mondiale alliant action locale et acteurs internationaux. Le PPP permet de gérer la divergence intérêts, les motivations et des enjeux des parties prenantes publics et privés afin d’atteindre les résultats fixés initialement. A l’échelle mondiale, les résultats d’une bonne gouvernance s’observent, d’après les différentes organisations internationales, dans la transparence, la participation, l’imputabilité, l’efficacité et l’efficience, l’équité et l’orientation du consensus obtenus par les partenariats.