PNUE : protéger les eaux en haute mer

Source: Antoine STANISIERE sur artactif.com

 

Si les eaux territoriales sont soumises à la protection des Etats, les eaux internationales ou hautes-mers sont sous la tutelle des autorités internationales. Un récent rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), intitulé « Perspectives Environnementales Mondiales », conclut que les trois quarts de cette zone sont exploités au-delà de leur capacité maximale par le secteur de la pêche maritime.

Une étude précédant ces conclusions – celui du congrès du Programme international sur l’Etat des Océans (Ipso) – dénonçait également la surpêche de cette zone, la pollution détruisant des habitats entiers, acidifiant les eaux et l’augmentation de température des océans.

Ce panel scientifique concluait qu’au cours du demi-milliard d’années écoulées, cinq extinctions de masses sont survenues après des calamités naturelles, au cours desquelles plus de 50% des espèces existantes ont disparu.

Le PNUE dénonce une faiblesse dans l’application des engagements pris dès le sommet de la Terre, à Rio au Brésil, en 1992. Les eaux de hautes mers sont protégées mais la pression de la pêche détériore la biodiversité sous-marine. La surpêche s’explique d’après Achim Steiner, vice secrétaire de l’ONU et directeur du PNUE, par les subventions des Etats à leur industrie maritime : « il y a deux fois plus de navires de pêche industrielle présents pour capturer du poisson que les océans ne peuvent en supporter ». A la fragmentation des juridictions nationales de préservation des océans, s’ajoute l’apparente surdité des gouvernements aux cris alarmants de leurs propres experts. Tous les pays exploitent mais aucun ne gèrent au final.

Une série de résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies depuis 2004, a permis d’élaborer un régime de protection de la biodiversité dans les profondeurs marines. Mais les résultats restent limités. Il faut repenser la gouvernance des océans et le processus de mise en œuvre des engagements. A ce sujet,  les gouvernements se réuniront à New York à la fin du mois de juin, pour préparer le sommet de Juin 2012 de Rio, et se concentreront notamment sur la problématique des océans.

Il devient nécessaire d’adopter des mesures au niveau international pour la conception et la gestion des régions marines protégées dans les eaux internationales, décrit le rapport de la PNUE. L’agence onusienne estime que 110 milliards de dollars d’investissements sont nécessaires dans les prochaines années pour gérer la pêche et amener les fonds marins de « récupérer

Le monde ne peut plus se permettre de retarder la restauration de la santé et la richesse des océans. Le demi-milliard de personnes qui dépendent d’une industrie de pêche en bonne santé, et le milliard qui dépendent du poisson comme principale source de protéines, ne peuvent attendre la communauté internationale, encore 20 ans, pour agir.

Sources: mediaterre, actualites-news-environnement.com, romandie, lefigaro, radio-canada

L’Inde reçoit un prêt d’1 milliard pour dépolluer le Gange

Sources: Fotosearch

 

En Inde, le Gange est le fleuve le plus pollué au monde. 1,2 milliards de personnes vivent le long de ces 2500 kilomètres de rives profitant de son eau pour s’hydrater, cuisiner et se laver, d’autres milliers venant y réaliser des cultes sacrés. Les autorités nationales et internationales ont décidé d’agir et ont annoncé la signature, mardi 14 juin, d’un accord avec la Banque Mondiale pour l’obtention d’un prêt de 1 milliard de dollars (soit environ 700 millions d’euros) permettant de financer « l’un des projets les plus ambitieux jamais réalisés au cours des 20 dernières années » pour nettoyer le Gange.

Les rejets agricoles, les déchets industriels, les réjections humaines et de récents projets de barrages hydroélectriques menacent le fleuve. La saturation des eaux provoquent l’apparition de corps pathogènes et risquent de mettre en danger de nombreuses vies. La santé du Gange est source de nombreux conflits d’intérêt. Aussi, marquante a été la mort d’un militant anti-corruption, ce même mardi 14,  suite à une grève de la faim contre des mines qui contribuent à polluer le fleuve.

Les autorités avaient déjà tenté de remédier à la pollution du Gange lors d’un plan d’action de 1986. Ce dernier avait réussi à mettre en place un certain nombre d’usines de traitement des eaux usées, mais il a échoué dans sa mission qui était d’empêcher les rejets de déchets bruts dans le fleuve faute de moyens et d’incitations des acteurs responsables.

Les fonds prêtés par la Banque Mondiale sont destinés au National Ganga River Basin Project (NGRBA). Le NGRBA financera des usines de traitement des eaux usées et des réseaux d’égouts. Le projet aidera aussi à mieux contrôler la pollution à travers la modernisation du système d’informations de la qualité des eaux du Gange.

Cette mesure est une initiative importante pour l’Inde, qui accueillait récemment la Journée Mondiale de l’environnement et tentait de prouver combien elle s’investit aujourd’hui pour son environnement et le bien-être de la population.

Mc Phy Energy lance un procédé révolutionnaire de stockage de l’hydrogène

crédits : fotosearch.fr

Il était jusqu’alors possible de stocker l’hydrogène produit sur un site industriel sous forme liquide, ou comprimée. Il sera maintenant envisageable de le stocker sous forme de fines galettes d’hydrure de magnésium solides. Plus sûr et moins coûteuse que les deux premières formules, cette idée a de l’avenir.

La jeune start-up française MC Phy Energy vient en effet de lancer, en février dernier, la production de ces galettes capables d’emmagasiner chacune 0,5 m3 de gaz d’hydrogène. Forte de ce lancement, elle a même décroché deux importants contrats lui permettant de pérenniser cette activité, l’un avec le japonais Iwatini pour l’alimentation en piles à combustible des stations services, et l’autre avec l’italien Enel, qui souhaite utiliser ce produit pour ses parcs solaires et éoliens.

Quel est l’intérêt d’un tel concept ? L’hydrogène peut être produit par l’électrolyse de l’eau, réaction qu’il est possible d’engendrer par le biais d’une éolienne, ou encore d’une cellule photovoltaïque. Ainsi, le surplus d’électricité produit par nos fermes éoliennes et photovoltaïques, pourrait dès lors servir à produire de l’hydrogène, ensuite stocké sous forme solide, pour enfin être utilisé par nos industries comme source d’énergie.

Source : Enjeux Les Echos, mai 2011.

Bahamas : la pêche au requin interdite

Après une longue campagne de sensibilisation contre la surpêche des requins et la publication d’un rapport sur leur rôle important dans l’écosystème, l’association américaine Pew Environment Group (Peg) a eu raison des réticences des autorités au Bahamas ; la pêche au requin y est aujourd’hui interdite. La pêche à la palangre – une technique de pêche – y était déjà interdite depuis 20 ans mais les pêcheurs commerciaux pouvaient toujours capturer des requins à l’aide de méthodes moins populaires…

Dans le rapport publié en juin, l’association explique que la surpêche est responsable chaque année de la disparition de 73 millions de ces grands prédateurs, recherchés principalement pour leurs ailerons consommés dans une soupe traditionnelle chinoise. C’est un commerce très lucratif, en hausse ces dernières années, qui entraine cependant la disparition annuelle de 73 millions de ces poissons. L’association avait vivement sonné l’alerte lorsqu’une entreprise localisée dans l’archipel avait déclaré vouloir exporter les ailerons vers Hong Kong, en Chine.

 

Une préservation lucrative

Les Bahamas ont prohibé la pêche et le commerce du requin dans ses eaux territoriales (630.000 km2). Ceci n’est pas sans bénéfices pour l’archipel qui retire chaque année 80 millions de dollars de la plongée aux requins.

La préservation a été compliquée à mettre en place et l’embargo sur le commerce d’ailerons de requins est difficile à maintenir. La Californie, aux Etats-Unis, a maintes fois tenté de l’appliquer mais la résistance de sa population sino-américaine l’oblige souvent à revoir ses positions à la baisse.

Les Bahamas sont aujourd’hui le dernier pays en date à interdire la pêche au requin. Parmi les plus grands consommateurs, la Chine a pris peu d’initiative dans ce sens, à l’exception notable de la proposition du milliardaire et député chinois Ding Liguo, qui a demandé cette année un embargo total sur le commerce d’ailerons de requins.

Sur la plage de « Jaws » de l’île principale de l’archipel, les caméras avaient pris place pour le tournage des « Dents de la mer » en 1975. L’an dernier encore, les restes d’un plaisancier, porté disparu de cette plage, étaient retrouvés dans l’estomac d’un requin-tigre. Le requin alimente toujours les peurs les plus fantasmées parfois fondées. De nombreuses personnes s’interrogent : aurions-nous tort de protéger un mangeur d’Homme ? La protection de la nature passe finalement par la fin d’une vision anthropocentrée pour une perspective plus lointaine…bénéfique pour la planète, et finalement aussi pour l’Homme.

Source: cyberpress, tahiti-info

 

OMI : entrée en vigueur d’une nouvelle régulation sur la pollution marine dans l’Antarctique

Soucieuse de réduire la pollution dans l’océan Antarctique, l’Organisation maritime mondiale (OMI) a déclaré dans un communiqué que la nouvelle régulation permettant de lutter contre la pollution dégagée par les navires transitant dans la région de l’Antarctique entrait en vigueur, hier, le 1er août.

Des amendements à la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) détaillent la densité spécifique de pétrole brut qui ne devrait pas être utilisée par les navires sillonnant l’Antarctique. En dessous de cette densité fixée, le carburant est considéré comme de moindre qualité. Ainsi « les navires de commerce comme ceux de passagers auront besoin de changer de carburant lorsqu’ils transitent par la zone de l’Antarctique », explique l’OMI, lorsque ces cargos navigueront avec du carburant de qualité inférieure.

La Convention prévoit aussi une zone nord-américaine de contrôle des émissions (ECA), dans laquelle les émissions d’oxydes de soufre, d’oxydes d’azote et d’autres produits provenant des navires seront soumises à des contrôles plus sévères que les limites qui sont actuellement appliquées.

La pollution a un impact considérable sur les glaciers des pôles. La revue scientifique Nature Climate Change a révélé d’ailleurs récemment que les polluants piégés dans les glaces se volatilisaient dans l’air à cause du réchauffement climatique, alimentant l’effet de serre… L’entrée en vigueur de cette mesure marque donc une étape concrète pour réduire les émissions de gaz polluants nuisibles à l’environnement.

Puma va proposer à ses clients des sacs biodégradables à base de farine de maïs

Alors que les groupes Nike et Adidas sont actuellement pointés du doigt par Greenpeace en raison de la pollution des fleuves chinois par leurs fournisseurs, la firme allemande Puma fait preuve d’innovation et agit pour la protection de l’environnement.

Elle vient en effet de présenter un sac, qui sera désormais fourni dans ses magasins, réalisé entièrement à base de farine de maïs, et donc parfaitement biodégradable. Au lieu d’être stocké, laissé en liberté dans la nature, ou utilisé en tant que sac poubelle, celui-ci pourra être jeté dans un simple bac à compost, duquel il disparaitra sous trois mois. Une autre solution pour le moins originale pour le faire disparaitre sera de le plonger dans une eau chaude à 65°C. En remuant le mélange durant trois minutes, seule la teinture rouge du sac restera présente, elle aussi respectueuse de l’environnement bien entendu. L’eau pourra dès lors servir à l’arrosage des plantes une fois refroidie.

Leur utilisation permettra au groupe de réduire ses déchets de 192 tonnes par an, tout en économisant durant le même laps de temps 293 tonnes de papier. Et la firme n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’elle propose à ses clients depuis la fin de l’année 2010 des sacs réutilisables en lieu et place des habituelles boites à chaussure. Ces efforts devraient sans doute porter leurs fruits au niveau de ses ventes à l’heure où les consommateurs s’intéressent de plus en plus à l’éthique des marques qu’ils achètent.

Sources : gentside.com, zegreenweb.com.

L’Union européenne et l’UNICEF au secours des îles Salomon

L’Union européenne et l’UNICEF ont lancé, à la fin du mois de septembre, en collaboration avec le gouvernement des îles Salomon, un projet visant à améliorer l’approvisionnement en eau et son assainissement dans cinq provinces de cet archipel d’Océanie. Il représente un investissement de près de 2,5 millions d’euros sur une durée de quatre ans et s’inscrit dans le cadre des objectifs du millénaire pour le développement.

Une fois sa réalisation terminée, il devrait permettre d’offrir un accès durable et sain à l’eau à 15.000 villageois et 3.000 enfants au sein des écoles situées dans les zones concernées. L’objectif prioritaire est ici de réduire le nombre de pathologies développées par les habitants, dues à la consommation d’une eau peu salubre, vis-à-vis desquelles les enfants sont particulièrement vulnérables selon l’UNICEF.

Actuellement, près de 60.000 personnes vivant dans les cinq provinces concernées ne bénéficient pas d’un accès correct à l’eau potable, alors qu’environ 80.000 personnes souffrent d’un manque d’assainissement. Ce projet n’est donc qu’un début. Il s’attache à construire et réhabiliter des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement, mais aussi à former et sensibiliser la population aux bons gestes et réflexes qui leur permettront de prévenir les risques sanitaires.

L’Union européenne et l’UNICEF ont lancé, à la fin du mois de septembre, en collaboration avec le gouvernement des îles Salomon, un projet visant à améliorer l’approvisionnement en eau et son assainissement dans cinq provinces de cet archipel d’Océanie. Il représente un investissement de près de 2,5 millions d’euros sur une durée de quatre ans et s’inscrit dans le cadre des objectifs du millénaire pour le développement.

Une fois sa réalisation terminée, il devrait permettre d’offrir un accès durable et sain à l’eau à 15.000 villageois et 3.000 enfants au sein des écoles situées dans les zones concernées. L’objectif prioritaire est ici de réduire le nombre de pathologies développées par les habitants, dues à la consommation d’une eau peu salubre, vis-à-vis desquelles les enfants sont particulièrement vulnérables selon l’UNICEF.

Actuellement, près de 60.000 personnes vivant dans les cinq provinces concernées ne bénéficient pas d’un accès correct à l’eau potable, alors qu’environ 80.000 personnes souffrent d’un manque d’assainissement. Ce projet n’est donc qu’un début. Il s’attache à construire et réhabiliter des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement, mais aussi à former et sensibiliser la population aux bons gestes et réflexes qui leur permettront de prévenir les risques sanitaires.

Sources : rnzi.com, solomontimes.com, unicef.org.

Football vs écologie ?

 

Alibaba.com

La Fédération de football française s’est déclarée responsable de faire du football un sport plus citoyen. Cela nécessite, entre autre, de le rendre plus « écolo ».

Le football est encore loin d’être un champion de l’écologie

L’impact sur l’environnement du football est énorme. 2 millions de licenciés, des millions de téléspectateurs sont dénombrés. Aussi équipement sportifs, ainsi que les pratiques sociales et environnementales sont régulièrement dénoncées par les associations de défense de l’environnement.

Le transport des différents acteurs a un impact majeur, que ce soit pour la pratique du football ou pour un événement donné. Chaque week-end, on estime que 3 millions de kilomètres, soit 80 fois le tour de la Terre, seraient ainsi parcourus pour permettre la pratique du football.

Autres sources de nuisance à l’environnement : l’arrosage des terrains constituent un poste majeur pour les collectivités. Les « quelques 30.000 terrains en gazon naturel » français consomment 100 millions m3 d’eau, selon la Fédération du football, soit la consommation annuelle de près de 2 millions de Français.

Quels remèdes ?

Les rencontres sportives font parties intégrante de la pratique du football. Aussi certains acteurs proposent de développer les compétitions au niveau local aux dépens des championnats nationaux ou régionaux au niveau amateur et généraliser le co-voiturage, déjà répandu chez les amateurs, comme le fait le PSG en le promouvant auprès de ses supporteurs.

Sensible à l’environnement, le club de Saint-Etienne, chercher à « compenser » les déplacements de son équipe professionnelle en finançant des projets « propres » dans des pays du Sud.

D’autre part, le développement des gazons synthétiques pourrait réduire la facture d’eau. En effet, une étude récente aurait montré qu’une pelouse artificielle, qui nécessite de l’eau au moment de sa fabrication, consomme 63 fois moins d’eau qu’un gazon naturel sur son cycle de vie.

L’installation des gazons synthétiques s’est concrétisée à Nancy et Lorient tandis que Châteauroux s’est décidé pour cette année. Nabil El Yaagoubi, en charge du stade dans le club lorrain note que l’installation d’un synthétique a permis de « faire passer la facture de fuel de 70.000 euros à zéro ».

Enfin, les fabricants des équipements de football cherchent à modifier le lien négatif entre le sport et l’environnement. Nike fournit des maillots produit à partir de bouteilles plastique recyclées et de coton « bio » – environ 1,5 million de bouteilles auraient ainsi évité l’incinération – tandis qu’ Adidas a promis de passer exclusivement au coton « écolo » et équitable d’ici 2018.

La fédération de football française, comme les autres fédérations dans le monde, touchent une population très importante. Que les clubs montrent l’exemple en terme d’éco-geste représentent certainement un moyen de sensibilisation à ces enjeux devenus cruciaux.

Source: geo.fr, lexpress.fr, letemps

La population française se dit sensible aux enjeux écologiques de l’eau

Le premier baromètre de l’opinion des Français sur l’eau réalisé par l’IFOP, a été présenté la semaine dernière. Ce nouvel outil, mis en place par le Ministère du développement durable, Les Agences de l’Eau et l’Office National de l’Eau et des Milieux aquatiques (ONEMA), permettra chaque année de recueillir l’avis du grand public sur les politiques de gestion de l’eau et leur efficacité.

Les résultats montrent que la population française accorde plus d’importance à la qualité de l’eau potable et à la bonne gestion des ressources en eau de la planète qu’à son prix. Quatre enjeux écologiques prioritaires arrivent en tête des préoccupations : la bonne gestion de l’eau de la planète pour 51% des sondés, la préservation de tous les milieux aquatiques pour 49%, la qualité de l’eau du robinet pour 48% et enfin pour 47%, la réduction de la pollution de l’eau des rivières.

Pour 75% des Français, les pesticides utilisés dans les champs et les jardins sont les principales causes de la dégradation de l’état de l’eau des rivières. En ce qui concerne les causes des inondations, deux sont privilégiées et sont fortement corrélées à l’action de l’Homme : les constructions dans les zones à risques et l’urbanisation et l’imperméabilisation des sols.

Pour les principales causes perçues de pollution liées aux usages domestiques, là encore, l’opinion en perçoit deux principales : les produits d’entretiens ou de bricolage (56%) et les produits utilisés pour le jardin (49%).

Les actions relatives à l’amélioration de la qualité de l’eau sont toutes considérées majoritairement prioritaires. Le traitement des eaux usées se plaçant en tête avec 91% de jugements prioritaires. Pour 93% des personnes interrogées, le respect des réglementations liées à l’eau est une priorité.

La satisfaction à l’égard de la gestion de l’eau dans sa région est forte (74% des sondés se déclarent satisfaits).

Enfin, l’IFOP constate « une adhésion majoritaire aux pratiques pouvant améliorer la préservation des ressources en eau. L’entretien naturel des espaces verts publics constitue une mesure envers laquelle la quasi-totalité de la population se montre favorable, de même que, dans une moindre mesure l’effacement des barrages et la restitution de méandres de rivières ».

Les résultats de l’étude sont disponibles sur le site de l’IFOP

 

Viande artificielle : nourrir le monde et sauver la planète ?

Source: sequovia.com

 

Il y a déjà quelques années que l’idée de cultiver de la viande en laboratoire est soumise au public. Des chercheurs hollandais de l’université d’Eindhoven, aux Pays-Bas, s’attèlent à reproduire ses bienfaits en protéines, son aspect et éventuellement son goût.

La viande cultivée est une viande produite in vitro dans une culture de cellules, plutôt que dérivée d’un animal. Les cellules produites peuvent être récoltées, assaisonnées, cuisinées et consommées en tant que viande traitée, sans os, tels que saucisses, hamburgers ou  nuggets de poulet.

Aujourd’hui, la viande artificielle est à nouveau au menu du jour puisque les experts de l’Université d’Oxford ont publié le 17 juin dans la revue « Environmental sciences and technology », les conclusions de leur étude : la culture de la viande en laboratoire génère une quantité d’émissions de gaz à effet de serre bien plus petite que la production d’élevage conventionnelle.

Première commercialisation d’ici 5 ans

De plus en plus, les populations de pays émergents – d’Inde ou de Chine – peuvent se permettre d’ajouter de la viande à leur régime alimentaire. L’un des premiers objectifs de la culture en laboratoire serait de nourrir toute la planète. Les défenseurs du projet évoquent aussi la possibilité de préserver de l’eau et l’énergie. D’autant que les coûts de production seraient bien moins importants.

Hanna Tuomisto, l’une des chercheuses, prédit que si plus de ressources sont placées dans la recherche, les premières commercialisations de la viande cultivée pourraient être disponibles d’ici moins de cinq ans.

« Nous ne sommes pas en train de dire que nous pourrions, ou voudrions nécessairement, remplacer la viande conventionnelle par sa contrepartie cultivée dès maintenant. […] Simplement, la viande de culture est potentiellement un moyen de mettre de la viande sur la table plus efficace et respectueux de l’environnement » ajoute-t-elle.

Des recherches financées par PETA

Le soutien est présent. Les premiers pas de l’étude ont été développés par l’organisation à but non lucratif « New Harvest » dont le but était de trouver une alternative à la viande. Les premiers résultats de leur recherche ont été présentés lors d’une conférence en 2010. L’Association de défense du droit des animaux (PETA) fournit également des fonds à la recherche.

Cependant, la viande de synthèse montre, d’après l’étude, quelques implications complexes. Les chercheurs citent l’exemple de la production de viande de poulet qui consomme plus d’énergie si elle est réalisée en laboratoire qu’en élevage. Aussi précise que soit l’étude, elle ne montre pas les effets plus négatifs du transport ou de la réfrigération des aliments.

Les nouveaux arguments fournis à la recherche pour créer in vitro de la viande renouvelle le débat sur la scène publique. Peut-on croire à ce procédé révolutionnaire, capable de réduire la faim et le réchauffement climatique ? Peut-on être surs que les découvertes réalisées dans les pays développés seront diffusés dans les pays pauvres ?

Semaine internationale de l’eau : « L’eau dans le monde urbain »

La Semaine internationale de l’eau, qui s’est ouverte lundi 22 août à Stockholm,  a pour thème « L’eau dans le monde urbain ». La journée mondiale de l’eau 2011 (le 22 mars) était déjà sous le signe de l’urbanisation.

Un thème plus que d’actualité. A l’heure où l’urbanisation se développe rapidement et se fait pour une grande partie sous forme de bidonvilles, l’approvisionnement en eau de la population urbaine devient une priorité et un véritable défi.

 

1/5 de la population mondiale n’a pas accès à l’eau

La moitié de la population mondiale vit désormais en ville. Si la proportion de pauvres augmente rapidement dans les zones urbaines, en revanche, les investissements dans les infrastructures d’accès à l’eau et d’assainissement ne suivent pas ce rythme. «Ces zones urbaines sont le foyer de 830 millions de personnes manquant souvent de services basiques en termes d’approvisionnement en eau et d’installations sanitaires», a déclaré Gunilla Carlsson, ministre suédoise à l’aide internationale, lors de la séance d’ouverture de la conférence. Et la situation ne s’améliore pas, au contraire, les pénuries d’eau vont frapper une proportion croissante de la population mondiale urbaine. «1,6 milliard de personnes vivent dans des zones déjà en proie à une pénurie d’eau et on pourrait rapidement arriver à 2 milliards si rien ne change», souligne un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue).  D’autant que le changement climatique tend à raréfier la ressource en eau.

Au-delà du manque d’infrastructures dans les zones pauvres, ce sont également les modes de vie urbains qui entrainent une augmentation de consommation d’eau voire du gaspillage. Déjà 60% des villes européennes surexploitent leurs ressources en eau tandis qu’en Afrique subsaharienne plus de la moitié des habitants des villes ont un accès largement insuffisant à l’eau potable.

Une situation aggravée en Afrique

L’ONU a choisi cette semaine pour publier L’Atlas de l’eau en Afrique. L’occasion de rappeler que d’ici 2100, un habitant sur trois habitera en Afrique et que la part urbaine de la population africaine ne cesse de croitre. Selon ce document,  «la croissance de la population urbaine africaine a eu lieu en grande majorité dans les taudis périurbains, la capacité des réseaux d’approvisionnement en eau a été largement dépassée, et la couverture en eau courante a globalement baissé».

La quantité d’eau disponible par personne en Afrique est bien inférieure à la moyenne mondiale et diminue. Avec 15 pour cent de la population mondiale, l’Afrique compte seulement 9 pour cent des ressources renouvelables en eau. Une rareté de l’eau aggravée par les conditions climatiques, le changement climatique, la forte croissance démographique, la situation socio-économique et les choix politiques.

L’approvisionnement en eau potable : un défi à relever

La rareté de l’eau est lourde de conséquences pour les populations. Les pénuries d’eau représentent la deuxième cause de mortalité infantile et contribuent à la mortalité des mères. L’eau est également vitale pour assurer la sécurité alimentaire de la population. Selon le rapport du Pnue, si l’on maintient les mêmes pratiques agricoles, les régimes alimentaires actuels et si l’urbanisation croissante se poursuit, « la quantité d’eau nécessaire à l’agriculture (…) qui est de 7.130 kilomètres cubes aujourd’hui, augmentera de 70 à 90% pour nourrir neuf milliards de personnes d’ici à 2050 ».

Cette semaine internationale de l’eau est non seulement l’occasion de faire prendre conscience de la rareté de l’eau mais aussi d’appeler à la mobilisation pour un meilleur approvisionnement en eau. «Plus que jamais, nous avons besoin de nouvelles technologies et de politiques», a rappelé la ministre suédoise.

Le commissaire européen chargé du développement, Andris Piebalgs, a mis l’accent sur l’importance de faire de l’eau « un droit international pour tous ». Il a également réaffirmé l’engagement de l’UE sur l’accès à l’eau potable dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) des Nations Unies (pour rappel, l’eau et l’assainissement représentent l’un des 4 OMD) et plus exactement son objectif qui consiste à réduire de moitié, d’ici 2015, la proportion privée d’un accès durable à un approvisionnement en eau potable et à des services d’assainissement de base.

Durant cette semaine,les experts exploreront les meilleures solutions pour répondre à la demande croissante en eau des municipalités, de l’agriculture, des industries, des entreprises de distribution d’énergie et des foyers, en équilibre avec les ressources naturelles. Les infrastructures devront être résistantes aux catastrophes et la gestion de l’eau plus intelligente pour empêcher que les sécheresses, les inondations et la pollution ne menacent davantage la sécurité des aliments, de l’eau et de l’énergie.

La Commission européenne estime que parmi les OMD, même si l’assainissement laisse encore à désirer, l’accès à l’eau est l’un de ceux qui ont le plus de chance d’être atteints, et particulièrement en ville.  » Les villes offrent des économies à grande échelle ainsi que d’excellentes opportunités de développement d’une infrastructure efficace, pour une réutilisation accrue de l’eau et des déchets, et pour une utilisation plus efficace de l’eau et de l’énergie « .

A l’issue de la Semaine, les participants publieront une déclaration destinée à apporter des idées et un soutien à la conférence de Rio de Janeiro sur le développement durable, organisée par les Nations unies en juin 2012, 20 ans après le sommet de la Terre. Le rendez-vous suédois permettra également aux participants de préparer une conférence sur l’eau, l’énergie et la nourriture, qui aura lieu à Bonn (Allemagne) en novembre 2011, et le Forum de l’eau à Marseille (France) en mars 2012.

 

 

 

EAU : en 15 ans, 6% de zones humides en moins dans le monde

accueil-vendee.com

Selon une étude publiée le 26 avril dans la revue Geophysical Research Letters, réalisée par des chercheurs au CNRS et à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), « 6% des marais et des tourbières du globe ont disparu au cours des 15 dernières années ». L’eau et le zones humides du monde se sont donc incroyablement raréfiées en 15 ans.

Pourquoi ?

Les auteurs de l’étude mettent en cause une problématique qui revient souvent et explique de nombreuses évolutions concernant nos ressources : la pression démographique. Elle serait telle, sur les zones riches en biodiversité et « essentielles au cycle de l’eau », qu’elle conduirait parfois à leur disparation, tout bonnement.

Carte mondiale des zones humides

Le 9 mai, le CNRS a communiqué sur la pression démographique sur les zones humides :

CNRS, 9 mai 2012

Les chercheurs ont donc combiné et analysé simultanément leurs observations entre 1993 et 2007 des images issues de différents satellites.

Leurs conclusions :

  • l’étendue des zones d’eau varie fortement au cours de l’année, mais aussi d’une année à l’autre, avec une forte modulation durant les épisodes El Niño ;
  • cette réduction de surface affecte en premier lieu les régions tropicales et subtropicales, ainsi que les régions qui ont connu les plus importantes augmentations de population au cours des deux dernières décennies ;
  • la pression démographique affecte ces zones en favorisant l’assèchement des marais pour l’urbanisation et l’augmentation des prélèvements d’eau dans ces zones humides.

Comprendre les zones humides pour lutter contre le réchauffement climatique

Les zones humides produisent un tiers du méthane atmosphérique, un gaz à effet de serre majeur. Elles influencent les échanges d’eau douce des continents vers la mer et modifient la météorologie locale en amplifiant l’évaporation.

Le CRNS explique donc que « mieux appréhender le fonctionnement des zones humides, leur variabilité et leur dynamique dans le temps s’avère indispensable pour évaluer les changements climatiques et pouvoir élaborer des recommandations en termes de gestion des ressources en eau».

Sources : Journaldelenvironnement.net

Pérou : l’Eglise défend des opposants à un projet minier

opposants à la mine i-service.com

L’Eglise est très vive en Amérique Latine. Au Pérou, elle s’érige même en médiateur dans un conflit minier. En effet, le nouveau président du Pérou, Ollanta Humala, en pouvoir depuis juillet, a proclamé, le 4 décembre, l’état d’urgence à Cajamarca afin de gérer son premier conflit social d’ampleur. Par sa déclaration, le président a donc autorisé le déploiement de l’armée dans la province, pour répondre aux deux semaines de manifestations qui ont paralysé la région.

Cette période s’étendra sur une période 60 jours, afin de rétablir « la paix et l’ordre interne » après « l’échec du dialogue avec les opposant de la mine Conga, du groupe américain  Newmont ».

La population s’oppose à un projet de mine d’or et de cuivre qui serait opérationnel d’ici 2014. Si les tensions semblent peu à peu s’apaiser, puisque l’état d’urgence restreint le droit de rassemblement et de manifestation, l’Eglise, à travers un prêtre français basé depuis 1987 à Lima, la capitale du pays, le Père Hubert Boulangé, tente de protéger la population, en se faisant le porte-voix de la menace que représente le projet industriel.

L’institution déplore que le projet minier implique de « creuser la montagne » en sacrifiant « quatre lacs naturels, la seule ressource en eaux dans cette région agricole, pour les remplacer par des lacs artificiels ».

A suivre…

 

Sources : Oecumene.radiovaticana.org, Canoe.ca

Le 6ème Forum Mondial de l’Eau lance une plateforme collaborative des solutions

Parce que les citoyens sont les premiers concernés par les problèmes d’accès à l’ eau potable, le Comité du Forum Mondial de l’Eau, dont la 6ème édition aura lieu à Marseille du 12 au 17 mars 2012, lance un appel à contribution à tous. Un pragmatisme nécessaire pour résoudre les défis de l’eau à travers le monde et qui sera d’ailleurs le mot d’ordre de ce « Forum de Marseille 2012 qui sera le Forum des Solutions », comme le rappelle son Président, le Pr. Benedito Braga.

En effet, cet évènement triannuel, après avoir contribué à inscrire la question de l’eau à l’ordre du jour mondial, entend franchir une nouvelle étape lors de cette édition, en déclenchant la mise en œuvre effective de solutions concrètes.

C’est pourquoi, les organisateurs du forum ont profité de la Semaine internationale de l’eau, qui se tenait à Stockholm du 21 au 27 août, pour lancer une plateforme digitale, www.solutionsforwater.org, dédiée à la collecte, au partage et au suivi des solutions et des engagements pour résoudre les problèmes liés à l’eau.

Une manière d’impliquer les citoyens, en favorisant leur engagement par le partage d’expériences et en les faisant participer au débat, puisqu’ils peuvent proposer leurs propres solutions, qu’elles soient existantes ou innovantes.

Mais le site sera également ouvert aux autres parties-prenantes qui pourront apporter des solutions de nature légale (loi, décret, traité…), technique (outil, technologie, usine, logiciel…), institutionnelle (gouvernance, programme, politique…), financière (subvention, transfert, tarification…) et éducative (sensibilisation, film, information…).

Les solutions doivent, entre autres, être en adéquation avec au moins un des objectifs-cibles du Forum mondial de l’eau, avoir démontré leur efficacité sur le terrain et surtout être reproductibles.

Les solutions identifiées seront ensuite transmises au 6e Forum mondial de l’eau de Marseille.

Bilan de la Semaine internationale de l’eau

Du 21 au 27 août derniers, se tenait à Stockholm la Semaine internationale de l’eau, avec pour thème « L’eau dans le monde urbain ».

Ce rendez-vous était l’occasion pour une série d’organismes spécialisés dans l’environnement et l’eau d’explorer les meilleures solutions pour répondre à ce défi. Il devait permettre aux participants de préparer les prochaines grandes conférences qui aborderont la question de l’eau, à savoir la conférence de Rio de Janeiro sur le développement durable, organisée par les Nations unies en juin 2012 (20 ans après le sommet de la Terre), la conférence sur l’eau, l’énergie et la nourriture, qui aura lieu à Bonn (Allemagne) en novembre 2011 et le Forum de l’eau à Marseille (France) en mars 2012.

La Conférence Rio 2012 appelée à s’engager à fournir de l’eau à tous d’ici 2030

Dans une « déclaration de Stockholm » , les signataires* ont appelé la Conférence de l’ONU à s’engager en faveur d’ « un approvisionnement universel en eau potable, en services sanitaires adéquats et en moyens énergétiques modernes d’ici l’année 2030″. Ils ont également appelé à l’instauration d’objectifs intermédiaires concrets (des « hausses de 20% » d’ici 2020) pour améliorer l’efficacité de la gestion de l’eau dans l’agriculture et dans la production énergétique, ainsi que du recyclage de l’eau.

Adeel Zafar, le président de UN-Water, une entité qui coordonne les agences des Nations unies traitant d’eau et d’hygiène publique, a déclaré que cette conférence « constitue une excellente opportunité pour revoir la manière dont l’eau, l’énergie et l’alimentation sont gérées », en insistant sur le fait qu’elle doit accorder « la priorité au milliard de personnes qui n’ont pas actuellement accès à ces services de base ».

Les investissements verts, une solution au problème de l’eau

En marge de la déclaration de Stockhlom, des séminaires et des rapports d’études présentés durant cette semaine ont mis en évidence les scénarios d’investissements verts pour répondre à la demande croissante en eau.

Les investissements verts dans le secteur de l’eau

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a présenté un rapport remarqué sur l’économie verte faisant état de la situation actuelle des pénuries d’eau dans le monde et exposant les investissements qui permettent d’y remédier.

Dans un chapitre sur l’eau, il affirme qu’investir 0,16 % du PIB mondial dans le secteur de l’eau, soit environ 137 milliards d’euros, permettrait de limiter la pénurie d’eau et de réduire de moitié, en moins de quatre ans, le nombre de personnes privées d’un accès durable à l’eau potable et à un réseau d’assainissement élémentaire.

Actuellement, l’insuffisance des investissements dans les services d’approvisionnement en eau et le manque d’efficacité de la collecte, du traitement des eaux usées et de leur réutilisation exacerbe la pénurie dans de nombreuses régions du monde et contribue à une situation où la demande mondiale en eau pourrait dépasser de 40% l’offre d’ici 20 ans.

Or, ces mesures permettraient de limiter les pénuries et d’éviter les coûts sociaux et économiques élevés résultant d’un approvisionnement en eau inapproprié (la santé, la sécurité alimentaire et la croissance économique).

Le rapport cite plusieurs exemples d’investissements verts dans le secteur de l’eau, qui ont également permis d’obtenir des avantages économiques et environnementaux. Parmi eux, le projet de restauration des quatre principaux fleuves de la Corée du Sud avec un investissement de 17,3 milliards de dollars, avec pour objectif de sécuriser les ressources en eau afin d’éviter les pénuries, de mettre en œuvre des mesures de maîtrise des crues, d’améliorer la qualité de l’eau tout en restaurant les écosystèmes des bassins fluviaux et de développer les régions locales ainsi que l’espace culturel et de loisirs autour des grands fleuves. Globalement, on estime que ce projet de restauration de la santé des fleuves créera 340 000 emplois et génèrera 31,1 milliards de dollars de retombées économiques.

Une utilisation plus efficace de l’eau dans l’agriculture

Cependant, les investissements dans le secteur de l’eau ne seront pas suffisants. Le PNUE estime que le déficit en eau ne pourra être comblé qu’en améliorant sa productivité (utiliser moins d’eau pour produire autant).

70% de l’eau douce du monde étant utilisée pour l’agriculture, améliorer la productivité agricole avec une quantité d’eau équivalente est donc une nécessité pour réduire les pénuries d’eau. Il faut notamment adapter les cultures agricoles aux conditions climatiques locales pour réduire le volume d’irrigation et les techniques d’arrosage devraient être revues pour se rapprocher d’un goutte-à-goutte ciblant les besoins précis des plantes.

Mais sachant que l’agriculture risque d’entrer en concurrence avec l’industrie dans les pays émergents, des investissements pour augmenter l’offre en eau (nouveaux barrages, usines de dessalement d’eau de mer, etc.) et les réformes de la politique de l’eau seront indispensables pour faire face à ce nouveau défi.

Une meilleure planification de la filière bioénergie

Un autre rapport présenté pendant la Semaine mondiale de l’eau a mis en évidence les liens entre la bioénergie (énergies renouvelables issues de matières organiques comme le bois, la biomasse ou les sous-produits agricoles) et l’eau. Il constate que la demande en eau des bioénergies est en grande partie liée à la culture et à la transformation des matières premières agricoles et préconise donc une planification soigneuse du développement des bioénergies, tenant compte de la concurrence pour ces mêmes matières premières, afin de ne pas aggraver les pressions existantes.

Un développement bien planifié des bioénergies peut favoriser des pratiques agricoles durables, améliorer l’accès à l’eau, grâce au pompage et au traitement de l’eau alimentés par la bioénergie et même renforcer la sécurité alimentaire dans le cas de systèmes combinés de production d’aliments et de bioénergie.

 

* Entre autres, le Centre international de l’eau et l’assainissement, l’Institut international de l’eau de Stockholm, l’Institut international de gestion de l’eau, ONU-Eau, le Ministère fédéral allemand de l’environnement, de la Protection de la nature et de la sécurité nucléaire, ainsi que de plusieurs organisations internationales, dont : Conservation International, International Water Management Institute, IRC International Water and Sanitation Centre, Stakeholder Forum, Stockholm International Water Institute, Wateraid et Worldwide Fund for Nature (WWF).

Corne de l’Afrique – régler les causes profondes de la crise s’annonce délicat

La sécheresse qui frappe actuellement la Corne de l’Afrique ne suscite toujours que bien peu d’engouement. Alors que les Nations Unies évaluent à près de sept cent millions d’euros le montant de l’aide humanitaire qu’il faudrait réunir pour soutenir les populations affectées, les promesses de dons de la communauté internationale ne comblent pour l’heure que la moitié de ce montant. Une évolution de cette situation est attendue le 25 août, date à laquelle doit intervenir une conférence de l’Union africaine, à laquelle participeront les donateurs.

Mais au-delà de cette aide d’urgence, certains intervenants appellent à aller plus loin, et à envisager le déploiement de mesures pour qu’une telle crise ne se reproduise plus. Jacques Diouf, directeur général de la FAO, souhaite ainsi que l’on commence « à bâtir pour l’avenir » et veut inciter les gouvernements et les donateurs à investir dans l’agriculture. Position mise en avant également par Yukiko Omura, vice-présidente du Fonds international de développement agricole, qui souhaite un soutien accru au développement de cultures vivrières sur place, permettant de fournir en alimentation les communautés.

Certaines mesures envisagées par la communauté internationale vont dans ce sens. Il s’agit par exemple de la fourniture de semences, d’engrais et d’eau destinée à l’irrigation, afin d’assurer la campagne de semis à venir. Mais régler les causes profondes de la crise sera bien plus délicat, même si des propositions existent.

Source : journaldelenvironnement.net.

Sauvegarder nos ressources naturelles, un objectif rentable pour les entreprises

crédit flickr

Alors que les ressources en eau se raréfient, voici un modèle de développement qui devrait faire des émules. La Campbell Soup Company, entreprise basée aux États-Unis sur les rives du fleuve Delaware, a en effet depuis plusieurs années investi pour une meilleure gestion de l’eau dans sa chaine de production. Fabricante de produits alimentaires variés, allant de la soupe comme son nom l’indique, aux sauces en tout genre, elle en était à l’origine une grande consommatrice. Mais seulement 2% de l’eau qu’elle utilisait était alors intégrée dans ses aliments. Désormais, entre autres économies, cette entreprise réutilise par exemple l’eau qu’elle consomme pour chauffer une partie de ses locaux. Elle a pu en économiser près de 4 milliards de litres depuis 2008.

Un tel modèle de développement a un effet positif non négligeable sur l’environnement, mais ne se limite pas à cela. Il confère ainsi un avantage concurrentiel important à l’entreprise qui le met en place. En effet, comme nous l’indiquent les responsables de la Campbell Soup Company, « chaque projet d’efficacité de l’eau […] financé conduit à un retour sur investissement interne de 15-20% ». Leur objectif est d’ailleurs de réduire l’empreinte environnementale de leur entreprise de 50% à l’horizon 2020, engagement pris au sein d’un plan qui donne une grande importance la gestion efficace de l’eau. Et la Campbell Soup Company ne s’arrête pas là, puisqu’elle invite également ses fournisseurs à s’engager eux aussi en faveur d’une meilleure gestion de l’eau et du soutien aux agriculteurs.

Source : The Guardian.

Eole Water : produire de l’électricité et de l’eau avec une éolienne !

Voilà de l’innovation dans les énergies éoliennes : à Saint-Tulle, la start-up française Eole Water vient de mettre au point une éolienne capable de produire de l’électricité, mais aussi jusqu’à 2.000 litres d’eau potable par jour…

Projet n’a toujours pas été concrétisé pour l’heure mais il peut s’agir d’une avancée majeure. De nombreuses éoliennes et autres sources d’énergie peuvent être installées dans des lieux isolés en étant cependant rattachées à un réseau. Eole Water développe un concept simple : l’eau provient de l’air, l’énergie du vent et les composants sont tous entièrement recyclables.

Une telle éolienne va permettre à des milliers de personnes vivant dans des zones isolées de pouvoir accéder à l’eau potable et à l’électricité. En effet, « l’éolienne pèse 11 tonnes, mesure 30 mètres de haut et n’a pas besoin d’être connectée à un réseau », décrit Thibault Janin, Directeur marketing et logistique d’Eole Water.

La commercialisation n’est encore qu’à ses balbutiements mais la start-up compte déjà en implanter dès septembre à Abu-Dhabi. Des projets de contrats avancent également avec la Polynésie, le Chili, le Bénin ou encore la Zambie.

Grâce à la condensation de l’air, c’est une nouvelle source d’eau qui peut s’installer n’importe où. Une bonne chose quand on dénombre encore que plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et que 2,6 milliards de personnes manquent d’installations sanitaires de base…

NKM : son plan national d’adaptation au changement climatique

Si on entend déjà les juilletistes et sceptiques pester contre les menaces de réchauffement climatique alors qu’ils souffrent d’un temps pluvieux, les autorités environnementales françaises cherchent à préparer la France à vivre avec quelques degrés de plus.

Au programme de la semaine, la réunion annuelle du Giec – groupe d’experts internationaux sur le climat – à partir du mardi 19 février tandis que la ministre de l’environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, présentera mercredi 20 juillet le plan national d’adaptation au changement climatique, le premier du genre en Europe.

Premier évènement, la semaine du Giec permet à ses 250 experts de se rencontrer afin de mettre en commun leurs conclusions et synthèses. Ce sous-groupe d’experts est chargé d’évaluer les aspects scientifiques du changement climatique (fonctionnement de l’effet de serre, cycle du carbone, variations climatiques du passé, etc.).

Mercredi, Nathalie Kosciusko-Morizet, lors de son annonce, proposera une série de mesures destinées à préparer la France de la fin du siècle à vivre avec 2 à 3 °C de plus en moyenne par an. Oui, la France n’est pas le pays du monde le plus menacé par les effets du changement climatique mais la raréfaction des pluies et la baisse de l’enneigement peuvent causer des tords dans de nombreux domaines comme le tourisme, la santé, l’agriculture…

« Le CO2 est la base de la nourriture des plantes » : la pollution a parfois du bon

Depuis les années 1950 et jusqu’en 2003, la forêt française n’avait jamais été aussi productive grâce aux émissions croissantes de CO2 qui nourrit la végétation, mais aussi aux dépôts de pollution azotée issue de l’industrie ou des transports, qui constituent un excellent engrais.

Cependant qu’il s’agisse de l’activité sylvicole ou agricole, la nature n’apprécie pas les conditions extrêmes. Les conditions de sécheresse menacent chacun des domaines. « Il faut favoriser la capacité d’adaptation des nouvelles générations d’arbres à leur environnement futur » en mélangeant les espèces, décrit Michel Vennetier, chercheur en écologie forestière au Cemagref.

Pour la santé des forêts, les autorités proposent d’insister sur la prévention contre les incendies et d’autre part la préservation contre les parasites.

« En matière agricole, les impacts du changement climatique ne sont pas univoques et varient énormément en fonction du type de culture », assure ainsi Nadine Brisson, directrice de recherche de l’unité Agroclim de l’Inra.

« Le changement climatique ne sera pas une catastrophe pour l’agriculture, à condition de se préparer », affirme cependant la scientifique. Des leviers existent : améliorer génétiquement les variétés ; substituer une partie du maïs par du sorgo, cultivé en Afrique – qui remplit les mêmes usages mais résiste mieux à la sécheresse ; avancer les semis… et, s’il le faut, relocaliser certaines cultures.

Canicules et allergies à ménager pour préserver la santé

A la suite des fortes canicules de 2003 puis 2006, on a pu constater de nombreuses améliorations dans la prévention des effets sur les personnes les plus fragiles. Ainsi, le comportement des personnes sensibles aux fortes chaleurs tend à se modifier sur le long terme en évitant par exemple les expositions aux heures chaudes…

Les spécialistes de la santé alertent aussi sur la multiplication probable et déjà observée des allergies. « Les plantes vont produire plus tôt davantage de pollen qui, du fait de la chaleur et de la pollution, contiendra davantage d’allergènes », énumère Jean-Pierre Besancenot.

A propos des maladies parasitaires, les experts de la santé évoquent l’évolution de la leishmaniose, une maladie transmise via les chiens par de tout petits moucherons et très présente dans le pourtour méditerranéen.

Plus au nord et moins au sud : la répartition des touristes pourrait également être modifiée

Le tourisme blanc doit s’adapter à la baisse des quantités de neiges et proposer des activités alternatives dans les stations de moyenne montagne. Tandis que les littoraux aménagés sont menacés par la montée du niveau de la mer – notamment sur les plages du littoral méditerranéen et aquitain. Pour l’Outre-mer, la préoccupation principale concerne la disparition progressive de la barrière de corail dont dépend une grande part de l’activité touristique.

Les professionnels du tourisme invitent à étaler les vacances sur une plus longue période – de juin à septembre – afin de répondre aux besoins et d’éviter les concentrations démographiques qui nuisent à la santé de l’environnement.  « Les reports de consommation touristique ne devraient pas se faire sur des hivers annoncés plus pluvieux, remarque cependant Ghislain Dubois, universitaire à Saint-Quentin dans les Yvelines. En revanche, l’automne et le printemps devraient être des saisons agréables. »

Il ajoute que les  professionnels du tourisme devraient recentrer leur offre sur une clientèle de proximité plutôt que sur celle brésilienne ou chinoise qui va subir tôt ou tard la hausse du prix des transports.

Eau et urbanisme : prévenir les conflits d’usage et revoir les constructions

« L’un des principaux défis à relever, si ce n’est le plus grand de tous, sera de faire converger une offre qui va diminuer avec une demande qui, déjà, par endroits, n’est pas satisfaite et va encore augmenter du fait du réchauffement climatique », concluait l’an dernier le groupe de travail chargé de faire des recommandations sur l’adaptation à la ministre de l’Ecologie. Les conflits d’usage entre consommation quotidienne, agricole ou industrielle risquent d’ailleurs de peser énormément sur les débats futurs.

L’un des objectifs du plan national d’adaptation présenté mercredi consiste en la réduction de 20 % de l’ensemble des consommations d’eau d’ici à 2020 par une utilisation raisonnée de l’irrigation dans l’agriculture, la réduction des fuites ou une meilleure réutilisation des eaux usées.

Par ailleurs, les constructions de nouvelles bâtisses doivent prendre en compte la sécheresse et la qualité des sols. En effet, les mauvaises argiles amènent le risque de ruissellements en cas de fortes pluies ou du phénomène de « retrait gonflement » qui provoquent la fissuration des maisons. Le risque d’« inondations » est en tête des préoccupations des pouvoirs publics, affirme le climatologue Jean Jouzel.

Ce plan présenté par le gouvernement témoigne de la volonté de celui-ci de prévenir les catastrophes liées au changement climatique, notamment d’ordre économique par exemple dans les domaines du tourisme ou de l’agriculture.

Eau et agriculture : quel est l’impact du changement climatique ?

Source: Fotosearch

La période estivale amène sécheresse, pic de pollution et incendies. A chaque jour, son rapport. Hier, le 9 juin, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publiait son dernier rapport « Changement climatique, eau et sécurité alimentaire ». Le papier se présente comme « une étude exhaustive des connaissances scientifiques actuelles sur les conséquences annoncées du changement climatique sur l’utilisation de l’eau dans l’agriculture ».

Au cours des prochaines décennies, le changement climatique aura un impact majeur sur les disponibilités en eau pour l’agriculture et sur la productivité des cultures, décrit la FAO. D’autant que la demande alimentaire mondiale va progresser de 70% d’ici 2050 et la production de viande devrait doubler…

 

L’agriculture pèse lourd dans la consommation d’eau mondiale

L’Organisation estime que les décideurs doivent développer l’utilisation des eaux souterraines disponibles afin d’atténuer les risques susceptibles d’affecter la production des agriculteurs. La FAO conseille de mettre en œuvre des systèmes efficaces de «comptabilité de l’eau » dans les pays en voie de développement et de changer leurs modèles culturaux pour pouvoir planter plus tôt ou plus tard. Cela permet d’optimiser l’irrigation. L’analyse des secteurs agricoles consommateurs permet d’agir de manière spécifique.

La production de céréales et de maïs consomme beaucoup. C’est cependant l’élevage de certaines espèces qui est le plus gourmand en eau.

 

Produit Unité Equivalent en eau en m3 par unité
Bovins Tête 4000
Moutons et chèvres Tête 500
Boeuf frais kg 15
Agneau frais kg 10
Volaille fraîche kg 6
Céréales kg 1,5
Agrumes kg 1
Huile de palme kg 2
Légumineuses, racines et tubercules kg 1

 

Les pays en voie de développement devraient veiller à mieux développer les procédures d’attribution d’eau aux parcelles agricoles, qui seraient à la fois «robustes et flexibles».

Ce conseil est fondé. Cependant, le problème mondial trouve une fois encore sa solution …chez les pays les plus pauvres. En temps normal (de non sécheresse), les rendements de production sont bien inférieurs à leur potentiel agro-climatique, faute de moyens et de techniques. La Banque mondiale estime qu’il faut investir environ 2,5 milliards de dollars (1,88 milliard d’euros) par an entre 2010 et 2050 pour réussir cette adaptation de l’agriculture Si le FAO les encourage à modifier leurs modèles, il faudra aussi qu’elle reste présente pour les supporter – notamment financièrement – vers cette transposition.

L’organisation développe une autre piste : favoriser des systèmes agroforestiers mixtes. Elle décrit que « tout en séquestrant le carbone, ces systèmes offrent des avantages supplémentaires, tels que l’ombre qui réduit la température du sol et l’évaporation, une protection accrue contre le vent et une meilleure conservation des sols ainsi qu’une meilleure rétention de l’eau ». Elle propose aussi de chercher à conserver l’humidité des sols, notamment la pratique du « labour zéro » ou « minimum » – la réduction du labourage des champs – ou la plantation de cultures ayant des racines profondes qui exploite l’humidité disponible dans le sol.

 

Ce nouveau rapport ne cherche pas à être alarmiste mais bien à proposer une interprétation de l’impact du changement climatique et des solutions pour réduire l’ampleur du problème. Ces conseils constituent les premiers pas vers une nouvelle orientation qui doit impliquer tant les producteurs de pays développés que les producteurs de pays en voie de développement….

 

Sources: afriquinfos.com, le journal de l’environnement, le CRI, Romandie