Amazonie : mourir pour la forêt

Paulo Adario, responsable de Greenpeace, déclare: « Le Brésil s’est réveillé avec la nouvelle de l’assassinat d’un défenseur de la forêt amazonienne et est allé se coucher avec la nouvelle que la majorité des députés approuvait l’assassinat de nos forêts. »

Après deux ans de discussions, la décision a été validée par le sénat brésilien: le code forestier de 1965 est amendé et la protection de la forêt amazonienne est assouplie au profit des terres agricoles.

Le code limitait l’usage agricole des terres en obligeant les propriétaires de forêts à en préserver une partie intacte, jusqu’à 80%. Le vote réduit cette protection obligatoire et amnistie ceux qui ont déboisé la forêt dans le passé. Cette nouvelle loi est une victoire du très puissant lobby agricole brésilien.

Le soja ou le climat

Le Brésil est l’un des principaux producteurs et exportateurs mondiaux de soja, de céréales et de viande. Selon la présidente de la Confédération nationale de l’Agriculture, Katia Abreu, « ce qui est en jeu, c’est la production d’aliments au Brésil, qui soutient l’économie nationale. »

Si les statistiques du ministère de l’Environnement révélées dans A Folha de São Paulo montrent que la déforestation dans l’Etat d’Amazonie a augmenté de 27 % en un an, la discussion de la loi au parlement n’a fait qu’augmenter la destruction – qui resterait impunie selon le texte – d’autant que selon une estimation de la Banque mondiale, 85 % des agriculteurs en Amazonie n’ont pas de titres fonciers valables pour les terres qu’ils exploitent. L’impact de la loi risque d’être terrible.

Y avait-il une autre solution ?

Le projet a été voté sans le consentement du gouvernement, fervent défenseur de la forêt. La ministre de l’Environnement, Izabella Teixeira, a prévenu toutefois que Mme Rousseff, présidente brésilienne, aurait pu mettre son véto aux points les plus controversés du projet de loi.

Aussi « le code devait être modifié. Il manquait des mécanismes encourageant l’effort de protection des forêts » admet Paulo Moutinho, analyste à l’Institut de recherches d’Amazonie « mais on ne devait pas amnistier ceux qui ont déboisé dans le passé ».

Mais la décision était en partie d’avance affirme Greenpeace Brésil. De nombreux sénateurs de la région sont de grands propriétaires terriens qui influencent avec force les délibérations dans les coulisses à l’exemple de la famille de Blairo Maggi, le plus grand cultivateur de soja dans le monde et sénateur de la région du Mato Grasso.

Les martyrs de l’Amazonie seront-ils vengés ?

Selon la Commission pastorale de la terre (CPT), liée à l’Eglise catholique, plus de 1150 écologistes ont été tués au Brésil au cours des 20 dernières années.  La semaine dernière, quatre agriculteurs-écologistes qui dénonçaient les déboisements clandestins ont été assassinés dans les Etats amazoniens du Rondonia et du Para.

Le 31 mai, dans une embuscade, un couple d’écologistes – José Claudio Ribeiro da Silva et Maria do Espirito Santo da Silva – est aussi assassiné. Ils avaient 20 hectares dont ils préservaient 80% comme la loi l’exige et faisaient partie d’une ONG fondée par le récolteur de latex et écologiste Chico Mendes, assassiné lui-aussi par des tueurs en 1988 en Amazonie. Il a refusé la destruction des braconniers.

« Nous n’accepterons pas ces meurtres. Nous allons intensifier le contrôle et la supervision et multiplier les actions visant la mise en place d’une politique de développement durable dans la région », a affirmé le ministre du Développement rural, Afonso Florence.

Cette vague noire de meurtres est l’illustration de l’impunité des propriétaires agraires suspectés d’en être les mandataires. Les déclarations d’intention du gouvernement doivent être suivies d’actions concrètes au risque de laisser la crise agraire se développer.

L’Etat, au niveau fédéral et local, doit prendre des mesures à court terme : arrêter les ‘pistoleiros’ (tueurs) et à long terme limiter le vol des terres en Amazonie et faire enfin la réforme agraire.

Sources: enviro2bbranchez-vouscourrierinternationalAFP, Greenpeace, Die Zeit, Romandie lien1, lien2canadianpress

 

 


 

Madagascar : la cuisine solaire

C’est en 1998, après un séjour à Tuléar, au Sud-ouest de Madagascar que Regula Ochsner, ex-coopérante de l’aide au développement, a décidé de fonder l’Association pour le Développement de l’Energie Solaire Suisse-Madagascar (ADES).  Un quart de siècle plus tôt, la suissesse avait effectué son tout premier séjour sur l’île de l’océan Indien, Madagascar était alors réputée pour ses forêts tropicales et xérophiles. Lors de sa deuxième visite,  Regula Ochsner a subit un véritable choc, « la forêt avait disparu, il n’y avait plus que des arbres isolés et l’érosion progressait. J’ai réalisé que si la déforestation continuait ainsi, le pays allait rapidement perdre ses moyens de subsistance ».

Durant les deux dernières décennies, pas moins de 200 000 ha de zones boisées ont disparu chaque année, au profit de la production de charbon de bois et de bois de chauffage pour la cuisine. Regula Ochsner a alors commencer à s’intéresser à l’énergie solaire, car s’il y a une ressource abondante sur cette île de l’océan Indien, c’est bien le soleil. Alors, pourquoi ne pas cuisiner à l’énergie solaire ?

De retour en Suisse, Regula Ochsner se met en relation avec Edouard Probst. Vingt ans auparavant, ce menuisier retraité avait développé des fours solaires pour les communautés bédouines du Sahara.

Aujourd’hui, 13 000 familles s’y sont mises. Chacun de ces fours solaires permet de réduire de deux à trois tonnes les émissions de CO2 chaque année, soit la quantité rejetée par une petite voiture sur 15 000 km. De plus, chaque four remplace l’utilisation de 7 800 tonnes de bois. Tout le matériel est fabriqué à Madagascar, ce qui donne du travail à 100 personnes, dont 70 sont des employés de l’ADES. Les familles économisent, quant à elles, du temps mais aussi de l’argent, un four solaire étant amorti après environ six mois d’utilisation, et ce, sans aucune émission de CO2.


Source : adesolaire.org

Les Français de plus en plus inquiets pour l’environnement

L’institut BVA a réalisé un sondage pour Evasol sur les opinions et les sentiments des Français par rapport à l’environnement. Les résultats montrent que la population hexagonale est de plus en plus inquiète, principalement en ce qui concerne les dépenses énergétiques.

Une très grande majorité des Français estime que le réchauffement climatique est un fait scientifiquement prouvé et incrimine la responsabilité de l’homme dans la dégradation environnementale. Les Français ne sont plus que 44% à penser que les spécialistes de l’environnement exagèrent les menaces qui pèsent sur la planète contre 53% pour la même étude réalisée en 1992. Parmi les menaces qui préoccupent le plus la population, on retrouve la pollution atmosphérique, la déforestation ainsi que la pollution de la terre et de l’eau par les engrais chimiques. L’accident de la centrale nucléaire de Fukushima semble avoir marqué les esprits puisque 59% des concitoyens sont très inquiets quant à la possibilité qu’un accident similaire survienne sur le territoire.

Les Français sont également de moins en moins confiants à l’égard du gouvernement quant à la protection de la planète. A la veille des élections présidentielles, où la question de l’écologie tient une place primordiale dans le débat, 72% des personnes sondées estime que le gouvernement et les industriels sont les premiers responsables de la dégradation de la planète.

La population s’attend à voir augmenter le coup de l’énergie d’ici deux ans, ce qui devient une menace de plus en plus anxiogène pour les foyers pour qui, le meilleur moyen de pallier cette hausse réside dans la responsabilisation. En effet, 77% des sondés estiment que le changement profond des mentalités reste la meilleure solution pour protéger l’environnement, un seul leitmotiv : économiser l’énergie.

Pour cela, les Français se disent prêts à investir dans les énergies renouvelables et prévoient de réduire fortement leurs dépenses énergétiques d’ici 2 ans. Ainsi, près d’un quart pensent utiliser l’énergie solaire pour chauffer leur maison d’ici 10 ans et pour 50% d’ici 20 ans.

Source : quelle énergie

Brésil : polémique autour d’un nouveau code forestier

Plusieurs ONG, dont WWF et Greenpeace, s’inquiètent de la possible ratification d’une loi amnistiant les auteurs de déforestation, un nouveau code forestier qui créer la polémique dans le monde de la préservation de l’environnement. A quelques semaines du sommet Rio+20, qui se tiendra du 20 au 22 juin 2012, « la présidente du Brésil Dilma Roussef doit donner les preuves de sa bonne volonté en matière d’environnement en opposant son véto au vote du Parlement ».

Photo: fotopedia.com

Réforme du code forestier

Depuis 1965, le code forestier brésilien limitait l’usage des terres agricoles en obligeant les propriétaires de forêts à en préserver une partie intacte, pouvant atteindre jusqu’à 80% en Amazonie. Les propriétaires devaient également protéger les zones dites « sensibles », où la biodiversité est la plus menacée, comme les rives des fleuves et les coteaux de collines. La réforme du code forestier brésilien représente un danger pour l’environnement, car elle réduirait de façon significative ces zones jusqu’ici protégées.

Cette situation risque de laisser la part belle aux intérêts des agriculteurs et occulter ceux des populations. Dans la nuit du jeudi 26 avril 2012, la chambre des députés a approuvé la réforme, remettant ainsi en cause les acquis des populations concernant la déforestation et la préservation du milieu naturel. Le texte de loi doit encore être approuvé par Dilma Roussef, présidente du Brésil. Si elle venait à opposer son veto, la proposition de réforme retournerait au Sénat afin d’être modifier.

Polémique et tractation politique

Les ONG, dont principalement Greenpeace, pointent que le fait le plus polémique est celui concernant l’amnistie des producteurs de bois ayant déboisé illégalement des zones forestières sensibles se trouvant près des fleuves, avant l’année 2008. Ils étaient jusqu’à maintenant tenus de replanter la totalité des terres dévastées, ce qui ne sera plus le cas si la réforme est votée.

Pour WWF et Greenpeace, une telle proposition de la part du Brésil montre un net recul de sa trajectoire environnementale. Sarah Shoraka, activiste de Greenpeace et spécialiste des forêts déclare que « c’est un choc que le Brésil ait modifié son code forestier protégeant la forêt amazonienne. A quelques semaines du sommet Rio+20, cela met beaucoup de pression sur la Présidente Dilma Rousseff. Il sera très difficile pour elle de se poser en défenseur de l’environnement. » Elle insiste sur le fait que le gouvernement Dilma Roussef est beaucoup moins sensibles aux questions environnementales que ne pouvait l’être celui de Lula. En effet « l’ex-président Lula avait annoncé des mesures ambitieuses pour réduire les émissions de CO2 à Copenhague. »

Les organismes internationaux pensent que cette loi représente un premier test pour la présidente. Sarah Shoraka ajoute que la situation environnementale au Brésil s’est singulièrement détériorée avec le gouvernement Roussef, « il n’y a qu’à regarder la construction de grands barrages hydroélectriques ou celle de routes réalisées sans études environnementales préalables pour noter que la défense de l’environnement se dégrade au Brésil. » Les ONG s’attendent à voir se prolonger la politique entreprise par Lula. Le fait que la présidente ait laissé entendre qu’elle opposerait son veto à cette réforme semble être un bon présage pour les défenseurs de la nature et les populations directement touchées.

Source : Greenetvert.fr

Cameroun : combattre la déforestation

Dans le cadre le l’APV-Flegt, l’Accord de Partenariat Volontaire pour l’Application des réglementations forestières, Gouvernance et Echanges commerciaux, l’Union Européenne vient d’attribuer au Cameroun la somme de 78 millions de francs CFA. Cette somme sert à financer un « projet d’observation externe et communautaire des forêts », dans le but de combattre la déforestation et le commerce illégal de bois.

Photo: Fotopedia.com

Un travail de longue haleine

Le Cameroun s’est engagé, dès avril 2005, à intégrer le processus d’application des réglementations forestières dans ses politiques commerciale et environnementale. Suite à de nombreuses négociations et restructuration des objectifs du pays, l’accord d’un partenariat avec l’Union Européenne a été conclu, en 2010 à Yaoundé. Cet accord marque la volonté des deux parties de combattre l’exploitation illégale des forêts, le commerce illicite de produits en bois et la forte corruption existant dans le secteur forestier. C’est lors de journées de travail, tenues les 19 et 20 avril derniers que le Foder (l’ONG Forêts et développement rural) a appris la décision de l’UE de financer le projet d’observation des forêts au Cameroun à hauteur de 80%. Les 20% restant étant assurés par l’organisation néerlandaise FERN et par l’agence britannique Well Grounded.

Le projet d’observation doit s’étendre sur 14 mois et couvrira différentes zones du pays comme Yoko et Mbalmayo, les régions du Centre, Abong Mbang et Lomié, les régions de l’Est, ainsi que Akom2, Elogbatindi et Ma’an, les régions du Sud. Une des conditions de la bonne marche du projet est l’intégration et l’intensification du rôle « des communautés locales et autochtones » dans le processus d’observation des forêts. Le projet revêt une dimension fortement sociale et environnementale à travers « l’observation indépendante externe et participative des activités d’exploitation forestière dans les régions visées ».

Contre les comportements véreux

Rappelons que le secteur du bois représente 6% du PIB au Cameroun et que le « pays produit 2,3 millions de mètres cubes de bois par an, dont 80% est destiné au marché européen », en ce qui concerne le marché légal. Le Cameroun s’est engagé à n’exporter vers l’Europe que « du bois dont la coupe a été effectuée de manière licite ». Selon les observations déjà effectuées dans le pays et par l’Union Européenne, des résultats sont déjà visibles. L’engagement du Cameroun a permis le retrait de licences de plusieurs exploitations forestières allant à l’encontre des termes de l’accord.

Dans le processus de l’Apv-Flegt, les populations sont également sensibilisées au problème de la contrebande de bois et de la déforestation, raison pour laquelle elles participent au projet mené par l’ONG Foder. Les populations sont donc plus actives et plus réactives face aux abus, elles dénoncent le comportement véreux des exploitations forestières et militent pour sauvegarder leur environnement naturel. Par le biais de ces communautés et leur attitude positive face au projet, l’ONG Foder espère faire évoluer les mentalités au niveau de toute l’administration publique au Cameroun.

Source : Mediaterre.org

Quelles évolutions depuis 20 ans ?

 

Cela fait déjà presque 20 ans que la ville de Rio au Brésil a accueilli la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement durable. A l’approche du Sommet de Rio + 20, qui se tiendra du 4 au 6 juin prochain, il est temps de dresser un premier bilan.

Le programme des Nations unies pour l’environnement  vient de publier un rapport intitulé « Suivre les traces de notre environnement en mutation : de Rio à Rio + 20  » retraçant les changements environnementaux planétaires qui ont eu lieu au cours des vingt dernières années.  Celui-ci a été publié dans le cadre de l’écriture du « Global Environnement Outlook -5 » (GEO -5) du PNUE. Au sein de l’ONU, GEO -5 est l’analyse la plus fiable au sujet  des tendances et des perspectives de l’environnement au niveau mondial. La publication complète de GEO -5 sera dévoilée en mai prochain, soit un mois avant la Conférence de Rio + 20.

Au sujet du changement climatique :

Les émissions mondiales de CO2 continuent d’augmenter en raison de l’utilisation croissante de combustibles fossiles. Cependant, le PNUD constate que la quantité de CO2 émise pour produire 1 dollar (USD) du PIB national a baissé de 23% depuis 1992. Cela démontre le fait que la croissance économique n’est pas nécessairement liée à une augmentation de la consommation des ressources naturelles.

Depuis 1992, on constate un rétrécissement et un amincissement des glaciers du monde entier, ce qui influe sur l’augmentation du niveau des mers. Cette augmentation – environ 2,5 mm par an – menace le bien-être d’environ un sixième de la population mondiale.

Au sujet de la déforestation :

Même si une nette tendance à la reforestation a été constatée en Europe, en Amérique du Nord et dans certaines régions d’Asie, la superficie forestière mondiale continue de diminuer et 300 millions d’hectares ont été abattus depuis 1990.

Au sujet de l’efficacité de la gestion des ressources naturelles :

Entre 1992 et 2005, l’utilisation globale des ressources naturelles a augmenté de plus de 40%. Le PNUD alerte sur le fait que si une action n’est pas rapidement prise pour enrayer la surconsommation des ressources et pour séparer la croissance économique du gaspillage, les activités humaines finiront par détruire l’environnement.

Au sujet de l’eau potable :

Il est prévu que le monde atteigne, voire dépasse, les objectifs du Millénaire au sujet de  l’accès à l’eau potable ; ce qui indique que d’ici 2015, près de 90% de la population des pays en voie de développement auront accès à des sources d’eau potable (contre 77% en 1990).

Ce rapport alerte également sur le fait que la biodiversité a chuté de 12% au niveau mondial et de 30% dans les tropiques. Il existe une préoccupation croissante concernant l’acidification des océans –  le pH de l’océan est passé de 8,11 en 1992 à 8,06 en 2007 –  Cela pourrait avoir des conséquences importantes sur certains organismes marins et diminuer les revenus provenant des activités touristiques.

Cependant, le PNUD constate que de nombreuses questions environnementales qui émergeaient seulement en 1992, sont désormais partiellement résolues grâce à l’élaboration de politiques générales dans les nombreux pays concernés.

« L’écologisation » de l’économie a pris son envol. Elle est désormais vue comme une voie viable pour un développement durable. Le recyclage des déchets ou leur transformation en ressources nouvelles est pratiqué dans de nombreux pays.  Il y a eu une réelle prise de conscience de la part des consommateurs.

Lors de la publication de ce rapport, Achim Steiner, le Secrétaire adjoint de l’ONU a déclaré que « Rio + 20 aura pour thèmes principaux : l’économie verte dans le contexte du développement durable et de l’éradication de la pauvreté. Pour peu que les différents protagonistes s’accordent sur la direction à suivre, cette conférence pourrait permettre de déclencher l’impulsion nécessaire pour assurer le retour au vert des différents indicateurs environnementaux, et pour que le droit au développement soit apprécié par le plus grand nombre, au lieu de ne bénéficier qu’à quelques privilégiés ».

A suivre…

Sources : PNUD , developpementdurable.com

Novozymes s’engage pour le Mozambique

L’entreprise danoise Novozymes, spécialiste de la biotechnologie, a annoncé à la fin du mois de septembre, qu’elle allait se lancer dans un « projet pionnier » au Mozambique. Celui-ci vise à aider et inciter les petits exploitants agricoles à adopter des pratiques durables, en limitant les cultures sur brulis (défrichage des terrains par le feu), mais aussi à fournir à la population des moyens de cuisson de leurs aliments respectueux de l’environnement, des poêles à éthanol venant ainsi remplacer les cuisinières au charbon bien implantées au sein des ménages. L’objectif affiché est pour l’heure de fournir « à 20% des ménage de Maputo, la capitale du Mozambique » cette « alternative propre et concurrentielle au charbon de bois ».

Cette initiative privée poursuit un objectif louable : celui de lutter contre la déforestation, largement favorisée en Afrique par l’utilisation massive de charbon de bois. Mais il ambitionne également de s’attaquer à un problème de santé publique : selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et le PNUD (Programme des Nations Unis pour le développement), la cuisson au charbon de bois dans un environnement clos est, sans surprise, nuisible pour la santé de ceux qui en respire les échappements.

Novozymes vise par ailleurs, selon son vice-président Thomas Nagy, à démontrer que la biotechnologie peut contribuer à la protection de l’environnement ainsi qu’à la sécurité alimentaire, renforcée grâce à la réhabilitation future des sols dégradés par l’exploitation du charbon de bois.

Ce projet constitue le premier engagement de l’entreprise danoise dans le cadre de la Clinton Global Initiative, fondée par l’ex-Président américain en 2005, qui incite ses membres à prendre « l’engagement de mener à bien une proposition concrète en vue de relever un défi mondial majeur et à collaborer avec d’autres pour convertir ce plan en résultats significatifs et mesurables ».