Ressources et environnement

L'actualité de l'environnement, de l'énergie et du développement durable

Vous êtes ici : Ressources et environnement » Biodiversité » Pollution : Panique en mer Méditerranée

Pollution : Panique en mer Méditerranée

 

Source: Fotosearch

 

Mercredi matin, au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, Roland Courteau, sénateur socialiste de l’Aude, a présenté un rapport sur l’état et les perspectives de la pollution de Méditerranée à l’horizon 2030.

Le milieu semi-fermé de la Méditerranée constitue une des causes de sa fragilité. Le taux de renouvellement est estimé à environ un siècle, car les conséquences du changement climatique et de la pollution sont plus aiguës qu’en mer davantage brassée. Le rapporteur s’inquiète de la pérennité de la Grande Bleue.

 

La mer victime des hommes

Les côtes de la mer Méditerranée dénombrent 85 villes de plus de 300.000 habitants. La pression démographique est énorme. D’autant que l’important flux de touristes ajoute aux pollutions connexes. Les équipements antipollution sont insuffisants : 44 % des villes de la rive sud ne sont pas reliées à une station d’épuration contre 11 % seulement sur la rive nord.

La mer recueille l’ensemble des pollutions charriées par les fleuves : les pesticides et autres produits phytosanitaires utilisés par l’ensemble de l’agriculture du bassin, et les pollutions des industries fluviales. 80 % de sources polluantes a comme origine les activités de l’homme sur les rives de la mer.

Les pollutions ne s’arrêtent pas aux abords de la Méditerranée. Les pollutions maritimes sont croissantes. La chaîne alimentaire par l’intermédiaire du phytoplancton est troublée par la présence de produits pharmaceutiques et par la polymérisation de la mer – il s’agit de  minuscules débris de plastiques qui fixent les polluants – ingérés par erreur par la faune marine.

 

Projet dans les cartons et aires protégées sur papier

Les projets de forage offshore seraient peut-être passés totalement inaperçus s’il n’y avait eu l’accident dramatique dans le golfe du Mexique le 20 avril 2010 de la plate-forme « Deepwater Horizon ». Or à ce jour, la Méditerranée compte 232 plates-formes d’exploitation d’hydrocarbures dont un tiers environ concerne du pétrole et d’autres projets dans les cartons attendent le dernier feu vert. Cet engouement s’explique en partie par les nouvelles techniques de forage qui permettent d’extraire du pétrole des grandes profondeurs et le cours de baril très élevé qui rentabilise les extractions pourtant très couteuses.

L’inquiétude du sénateur de l’Aude s’explique parce que pour beaucoup d’exploitants de plateformes de forage, « les préoccupations de sûreté environnementale ne sont pas dominantes » et « l’âge de la plupart des plates-formes suscite de réelles inquiétudes ».

 

 

La lutte contre la pollution est défaillante. Depuis 1976, des politiques de coopération existent, une gouvernance anti-pollution a été ébauchée au travers de la Convention de Barcelone et de son Plan d’action Méditerranée (PAM). Cependant les 21 pays côtiers et signataires des différents protocoles ne respectent pas leurs engagements, d’autant que l’Union pour la Méditerranée est paralysée par les enjeux politiques entre Israël et les pays arabes.

L’Union Européenne est quelques peu démunie lorsqu’il s’agit d’appliquer ses directives dans les Etats membres. Elle interdit depuis des décennies par exemple, le relargage de produits comme les polluants organiques persistant (PCB entre autre). Néanmoins, ils restent constants  dans l’environnement marin.

Roland Courteau propose de traiter les questions de fond via une agence de protection environnementale et d’inciter les Etats à la surveillance de l’état marin. D’après lui, cela dissociera du contexte politique, le traitement technique des dossiers. Il souhaite aussi amplifier les recherches sur la façon dont les stations d’épuration filtrent, ou non, ces pollutions selon les molécules concernées.

La santé de la Méditerranée va dépendre dans les prochains temps de la bonne volonté des Etats à appliquer les dispositions qu’ils ont signés dans différents protocoles européens ou de l’UPM. L’état de la mer est à l’urgence. Il n’est pas seulement grand temps d’agir, il est juste temps car « on est proche d’un point de non retour » s’insurge le sénateur socialiste…

Source: lexpress, lesechos, lefigaro

Articles en relation :

Leave a Response