Royaume-Uni : un livre blanc sur l’environnement inédit

 

Sources: Fotosearch

Au Royaume-Uni, 700 scientifiques auront contribué à réaliser les 2000 pages d’un livre blanc publié le 7 juin 2011 concluant que le privilège de regarder un espace vert depuis sa fenêtre vaut 300 livres sterling par an (soit 336 €).

L’ouvrage blanc est un inédit. Jamais un pays n’avait donné un prix aux services que la Nature lui prodigue. « Nous valorisons en général seulement les biens de l’environnement que l’on achète et que l’on vend sur le marché et les autres biens sont sous-évalués dans les décisions politiques », justifie le Pr Bob Watson, directeur scientifique du ministère de l’Environnement, ancien patron du Giec (le groupement intergouvernemental de l’ONU pour l’étude du climat), qui a orchestré cette évaluation de l’écosystème national (NEA, selon le sigle anglais).

 

Quel inédit ?

Une première mesure-phare est la définition prochaine de 12 larges « zones protégées ». Le gouvernement prévoit un budget de 7,5 millions de livres sterlings (soit 8,4 millions d’euros) au cours des trois prochaines années. C’est cependant 10 fois moins important que ce que préconisait le professeur John Lawton, président de la commission royale sur la pollution environnementale.

A cette mesure, s’ajoute la mise en place d’un comité du capital naturel dont le rôle est d’informer les ministres des problèmes environnementaux et de favoriser la croissance verte. Une nouvelle déception s’inscrit dans les propos de Mary Creagh, ministre de l’environnement, de l’alimentation et des affaires rurales du cabinet travailliste fantôme: « Au lieu de réinventer la poudre avec cette nouvelle instance, le gouvernement devrait investir dans les personnes dont la mission est déjà de protéger l’environnement ».

Quant aux éventuels conflits qui risquent d’avoir lieu avec les responsables de l’aménagement du territoire qui favorisent généralement les activités économiques au détriment du milieu naturel, ce plan laissera la possibilité aux aménageurs de compenser sur un autre site si leur projet affecte l’environnement.

Le rapport britannique calcule la part des services essentiels rendu par la Nature dans le pays ainsi que ceux qui ne sont pas assurés par l’écosystème national mais par les écosystèmes d’autres pays via les importations. Le livre blanc révèle d’ailleurs que ces importations proviennent bien plus d’Europe que de pays en voie de développement.

 

L’interprétation de ce rapport est très mitigée

Il est évident que les politiques d’urbanisation à l’avenir n’agiront pas de la même manière suite à cette intégration du prix de l’environnement dans les projets. Fiona Reynolds, directeur général de National Trust [ONG de protection de la faune et la flore] déclare : « [C’] est une vision stimulante pour le futur de notre environnement naturel : que nous devrions être la première génération à laisser l’environnement dans de meilleures conditions que lorsque nous en avons hérité ».

Les opinions les plus sceptiques ont été relayées par la BBC qui commentait qu’«à force de vouloir mettre un prix derrière chaque chose, on ne connaîtra bientôt plus la valeur de rien. »

Si la force de ce rapport est certes d’intégrer l’environnement aux décisions économiques en lui fixant un prix, et d’entrevoir le coût des activités humaines qui le dégradent, ces prix et ces coûts peuvent légitimer la sous-estimation des intérêts environnementaux face aux intérêts économiques.

Aussi les prévisions budgétaires du gouvernement britannique ne rendent finalement pas compte de ce qu’exige la préservation efficace de l’environnement. Ce projet a donc enfin un prix que le Royaume-Uni n’est pas encore prêt à payer.

Sources: le journal de l’environnement, le Figaro, le Guardian

L’association Plante un Souhait arpente les Etats-Unis

crédits : fotosearsh.fr

L’association « Plant a Wish » – Plante un Souhait – fondée à Hawaï, arpente les cinquante états américains. Son objectif ? Mobiliser les communautés locales afin de planter des arbres « indigènes » – autrement dit locaux – sur le territoire des Etats-Unis. Ceux-ci sont en effet assimilés à un héritage vivant. Ces opérations prennent la forme de petites cérémonies, au cours desquelles les participants sont invités à planter, non seulement une jeune pousse, mais également plusieurs souhaits, prières ou espoirs.

A terme, les fondateurs de cette association souhaitent réaliser un documentaire permettant de sensibiliser le public à la préservation des arbres au sein de leur milieu naturel. Ceux-ci, Sara Tekula et Joseph Imhoff, misent ainsi sur leur curriculum vitae pour mener à bien ce projet. Ils sont en effet tous deux journalistes, auteurs de différents documentaires, et dirigent une entreprise de production à Hawaï.