Les négociations sont serrées à Durban

COP 17 prend la tournure d’un dialogue de sourds. Les Etats semblent se trouver dans une impasse et réussir à conclure un compromis satisfaisant les exigences de chacun s’annonce difficile. L’Europe s’active, la Chine semble vouloir faire preuve de bonne volonté, l’Inde reste inflexible, quant aux Etats-Unis, ils campent sur leurs positions.

 

Etats-Unis :

En plus d’être le deuxième plus gros émetteur de CO2 de la planète après la Chine, les Etats-Unis sont le seul pays industrialisé à n’avoir jamais ratifié le protocole de Kyoto. Les USA tiennent donc un rôle primordial au coeur des négociations tenues à Durban.

Le problème est que le pays refuse de prendre la moindre décision sans engagements similaires des pays émergents, au risque de paraître comme responsable d’un éventuel blocage des négociations.

« J’ai le sentiment que les délégations commencent à perdre patience avec les Etats-Unis », indique Jennifer Morgan, directrice du programme Climat et Energie au sein du World Resources Institute (WRI).

Chine :

Su Wei, le négociateur en chef pour la Chine, se dit prêt à des concessions mais pas autant que ce que voudrait l’Union européenne.

La première période du protocole de Kyoto n’engageait pas l’Empire du Milieu à respecter des engagements chiffrés en matière de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. Mais l’Europe refuse de payer indéfiniment et exige qu’un mécanisme de réduction obligatoire des émissions soit déterminé et signé avant 2015.

« Ces conditions vont au-delà de ce qui a été décidé auparavant, notamment dans la feuille de route de Bali signée en 2007. Ce sont des conditions qui manquent d’équité envers les pays en voie de développement. Cependant, la Chine est prête à négocier avec l’Union européenne (…) Nous souhaitons qu’un accord pour prolonger le protocole de Kyoto soit trouvé. C’est la pierre angulaire de toute la politique internationale sur le climat. », indique Su Wei.

L’Inde :

Par le passé, l’Inde et la Chine ont eu des partis-pris assez similaires quant à leurs prises de positions lors des négociations sur le climat. Ce ne sera pas le cas pour COP 17.

En effet, la ministre de l’Environnement qui a la charge des négociations au nom de l’Inde veut que son pays reste inflexible sur ses exigences. Le pays exige une continuation du protocole de Kyoto avec la même exonération d’objectifs de réduction d’émissions  chiffrées pour les pays en développement, et ce, sans aucun engagement pour la période post-2020. L’Inde n’a donc absolument pas changé de prise de position depuis la conférence de Cancùn.

Inutile de préciser, qu’à ce jour, la conclusion d’un accord entre les Etats s’annonce une fois de plus laborieuse…

Sources :  greenetvert, maxisciences

 

Ce que la France défend à Durban

La stratégie de la France dans les négociations de Durban consistera principalement à contribuer à l’application des accords qui ont été décidés politiquement à Cancùn. Serge Lepeltier, l’ambassadeur Français en charge des négociations sur le changement climatique, estime que la France et l’Europe sont en mesure d’arracher une prolongation du protocole de Kyoto après 2012. « Kyoto ne peut pas exister de façon isolée, il est nécessaire d’élaborer un nouvel instrument juridique recouvrant les actions et les engagements de tous les principaux émetteurs ».

Interview de Serge Lepeltier, ambassadeur en charge des négociations climatiques, sur les enjeux de la conférence

Source : Ministère du développement durable

ALERTE: Un triste record pour les émissions de CO2

Source: Fotosearch

Les derniers relevés des émissions montrent une hausse de 5% depuis le précédent record de 2008. La nouvelle annoncée par The Guardian, relayée par le Monde, provoque l’émoi dans le monde de la science.

Les projections « supposent qu’il y a 50 % de possibilité que l’augmentation de la température dépasse 4 °C vers 2100 », affirme Nicholas Stern, de la London School of Economics, auteur d’un rapport référence sur le changement climatique, au Guardian.

Quelles en sont les causes ?

  • Les premiers accusés sont les pays en voie de développement (PED). Si comme le soutient Sir David King, ancien responsable scientifique et conseiller du gouvernement britannique, il existe toujours un lien entre hausse du PIB et hausse des émissions, la réduction du réchauffement climatique reviendrait à empêcher le développement des PED.

C’est un retour au débat qui paralysa le Sommet de Copenhague et une inflexion aux orientations prises lors du Sommet de Cancun rappel le Handelzeitung.

  • Notons cependant que les estimations de l’Institut de l’Energie Atomique montrent que la récession lors de la crise de 2008 a eu un faible impact sur les émissions.
  • Les Pays développés ne sont pas hors de cause : leur pratique d’importation de produits, provenant de Chine par exemple, est un moyen de détourner le protocole de Kyoto. En effet, celui-ci sanctionne uniquement le lieu d’émission de CO2, qui est souvent le lieu de production de biens plutôt que le lieu de consommation de ces biens.

Quelles solutions ?

Le séisme au Japon a remis en cause l’usage du nucléaire. Mais il est indéniable que celui-ci a un impact positif sur les émissions, d’autant que les énergies fossiles sont vouées à disparaître. Il devient essentiel d’adopter une politique nucléaire claire.

La seule – faible – lueur est la prochaine rencontre de l’ONU pour dresser une nouvelle convention sur l’environnement à la fin du mois à Bonn, en Allemagne. Y aura-t-il un renouvellement des stratégies et des idées ?

Sources : The Guardian, Le Monde, site internet de la CCNUCC, le Handelzeintung