Le secteur de l’audiovisuel veut se mettre au vert

Même si l’audiovisuel est l’un des derniers secteurs à se mobiliser, il n’est jamais trop tard ! Le cinéma et la télévision ont décidé de faire attention à la dimension environnementale de leur chaîne de production. « Même les films qui donnent des leçons dans les festivals d’environnement sont loin d’être irréprochables », reconnaissent les professionnels lors de la présentation du programme Ecoprod la semaine dernière.

Le collectif Ecoprod a été lancé en 2009 par l’ADEME, le groupe de prévoyance Audiens dédié aux secteurs de la communication et des médias, la commission du film d’Ile-de-France, les diffuseurs TF1 et France Télévisions et la direction des entreprises (Direccte). A ce jour, le collectif a mis en ligne sur son centre de ressources, des fiches pratiques, un calculateur carbone (Carbon’Clap), des témoignages, des études et des chiffres clés. Ecoprod peut accompagner concrètement les productions qui souhaitent réduire leur empreinte écologique de la pré-production à la commercialisation.

C’est lors de la présentation annuelle de son programme la semaine dernière qu’Ecoprod a révélé le bilan carbone de la filière. Ce bilan a été effectué par le cabinet Carbone 4.

Le secteur dégage 1,1 million de tonnes de CO2 par an, l’équivalent de la vie quotidienne annuelle de 110 000 Français ou de 410 000 allers-retours Paris-New York en avion  (en seconde classe). Cela représente un six centième de l’empreinte carbone de la France. La plus forte pollution provient des trajets réalisés par les spectateurs pour aller au cinéma (350 000 tonnes). Selon des données du Centre National de la Cinématographie (CNC), 70% d’entre eux utiliseraient leur voiture pour se rendre jusqu’au multiplex pour voir un film. La production de longs métrages et de fictions télévisées est, quant à elle, à l’origine d’un quart des émissions. « Dans la production des films et des fictions télévisées, le tournage représente 70 % de l’impact », précise Emmanuelle Paillat, ingénieur chez Carbone 4.

Sur le terrain, certains acteurs (producteurs, gestionnaires de plateaux…), s’organisent déjà pour entamer une démarche Ecoprod. Pour la production du téléfilm de « La victoire au bout du bâton », tournée à Marseille, France Télévisions et Alchimic Films ont choisi de confier le développement des pellicules à un laboratoire local afin d’éviter les allers-retours avec Paris. Le visionnage des rushs s’est, quant à lui, effectué sur Internet plutôt que sur des DVD.

Sources : les Echos  Ecoprod