Un cahier des charges de production piscicole

La profession piscicole française, en collaboration avec le Comité Interprofessionnel des Produits d’Aquaculture (CIPA), a officialisé le 26 janvier dernier un cahier des charges unique de production. Une démarche ambitieuse associant des enseignes volontaires – Auchan, Casino, Cora/Match, Intermarché, Métro et système U – les associations de consommateurs CLCV et UNAF, le WWF, le ministère en charge de la pêche et de l’aquaculture ainsi que FranceAgriMer.

Cette démarche témoigne de l’engagement de toute une profession en faveur de la durabilité de la production aquacole et de la garantie de qualité pour le consommateur. A la suite des différentes crises alimentaires, telle que celle de la vache folle, les grande enseignes ont voulu rassurer leur clientèle en établissant leur propres critères. « Avoir à satisfaire trois ou quatre cahiers des charges différents sur une même ferme, c’est ingérable », souligne Pascal Le Gal, président du CIPA. D’où l’idée de proposer une démarche collective et concertée.

Une manière aussi pour le CIPA de « témoigner de l’engagement de toute une profession en faveur de la durabilité de la production aquacole et de la garantie de qualité pour le consommateur ». Chacune des enseignes a fourni ses éléments de sélection pour parvenir à établir une synthèse acceptable par l’ensemble de la filière. « Elle s’appliquera de l’œuf à l’étal », précise Pascal Le Gal. Dans un contexte de forte demande en produits aquatiques, la mise en place d’une telle initiative permet également de rapprocher géographiquement « production » et « distribution », ainsi que le préconise le WWF.

La concrétisation de ce cahier des charges unique permet d’engager un partenariat concret entre la profession et la distribution. « L’occasion d’avancer ensemble dans une démarche originale de volonté de transparence et de prise de responsabilité nous a semblé novatrice et intéressante à défendre. Elle permet de répondre à la demande de simplification des producteurs, eu égard à la juxtaposition des contraintes et des contrôles. Elle garantit une très haute exigence de qualité tout en aidant la filière française à rester compétitive sur un marché qui demeure ouvert », explique le Président du CIPA.

La mise en place de cette démarche va ainsi fluidifier les échanges entre producteurs et distributeurs et la mise en marché des produits aquacoles français. Ce cahier des charges est aussi le moyen de gérer les élevages de façon plus optimale, de rationaliser les contrôles-tiers effectués tout en assurant une transparence totale sur les méthodes de production.

Ce cahier des charges unique de production sera un progrès pour l’éleveur qui, s’il s’engage, verra ses débouchés potentiels augmentés. Ses capacités de vente seront améliorées et il pourra s’engager pleinement dans une démarche durable.

Cyrille Deshayes, en charge des programmes eau douce et agriculture au WWF, considère que la démarche entreprise est pionnière dans les relations entre les organisations agricoles, la grande distribution, les ONG et les pouvoirs publics. Le WWF souhaite continuer à s’investir pleinement dans la démarche et aimerait qu’elle trouve un écho dans d’autres filières agricoles.

Sources : .environnement-france.fr   ouest-france.fr

Stations de ski et développement durable ne font pas bon ménage

Chaque année, des millions de skieurs envahissent les quelques milliers de stations aux quatre coins de l’Europe. A elles seules, les Alpes abritent plus de 600 stations qui disposent de plus de 10 000 rampes de télésièges et qui consomment une quantité phénoménale d’eau et d’énergie pour faire de la neige artificielle. Quel est l’impact de cette industrie florissante sur les fragiles écosystèmes montagneux ? 

Les régions montagneuses sont particulièrement sensibles au changement climatique. Dans les Alpes par exempe, le réchauffement récent y a été près de trois fois supérieur à la moyenne planétaire. Actuellement, on considère que 90% des domaines skiables alpins de moyenne ou grande taille bénéficient d’un enneigement naturel suffisant au moins cent jours par an. Les 10% restants opèrent déjà dans des conditions précaires. Une hausse de la température de 1°C ou 2°C pourrait ramener le nombre de domaines skiables jouissant d’un enneigement fiable à 500 ou 400. La perspective d’une fréquence plus forte d’hivers sans neige est maintenant avancée comme une conséquence du réchauffement climatique pour les stations, et ce dans divers pays.

Le marché des sports d’hiver est totalement tributaire des conditions météorologiques et face à l’augmentation des jours de fermeture, les stations se doivent d’innover afin de continuer à attirer les touristes. Ces principales innovations sont d’ordre technologique et la stratégie la plus répandue consiste à la création de nouvelles pistes grâce à l’enneigement artificiel. Ces pratiques, considérées comme nécessaires par de nombreuses stations, ont un coût environnemental et économique considérable.

Le coût de l’enneigement artificiel représente un minimum de 140 000 euros par hectare. L’énergie constitue la plus grosse dépense mais l’impact le plus important d’un point de vue écologique est celui de l’eau. Selon la Commission Internationale pour la Protection des Alpes, 95 milliards de litres d’eau sont nécessaires pour couvrir de neige artificielle les 23 800 hectares de pistes de ski alpines.  En prélevant l’eau dans les rivières, les lacs et les bassins de retenue, cette technique affecte la vie aquatique et la distribution d’eau. La demande est si importante que certaines stations sont obligées de construire des lacs artificiels.

En ce qui concerne l’impact écologique des skieurs eux-mêmes, l’empreinte carbone la plus importante proviendrait des voyages. Une étude réalisée en 2007 par l’association Mountain Riders et l’ADEME montre que 73% des émissions de CO2 engendrées par les séjours au ski proviennent des voyages en avion. Afin d’accompagner les passionnés  des sports de glisse à réduire leur empreinte carbone, plusieurs initiatives ont été créées comme par exemple le site Snow Carbon ou encore Responsible Skiing.

Sources : duralpes.com   Courrier International.com