Le locavorisme a la cote

Comme bien d’autres mouvements, le locavorisme a fait son apparition sur la Côte Ouest américaine, à San Francisco. Le terme locavore a été utilisé pour la première fois en 2005, lors de la Journée mondiale de l’environnement et désigne une personne consommant de la nourriture produite dans un rayon allant de 150 à 400 kilomètres autour de son domicile. Le locavore souhaite limiter les émissions de CO2 issus de son alimentation. Il remet en question la mondialisation, l’agriculture intensive, l’uniformisation de la production ainsi que l’appauvrissement de l’économie locale et ce, dans un souci de respect de l’environnement.

Depuis 2006, ce phénomène a pris de l’ampleur et s’étend désormais à la scène écologique internationale.

En Europe, le phénomène « Locavore » se retrouve sous la forme des AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) constituées par un ou plusieurs producteurs de fruits et légumes vendant leurs produits directement au consommateur final sans passer par les intermédiaires de la grande distribution. La France compte aujourd’hui environ 1 200 AMAP contre 250 en 2007.

Les Français de plus en plus adeptes

Selon un sondage réalisé par BVA pour Metro Cash & Carry France, les produits locaux attirent de plus en plus le consommateur. En effet, 53% des Français se déclarent sensible à l’origine des produits alimentaires qu’ils achètent et près d’un sur deux achète ou consomme régulièrement des denrées fabriquées localement. Parmi les valeurs de Locavorisme mises en avant par les sondés, le goût reste un argument de poids, plébiscité par 45% d’entre eux. Ils sont 42% à penser que l’approvisionnement local favorise également la création d’emplois dans leur région et 38% à en faire un gage de sécurité alimentaire.

Le « consommer local » a donc de beaux jours devant lui et de plus en plus d’initiatives sont mises en place dans les différentes régions de l’Hexagone afin d’accélérer son développement, comme par exemple l’Eco-Centre de Crolles, qui était le sujet d’un des articles publié par Ressources et Environnement en octobre.

La Coop de France Aquitaine envisage d’ailleurs la création d’une Maison de l’agriculture et de l’agroalimentaire à l’horizon 2013 – 2014. Cette structure s’inspirerait du modèle « Eataly », crée à Turin en 2007 et s’appuierait sur la démarche « slow food » afin de créer un supermarché proposant des aliments diversifiés uniquement produits dans un rayon n’excédant pas les 250 kilomètres.

Sources : BVA, locavorespirit