Un lit en carton : humanitaire et durable ?

Un lit en carton, une idée saugrenue ? Voilà le pari relevé dans une école de commerce par Julien Sylvain qui s’est associé au designers du studio Nocc, Jean-Christophe Orthlieb et Juan pablo Naranjo afin de fabriquer un lit en carton ondulé destiné à l’hébergement temporaire d’urgence.

Conjuguer urgence humanitaire et environnement

En cas de catastrophes naturelles, l’humanitaire passe souvent au second plan. Dans l’urgence, les secours des organisations internationales sont amenés à déployer rapidement une logistique complexe, que le souci de l’environnement ne ferait peut-être que compliquer.

L’invention réside dans le lit en carton, nommé par ses créateurs Leafsupply. Le procédé de production « constitue à lui seul une innovation ». Grace à un partenariat avec un réseau de cartonneries très étendues Smurfit Kappa, la production des lits peut être réalisée à l’échelle la plus proche de la zone de la catastrophe.  Cela réduit le coût du transport et les émissions de dioxyde de carbone, diminuant ainsi la facture d’intervention et dynamisant l’économie locale.

Quatre caisses en carton standard, liées les unes aux autres sans colle ni sangle

En plus d’une réalisation rapide et économique, le carton est entièrement recyclable et biodégradable, « et le Leafbed peut s’enorgueillir d’un bilan carbone positif ! ». La rapidité de la production de carton permettrait de répondre à une situation de détresse humanitaire en quelques heures, alors qu’il faudrait des délais bien plus longs pour un lit de camp s’il est stocké loin des zones touchées.

Soumis à de nombreux tests de conditions extrêmes, les constructeurs ont pu éprouver sa résistance à la charge – jusqu’à 300 kilos – et à l’humidité ou aux hautes températures – il ne se délite pas, même à un taux d’humidité de 75% et un mercure à 40°C.

Autre point, l’ergonomie a été testée. Lors de test effectués dans des villages au Niger : 99% de satisfaits avaient été observés chez les personnes suivies.

La diffusion sur le principe Buy One Give One

Désireux d’élargir le public cible de leur produit, les concepteurs ont décidé que pour tout Leafbed acheté dans le commerce, Leafsupply s’engagerait à en fournir un gratuitement là où le besoin s’en fait sentir.

Il faut maintenant espèrer que le lit en carton ne devienne pas un simple objet markéting et ne perde son objectif humanitaire et écologique initial. En attendant, cette initiative pourrait s’avérer une véritable innovation afin d’héberger de manière économique et rapide les réfugiés des catastrophes…tout en préservant l’environnement malgré l’urgence.

Source: Durable.com

Une cathédrale en carton

La construction des cathédrales a pris des années et a coûté des sommes colossales.

Lorsque l’urgence de la situation le requiert, bâtir des constructions “en dur” n’est pas toujours acceptable : l’architecte Shigeru Ban est devenu un spécialiste du carton. Ce matériau permet d’édifier rapidement et à moindre coûts des structures provisoires, mais solides.

La solution de l’urgence sait être tendance

Le 22 février 2011 un tremblement de terre de magnitude 6,3 est survenu en Nouvelle-Zélande. Celui-ci a dévasté la cathédrale de la ville de Christchurch. Un peu plus d’un an après, la construction d’une cathédrale de remplacement est déjà prévue. Le secret ? Les plans de la cathédrale présentés à la ville par le cabinet d’architecture de M. Shigeru Ban présentent une cathédrale en carton !

Le carton est un matériau trop souvent associé aux emballages et qui finit très rapidement à la poubelle. Pourtant, bien utilisé, le carton est un matériau solide et résistant, surprenant, donc. Ainsi, dès les années 1970, l’architecte Frank Gehry dessinait des chaises en carton.

Le carton, peu cher et vite monté

Une chaise de Gehry.

Le carton a déjà été utilisé pour remplacer provisoirement des édifices détruits par des catastrophes naturelles. A Kobé, suite au tremblement de terre de 1995, M. Ban avait permis de construire en seulement cinq semaines d’une église provisoire. Par provisoire, on entend tout de même au moins une dizaine d’années, l’église ayant été démontée en 2005. Pour 2,9 millions d’euros, la cathédrale de Christchurch résistera une vingtaine d’années, ce qui permettra à la ville de rassembler des fonds et établir un projet d’avenir.