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Nutella : à consommer avec modération

Jeudi dernier, c’était la chandeleur, et si il y a un produit que beaucoup de personnes aiment déguster avec les crêpes, c’est bien le Nutella… La célèbre pâte à tartiner a fait l’objet d’un article extrêmement bien ficelé sur OWNI  la semaine dernière. Ce papier, rédigé par Claire Berthelemy, nous dévoile la face cachée du produit phare de l’entreprise italienne Ferrero (1,06 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France).

Début janvier, une poignée de scientifiques a dénoncé les risques que feraient peser sur la santé des enfants et des adolescents la consommation quasi addictive de Nutella. En effet, la fameuse pâte à tartiner au goût de noisette engraisserait plus de 13% d’enfants tout en causant des dysfonctionnements cardio-vasculaires non négligeables dus à une présence élevée d’huile de palme. Le groupe a réagi en publiant un communiqué de presse tentant d’atténuer ces critiques. Selon Ferrero, si 38% des enfants en France consomment du Nutella, la grande majorité d’entre eux ne dépasserait pas les cinq tartines par semaine.

Ces données,  fournies par le Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de Vie (CREDOC), ont en fait été collectées en 1999 auprès d’un panel de 3 000 individus lors d’une étude sur les comportements alimentaires. Interrogé par OWNI, un porte parole du CREDOC a insisté sur le fait que, « nos études ne sont pas ciblées sur un produit en particulier. Le CREDOC réalise de grosses enquêtes sur le comportement des Français ».

Ferrero a tout bonnement présenté et interprété ces résultats à sa manière, ce que a priori, le directeur de la communication du groupe de dément pas. Selon un autre chercheur exerçant au CREDOC, « il est dommage que Ferrero n’ait pas communiqué davantage sur la consommation supérieure et le maximum de cette consommation supérieure, c’est-à-dire la tranche des enfants qui en mangent de grande quantité, soit, en France, 13% des enfants qui en consomment ».

Or, pour cette population de « Nutellavores », la pâte à tartiner fait courir des risques avérés sur la santé. Ces risques sont officiellement reconnus depuis mars 2010, lorsque l’Agence Nationale de Sécurité de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES), a pris la décision de déconseiller la consommation d’huile de palme.

Selon l’ANSES, « les lipides ont des effets bénéfiques sur la santé à condition de diversifier les apports en graisses végétales et animales pour respecter l’équilibre des apports entre les différents acides gras. A l’exception de l’huile de palme, très riche en acide palmitique connu pour être un des facteurs qui augmente le mauvais cholestérol, il est conseillé de consommer et surtout de diversifier les huiles végétales. »

Et le Nutella, c’est de l’huile de palme pure à 30%, même si rien ne l’indique sur l’étiquette de composition, qui fait référence à une « huile végétale ». Cette information a d’ailleurs été confirmée par le service consommateur de Ferrero, interrogé par OWNI.

30% d’huile de palme, 20 à 30% de sucre contre 13% de noisettes, 7,4% de cacao et 6,6% de lait, l’argument marketing sur les besoins nutritionnels des enfants fait tout de suite rire jaune… Et alors que la majorité des industriels de l’agro-alimentaire enlève progressivement l’huile de palme de la composition de leurs produits, Ferrero explique qu’il est « impossible de remplacer l’huile de palme, responsable de la texture du Nutella »…

Rappelons que l’huile de palme est l’oléagineux le plus productif à l’hectare et, pour cette raison, la première huile au monde en volume de production. Cela prouve donc, encore une fois, que l’objectif de réalisation de bénéfices pharaoniques des industriels prévaut sur la santé et le bien-être du consommateur final. Il est alors bien hypocrite d’allouer des budgets conséquents à la mise en place de politiques de responsabilités sociétales.

Claire Berthelemy conclut son article en précisant qu’un rapport du WWF a épinglé Ferrero durant la période des fêtes de fin d’année. Selon l’ONG, la société utilise de l’huile de palme « non durable » dans ses produits. Il y a encore beaucoup d’efforts à faire du côté de chez Ferrero.

Source : OWNI

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