Les artisans pêcheurs s’associent aux ONG

Les artisans pêcheurs lancent un appel à Greenpeace et WWF, afin de faire entendre leurs voix dans le cadre de la renégociation de la PCP (Politique commune de pêche).

Les pêcheurs artisans de France et des régions d’Outre-mer ont lancé un appel pour créer une plateforme nationale, à l’instar du Danemark ou de l’Espagne. Si l’alliance avec les ONG peut sembler inattendue, Hélène Bourges, chargée de la campagne Océans à Greenpeace, explique que « les ONG et les petits pêcheurs sont d’accord sur ce que peut être une pêche durable ».

De même, les pêcheurs artisanaux soulignent qu’ils pratiquent depuis toujours une pêche responsable et durable contrairement aux grands chalutiers accusés de détruire les ressources halieutiques. « Il faut sortir du cliché amis des poissons contre les amis des pêcheurs », indique Elise Pêtre, chargée du programme pêche durable au WWF, ajoutant que la position des ONG n’est pas de se battre pour  « un océan sur lequel on aurait interdit toute activité ».

Absents de toutes les instances décisionnaires 

En pleine négociation à Bruxelles de la réforme de la Politique commune de pêche (PCP), Anne-Marie Vergez, patron pêcheur à Saint-Jean-de-Luz, au Pays basque, déclare : « nous voulons faire entendre la voix des petits métiers de la pêche parce que nous sommes absents de toutes les instances décisionnaires ». Cette dernière a présenté, avec ses collègues de l’Association des ligneurs de la Pointe de Bretagne et du Syndicat des petits métiers du Languedoc-Roussillon,  une déclaration commune de ces petits métiers « attachés à la protection de l’environnement marin, condition nécessaire à la continuité de notre activité ».

En Bretagne, les pêcheurs artisanaux se sont eux-mêmes imposés un arrêt biologique d’un mois de la pêche au bar, de même en Méditerranée où la pêche à l’anguille est suspendue volontairement pendant les trois mois d’été, alors que les décideurs à Paris et Bruxelles « attendent qu’un stock s’épuise pour prendre des décisions », explique Frédéric Reste, président du Syndicat des petits métiers du Languedoc Roussillon.

Crédit photo: Claude Robillard