Tour Elithis : modèle d’efficacité énergétique et environnementale

Source: enerzine.com

 

La Tour Elithis de Dijon fête cette année ses deux ans avec brio. Son bilan de consommation énergétique est « exceptionnellement neutre » pour un immeuble de 5 000 m², qui présente aujourd’hui un taux d’occupation de 85%. La Tour Elithis est à la pointe de l’efficacité énergétique dans tous les domaines : chauffage, rafraîchissement, ventilation, éclairage, économie d’eau.

Alors que dans l’Union Européenne, le bâtiment constitue 40 % de l’énergie totale consommée, les économies d’énergie sont un enjeu économique et écologique majeur pour ce secteur.

La Tour est le fruit d’une expérimentation continue : de nombreux scientifiques et étudiants viennent la visiter pour y observer l’efficacité énergétique et environnementale du bâtiment. C’est un modèle de bâtiments passifs à énergie positive. Dans l’ensemble, ces bâtiments sont généralement très performants et fortement équipés en moyens de production d’énergie par rapport à leurs besoins en énergie. L’énergie excédentaire peut être fournie aux bâtiments voisins, mais est souvent injectée sur des réseaux électriques ou de chaleur, privés ou publics. Ces immeubles allient isolation thermique renforcée, isolation par l’extérieur, étanchéité à l’air, captation optimale de l’énergie solaire de manière passive, limitation des consommations d’énergie des appareils ménagers…

Ce dernier point apparait notamment dans le programme de recherche sur les Eco-comportements proposé par le groupe Elithis car, selon eux, l’efficacité énergétique et environnementale d’un bâtiment ne dépend pas uniquement de solutions technologiques. Le groupe Elithis s’est donc engagé dans le cadre d’un partenariat avec l’ADEME et le PUCA (Plan Urbanisme Construction Architecture) à réaliser une étude, de 2011 à 2013, intitulée « Le bâtiment tertiaire : de l’usage aux usagers ».

Pourtant, on regrette parfois de constater que la construction de telles structures ne s’appuie pas sur l’usage de matériaux non-polluants. C’est pourquoi, la construction de Sistrières-Aurillac ajoute à son cahier des charges l’exigence d’une qualité environnementale du bâtiment (QEB) : qui passe entre autres par la récupération des eaux pluviales, un chantier rapide et propre (tri sélectif des déchets mis en place).

Ainsi l’éco-construction trouve un nouveau chemin de performance grâce à ses modèles de bâtiments à énergie positive qui allient soucis de l’environnement et bien souvent responsabilités environnementale et sociale. Des exemples de programmes comme celui de Recherche et d’Expérimentations sur l’Energie dans le Bâtiment (PREBAT) en France cherchent à cerner les impacts de ces structures en terme économique, énergétique et environnemental afin d’améliorer leur efficacité et en favoriser la diffusion.

Earth Overshoot Day : l’humanité désormais endettée auprès de la Planète

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Au 27 septembre dernier, l’humanité avait consommé depuis le 1er janvier 2011 toutes les ressources que la Terre peut offrir en un an! Selon WWF, qui fait part de ce constat ici, nous voilà donc tous endettés depuis 3 jours auprès de la planète jusqu’au 31 décembre prochain, qui soldera l’année. Autrement dit, nous sommes entrés en période de « déficit écologique« . WWF s’appuie sur des chiffres de l’association environnementale Global Footprint Network qui calcule chaque année « l’Earth Overshoot Day« , littéralement, « le jour de dépassement global », fixé en 2011 au 27 septembre.

Employant une rhétorique financière, comptable, les ONG environnementales parviennent de façon pédagogique et symbolique à nous alerter sur le fait qu’ « en 9 mois », les Hommes ont « épuisé le budget nature pour l’année ». Le Président de Global Footprint Network, Mathis Wackernagel, explique que « c’est comme si vous aviez dépensé votre salaire annuel trois mois avant que l’année soit terminée ».

WWF rappelle que « pendant très longtemps la nature a été capable de se régénérer et d’absorber la consommation de l’homme : sa biocapacité était intacte. Depuis environ 30 ans, un seuil critique a été franchi. La consommation de l’homme a dépassé ce que la nature était en capacité de fournir sur une année (filtration de CO2, production de matières premières…) ». Selon les données des associations, nous vivons donc bien au-dessus de nos moyens et il est temps d’être un peu plus raisonnable et d’arrêter une surconsommation à tout va.

Non seulement les ONG, mais également les institutions européennes, attirent notre attention en ce sens. La Commission européenne réfléchit en effet depuis le 20 septembre à une rationalisation de l’usage des ressources naturelles afin que leur consommation soit optimisée et qu’au final, ces ressources soient préservées.

La problématique de l’exploitation des ressources est primordiale, d’autant plus au regard des prévisions de l’ONU selon laquelle nous serions « 7 milliards » d’êtres humains dans le courant du mois d’octobre. Selon le Dr. Juan Carlos Morales, Directeur de Recherches et des Normes du Global Footprint Network, « offrir une bonne qualité vie à la population mondiale est certainement possible, mais cet objectif ne peut être atteint si nous restons sur des modèles de développement et de croissance gourmands en ressources tels que ceux utilisés dans le passé ».

Mathis Wackernagel estime que, pour répondre aux besoins croissants d’une population elle même croissante, il faudrait aujourd’hui « 1,2 à 1,5 Terre« … Des solutions existent d’après lui, encore faut-il les encourager et les mettre en oeuvre. Il s’agit de développer les « nouvelles technologies », améliorer « l’aménagement urbain », encourager les « éco-constructions », mettre en place une « réforme fiscale écologique », amorcer des « régimes faibles en viande », procéder au « calcul du cycle de vie des produits, etc ».