L’UICN pour la conservation transfrontalière en Europe

L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature ou UICN, a communiqué récemment une nouvelle publication « Traverser les frontières pour la Nature : des exemples européens de conservation transfrontalière ». L’ouvrage traite de la conservation transfrontalière en Europe, ses défis comme ses faiblesses. Elle indique que « les actions de conservation impliquant plusieurs pays ont des bénéfices importants pour la nature et aident à résoudre les conflits sociaux et politiques. ».

Améliorer la conservation transfrontalière dans la région montagneuse

L’Union cherche à favoriser la coopération entre les pays se partageant les régions montagneuses, telles qu’entre l’Albanie, la Macédoine et la Mission d’Administration Intermédiaire des Nations Unies au Kosovo. Le passé politique et guerrier entre ces régions a permis de protéger pendant longtemps le site naturel. Le contexte a été difficile mais au final, ces terres « représentent désormais l’un des derniers sites naturels préservés en Europe, et comprend certaines des plus grandes populations d’espèces telles que l’ours, le loup et le lynx. »

Conservation transfrontalière : quels bénéfices ?

L’objectif du rapport est de promouvoir à présent la conservation transfrontalière entre ces pays, anciennement isolés. L’UICN reconnait dans cette option, des « intérêts économiques de grande échelle » en soutenant les migrations d’espèces et en réduisant le risque de disparition de la biodiversité.

La coopération aurait aussi des avantages politiques car elle favorise les opportunités de revenus supplémentaires et aide à résoudre les conflits politiques.

Les défauts d’une telle gestion des espaces naturels résident dans les différences de prise de décision et de mise en place des politiques économiques et sociales entre les frontières.

« Dans la Réserve de la Biosphère des Carpates, qui comprend la Pologne, la République de Slovaquie et l’Ukraine, la coopération transfrontalière pour protéger la nature de la région a aidé à reconstruire des relations amicales entre les nations qui ont perdu des dizaines de milliers de personnes dans les conflits armés dans les années 1940 et souffert de plusieurs années d’isolement sous le régime communiste » , décrit la publication.

Le livre invite le lecteur à se rappeler encore que la nature n’est pas dessinée à l’image des désirs humains. Les limites des territoires ne doivent l’empêcher d’être préservée, souligne Maja Vasilijevic, coéditeur de la publication.

Il ajoute que la conservation transfrontalière est de plus en plus importante pour la protection et le maintien de grands écosystèmes et l’amélioration du développement socioéconomique de ces régions.

Sources: actualites-news-environnement

La BAD et WWF : ensemble pour l’environnement en Afrique

L’accord a été signé le 20 juillet lors d’une rencontre à Genève. La Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds mondial pour la conservation de la nature (WWF) ont décidé de conjuguer leurs efforts sur les questions d’économie verte et de développement en Afrique. L’initiative  relève d’enjeux majeurs car le continent connaît une croissance économique et démographique rapide, et que la pression sur les ressources et le climat monte…

« Leur capacité à  répercuter les voix de l’Afrique »

Le partenariat a plusieurs perspectives, les dirigeants des deux institutions veulent souligner les liens croissants entre protection de l’environnement et développement durable. Ils estiment qu’il est devenu essentiel de traiter les questions telles que l’adaptation climatique et les mesures d’atténuation de l’impact du changement climatique, la biodiversité et les écosystèmes.

« Cet accord de coopération ne repose pas sur l’intérêt financier, mais en réalité sur le potentiel des synergies et les avantages comparatifs des deux organisations, ainsi que leur capacité à répercuter la voix de l’Afrique », a déclaré Donald Kaberuka, le président de la BAD.

La BAD a récemment acquis de l’influence grâce au triplement de son capital. Elle est devenue ainsi la plus importante institution multilatérale de financement du développement en Afrique, notamment pour assurer le développement durable et équitable du continent.

Tandis que WWF est la plus grande organisation non gouvernementale sur l’environnement, et qu’elle est active en Afrique depuis sa fondation, il y a 50 ans. WWF collabore avec les gouvernements, les entreprises et les collectivités locales pour la protection de l’environnement et le développement durable dans le monde entier.

Vers une action concrète

La BAD et WWF se concentreront de prime abord sur les questions les plus urgentes pour parvenir à la durabilité. Le partenariat  portera au début sur « trois domaines :

– le développement de partenariats gagnant-gagnant avec les économies émergentes et le renforcement de la coopération sud-sud ;

– le renforcement du partage du savoir et des produits du savoir au profit de la croissance verte et du développement durable ;

– la collaboration sur l’énergie ainsi que sur la gestion des ressources en eau et le changement climatique ».

La gestion de l’urgence

La priorité des deux organisations est à la réalisation d’actions concrètes, « pratiques et innovantes ».

Par exemple, les deux dirigeants envisagent la création d’une publication collaborative qui fera l’inventaire de la biodiversité de l’Afrique et son empreinte écologique, tout en préparant le Sommet 2012 de la terre Rio+20.

Leur partenariat devrait aussi leur permettre de gagner en influence lors des prochaines négociations sur le changement climatique prévues à Durban, en Afrique du Sud, en décembre 2011.

C’est donc par une note qui se veut positive et constructive que la gouvernance environnementale en Afrique va désormais assister aux prochains sommets internationaux et prendre en charge les nouveaux défis environnementaux et climatiques. « Nous avons confiance que notre partenariat avec la BAD produira des résultats concrets pour toutes les populations africaines et pour les écosystèmes dont dépend leur avenir », conclut Jim Leape, directeur général de WWF International.

Sources: mediaterre, legriot, africanmanager

Appel à compter les papillons de nos jardins

Source: Fotosearch

Alors que la sécheresse de ce printemps se prolonge, l’Observatoire de la biodiversité des Jardins lance en partenariat avec l’association Noé Conservation, une invitation à recenser les papillons du jardin afin de compléter l’observation des spécialistes sur l’impact d’un climat doux et sec.

Le Muséum national d’Histoire naturelle, qui pilote l’Observatoire de la biodiversité des Jardins (OBJ) indique, que pour le moment, une grande diversité d’espèces, mais en faible abondance, a été observée dans les milieux secs. En revanche, les papillons semblent plus nombreux en milieu forestier.

Plusieurs espèces du début de l’été sont déjà sorties de leurs chrysalides alors que de nombreuses espèces printanières subsistent en parallèle, « ce qui explique la diversité des papillons observés » explique les experts du Muséum.

 

Sécheresse: un impact grave sur les plantes nourricières

Les papillons ne pondent et ne se nourrissent que sur certaines espèces de végétaux. Si ceux-ci sont absents ou disparus, cela se réfléchit négativement sur la population d’insecte, en réduisant le nombre de chenilles et les possibilités pour eux de se nourrir de nectar.

Le nombre d’inscription à l’observation s’est extrêmement réduit. Le Museum y voit une confirmation de la diminution des papillons et explique que « lorsqu’il y a peu de papillons dans le jardin, il est moins motivant d’observer, ce qui se traduit par une baisse de la participation ».  Ses experts ne cessent cependant d’encourager les jardins à s’inscrire afin de ne pas biaiser les statistiques par la seule observation des jardins « les mieux lotis ».

Cette initiative permet de rendre les individus acteurs de la protection de l’environnement qui commence, ici, par l’observation des effets du réchauffement climatique. Ceci est finalement tant un acte d’éco citoyen qu’une prise de conscience active des effets négatifs de l’activité de l’homme sur la nature.

Pour s’inscrire deux sites sont proposés: www.neoconservation.org et www.vigienature.mnhn.fr

 

Sources: actu-environnement, charentelibre, maxisciences

Royaume-Uni : un livre blanc sur l’environnement inédit

 

Sources: Fotosearch

Au Royaume-Uni, 700 scientifiques auront contribué à réaliser les 2000 pages d’un livre blanc publié le 7 juin 2011 concluant que le privilège de regarder un espace vert depuis sa fenêtre vaut 300 livres sterling par an (soit 336 €).

L’ouvrage blanc est un inédit. Jamais un pays n’avait donné un prix aux services que la Nature lui prodigue. « Nous valorisons en général seulement les biens de l’environnement que l’on achète et que l’on vend sur le marché et les autres biens sont sous-évalués dans les décisions politiques », justifie le Pr Bob Watson, directeur scientifique du ministère de l’Environnement, ancien patron du Giec (le groupement intergouvernemental de l’ONU pour l’étude du climat), qui a orchestré cette évaluation de l’écosystème national (NEA, selon le sigle anglais).

 

Quel inédit ?

Une première mesure-phare est la définition prochaine de 12 larges « zones protégées ». Le gouvernement prévoit un budget de 7,5 millions de livres sterlings (soit 8,4 millions d’euros) au cours des trois prochaines années. C’est cependant 10 fois moins important que ce que préconisait le professeur John Lawton, président de la commission royale sur la pollution environnementale.

A cette mesure, s’ajoute la mise en place d’un comité du capital naturel dont le rôle est d’informer les ministres des problèmes environnementaux et de favoriser la croissance verte. Une nouvelle déception s’inscrit dans les propos de Mary Creagh, ministre de l’environnement, de l’alimentation et des affaires rurales du cabinet travailliste fantôme: « Au lieu de réinventer la poudre avec cette nouvelle instance, le gouvernement devrait investir dans les personnes dont la mission est déjà de protéger l’environnement ».

Quant aux éventuels conflits qui risquent d’avoir lieu avec les responsables de l’aménagement du territoire qui favorisent généralement les activités économiques au détriment du milieu naturel, ce plan laissera la possibilité aux aménageurs de compenser sur un autre site si leur projet affecte l’environnement.

Le rapport britannique calcule la part des services essentiels rendu par la Nature dans le pays ainsi que ceux qui ne sont pas assurés par l’écosystème national mais par les écosystèmes d’autres pays via les importations. Le livre blanc révèle d’ailleurs que ces importations proviennent bien plus d’Europe que de pays en voie de développement.

 

L’interprétation de ce rapport est très mitigée

Il est évident que les politiques d’urbanisation à l’avenir n’agiront pas de la même manière suite à cette intégration du prix de l’environnement dans les projets. Fiona Reynolds, directeur général de National Trust [ONG de protection de la faune et la flore] déclare : « [C’] est une vision stimulante pour le futur de notre environnement naturel : que nous devrions être la première génération à laisser l’environnement dans de meilleures conditions que lorsque nous en avons hérité ».

Les opinions les plus sceptiques ont été relayées par la BBC qui commentait qu’«à force de vouloir mettre un prix derrière chaque chose, on ne connaîtra bientôt plus la valeur de rien. »

Si la force de ce rapport est certes d’intégrer l’environnement aux décisions économiques en lui fixant un prix, et d’entrevoir le coût des activités humaines qui le dégradent, ces prix et ces coûts peuvent légitimer la sous-estimation des intérêts environnementaux face aux intérêts économiques.

Aussi les prévisions budgétaires du gouvernement britannique ne rendent finalement pas compte de ce qu’exige la préservation efficace de l’environnement. Ce projet a donc enfin un prix que le Royaume-Uni n’est pas encore prêt à payer.

Sources: le journal de l’environnement, le Figaro, le Guardian