Pour l’OCDE, croissance et protection de l’environnement vont de pair

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L’organisation de coopération et de développement économique (OCDE) vient de publier, à l’occasion de ses cinquante ans, une tribune en ce sens sur son site web, relayée par le quotidien britannique The Guardian.

L’institution insiste sur le fait que, par des investissements judicieux dirigés vers des politiques d’innovation ou d’entreprenariat, en vue d’initier le changement vers une économie plus verte, les Etats peuvent « trouver de nouvelles sources de croissance et d’emploi ». Dans cette optique, elle a récemment mis à leur disposition un nouveau rapport, intitulé « Vers une croissance verte ». Celui-ci leur ouvre la voie en fixant « un cadre pratique pour stimuler la croissance économique et protéger l’environnement ».

Ainsi, pour le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, « ce rapport montre que croissance et souci de l’environnement peuvent aller de pair […] à condition de mettre en œuvre les politiques appropriées, nous pouvons tout à la fois créer des emplois, accroître la prospérité, préserver notre environnement et améliorer la qualité de vie ».

Deux types de mesures complémentaires sont envisagés pour permettre une transition vers cette économie plus verte. Tout d’abord, il s’agit de fixer un cadre budgétaire et réglementaire solide, ainsi qu’une politique d’innovation ambitieuse, afin de renforcer la croissance économique et préserver le capital naturel. Ensuite, il convient d’inciter à « une utilisation efficiente des ressources naturelles » et de rendre ainsi la pollution plus coûteuse.

L’organisation estime que ce changement doit être opéré le plus rapidement possible. Elle constate en effet que le capital naturel dont l’humanité dispose se dégrade : l’eau se raréfie, le climat se modifie…

Enfin, elle met également à la disposition des Etats certains outils pratiques afin de les soutenir dans cette transition, comme le document « outils pour la mise en place d’une croissance verte » ou encore un mécanisme de suivi des progrès réalisés.

Vers le lancement de projets de stockage géologique du CO2 en France ?

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Le proverbe « tout vient à point à qui sait attendre » vient de trouver un écho particulier sur le dossier du stockage géologique du CO2 en France. Thématique discutée lors du Grenelle de l’environnement en 2007, elle avait alors été inscrite comme l’une des actions prioritaires à mener pour le gouvernement. Mais il aura fallu attendre le mois de mai 2011 pour qu’enfin soit lancé un appel à manifestations d’intérêt pour développer ce type de projet.

Un tel stockage peut s’opérer au sein de gisements pétroliers ou gaziers épuisés, de gisements de charbon inexploités, ou encore en aquifères profonds – formations géologiques perméables qui contiennent de l’eau salée impropre à la consommation – souvent très vastes et présentes dans toutes les régions du globe, comme dans les bassins parisiens et aquitains.

Mais comment piéger le CO2 et le transporter sur son lieu de stockage ?

Des techniques existent déjà. Il s’agit par exemple d’un transport par voie de gazoduc du CO2 à l’état dit « super critique », c’est-à-dire pressurisé et à une température de 31°C, utilisé par l’industrie pétrolière aux Etats-Unis. Il s’agit également d’un transport à l’état liquide, à une température de -40°C pour le CO2 toujours pressurisé. Mais ces techniques restent pour l’heure très coûteuses. Avant cette phase de transport, le CO2 pourrait par exemple être piégé lors du rejet de fumées de combustion.

L’objectif est ici de permettre au CO2, soit de se dissoudre dans l’eau, soit de réagir avec la roche afin de former des minéraux carbonatés. Cela permettrait à coup sur de réduire l’impact de nos industries sur l’environnement !

Le « Straddling Bus » chinois, bientôt sur nos routes ?

La Chine a présenté en mai 2010 à la manière de Steeve Jobs un tout nouveau concept de transport en commun révolutionnaire : le « straddling bus ». Ce concept prend des allures de tramway ou train léger suspendu, ou encore plus surprenant, de tunnel roulant, permettant aux voitures de circuler sous son châssis. Il devrait être mis en service dans le futur dans le district de Mentougou à Beijing.

Mais quel est l’intérêt d’un tel concept ? Celui-ci permettrait sans aucun doute de décongestionner nos aires urbaines et fluidifier le trafic. En effet, il mettrait un terme à la nécessiter de cumuler sur nos axes de circulations des voies dédiées à chaque mode de transport, qu’il s’agisse de l’automobile, du bus ou encore du tramway, en les réunissant en une seule et unique voie à usage commun.

Ce bus nouvelle génération serait alimentée par l’électricité et l’énergie solaire, lui permettant d’atteindre une vitesse maximale de 60Km/h, et pourrait transporter plus d’un millier de voyageurs. Son coût serait d’approximativement 52 millions d’euros. Celui-ci reste moindre que l’investissement nécessaire au creusement et à la mise en service d’une ligne de métro par exemple : le coût de fabrication du « straddling bus » ne représente ainsi que 10% de l’investissement nécessaire à la réalisation d’un métro équivalent. En outre, sa réalisation aurait un impact environnemental moindre.

Ce projet nous vient de « Shenzhen Hashi Future Parking Equipment Co. ». Le verrons-nous un jour sur nos routes ?

L’eau du robinet permet de produire de l’électricité

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Une « micro-turbine » installée sur le réseau d’eau potable permet de générer de l’électricité. L’avenue Brancolar de Nice a été choisie par Veolia Eau pour mener ce projet pilote.

L’eau arrive par un tuyau et ressort par un autre pour faire tourner une « micro-turbine »

Après 9 ans de démarches administratives, cette « micro-turbine » innovante a pu être implantée sur le réseau d’eau potable niçois.

L’eau potable arrive par l’un des tuyaux bleu clair puis repart dans un autre tuyau après avoir entraîné une turbine bleu foncé. L’eau potable, traitée en amont à l’usine de Super-Rimiez ressort intacte du processus par l’autre canalisation.

Benoît le Falher, directeur d’exploitation de Veolia Eau, explique que « l’usine d’eau potable est située à 220 m d’altitude ». Ainsi, « l’eau descend en ville : la gravité entraîne forcément une pression dans les tuyaux ».

Une première en France

S’il s’agit d’une première en France, « deux autres turbines ont depuis été installées, dont la dernière route de Turin, en décembre dernier », ajoute Benoît le Falher. L’investissement total qui dépasse 1.5 million d’euros va permettre de produire 5 millions de KW/h par an, revendus à EDF.

Selon Benoît le Falher, « une fois amorties, dans environ 5 ans, ces installations, qui génèrent plus de 400 000 € de revenus annuels, reviendront à Nice Côte d’Azur » et le trop-plein de Super Rimiez devrait permettre de faire tourner une quatrième turbine dans la communauté urbaine.

Au total, ces « micro-turbines » pourraient produire l’équivalent de la consommation électrique annuelle de l’usine d’eau potable de Nice. Pour Benoît le Falher, il s’agit « tout de même de l’une des plus grosses structures de ce type dans tout le Sud-Est ».

On espère que cette démarche pourra être généralisée puis complétée à terme par le chauffage par les « eaux usées » voire même bénéficier des récents enseignements liés aux feuilles artificielles.

Des cellules solaires sur les pistes cyclables aux Pays-Bas

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Après le smartphone , le tissu, le verre ou le plastique, c’est une piste cyclable qui va être recouverte de cellules solaires.

Un projet précurseur de « Solaroad »

Les Néerlandais sont bien connus pour l’omniprésence de leurs pistes cyclables à tel point qu’Amsterdam est au coude à coude avec Copenhague pour le titre de capitale européenne des vélos.

Dans ce contexte, les Pays-Bas envisagent l’installation de panneaux solaires sur les routes en commençant par les pistes cyclables. Cela a pour avantage une utilisation efficace de l’espace qui est mise au service de la production d’énergie.

Ce projet « Solaroad » est né grâce à la firme néerlandaise TNO. Une couche d’un centimètre d’épaisseur de cellules solaires en silicium cristallin est fixée sur le dessus avant d’être recouverte d’une couche de verre trempé.

Un projet pilote pour l’année prochaine

Ce procédé pourrait potentiellement produire 50 kWh par m2 et par an pour notamment contribuer à l’éclairage des rues et des feux de circulation dans un premier temps.

Cependant, ce procédé en est encore au stade du développement. C’est la raison pour laquelle un programme pilote à petite échelle doit être mené dans la ville de Krommenie, en dehors d’Amsterdam.

Prévue pour être installée l’année prochaine, la première « Solaroad » pourrait ensuite être mise en place dans tout le pays. Aux Etats-Unis, les premiers tests de routes solaires ont débuté en février mais le prix du panneau solaire routier en verre super résistant devrait rester très élevé.

Les tarifs du gaz et de l’électricité doivent être réformés

 

"La fée électricité" - Raoul Dufy

Les tarifs du gaz et de l’électricité méritent d’être réformés. Ce processus est « socialement inéluctable », pour reprendre des termes employés par le professeur de l’IEP de Paris Stéphane Cossé, dans un article également cosigné par Christophe Droguère, expert dans le secteur de l’énergie, et Yann Wehrling, porte-parole du Modem, que vous pouvez lire ici.

Un mois jour pour jour après le tsunami japonais qui a conduit à la catastrophe de Fukushima, les experts de l’énergie et du climat s’interrogent toujours sur l’avenir énergétique de la planète. En France, outre le débat sur la filière nucléaire, les représentants du gouvernement et de l’opposition ne s’entendent pas sur l’application de la loi « Nome » – pour « Nouvelle Organisation des Marchés de l’Electricité ».

La question des tarifs de l’énergie est au coeur de ces débats. Dans un contexte marqué par la crise et une augmentation de « la précarité énergétique », est-il nécessaire d’augmenter les tarifs du gaz et de l’électricité ? (oui le gaz à augmenté le 1er, il ne s’agissait pas d’un poisson et oui, l’électricité doit à nouveau augmenter…)

L’idée véhiculée par les 3 experts précités, dans leur article paru aujourd’hui sur lemonde.fr, consiste à admettre que « les prix de l’électricité et du gaz vont être amenés à augmenter significativement les prochaines années », quelque soit notre « mix énergétique ». La tendance irait évidemment à une plus forte augmentation si le pays d’engage vers une sortie du nucléaire au profit d’un développement des énergies alternatives.

Certains élus, associations de défense des consommateurs, s’élèvent contre toute réforme des tarifs du gaz et de l’électricité au motif qu’elle serait inévitablement injuste et pèserait sur le portefeuille des ménages les plus précaires.

Là réside l’intérêt du « point de vue » développé par Cossé, Droguère et Wehrling. Ils proposent dans ce contexte de « reconsidérer en profondeur » le « système réglementé actuel qui traite de la même façon un ménage à fort pouvoir d’achat et les ménages les plus pauvres en précarité énergétique ». Pour les tarifs de l’électricité, ils suggèrent deux options :

  • « Étendre le tarif social du million de ménage actuel (bénéficiaire de la CMU) à 25% des ménages consommateurs d’électricité (environ 8 millions, soit les bénéficiaires d’allocations logement). Le tarif « bleu » serait lui supprimé pour les autres consommateurs et le prix librement fixé par les producteurs mis en concurrence (donc aux coût de revient effectifs des producteurs). Ces prix intégreraient une contribution de solidarité correspondant à la subvention au titre de « tarif social étendu ». »
  • « Maintenir un seul tarif, qui serait subventionné jusqu’à un certain volume, correspondant à une consommation énergétique minimale pour limiter les situations de précarité. Au-delà, le tarif serait fixé librement par les producteurs. A cela s’ajouterait un malus, payable par tous, en cas de consommation trop élevée aux heures de pointes (à ces heures, le coût marginal est plus élevé et les centrales les plus émettrices de CO2 sont mises en fonctionnement). Cette solution reviendrait à instaurer un service universel d’énergie minimal représentant un droit à l’énergie pour tous les citoyens. »

L’intérêt ici, quelle que soit l’option retenue, est que « les ménages les plus aisés et les plus consommateurs seraient ainsi incités à réduire leur consommation ou à engager des travaux d’économie d’énergie ».

Soyons donc lucide et admettons que « nous ne pouvons plus permettre que les plus aisés » des ménages français « bénéficient d’une énergie à des tarifs aussi avantageux ». Comme le soulignent Stéphane Cossé, Christophe Droguère et Yann Wehrling, il est temps d’envisager une réforme des tarifs de l’énergie basé sur « système juste et redistributif, incitatif pour les économies d’énergie, et encourageant les investissements au meilleur coût dans les moyens de production ».

L’Elysée va se chauffer grâce aux eaux usées

Crédits photographiques: Eric Pouhier

L’Elysée ouvre la voie du chauffage par les eaux usées

Une fois n’est pas coutume L’Elysée va montrer l’exemple en se chauffant grâce aux eaux usées. Selon un communiqué de presse du 1er avril, « à l’heure du Grenelle 2 de l’Environnement fixant des objectifs ambitieux pour la réduction des gaz à effet de serre et encourageant les réseaux de chaleur d’origine renouvelable, les services de la Présidence de la République montrent l’exemple, par le choix d’un système innovant de récupération de chaleur sur les eaux usées, Degrés Bleus ».

Le Palais de l’Elysée est ainsi « le premier bâtiment de l’Etat qui va désormais bénéficier de ce procédé, utilisant une énergie locale et écologique ».

206 tonnes de CO2 non rejetées

Ce dispositif qui doit être mis en place au cours de l’été 2011 devrait permettre de réduire la consommation d’énergie fossile de 63% et éviter l’émission de 206 tonnes de CO2 par an.

C’est GDF Suez qui a été retenu avec son procédé « Degrés Bleus qui utilise la chaleur émanant des eaux usées : eaux des salles de bains, cuisines… à travers des échangeurs thermiques installés dans les collecteurs et des pompes à chaleur qui concentrent les calories ainsi récupérées ».

Ce projet devrait bénéficier « du soutien de l’ADEME, dans le cadre du Fonds chaleur, et de la DRIRE au titre de la Performance Energétique ».

Les avantages et les inconvénients

Un système de récupération de la chaleur des eaux usées présente à la fois  des avantages et des inconvénients. S’agissant des avantages d’un tel système, il s’agit d’une ressource disponible toute l’année, de manière continue, à un faible coût et à proximité du consommateur. En hiver, la chaleur peut être récupérée et en été, le procédé permet de refroidir les bâtiments. Il permet en outre de réaliser d’importantes économies d’énergie.

S’agissant des inconvénients, ce système est plutôt adapté au milieu urbain car il nécessite un débit de canalisation d’environ 151/s. Enfin, l’installation est plus complexe et donc plus coûteuse sur un parc ancien.

L’interaction entre l’eau salée et l’eau douce peut produire de l’énergie renouvelable

 

crédit photographique: ACS / Nano Letters

Le Professeur Yi Cui et son équipe de chercheurs de l’Université Stanford en Californie estiment que les cours d’eau pourraient fournir environ 13 % de la consommation mondiale actuelle d’énergie.

Ils envisagent une énergie renouvelable basée sur le principe de l’entropie où l’énergie est produite lorsque l’eau douce des rivières se disperse dans l’eau de mer chargée de sel. L’équipe a développé un nouveau système entropique qui pourrait conduire à l’utilisation généralisée des énergies renouvelables générées par les rivières.

Une batterie qui capte l’énergie renouvelable créée par le phénomène de l’entropie

Dans la nature, la diffusion de l’eau de rivière en eau de mer salée conduit à une légère élévation de température et cette énergie peut être captée pour produire de l’électricité.  Les chercheurs avaient déjà mis au point une batterie qui capte cette différence pour produire de l’électricité. Cette capture se fait grâce à l’énergie osmotique.

L’eau douce et l’eau salée sont séparées par une membrane, et l’eau salée attire l’eau douce à travers la membrane, entraînant une augmentation de la pression. La pression peut alors être utilisée de différentes façons, par exemple pour faire tourner une turbine.

La batterie est optimisée grâce au processus chimique

L’équipe de Stanford a élaboré un système plus compact. Selon la Royal Society of Chemists, cette batterie extrait de l’énergie à travers des mouvements des ions de sodium et de chlore à l’intérieur et à l’extérieur d’un réseau cristallin de nanotubes.

La batterie se décharge dans l’eau de mer alors que le chlore est absorbé par l’électrode d’argent et que le sodium est absorbé par l’électrode de dioxyde de manganèse. Les ions sont libérés lorsque la batterie se charge en eau douce. Cette méthode extrait de l’énergie à partir de la différence de concentration entre deux solutions en les stockant dans des batteries chimiques.

En raison de la forte concentration d’ions dans l’eau de mer, l’énergie électrique rejetée est supérieure à celle nécessaire à la batterie pour se charger en eau douce. Pour le moment, cette technologie est à 76% efficiente mais Yi Cui a avancé que « si nous rapprochons les deux électrodes plus près, je pense que nous pouvons atteindre 85% ».

Ce qui est sûr c’est qu’environ 70% de la surface de la terre est recouverte d’eau ce qui offre un large potentiel.

La première feuille artificielle « fonctionnelle »

 

 

CC Jurvetson

Lors de la 241e réunion nationale de l’American Chemical Society, les scientifiques ont décrit une cellule solaire de pointe de la taille d’une carte de poker qui imite le processus de photosynthèse que les plantes vertes utilisent pour convertir la lumière du soleil et de l’eau en énergie.

L’objectif est « de faire de chaque maison sa propre centrale électrique »

Selon le chimiste Daniel Nocera du MIT qui a dirigé l’équipe de recherche, « la feuille artificielle apparaît particulièrement prometteuse comme source peu coûteuse d’électricité pour les habitations dans les pays en développement. Notre objectif est de faire de chaque maison sa propre centrale électrique ».

Placé dans un seul gallon d’eau – soit environ 3,78 litres – en plein soleil, le dispositif pourrait produire suffisamment d’électricité pour alimenter une maison dans un pays en développement pour une journée, a déclaré le chimiste Nocera.

Il le fait par la séparation de l’eau en ses deux composantes, l’hydrogène et l’oxygène. Les gaz d’hydrogène et d’oxygène seraient stockés dans une pile à combustible, qui utilise ces deux matériaux pour produire de l’électricité, située sur le dessus de la maison ou à côté d’elle.

La nouveauté réside dans la facilité de mise en œuvre de la « feuille artificielle »

La «feuille artificielle» n’est pas un concept nouveau. Elle a été développée plus d’une décennie auparavant par John Turner, de l’US National Renewable Energy Laboratory. Mais ce dispositif n’était pas fonctionnel pour une large utilisation car il était composé de métaux rares et chers, était très instable et d’une durée de vie d’à peine un jour.

La nouvelle feuille est composée de matériaux peu coûteux qui sont largement disponibles, fonctionne dans des conditions simples et est très stable. Des études en laboratoire ont montré qu’il pourrait fonctionner sans interruption pendant au moins 45 heures sans baisse d’activité. Cette avancée est liée à la découverte de catalyseurs peu coûteux, en nickel et en cobalt, qui sont capables de diviser efficacement l’eau dans ses deux composantes, l’hydrogène et l’oxygène, dans des conditions simples.

À l’heure actuelle, la feuille de Nocera est environ 10 fois plus efficace que la photosynthèse d’une feuille naturelle. Le chimiste pense pouvoir encore accroître son efficacité : «la nature est alimentée par la photosynthèse, et je pense que le monde futur sera alimenté par la photosynthèse ainsi sous la forme de cette feuille artificielle».

Stockage d’électricité et crise énergétique

Vincent Bolloré indique dans un entretien au Monde, le 17 mars, avoir fait « deux gros paris : les médias et le stockage de l’électricité. » Le stockage de l’électricité apparaît comme l’élément déterminant dans la stratégie du groupe… moi qui croyais que l’électricité ne se stockait pas… toujours est-il que le groupe informe passer en charges « environ 100 millions d’euros en 2010 » pour développer cette filière.

Des investissements dont le Sénégal aurait bien besoin… En effet, d’après une dépêche de l’AFP relayée par Google ici, dans le même temps, le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, a exhorté mercredi le pays « à trouver une solution aux coupures d’électricité » alors que la zone est « en proie depuis des mois à une sévère crise énergétique ». Bon à savoir, et Navi Pillay, « l’approvisionnement en électricité est un droit humain, particulièrement pour les communautés vulnérables, et j’espère que quelque chose sera fait pour améliorer la situation ».

Des milliers d’Allemands manifestent contre le nucléaire

Lundi 14 mars, plus de 100 000 Allemands ont manifesté contre l’énergie nucléaire. Répartis dans plus de 400 villes, ils ont notamment appelé à la fermeture de certaines centrales, d’après l’AFP.

L’Allemagne, dont une franche partie de la population est hostile à l’atome, s’est très rapidement organisée pour organiser des manifestations d’ampleur. L’opinion publique allemande avait été sensible au changement de stratégie opéré par Angela Merkel qui était revenue sur la sortie programmée de l’Allemagne du nucléaire. Elle avait décidé de prolonger finalement la durée de vie de centrales.  Coïncidence hasardeuse, le 12 mars, avait eu lieu une manifestation « prévue de longue date », rassemblant plusieurs milliers de personnes dans de Bade-Wurtemberg, entre la centrale nucléaire vieillissante de Neckarwestheim et Stuttgart. Les militants demandent sa fermeture.

Une fois n’est pas coutume, il semble que ces manifestations aient eu un impact direct sur le gouvernement allemand : lundi 12 mars, la chancelière Angela Merkel a annoncé un moratoire de 3 mois sur l’allongement de la durée de vie des réacteurs. Ne soyons pas dupes, cette mesure paraît symbolique. La lutte devra se poursuivre. Mais dans le contexte hostile que nous connaissons : crise financière, chômage (des jeunes), baisse du pouvoir d’achat, un peu de symbolisme ne fait pas de mal, au contraire…

 

Trois centrales nucléaires japonaises en état d’urgence

Centrale d'Onagawa par la Tohoku Electric Power Company. Crédits photo : KYODO/REUTERS
Centrale d'Onagawa par la Tohoku Electric Power Company. Crédits photo : KYODO/REUTERS

Que peut-on dire à l’heure actuelle de la situation des centrales nucléaires japonaises suite au séisme et au tsunami qui a frappé l’archipel en fin de semaine dernière ? Futur Tchernobyl ou Tricastin ?

  • L’incident à la centrale nucléaire de Fukushima N° 1 a été classé au niveau 4 par l’Autorité de Sureté Nucléaire, ce qui la place au même niveau que l’incident survenu sur le site nucléaire du Tricastin en France en 2009. Entre temps, le bâtiment accueillant un des réacteur a explosé, diffusant un nuage de particules radioactives et les autorités japonaises craignent une fusion du noyau et de nouvelles explosions. Quelques experts estiment qu’un des réacteur est en fusion partielle.
  • La société gérant la centrale d’Onagowa,a décrété le premier niveau de l’état d’urgence dimanche. Il y aurait une hausse de la radioactivité dans cette centrale. Sans plus de précision.
  • Le système de refroidissement du réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Tokai a une pompe défectueuse. Mais le système de secours serait en état de marche.
  • En France, ces événements créent la polémique dans le monde politique et associatif.

    • Eric Besson, le ministre de l’Industrie, estimait samedi qu’il s’agissait « d’un accident grave mais pas une catastrophe nucléaire« .
    • Thierry Breton, ancien ministre de l’industrie et amoureux du Japon, estime de son côté samedi, qu’il n’y aura pas d’explosion. Dimanche matin, il avait tord.
    • Corinne Lepage, une autre ancienne ministre, mais de l’Ecologie, déclare que l’on doit tirer des leçons de cette situation : « Cela montre qu’il y a des risques. Et nous avons aussi en France des centrales à risque. Cela relance le débat sur le coût et les avantages du nucléaire. »
    • Sofia Majnoni de Greenpeace France déclare de son côté à l’AFP : « Ca fait un moment qu’on tirait la sonnette d’alarme, et on déplore qu’il faille en arriver là pour que les autorités puissent se poser des questions, et on n’est même pas sûr qu’elles le fassent ». Elle annonce par ailleurs, que les informations qu’elle reçoit de ses homologues japonais plus préoccupantes que celles diffusée par le ministère de l’Environnement.

    Difficile donc de se faire une idée claire sur la situation. Il est très frustrant de recevoir quasiment en temps réel des images de l’autre bout de la Terre tout en ne sachant finalement que peu de choses…