Crédit photo : forcesarmeesauxantilles.fr ©

Des armées qui tendent vers le vert

Il est assez rare d’associer l’idée d’une armée régulière et l’idée du développement durable. Pourtant certaines armées modernes se penchent sur la question. En effet, la question du changement climatique concerne les armées et impliquent certains enjeux de sécurité. La France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis sont des pays qui osent innover et poser les questions telles que la pollution des armées lors des opérations extérieures ou bien les menaces que fait peser le réchauffement climatique sur l’outil de défense et la sécurité des pays. La vraie question étant : l’armée et le développement durable sont-ils vraiment incompatibles ?

Armée et Environnement

Les armées modernes restent gourmandes en énergies fossiles. Au-delà du mythe, trop répandu, d’aller faire la guerre pour capturer et contrôler le pétrole de l’ennemi il faut reconnaître que ces armées se posent, elles aussi, la question de l’après pétrole. Cet un réel enjeu pour toutes les forces armées mais surtout pour la planète. Pour la Navy britannique les forces militaires doivent rechercher des énergies peu consommatrices de carbone afin de réduire leur dépendance aux énergies fossiles. Une autre question importante et difficile à résoudre est comment mener une opération coordonnée et efficace tout en ayant une moindre empreinte environnementale ? Plusieurs initiatives ont été engagées au niveau scientifique pour y remédier mais cela risque de prendre du temps, la solution des biocarburants n’étant pas satisfaisante. Sur certains théâtres d’opération ou même sur le territoire national, l’armée française est désireuse de montrer qu’elle se soucie de l’environnement dans lequel elle évolue. Ainsi sur le théâtre afghan, une station d’épuration pour le traitement des eaux usées a été mise en place dès l’année 2004 sur le camp de Warehouse. Toujours sur ce même site, le traitement des déchets était également à l’ordre du jour avec environ 40m3 de d’ordures ménagères traitées par jour. Autre exemple, en Guyane française, l’économat des armées, qui est la centrale d’achat de ministère de la Défense, s’attache à se ravitailler en produits locaux issus de l’agriculture biologique ou raisonnée afin de respecter et d’appliquer les directives développement durable.

Le changement climatique, des préoccupations sécuritaires

Mais les armées ont surtout pour rôle de protéger la population. Et chacun sait qu’aujourd’hui le dérèglement climatique pose des questions sécuritaires. Il est donc tout à fait naturel que les armées réfléchissent aux conséquences du réchauffement climatique et à des solutions pour maintenir leur efficacité opérationnelle tout en limitant la pollution inhérente aux opérations. Les Américains, par exemple, sont très inquiets de la sécurité de leurs bases militaires à l’étranger, notamment à cause du risque de montée des eaux et de l’accélération du nombre de typhons sur le globe. Le risque environnemental fait donc réagir les armées. Le changement climatique est un phénomène qui est maintenant pris en compte par les doctrines militaires, notamment américaines et britanniques. Pour les Américains, le dérèglement climatique est un phénomène à considérer parce qu’il est générateur de menace, aussi bien sur le point des catastrophes, que sur les possibles conflits sociaux directement induits comme la disponibilité de l’eau, la sécurité alimentaire ou encore l’approvisionnement énergétique. C’est dans un rapport publié en octobre 2014 que pour la première fois le Pentagone a concédé que le changement climatique constituait une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis.

Moins d’intervention pour moins de pollution

Un principe de base consiste à dire que la paix est préférable pour le genre humain mais elle l’est également pour le respect de l’environnement. Plusieurs exemples d’anciens conflits nous le prouvent comme la pollution et destruction du couvert végétal usité par les Américains au Vietnam – opération Ranch Hand – dans le but de débusquer l’ennemi. Ou encore la destruction totale et la pollution des terres pendant la première guerre mondiale à cause d’un recours massif à l’artillerie. Tous ces exemples font désormais partie du passé. Précisons que maintenant du fait des économies réalisées sur le budget de défense et la manière dont les armées opèrent, de tels désastres écologiques ne sont plus à craindre. Les armées bien qu’engagées à travers le globe sont maintenant soucieuses de tendre vers l’éco-responsabilité de leurs troupes. Qui a dit que les protecteurs de l’environnement étaient seulement des militants pacifiques ?

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