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Agir pour l’environnement en vivant dans une maison écologique

En matière d’environnement, souvent, la volonté ne manque pas. Pour autant, il n’est pas facile de savoir comment le préserver au quotidien. Quelles solutions existent pour le citoyen lambda ?

De plus en plus de français optent pour des solutions écologiques dans leur maison : installation de petites éoliennes dans le jardin ou de panneaux photovoltaïques sur le toit, systèmes de récupération des eaux de pluies, etc. Mais d’autres sont passés à la vitesse supérieure en habitant une maison entièrement conçue selon des concepts écologiques, une eco construction.

Passons quelques exemples en revue pour s’intéresser aux divers moyens de préserver l’environnement quotidiennement. Cette liste n’a pas pour but d’être exhaustive mais présente quelques exemples intéressants de ce qu’on appelle « maison écologique ».

Pourquoi construire une maison écologique ?

Les constructions écologiques ont le vent en poupe, mais pourquoi cet engouement ? D’abord, celles-ci émettent très peu (voire pas) de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, au moyen d’équipements à base d’énergies renouvelables et d’un agencement travaillé, notamment. Les maisons écologiques sont également constituées de matériaux dont l’extraction, la transformation et l’acheminement ne nécessitent qu’un très faible volume d’énergie.

En étant moins énergivore, une maison écologique est également moins coûteuse sur le long terme pour ses habitants. La facture énergétique est réduite au minimum, procurant un confort supplémentaire non négligeable.

Notons que la maison écologique a vocation à devenir l’habitation de demain, et que des règlementations gouvernementales s’actualisent chaque année, durcissant un peu plus les exigences de performances thermiques en matière d’éco-construction.

Quelques exemples de maisons écologiques

La maison indépendante en Bretagne

Maison kit pilotis

Jean Colin et Jean-Paul Gautier, deux amis d’enfance respectivement architecte d’intérieur et skipper se sont mis en tête de braver les idées reçues et de construire une maison écologique ET low-cost. Il est vrai que le reproche le plus souvent adressé aux maisons écologiques, c’est leur prix élevé. Jean Colin et Jean-Paul Gautier ont produit une maison en kit, montable en trois semaines sur presque tous les types de terrain. Son coût : 35 000€ pour 40m², imbattable ! La maison, bâtie sur pilotis, recouvre seulement une petite partie du sol. Elle ne nécessite donc pas de permis de construire et ressemble à une cabane.

Le prototype installé dans le Morbihan permet aux deux amis de démontrer que cette maison est totalement indépendante : pas de raccordement à l’eau ni à l’électricité. La première est gérée par une réserve d’eau d’un mètre cube et la seconde (servant principalement pour l’éclairage) est alimentée par un panneau photovoltaïque. D’autres méthodes écologiques sont utilisées notamment pour isoler la maison ou en eco chauffage. Tout cela a été réalisé par des artisans de la région ! Bien entendu, ces 40m² peuvent vous paraître petits mais pas d’inquiétude, des versions plus grandes sont prévues.

La maison écologique inspirée par les hobbits

Maison hobbit

Pour poursuivre sur les maisons écologiques à moindre coût que pensez-vous de cette maison de hobbit construite en quatre mois pour un budget de 35 000€ seulement ? Murs enduits à la chaux, fondements en bois, réfrigérateur alimenté par le froid des fondations, panneau photovoltaïque pour l’éclairage composent cette maison écologique. Simon Dale a tout construit au Pays de Galle avec la seule aide de son beau-père et un peu d’imagination. Cette maison est, elle aussi, complètement indépendante et très accueillante. L’inspiration de Tolkien, l’auteur des livres dans lesquels apparaissent les hobbits, est frappante.

La maison écologique en paille des trois petits cochons

Maison paille

Une maison entièrement en paille, tant qu’on n’a pas peur du loup, pourquoi pas ? de plus en plus de français expérimentent cet habitat écologique. Que cela signifie concrètement ? Les parois, le sol et le plafond sont isolés avec des bottes de paille. Oui, vous avez bien lu : des bottes de pailles ! Ce matériaux naturel est en effet connu pour ses propriétés naturellement isolantes. Pour le reste, les méthodes sont courantes : chaux pour isoler les murs, laine de bois pour l’acoustique, panneaux photovoltaïques pour l’électricité. En outre, une orientation plein sud doublée d’un poêle à bois assure le chauffage de l’habitation. Toilettes sèches et phyto-épuration des eaux usées règlent la question du besoin d’eau. Il est conseillé de se faire accompagné de professionnels pour réaliser ce genre de projet d’habitation écologique.

Une maison dans les arbres

Maison arbre

En attendant de faire construire votre propre petit foyer écolo, vous pouvez toujours essayer, le temps d’un week-end, dans un nid suspendu, entièrement construit en bois (intérieur comme extérieur et même le mobilier !). Dans cette cabane pour votre week-end : isolement avec de la laine de mouton, éclairage à la bougie, draps en coton biologique, toilettes sèches, pas de voitures à proximité et vue dégagée sur les étoiles. Vous trouverez ce genre de nid douillet un peu partout en France. Une simple recherche Google suffit à en trouver !

Des arbres phosphorescents pour remplacer les lampadaires

Vous pensiez que les plantes fluorescentes n’existaient que sur la planète Pandora, dans le film Avatar de James Cameron ? Eh bien, détrompez-vous : Après les moutons phosphorescents, les arbres phosphorescents… quand la fiction rattrape la réalité !

Plante fluorescente
Le film Avatar, de James Cameron, représentait de beaux spécimens de plantes fluorescentes dans la jungle de Pandora, planète mystérieuse.

Pourtant l’idée n’est pas nouvelle : déjà en décembre 2010, une équipe de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, avait réussi à mettre au point un procédé permettant de transférer des informations de type bioluminescence – la production et l’émission de lumière par un organisme vivant – à d’autres espèces, en vue de créer ultérieurement des arbres phosphorescents. L’équipe avait alors estimé qu’un arbre biolumineux n’aurait besoin que de 0,02% de l’énergie qu’il absorbe pour produire une lumière suffisante pour éclaire une rue. Le projet avait remporté le premier prix de la compétition IGEM 2010, récompensant les meilleures innovations en génie génétique.

De même, dans les années 1980, un plant de tabac modifié avait été créé dans une université californienne.

Mais cette méthode, s’inspirant de la bioluminescence aquatique, bien que pratiquée depuis longtemps, n’a apporté à ce jour que trop peu de résultats.

Cette possible avancée revient sur le devant de la scène avec l’idée de jeunes scientifiques du laboratoire californien, Glowing Plant Project, de produire des arbres fluorescents capables de nous éclairer la nuit, ce qui permettrait à l’homme d’économiser une grande quantité d’énergie.

Les trois scientifiques, Omri Amirav-Drory, Kyle Taylor et Anthony Evans, sont persuadés que leurs recherches peuvent aboutir et ceci dans un avenir proche.
Ils sont partis du constat selon lequel il existe dans la nature des êtres vivants naturellement phosphorescents, l’idée est alors de les utiliser afin d’illuminer les rues sans que cela ne rejette du dioxyde de carbone, sans consommer d’énormes quantités d’énergie et tout en bénéficiant de l’autonomie des plantes.

Arbre lampadaire plante phosphorescente

Avant la plante phosphorescente, le mouton phosphorescent

Le 24 avril 2012, face au succès des moutons phosphorescents, les chercheurs uruguayens avaient expliqué avoir injecté du gène de méduse dans celui du mouton pour obtenir leur fluorescence. Pour ce qui est de la fluorescence des plantes ou arbres, les chercheurs californiens ont affirmé pouvoir créer des plantes grâce au gène de la luciole.
Ils ont déjà réussi à isoler ce gène et ont réussi à l’insérer dans l’ADN d’un plant de moutarde. Ils espèrent à terme modifier des graines afin qu’elles puissent germer et donner à naissance à des plants phosphorescents.

Pour financer leur projet, ils ont à l’époque fait un appel aux dons sur la plateforme crowdfunding et avaient réussi à collecter près de 400.000 dollars. Les donateurs, ayant contribué à partir de 40 dollars, ont été évidemment les premiers à recevoir une plante phosphorescente et ont pu recevoir des informations sur l’avancée de ces recherches.

Que penser du point de vue écologique ?

Au vu de ces recherches, doit-on se féliciter de l’avancée écologique que cela représenterait si de telles recherches aboutissaient ? Au regard de ces recherches, nous pouvons certes nous montrer plus optimiste des fins révélées par les chercheurs, comparées à celles exprimées par l’Institut de reproduction animale d’Uruguay et l’Institut Pasteur de Montevideo, avec les moutons phosphorescents, lesquels avaient déclaré, suite à leur succès, pouvoir travailler dorénavant avec un autre gène dans le but de soigner postérieurement la maladie du diabète.

Car il est bon de souligner que les énergies fossiles seront tôt ou tard épuisées, alors pourquoi ne pas contourner ce problème en modifiant ce que l’on a à notre disposition, à savoir la nature ?

Néanmoins, il demeure louable de rester sceptique quand il est question de modifier génétiquement la nature car même si les arbres lumineux phosphorescents peuvent être utiles, quel sera l’impact sur l’arbre, l’environnement et les animaux qui y vivent ? Doit-on avoir peur de cette innovation ? Ces OGM seront, certes pas dans nos assiettes, mais tout de même, cela laisse dubitatif.

Il n’est donc pas impossible que l’on voit apparaître dans quelques années les premiers arbres phosphorescents.

Où en est l’idée des plantes phosphorescentes en 2020 ?

Antony Evans, le leader de l’équipe, était convaincu que leur découverte allait révolutionner l’avenir : « Glowing Plants, c’est un symbole du futur, un symbole du développement durable, un symbole pour aider les autres à créer de nouveaux organismes vivants ». Pourtant, en 2020, c’est silence radio : aucunes nouvelles du crowdfunging lancé il y a déjà 7 ans.

Mais ce concept n’est pas mort : en 2020, c’est une jeune entrepreneuse française, Sophie Hombert, qui a relancé le concept en remportant le prix de la Seine-et-Marne Eco-attitude avec ses plantes fluorescente. Affaire à suivre !

Le castor : un véritable défenseur de l’environnement !

C’est pas nouveau, la nature est bien faite, et chaque chose dans ce monde a un rôle bien particulier. Le castor en fait partie : véritable aménageur de rivière, il participe à la préservation d’un écosystème fragile avec un rôle essentiel. Pourtant, comme de nombreuse espèce, il est menacé avec l’homme qui empiète un peu plus chaque jour sur son territoire.

Du XVIIème à la fin du XIXème siècle, le castor a disparu de nombreuses régions de France, du fait de sa destruction directe par l’homme, pour sa chair ou encore sa fourrure. De fait, l’espèce ne subsistait plus que dans la vallée du Rhône. Au début du XXème siècle, la population de castors du Rhône était estimée à quelques dizaines d’individus, uniquement localisés dans la basse vallée. Afin d’éviter son extinction, le castor fut protégé dès 1909 dans les Bouches-du-Rhône, le Gard et le Vaucluse. On peut estimer aujourd’hui que l’ensemble des effectifs devrait être compris en 10 000 et 12 000 individus.

Castors et environnement

Cet étonnant rongeur, à la fois « bûcheron » et « hydraulicien », est un animal qui présente des caractéristiques particulières et inhabituelles d’aménageur de son écosystème. Le castor est par ailleurs de plus en plus considéré comme un auxiliaire efficace de l’homme dans ses opérations de renaturation, de génie écologique et de gestion différenciée des berges.

En effet, en inondant certains terrains, les familles de castors recréent et entretiennent des chapelets de zones humides s’alimentant gravitairement de l’amont vers l’aval. Ces milieux sont propices à l’épuration de l’eau et au développement de la faune et de la flore. Ces barrages, s’ils sont assez nombreux et importants, renforcent également l’alimentation des nappes phréatiques et favorisent une alimentation plus régulière des sources.

En régulant le débit des cours de l’eau, il diminue également et très efficacement les risques de sécheresse en amont de ses barrages. Au Canada, la réintroduction de castor canadensis dans l’Alberta, grâce aux petits barrages qu’il construit et entretient, a permis de faire fortement reculer le risque d’incendie et le stress hydrique des arbres.

Il y a quelques années, un barrage de castors canadensis a d’ailleurs empêché une marée noire dans cette région du Canada. La rupture d’un oléoduc en 2011 avait alors provoqué le déversement de l’équivalent de près de 28 000 barils de pétrole. Cette échappée de combustible a été stoppée en plein course par un barrage fabriqué par des castors. Le pétrole s’est déversé sur une bande d’environ 700 mètres de long sur 30 mètres de large mais a été isolé à environ 300 mètres d’un cours d’eau. « Il est vrai qu’un barrage de castors dans ce secteur a contenu le déversement », avait alors déclaré le ministre albertain de l’Environnement Rob Renner.

Au final, cet accident aura eu un « impact minimal sur la faune sauvage ». La mort d’une dizaine de castors et canards avait toutefois été déplorée. Preuve s’il en est encore besoin de l’importance de préserver cette espèce, comme tant d’autres !

Le lithium : une réponse à l’équation de la transition énergétique ?

Avant le développement et l’utilisation des batteries au lithium, ce précieux métal était inconnu du grand public et encore pratiquement pas exploité. Toutefois, avec la découverte de ses excellentes performances dans le domaine du stockage de l’énergie, le lithium apparaît comme une ressource aujourd’hui indispensable à la production d’appareils électriques, et est devenu essentiel pour tous les concepteurs de téléphones, ordinateurs portables ou voitures électriques. C’est en Amérique Latine, et plus précisément en Bolivie, que l’on trouve les gisements les plus impressionnants de du lithium, devenu l’or blanc du XXIème siècle. Pour autant, le lithium est-il la solution à la transition énergétique ? Ou n’est-il qu’une partie de l’équation, voire, est-ce une solution vraiment écologique ? Décryptage.

Lithium et transition énergétique

Tous les ans se tient le salon de l’auto. Régulièrement, le prix de la meilleure voiture de l’année est attribué à une voiture électrique. Ce prix salue la technologie plus que le succès commercial. Toutefois, dans la période actuelle de réduction des émissions de C02 et du prix du baril de pétrole qui ne cesse de grimper, ces véhicules « écologiques » pourraient se présenter comme des solutions économiquement et écologiquement viables. Pourtant, l’un des principaux défis technologiques que doit relever ce type de véhicule électrique afin de détrôner la voiture au moteur thermique traditionnelle reste encore et toujours le stockage de l’énergie. En 2020, cette limite technique n’a toujours pas trouvé de solution miracle et facilement exploitable à une échelle industrielle. Les autonomies de batteries au lithium ne sont toujours pas satisfaisantes, sans parler de la question du recyclage qui pose encore de réelles questions.

Les batteries au lithium ont en premier lieu été utilisées dans les téléphones et ordinateurs portables. Elle a rapidement été ensuite utilisée dans l’automobile afin de remplacer le réservoir d’essence par cet autre stockage chimique d’énergie via le lithium. L’intérêt croissant pour ce métal se constate avec l’évolution du prix du lithium, qui est passé d’environ 310 €/tonne en 2003 et jusqu’à 20 000 euros en 2018 ! En même temps, la consommation de lithium entre 2009 et 2020 a triplé.

Le lithium est un métal relativement rare et surtout présent dans l’eau de mer. Il ne se trouve pas à l’état naturel, mais plus souvent sous la forme de chlorure de lithium (LiCl). On parle de rareté car malgré cette relative abondance, les gisements exploitables à sans dépenser des fortunes dans son exploitations sont très inégalement répartis sur la planète. Le plus grand gisement mondial en termes de volume est le salar de Uyuni en Bolivie, qui n’est ni plus ni moins que le plus grand désert salé du monde, et contient un tiers de la ressource. Le salar d’Atacama, au Chili, est le second gisement en termes de quantité mais représente presque 40 % de la production. En effet, la Bolivie n’a autorisé l’exploitation du lithium qu’en mars 2008. Vous comprenez donc très rapidement que la majorité du lithium terrestre se trouve en Amérique Latine.

Et l’impact sur l’environnement alors ? Ici non plus, le bilan n’est pas glorieux. L’extraction du lithium n’est pas sans conséquence pour l’écologie. Le procédé est lourd : il faut pomper la saumure présente dans le sous-sol de ces lacs salés. La saumure est ensuite concentrée par évaporation, purifiée puis traitée pour obtenir le carbonate de lithium (Li2CO3) pur à 99 %. Enfin, la dernière étape qui va permettre d’obtenir le métal lithium est la calcination du carbonate.

La mise en place de l’extraction du lithium implique l’utilisation de carburant pour extraire la saumure, puis la mise à disposition de grands espaces pour l’évaporation qui est effectuée dans des salins. En outre, la calcination du carbonate de lithium libère d’importantes quantié de gaz à effet de serre. Et groupe de travail Ecoinfo évoque d’autres points négatifs : le pompage massif de la saumure peut avoir des conséquences importantes pour l’ensemble du bassin hydrographique, et dans le pire des scénario, il peut provoquer l’effondrement de la surface salée. Enfin, les paysages sont fortement affectés par l’exploitation industrielle du lithium, alors que le tourisme vert se développe dans ces régions qui succitent généralement la curiosité naturelle des lacs salés.

Plus de 100 ans après la découverte du pétrole, nous sommes toujours dépendant à celui-ci alors même que nous savons pourtant que son utilisation toujours plus massive menace notre environnement. Le nom donné aujourd’hui au lithium, « l’or blanc », doit-il nous rappeler uniquement le développement et la croissance que le pétrole a permis, ou fait-il également penser aux effets pervers sur le long terme liés à une augmentation exponentielle de son exploitation ?

Les ONG et le secteur minier : le cas de l’Indonésie

Suivant l’évolution du système médiatique, désormais mondialisé et rythmé par la publication constante d’informations nouvelles, les ONG ont été contraintes de déployer des stratégies de communication plus poussées et plus agressives pour atteindre leur cible, leurs potentiels donateurs. Pour faire entendre leur voix dans le concert international d’émetteurs d’informations, ces organisations se doivent de se faire remarquer et tendent pour cela à s’attaquer à des groupes emblématiques, des figures de proue de secteur, dont la critique sera compréhensible, voire validée, par le plus grand nombre. Néanmoins, en dépit d’avantages en termes de visibilité, cette stratégie comporte un certain nombre de risques au premier rang desquels la défense imparfaite, parce que biaisée, d’une cause.

ONG les mines en Indonésie

Pour quelle(s) raison(s) et avec quelle(s) conséquence(s) les ONG ont-elles recours à une telle méthode ? Ce sont les questions que se pose l’écrivaine américaine Elizabeth Pisani en prenant le cas de l’industrie minière en Indonésie. Epidémiologiste, ancienne journaliste pour le quotidien britannique The Guardian et se présentant comme une aventurière, elle anime un blog depuis les îles indonésiennes où elle vit, sur lequel elle a récemment publié un article dédié aux « bad guys » du secteur des mines. Pointant l’attention et le traitement inégal réservé aux compagnies minières par les organisations locales de protection de l’environnement, Elizabeth Pisani regrette que les militants écologistes, dont la branche locale des Amis de la Terre, Walhi, concentrent leurs critiques sur les projets menés par de grands groupes occidentaux tels qu’Eramet, délaissant les autres exploitants dont les dégâts sur l’environnement leur paraissent incontrôlables et irrémédiables.

De son point de vue, le risque induit par cette surveillance et cette contestation à deux vitesses pourrait potentiellement être l’abandon de projets miniers existant ou à venir par les entreprises ayant développé une véritable politique de responsabilité environnementale et sociale. Cela au profit de « petites compagnies complètement irresponsables et prêtes à corrompre les dirigeants locaux pour obtenir des permis sur lesquels aucun contrôle ne sera exercé ».

Le cas indonésien est symptomatique de son analyse : dans le cadre du projet d’exploitation de nickel Weda Bay, le groupe français Eramet, en partenariat avec Mitsubishi, s’est engagé au niveau local en installant un cadre d’échange avec les populations et les organisations écologistes locales, mais aussi au niveau international par le biais d’accords MIGA, de la Banque mondiale. Eramet est aussi signataire de l’initiative pour la transparence des industries extractives (EITI), soutenue par le gouvernement français. Le groupe a mis en œuvre un « important programme de gestion socio-environnementale (atténuation des impacts, réhabilitation, mesures compensatoires,…) » et un « programme de compensation des impacts résiduels sur la biodiversité », dans le cadre du programme international « Business and biodiversity offset » lié au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

En dépit de ces garanties, reconnues par les Etats, la société civile et la communauté internationale, pour atténuer les conséquences de l’exploitation minière sur l’environnement et les conditions de vie des habitants, Weda Bay Nickel reste contesté par certains organismes locaux qui, conscients d’être face à un interlocuteur à l’écoute, défendent une position ferme. Il semblerait qu’il n’en soit pas de même avec le projet voisin de l’entreprise chinoise Tekindo Energi malgré des cadences d’extraction et d’exportation de nickel brut intenses et peu regardantes vis-à-vis de l’environnement, selon les témoignages de riverains du site. Ce manque d’intérêt notable s’explique peut-être par le fait que la mine de Tekindo a fermé à l’issue d’un moratoire en 2014, comme d’autres auparavant. Il n’en reste pas moins que les dégâts causés seront permanents et justifient sans doute une politique environnementale préventive et homogène.

 En Indonésie comme dans tout pays où sont extraites les richesses de la Terre, où une entreprise fait appel à des ressources et à une main d’œuvre, la société civile, que ce soit des associations citoyennes ou des organisations écologistes, doit pouvoir s’informer et s’exprimer. En retour, pour que son jugement soit équitable et validé par toutes les parties prenantes, il doit être basé sur des critères objectifs et rationnels répondant à des normes internationales.