Les mines zambiennes tuées par une nationalisation bâclée

mine zambie source : flickr

Dans un nouvel excellent article, très fouillé comme à son habitude, le journal en ligne owni.fr s’intéresse aux conséquences néfastes de la politique de nationalisation des mines en Zambie et établit un parallèle avec la situation actuelle en Afrique du Sud, certains acteurs politiques réclamant depuis plusieurs mois le retrait des acteurs privés du secteur minier.

 

Comment ne pas reprocher aux dirigeants sud-africains de se rendre chez le sieur Chavez de l’autre côté de l’Atlantique pour observer objectivement une politique empreinte de culture locale, alors qu’ils disposent dans leur voisinage africain d’un exemple d’autant plus parlant qui, bien que non-identique, présente tout de même un certain nombre de similitudes, en particulier dans les ressources naturelles ?!

Là est la question.

Ne tourner pas la tête messieurs les dirigeants  sud-africains ! Même si le « black economic empowerment » (confier la direction de grands groupes à des personnes issues de minorités pour réduire les inégalités) des années 90/2000 ne s’est pas révélé le succès espéré et apparait aujourd’hui davantage comme un problème que comme une solution, le salut ne viendra pas forcément d’une reprise par l’Etat des atouts du pays.

En forçant le trait, c’est ce dont s’est aperçu la Zambie après la nationalisation de son secteur minier, en particulier le cuivre dont le poids dans l’économie n’a cessé de fondre suite au retour de la gestion publique. Comme souvent dans une telle situation, la mauvaise gestion, par inexpérience et une main d’œuvre insuffisamment qualifiée, et le cruel manque d’investissements sont pointés du doigt ; accolés à une économie en panne d’ambition, d’idées et de financement, le secteur a perdu en efficacité et en compétitivité sans réduire la dépendance à l’international…

A noter qu’à l’aube des années 80, la chute des prix à la production minière s’est accompagnée d’une forte hausse de la dette extérieure annuelle du pays.

 

Pour en savoir plus, lire ici

La cigale chinoise dans la tourmente

L’économie chinoise devrait selon toute vraisemblance passer l’hiver à la diète. Un porte-parole de la Commission d’Etat de régulation de l’électricité vient en effet d’annoncer que le pays allait être confronté, au cours de l’hiver et du printemps prochain, à une pénurie de 16 gigawatts dans son approvisionnement énergétique.

« La cigale ayant chanté tout l’été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue… »

Cette pénurie résulte de la conjonction de plusieurs facteurs.

La sécheresse qui a frappé le pays cette année est l’un d’entre eux. Le volume d’eau disponible pour alimenter les multiples centrales hydroélectriques qui le jalonnent a ainsi réduit de 36% par rapport à l’année 2010.

Mais sa cause principale reste la trop grande dépendance de la Chine à l’égard du charbon. Comme toute bonne ressource fossile qui se respecte, ses réserves se raréfient. Or, face à leur diminution inéluctable, l’industrie et les ménages chinois élèvent chaque année un peu plus leur consommation : la hausse se chiffre ainsi à 9% en 2011.

Plus inquiétant encore, ce type de pénurie risque fort de frapper la Chine de manière récurrente ces prochaines années si aucune mesure n’est prise. Promouvoir l’efficacité et l’efficience énergétique et transformer la cigale chinoise en fourmi avisée serait l’une des solutions.

« Que faisiez-vous au temps chaud ? […] Nuit et jour à tout venant, je chantais ne vous déplaise. Vous chantiez ? J’en suis fort aise. Eh bien, dansez maintenant ! »

Sources : Agence Ecofin.

Californie : C’en est fait pour les chercheurs d’or

 

source: academic.ru

 

Les rivières de la Californie ont fondé le mythe du chercheur d’or. De nombreux passionnées vivaient encore de la recherche du précieux minerais. C’est fini. L’Etat californien a récemment passé une réglementation de l’activité, prédatrice des saumons.

Ce n’est pas l’or qui tue, ceux sont les procédés d’extraction de l’or selon la technique du dragage par aspiration – c’est-à-dire – un aspirateur géant qui pompe le gravier et la vase au fond d’un cours d’eau puis isole de minuscules quantités d’or des cailloux et de la terre grâce à la gravité. Cette pratique pourrait libérer du mercure, très toxique, dans les rivières qui abritent la fécondation de plusieurs espèces de poissons et notamment celle du saumon du Pacifique, en brutal déclin, dénoncent les écologistes.

Après avoir fait pression sur Arnold Schwarzenegger, gouverneur de Californie, les écologistes ont obtenu, en 2009, un moratoire de deux ans – interdisant la recherche d’or dans les rivières – pour attendre les résultats d’une étude scientifique analysant l’impact du dragage sur l’écosystème. L’étude a été commandée par empêcher les Services de la pêche et de la chasse californiens afin de savoir comment réguler l’activité.

Aujourd’hui, les conclusions autorisent la pratique, et ajoutent un ensemble de conditions strictes portant sur la taille des dragues et les saisons de prospection. Pourtant, si ces autorisations devaient être effectives dans un délai de 6 mois, une prolongation du moratoire a été discrètement imposée par les écologistes. Ces derniers sont parvenus, grâce au soutien de

Jared Huffman, un membre démocrate de l’Assemblée de l’Etat, à modifier un paragraphe du document de façon à empêcher les Services de la pêche et de la chasse d’affecter des fonds à la délivrance d’autorisations de dragage jusqu’en 2017.

Ainsi, si les poissons, et notamment les saumons, des rivières californiennes ont un sursis, les importants cours de l’or vont irriter plus d’un prospecteur. Ceci annonce des violentes protestations pour la suite…

La chasse aux terres rares s’organise

Le monopole de la Chine dans le commerce des « terres rares » pourrait à terme s’avérer bénéfique pour l’environnement. On parle ici selon les propos de l’AFP, du nom donné à un ensemble de dix-sept métaux indispensables à la fabrication de la plupart des produits de haute technologie.

Chercher à contourner le monopole chinois constitue ainsi la clef, et pourrait alors conduire à favoriser l’émergence d’une filière dédiée au recyclage de nos déchets électriques notamment, au sein desquels ces métaux sont présents.

C’est une ambition qu’a voulu incarner la société Récyclum en ce début du mois d’octobre, en organisant une importante opération de communication sur le Parvis de la Défense. Son objectif : présenter ces déchets comme un vaste « gisement de matières premières encore trop largement inexploité » et qu’il s’agit de valoriser, afin de sensibiliser l’opinion publique sur l’enjeu de leur recyclage.

L’entreprise souligne que 3 % du poids des lampes à économie d’énergie est ainsi constitué de ce type de métaux, présents en leur sein sous la forme d’une poudre fluorescente. Cette dernière est actuellement « neutralisée et stockée définitivement comme le mercure dans des installations spécifiquement agréées » sans être réemployée. Mais la donne pourrait changer sous l’impulsion d’un nouveau procédé développé par l’entreprise Rhodia, qui devrait rendre son recyclage possible à l’horizon 2012, et placer la France à la première place des producteurs de « terres rares » recyclées.

D’ici là, Récyclum renouvelle son appel aux Français afin qu’ils soient toujours plus nombreux à rapporter leurs ampoules dans l’un des 19.000 points de collecte dédiés.

Soutenir l’effort de réduction des dettes publiques et protéger l’environnement, deux objectifs complémentaires

Comme chaque année depuis maintenant quatorze ans, plusieurs associations au premier rang desquelles Friends of the Earth, publient aux Etats-Unis un rapport consacré à l’identification des dépenses, subventions ou niches fiscales grevant le budget américain et dont la suppression serait bénéfique pour l’environnement. En cette période de crise des finances publiques, un tel travail mérite d’être mis en lumière et pourrait faire des émules.

Le magazine du développement durable nous en apprend plus sur ce sujet. Il précise ainsi que les associations engagées pour cette étude travaillent sur la base de documents comptables officiels, directement mis à disposition par l’administration fédérale américaine. Ce qui nous donne une idée du sérieux de la démarche. Suivant leurs conclusions, l’Etat fédéral américain pourrait réaliser une économie de plusieurs centaines de milliards de dollars sur une période de cinq ans.

Elles suggèrent notamment la suppression pure et simple des aides destinées aux énergies fossiles qui permettent aux industriels du secteur de bénéficier de certaines exemptions de taxe. Cette mesure permettrait de faire rentrer dans les caisses de l’Etat près de soixante milliards de dollars.

Elles estiment ensuite nécessaire de stopper l’effort de recherche coûteux entrepris en vue du développement d’une technologie de capture et de séquestration du carbone, qualifié de « quête sans fin pour faire du charbon une énergie propre », et qui plus est « potentiellement dangereuse ».

Enfin, elles militent pour un abandon du soutien au secteur de l’énergie nucléaire. Celui-ci bénéficie en effet d’aides multiples de la part de l’Etat américain, allant de subventions à la recherche & développement à des garanties de prêt, en passant par des exonérations fiscales. Elles évaluent sur ce point l’économie potentielle à cinquante milliards de dollars pour une période de cinq ans, de 2012 à 2016.

Réguler les industries extractives à l’heure de la mondialisation : l’exemple de l’ITIE

 

http://eiti.org/

Le drame de Fukushima a encore amplifié les questions de toute nature portant sur  les apports et les dangers du progrès scientifique dans un contexte de raréfaction des matières premières. Faut-il renoncer à toute technologie ? Faut-il opter pour une application extensive du principe de précaution ? Quelles sont les places, les rôles et les responsabilités respectives des Etats, des entreprises, de la société civile ? Quels sont les meilleurs outils pour mieux réguler et surtout comment réguler ?

Dans le secteur des matières premières secteurs publics et privés sont intimement liés, de même que la recherche et l’innovation sont centrales et requièrent des investissements financiers très conséquents.

L’exploitation des richesses en ressources naturelles est appelée à constituer un moteur important pour la croissance économique mondiale mais pour cela son mode de gestion doit être encadré et reposer sur de véritables règles (applicables et appliquées !) de transparence financière. Ce potentiel de croissance ne pourra être pérenne que s’il bénéficie à l’ensemble des populations, comme aux entreprises et aux Etats.

C’est sur la base de ce constat et partant de ce besoin qu’a été lancée, à Londres, en 2003 l’ITIE (Initiative pour la Transparence des Industries Extractives ou dans sa langue d’origine Extractive Industries Transparency Initiative) par un groupe varié de pays, entreprises et organisations de la société civile.

L’ITIE milite pour un large partage des ressources naturelles et cherche pour ce faire à établir « une norme de référence incitant les entreprises à publier ce qu’elles paient et les gouvernements ce qu’ils reçoivent. »

Le fondement de l’ITIE repose sur l’idée que la compréhension du grand public des recettes et des dépenses des gouvernements dans la durée est susceptible de contribuer de manière constructive au débat public et de faciliter le choix d’options appropriées et réalistes favorisant le développement durable. Ainsi, l’ITIE œuvre pour que gouvernements et entreprises extractives s’attachent à s’inscrire dans une logique de transparence sur leur relation et les finances publiques.

Après plus de 15 ans d’existence, cette approche reposant sur la pédagogie et la recherche de la transparence est un succès comme en atteste le soutien explicite et complet que lui ont apporté les dirigeants du G8 dans la déclaration finale du sommet de Deauville le 27 mai dernier.

Mais cette dynamique lancée par ITIE ne se cantonne pas aux pays les plus puissants et tend à s’implanter partout dans le monde, notamment dans les régions riches en ressources naturelles comme l’Afrique. La réunion régionale pour l’Afrique de la coalition « Publiez ce que vous payez (PCQVP) » qui s’est déroulée à Kinshasa, en République Démocratique du Congo , du 24 au 27 mai dernier autour du thème « Agenda de la transparence sur les industries extractives en Afrique après 50 ans d’indépendance ; réalisations, défis et perspectives d’avenir » entérine la nécessité et l’utilité d’une telle approche et marque un premier pas en ce sens. Les délégués des 20 pays membres ont accueilli positivement la déclaration du G8, validant ainsi la cohérence et de la pertinence internationale de la démarche.

D’envergure mondiale, l’ITIE compte aujourd’hui plusieurs dizaines de pays membres (France, Etats Unis, Allemagne etc…) et autant de représentants de la société civile et d’organisations professionnelles. Plus important encore de plus en plus de grandes entreprises d’envergure mondiale la rejoigne témoignant ainsi de la part de chacun de ses membres de la volonté de mettre en place une réelle politique de développement durable reposant sur la transparence et le souci d’implication des populations locales.

En France, l’initiative de l’ITIE a reçu un accueil très favorable de la part des entreprises françaises puisque l’on compte parmi ses membres Total, Areva, GDF-Suez. Eramet, leader mondial dans le secteur des industries minières vient de les rejoindre.

Canicule : une mine d’or et de cuivre sous la mer

Fonds marins de PNG

Alors que des mineurs grévistes ont été exécutés de sang froid en Afrique du Sud, d’autres explorent les fonds marins à la recherche de matières premières : le cuivre et l’or. Quoi de mieux en période de canicule ? C’est dans les pays du Pacifique que l’intérêt porté aux ressources minières sous-marines est le plus fort. Il faut dire que la demande mondiale en métaux augmente incessamment, ce qui encourage évidemment l’exploration dans sous la mer.

La première opération commerciale jamais menée

En 2013, la première opération commerciale minière sous-marine jamais réalisée débutera sous le nom « Solwara 1 ». Le projet sera conduit par la compagnie canadienne Nautilus Minerals à laquelle le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) a accordé un permis de 20 ans pour « explorer et exploiter son fond marin ».

Un projet déjà vivement critiqué

Située à 1600 mètres de profondeur dans la mer de Bismark, la mine d’or et de cuivre concernée semble bel et bien riche en minerais, « dix fois plus que la moyenne pour les mines terrestres » à certains endroits, avec « 20 gramme par tonne » d’or et « 7% » de cuivre.

Le projet requière « plus de 400 millions de dollars » d’investissement pour une rentabilité assurée, avec des « revenus annuels de 800 millions » pour les deux ou trois années d’exploitation. La production annuelle s’élèverait à un plafond compris entre « 80 et 100 000 tonnes » pour le cuivre et « 150 à 200 000 once d’or ».

Parmi les critiques émises, les « faibles bénéfices » alloués à la population locale et des retombées basses pour l’économie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ces critiques sont formulées au regard de l’ampleur du projet et de ses risques environnementaux.

L’impact environnemental de ce champ minier sous-marin est évident compte tenu du fait que cette zone constitue une grande réserve de biodiversité. Il y existe un « écosystème et une diversité biologique méconnus » : des centaines d’espèces non identifiées y vivraient. Des opposants au projet estiment que les études menées sur ses impacts environnementaux sont bien insuffisantes. Ils affirment qu’en Asie du Pacifique, « déjà 1 million de km2 du fond marin est sous licence d’exploration ».

Pour information, l’entreprise Nautilus Minerals compte à elle seule près de « 524 000 km2 de fonds marins sous licence d’exploitation ou en attente de l’être, en PNG, Nouvelle-Zélande, îles Fidji et Tonga ».

Vu la raréfaction des ressources terrestres, la quête aux ressources marines ne fait que commencer… Et après ? Une fois les fonds marins épuisés ?

Déchets industriels: la prochaine ruée vers l’or aura lieu dans nos poubelles

Alors que l’Université des Nations Unies (UNU) déclare que les équipements électroniques et électriques « fabriqués en 2011 dans le monde concentrent 320 tonnes d’or et 7500 tonnes d’argent » et recouvrent une valeur totale de 17 milliards d’euros, une étude menée par des chercheurs japonais estime à 1/3 des réserves mondiales de métaux précieux et de terres rares, les déchets d’équipement électriques et électroniques (DEEE). La prochaine ruée vers l’or aura-t-elle lieu dans nos poubelles?

Photo: fotopedia.com

Le recyclage des DEEE presque inexistant

L’or et l’argent ne sont pas les seuls composants précieux qui habitent nos équipements électriques et électroniques, on y trouve également d’autres métaux précieux comme le cobalt, le palladium et des terres rares en moindre quantité. Selon un récent rapport du Global e-Sustainability Initiative (GeSI), les DEEE sont jusqu’à « 40 à 50 fois plus riches en métaux que les mines traditionnelles ». Tandis qu’une étude du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) intitulée « Le taux de recyclage des métaux: état des lieux » indique que « moins d’un tiers des 60 métaux étudiés ont un taux de recyclage supérieur à 50% », 34 d’entre eux comptant à peine 1% de taux de recyclage.

En 2011, l’Association Nationale des Consommateurs et Usagers et l’ADEME déclaraient que « 7 ordinateurs sur 10 finissent toujours dans une décharge, sans être dépollués ». Les équipements électriques et électroniques mis sur le marché entre 2006 et 2009 et les DEEE collectés sur la même période ne représentent que 9% de récupération « du volume d’équipements neufs vendus » sur cette même période. Le recyclage des DEEE est donc très réduit.

Les « mines urbaines » des pays du sud

Les poubelles à DEEE des pays développés sont principalement l’Afrique et l’Inde. Des « mines urbaines » où le volume de déchets d’équipements électriques et électroniques pourrait être multiplié par 5 d’ici à 2020, même si le taux de collecte dans les pays occidentaux était augmenté significativement. D’autant que, comme le rappelle Richard Toffolet, directeur technique d’Eco-systèmes, un des quatre éco-organismes officiels, chargés d’organiser le recyclage des DEEE en France, « l’on sait parfaitement récupérer les métaux précieux, qui se trouvent essentiellement dans les cartes électroniques ». Quatre ou cinq unités de traitement existent dans le monde, « ce sont des installations qui exigent des investissements de plusieurs centaines de millions d’euros » et, qui se trouvent… en Europe et en Amérique du Nord.

Source: GreenIT.fr

L’Antarctique, le continent délaissé

En Antarctique, l'été austral dure 6 mois. Puis la nuit tombe et l'obscurité perdure 6 mois également.

Continent gelé, l’Antarctique a très longtemps été délaissé par l’homme. Son isolement en fait une terre de tous les espoirs, non pas pour s’y installer, les conditions y sont trop rudes, mais pour exploiter des ressources dont les réserves sont encore intactes.

Dérivant de plus en plus au sud, le continent Antarctique s’est retrouvé définitivement isolé des autres il y a 25 millions d’années lorsqu’il s’est séparé de l’Amérique du Sud. Presque centré sur le pôle Sud, ce continent subit des pressions climatiques très fortes : l’altitude moyenne du continent est de 3 000 mètres au dessus du niveau de la mer et les nuits australes durent six mois. Cette combinaison de facteurs induit des températures minimum en hiver de l’ordre de -80 °C.

Traité sur l’Antarctique

Découvert relativement tard et inhabité de façon permanente, l’Antarctique est protégé par un ensemble de traités ; le premier, le traité sur l’Antarctique, signé le 1er décembre 1959 par 12 pays, est aujourd’hui ratifié par 48 États. L’objectif du traité était d’interdire l’utilisation de cette partie du globe à des fins militaires. Il a été complété par une série de conventions et protocoles afin d’en protéger la faune et la flore ainsi que de considérer le continent comme réserve naturelle dont on ne peut pas exploiter les ressources minérales (Protocole de Madrid).

Le continent est protégé jusqu’en 2048 par ce traité, mais ce dernier peut être révisé et les interdictions d’exploitations pourraient être assouplies bien avant cette date. En effet, en tenant compte des modèles de dérives des continents et en se basant sur les minéraux exploités sur les continents autrefois adjacents aux terres antarctiques, il est probable que l’Antarctique soit riche en ressources minérales, dont 203 milliards de barils de pétrole, selon l’étude « Antatirca: assessing and protecting Australia’s national interests » du Lowy Institute. De plus, le réchauffement planétaire pourrait pousser à l’exploitation des calottes polaires qui contiennent 70 % des ressources en eau douce mondiale.

Ressources de la dernière chance

Les prétentions actuellement gelées sur les terres antarctiques, pourraient être source de nouvelles tensions pour l’appropriation et l’exploitation du continent dans le contexte actuel d’épuisement des ressources, au mépris de la biodiversité extrêmophile adaptée à ce milieu. Cependant, comme le souligne Michel Rocard, ambassadeur de France pour les pôles, dans une entretien donné à actu-environnement.com, l’exploitation des ressources polaires signifira, étant donné leur coût et leur mise en place difficile, que l’humanité n’aura pas résolu le problème intrinsèque de son « modèle énergétique » actuel, qui contribue, voire provoque, le réchauffement climatique.

Sources : mineralinfo.org, transpolair.free.fr, actu-environnement.com, lecerclepolaire.com

Le fumeur noir, oasis de biodiversité et ressources minérales

Un mont hydrothermal dans les abysses.

Non loin des dorsales océaniques, les monts hydrothermaux soufflent les émanations de la terre. Ces cheminées émettent des fluides chauds, chargés de minéraux et métaux dissous et sont une « oasis de vie » au milieu des froides et sombres étendues abyssales.

Les fumeurs noirs

Les fumeurs noirs naissent lorsqu’au fond des océans, non loin des dorsales océaniques, l’eau froide s’infiltre dans la croûte terrestre, se réchauffe au contact du magma à 1 200 °C présent à quelques kilomètres seulement de profondeur, et creuse son chemin de retour vers le plancher océanique en lessivant les roches. Ce phénomène est accentué par la température de l’eau, portée à 350-400 °C, et par les très grandes pressions. Là où ce fluide jaillit, des cheminées se forment par précipitation des minéraux à cause de la différence de température avec l’eau à 4°C de l’océan. Ces cheminées, qui crachent leurs volutes chaudes, acides et riches en métaux et gaz dissous, sont des lieux remarquables, riches en biodiversité et qui contrastent avec l’immensité des plaines océaniques, froides et obscures.

Tout un écosystème se développe autour des évents hydrothermaux malgré les conditions extrêmes : tout au début de la chaîne alimentaire, des colonies de bactéries chimiosynthétiques se développent en tirant leur énergie de composés chimiques, de la même façon que le font les végétaux grâce à la lumière du soleil et la photosynthèse. Des colonies animales se développent de manière concentrique autour des cheminées : des espèces endémiques de crabes, vers, poissons, poulpes sont adaptées à l’absence de lumière et aux pressions jusqu’à mille fois plus importantes qu’à la surface.

Exploitation

Les monts hydrothermaux dégagent naturellement des fluides très chauds et très riches en minéraux. Des compagnies d’extraction sous-marines seraient intéressées par la possibilité d’exploiter ces gisements naturels : selon les roches traversées, les fluides hydrothermaux peuvent être riches en ions métalliques (manganèse, fer, zinc…), en méthane, hydrogène ou sulfure d’hydrogène. En outre, les températures élevées peuvent servir, grâce à un échangeur de chaleur, à utiliser l’énergie thermique pour produire de la vapeur et entraîner des turbines, génératrices d’électricité.

Les conditions d’exploitation des évents hydrothermaux étant inédites et relevant du défi industriel et technologique, aucune étude n’est avérée sur les conséquences environnementales de telles exploitations sur les fragiles écosystèmes s’y étant développés. L’ONU avait prévu, dès 2003, dans sa résolution A/RES/58/240 sur les océans et le droit de la mer, de définir des dispositions et des règles contrôlant l’exploitation des ressources sous-marines. Certains pays se disputent aujourd’hui certaines montagnes océaniques afin d’y extraire des métaux et l’ONU a réitéré ses recommandations le 24 décembre 2011 dans la résolution A/66/L.21, avant que des désastres écologiques irréversibles soient causés. L’ouverture, le 11 avril, à l’Océanopolis de Brest d’un aquarium à haute pression, une première, abritant crevettes et crabes des profondeurs alertera et mobilisera peut-être l’opinion publique sur ces écosystèmes qui nous semblent si étrangers.

Sources : CNRS, rfi.fr, rsc.org

Le lithium, or blanc de la transition énergétique ?

Avant l’avènement des batteries au lithium, ce métal était encore très peu exploité. Cependant, en vue des performances et du potentiel qu’on lui accorde dans le domaine du stockage de l’énergie, le lithium apparaît comme une ressource essentielle à qui veut produire téléphones et ordinateurs portables ou voitures électriques. C’est en Bolivie que se trouvent les gisements les plus impressionnants de ce métal…

Le 82ème salon international de l’auto se tient à Genève jusqu’au 18 mars. Le prix de la meilleure voiture de l’année a été attribué, cette année encore, à une voiture électrique. Ce prix salue la technologie plus que le succès commercial. Pourtant, dans le contexte actuel de diminution des émissions de gaz à effet de serre et du prix du pétrole qui monte, ces voitures pourraient se révéler comme des produits économiquement et écologiquement viables. Cependant, l’un des défis technologiques que doit relever la voiture électrique afin de détrôner sa grande sœur conventionnelle est le stockage de l’énergie.

Les batteries au lithium ont tout d’abord été utilisées dans les téléphones et ordinateurs portables et cette technologie se transpose à l’automobile afin de remplacer le réservoir d’essence par cet autre stockage chimique d’énergie. L’intérêt croissant pour cette ressource se constate avec l’évolution du prix du lithium qui est passé d’environ 310 €/tonne en 2003 à 2 000 €/tonne en 2008 et la consommation de lithium entre 2009 et 2020 devrait tripler.

Ce paysage lunaire recèle un tiers du lithium mondial.

Le lithium, un métal assez abondant, présent dans l’eau de mer, ne se trouve pas à l’état naturel mais généralement sous forme de chlorure de lithium (LiCl). Malgré cette relative abondance, les gisements exploitables à moindre coût se trouvent très inégalement répartis sur la planète : le plus grand gisement mondial est le salar de Uyuni en Bolivie, le plus grand désert salé du monde, et contient un tiers de la ressource. Le salar d’Atacama, au Chili, est le second gisement en termes de quantité mais représente presque 40 % de la production. En effet, la Bolivie n’a autorisé l’exploitation du lithium qu’en mars 2008.

L’extraction du lithium n’est pas sans conséquence pour l’environnement. Le procédé consiste à pomper la saumure présente dans le sous-sol de ces lacs salés. La saumure est ensuite concentrée par évaporation, puis purifiée et traitée afin d’obtenir le carbonate de lithium (Li2CO3) pur à 99 %. La dernière étape pour obtenir le métal lithium est la calcination du carbonate.

La mise en place de l’extraction du lithium implique l’utilisation de carburant pour pomper la saumure, puis la réquisition de larges espaces pour l’évaporation qui est effectuée dans des salins. De plus, la calcination du carbonate de lithium libère du CO2. En outre, ces points négatifs évoqués par le groupe de travail Ecoinfo ne sont pas les seuls : le pompage massif de la saumure peut avoir des conséquences pour l’ensemble du bassin hydrographique ou bien provoquer l’effondrement de la surface salée. Bien sûr, les paysages seraient fortement affectés, alors que le tourisme vert se développe dans cette région pour visiter la curiosité naturelle que sont les immenses lacs salés, comme l’indique l’étude de cas à dimension multiple sur l’industrie minière à grande échelle dans la province argentine de Jujuy, réalisée par Roger Moreau, de l’Association des peuples de montagnes du monde.

Plus de 100 ans après la découverte de l’or noir, nous prenons conscience de notre dépendance à celui-ci alors même que nous savons désormais que son utilisation toujours plus massive menace notre environnement. Le surnom que l’on donne déjà au lithium, l’or blanc, doit-il évoquer uniquement le développement et la croissance que le pétrole a permis, ou bien doit-il faire écho également aux effets pervers sur le long terme liés à un engouement et une exploitation irréfléchis ?

Sources : enerzine.com

Les ONG et le secteur minier : le cas de l’Indonésie

Suivant l’évolution du système médiatique, désormais mondialisé et rythmé par la publication constante d’informations nouvelles, les ONG ont été contraintes de déployer des stratégies de communication plus poussées et plus agressives pour atteindre leur cible, leurs potentiels donateurs. Pour faire entendre leur voix dans le concert international d’émetteurs d’informations, ces organisations se doivent de se faire remarquer et tendent pour cela à s’attaquer à des groupes emblématiques, des figures de proue de secteur, dont la critique sera compréhensible, voire validée, par le plus grand nombre. Néanmoins, en dépit d’avantages en termes de visibilité, cette stratégie comporte un certain nombre de risques au premier rang desquels la défense imparfaite, parce que biaisée, d’une cause.

Pour quelle(s) raison(s) et avec quelle(s) conséquence(s) les ONG ont-elles recours à une telle méthode ? Ce sont les questions que se pose l’écrivaine américaine Elizabeth Pisani en prenant le cas de l’industrie minière en Indonésie. Epidémiologiste, ancienne journaliste pour le quotidien britannique The Guardian et se présentant comme une aventurière, elle anime un blog depuis les îles indonésiennes où elle vit, sur lequel elle a récemment publié un article dédié aux « bad guys » du secteur des mines. Pointant l’attention et le traitement inégal réservé aux compagnies minières par les organisations locales de protection de l’environnement, Elizabeth Pisani regrette que les militants écologistes, dont la branche locale des Amis de la Terre, Walhi, concentrent leurs critiques sur les projets menés par de grands groupes occidentaux tels qu’Eramet, délaissant les autres exploitants dont les dégâts sur l’environnement leur paraissent incontrôlables et irrémédiables.

De son point de vue, le risque induit par cette surveillance et cette contestation à deux vitesses pourrait potentiellement être l’abandon de projets miniers existant ou à venir par les entreprises ayant développé une véritable politique de responsabilité environnementale et sociale. Cela au profit de « petites compagnies complètement irresponsables et prêtes à corrompre les dirigeants locaux pour obtenir des permis sur lesquels aucun contrôle ne sera exercé ».

Le cas indonésien est symptomatique de son analyse : dans le cadre du projet d’exploitation de nickel Weda Bay, le groupe français Eramet, en partenariat avec Mitsubishi, s’est engagé au niveau local en installant un cadre d’échange avec les populations et les organisations écologistes locales, mais aussi au niveau international par le biais d’accords MIGA, de la Banque mondiale. Eramet est aussi signataire de l’initiative pour la transparence des industries extractives (EITI), soutenue par le gouvernement français. Le groupe a mis en œuvre un « important programme de gestion socio-environnementale (atténuation des impacts, réhabilitation, mesures compensatoires,…) » et un « programme de compensation des impacts résiduels sur la biodiversité », dans le cadre du programme international « Business and biodiversity offset » lié au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

En dépit de ces garanties, reconnues par les Etats, la société civile et la communauté internationale, pour atténuer les conséquences de l’exploitation minière sur l’environnement et les conditions de vie des habitants, Weda Bay Nickel reste contesté par certains organismes locaux qui, conscients d’être face à un interlocuteur à l’écoute, défendent une position ferme. Il semblerait qu’il n’en soit pas de même avec le projet voisin de l’entreprise chinoise Tekindo Energi malgré des cadences d’extraction et d’exportation de nickel brut intenses et peu regardantes vis-à-vis de l’environnement, selon les témoignages de riverains du site. Ce manque d’intérêt notable s’explique peut-être par le fait que la mine de Tekindo fermera avec l’application d’un moratoire en 2014. Il n’en reste pas moins que les dégâts causés seront permanents et justifient sans doute une politique environnementale préventive et homogène.

 En Indonésie comme dans tout pays où sont extraites les richesses de la Terre, où une entreprise fait appel à des ressources et à une main d’œuvre, la société civile, que ce soit des associations citoyennes ou des organisations écologistes, doit pouvoir s’informer et s’exprimer. En retour, pour que son jugement soit équitable et validé par toutes les parties prenantes, il doit être basé sur des critères objectifs et rationnels répondant à des normes internationales

Weda Bay Nickel : adhésion au BBOP pour Eramet

Le projet minier d’Eramet en Indonésie, Weda Bay Nickel, poursuit son cheminement vers l’accession à une respectabilité forte et concrète en matière de respect de l’environnement.

Déjà membre de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) et ayant élaboré une politique propre de développement durable, Eramet a rejoint le programme de compensation de la biodiversité (BBOP) en 2011 dans le cadre du projet Weda Bay Nickel, afin de suivre les meilleures pratiques actuelles dans le domaine de la compensation de la biodiversité. Par cette appellation, il faut entendre la compensation des effets négatifs résiduels de certains projets sur la biodiversité après que des mesures de prévention et d’atténuation appropriées ont été prises.

BBOP (Business and Biodiversity Offset Program en anglais) est un programme créé par les organismes de protection de l’environnement Forest Trends et Wildlife Conservation Society et soutenu par le Programme des Nations Unies pour le Développement. BBOP a pour but de tester et développer des pratiques de référence dans le domaine des programmes de compensation de la biodiversité par le biais de projets pilotes. Dans ce cadre, BBOP a développé dix principes que les adhérents au programme se doivent de respecter. Parmi eux, le principe de la hiérarchie d’atténuation selon lequel la compensation ne doit pas empêcher en amont d’éviter et de minimiser les impacts, puis de réhabiliter le site.

2012 sera l’année de la concrétisation des engagements pris par Eramet au travers de BBOP, en particulier pour Weda Bay Nickel, qui mettra en œuvre tous les moyens pour n’engendrer aucune perte nette en matière de biodiversité. Par ailleurs, les autres principes du programme seront respectés, tels que la participation des différentes parties prenantes (locales et internationales) au projet de compensation. Les communautés locales en particulier seront impliquées dans ce projet de compensation afin de ne pas être impactées négativement et de bénéficier des retombées positives.

Pérou : l’Eglise défend des opposants à un projet minier

opposants à la mine i-service.com

L’Eglise est très vive en Amérique Latine. Au Pérou, elle s’érige même en médiateur dans un conflit minier. En effet, le nouveau président du Pérou, Ollanta Humala, en pouvoir depuis juillet, a proclamé, le 4 décembre, l’état d’urgence à Cajamarca afin de gérer son premier conflit social d’ampleur. Par sa déclaration, le président a donc autorisé le déploiement de l’armée dans la province, pour répondre aux deux semaines de manifestations qui ont paralysé la région.

Cette période s’étendra sur une période 60 jours, afin de rétablir « la paix et l’ordre interne » après « l’échec du dialogue avec les opposant de la mine Conga, du groupe américain  Newmont ».

La population s’oppose à un projet de mine d’or et de cuivre qui serait opérationnel d’ici 2014. Si les tensions semblent peu à peu s’apaiser, puisque l’état d’urgence restreint le droit de rassemblement et de manifestation, l’Eglise, à travers un prêtre français basé depuis 1987 à Lima, la capitale du pays, le Père Hubert Boulangé, tente de protéger la population, en se faisant le porte-voix de la menace que représente le projet industriel.

L’institution déplore que le projet minier implique de « creuser la montagne » en sacrifiant « quatre lacs naturels, la seule ressource en eaux dans cette région agricole, pour les remplacer par des lacs artificiels ».

A suivre…

 

Sources : Oecumene.radiovaticana.org, Canoe.ca

Adhésion du groupe minier français Eramet à l’ITIE

Etendard de la « transparence financière » au niveau mondial depuis près d’une décennie, l’ITIE (Initiative pour la Transparence des Industries Extractives) a refait parler d’elle il y a peu en recevant l’appui marqué du G8.

Rassemblant Etats, entreprises et société civile, l’organisme vient d’accueillir parmi ses soutiens un nouveau grand groupe français, Eramet spécialiste de l’extraction minière, notamment au Gabon et en Nouvelle Calédonie.

 

L’adhésion d’Eramet à l’ITIE vient renforcer une politique de responsabilité, de citoyenneté, d’intégrité et de respect des personnes initiée en 2010 et formalisée par une Charte d’Ethique.

A travers cette nouvelle adhésion, le Groupe s’est engagé pour la valorisation responsable des ressources naturelles et la complète transparence des transferts d’argent entre les entreprises et les Etats hôtes. Sur un plan plus sociétal il se doit d’entretenir un dialogue permanent avec ses parties prenantes.

L’association d’Eramet à l’ITIE devrait permettre une pérennisation de ces engagements tout en leur donnant une légitimité et une visibilité accrues au niveau international. Cette adhésion lui donnera aussi l’occasion de participer et de tirer bénéfice des débats et expériences accumulés par les différents adhérents de l’initiative.

 

Le but de l’ITIE est de « renforcer la gouvernance en améliorant d’une part la transparence des revenus générés par les industries pétrolières, gazières et minières et d’autre part la responsabilisation dans le secteur extractif ». Eramet ayant fait part de sa détermination à contribuer à l’« assainissement » des relations et transactions entre les différents intervenants de son secteur, son adhésion à l’ITIE donne le signal à ses interlocuteurs, notamment au niveau local, du sérieux de sa démarche et de l’évolution très concrète des pratiques d’extraction dans le secteur minier, davantage respectueuses tant en termes environnementaux que financiers. Par la défense d’une « norme mondiale » unanimement reconnue, Eramet assume son statut de géant minier et se positionne comme l’un des futurs leaders potentiels dans l’application de la « transparence financière ».

 

Le lien entre l’extraction de minerais indispensables aux populations du monde entier et le respect de communautés locales et de l’environnement n’en sortira que davantage renforcé.

L’exploitation minière illégale tenue responsable des inondations au Ghana

L’exploitation minière illégale doit être tenue responsable des récentes inondations qui ont tué cinq personnes dans une province située dans l’est du pays, a annoncé lundi un haut responsable ghanéen.

S’adressant à la presse locale, lors d’une tournée d’inspection dans les zones inondées, le ministre régional Kwesi Appea-Kubi a déclaré que l’exploitation minière illégale, connue localement sous le nom de « galamsey », avait causé le débordement de la rivière Birim.

Huit communautés de la province orientale, située au 85 km nord-ouest de la capitale, ont été inondées suite à quatre jours de pluies torrentielles la semaine dernière.

Le ministre, qui a accompagné le président John Evans Atta Mills dans sa visite des zones sinistrées, a promis de prendre des mesures pour réprimer l’exploitation minière illégale dans la région afin de  sauver la vie et des biens dans l’avenir.

Les zones les plus touchées sont les districts d’Atiwa, de Kade et de Fanteakwa. Un certain nombre de victimes dans ces districts sont obligées de monter aux arbres de noix de coco et dans d’autres grands arbres ainsi que sur les toits en attendant le décrue.

 

Au moins cinq personnes ont été confirmées mortes par la police et 5 000 autres déplacées.

« En tant que peuple et en tant que gouvernement, nous devons nous assurer que cette activité minière illégale, qui a lieu en ce moment, soir arrêtée. N’y melons pas la politique », a indiqué le ministre.

Il a confirmé que des fournitures de secours et des programmes d’évacuation d’urgence avaient été mis en place pour les communautés touchées.

Les services météorologiques du pays avaient averti qu’il pourrait y avoir des inondations dans le sud du Ghana, où les niveaux de l’eau ont déjà commencé à augmenter.

Des inondations similaires avaient frappé deux régions de ce pays — le Grand Accra et la région centrale– le 20 juin l’année dernière, faisant 38 morts.


afriquinfos.com, french.news.cn

Des terres rares trouvées au fond de l’océan Pacifique

Les terres rares ou les 17 métaux aux propriétés électromagnétiques similaires sont très recherchées pour fabriquer les technologies de pointe comme les voitures hybrides et électriques, les énergies renouvelables, électroniques, l’éclairage et l’armement. Ils sont présents naturellement dans le sol mais sont très difficiles à extraire.

 

La fin du quasi-monopole chinois : bienfait pour les autres pays industriels et pour l’environnement

Aujourd’hui, 97% de la production de terres rares est possédée par la Chine. Mais les résultats d’une étude japonaise publiée lundi dans l’édition en ligne de la revue scientifique britannique Nature Geoscience, pourraient changer la donne. Le quasi-monopole chinois est soudain contre-balancé, ces découvertes sont donc bien accueillies par le milieu de l’industrie technologique.

Les mondes scientifique et industriel ont conscience de la présence de ces précieux métaux dans les fonds marins mais aucune initiative n’a pour l’heure été prise en raison des incertitudes quant à leur localisation.

Cette nouvelle est importante car si la Chine ne dispose que d’un tiers des ressources mondiales, l’extraction des métaux dans ses sols est véritablement prédatrice de l’environnement. Près des exploitations, les terres, l’air et l’eau sont contaminés par des matières radioactives cancérigènes issues des déchets d’extraction.

Les résultats des recherches japonaises montrent que les fonds sous-marins sont un gisement considérable de «terres rares» et d’yttrium, présents en forte concentration dans certains sites (est du Pacifique nord et centre du Pacifique sud). Les gisements sous-marins sont évalués à 100 milliards de tonnes, écrit le quotidien financier Nikkei. Ils reposeraient par 3.500 à 6.000 mètres de fond, sur une superficie de 11 millions de mètres carrés. « Un kilomètre carré de ces gisements pourra fournir un cinquième de la consommation annuelle mondiale actuelle [de terres rares] », a expliqué Yasuhiro Kato, professeur associé de sciences de la terre à l’université de Tokyo.

 

Sous les mers : extraction facile

Mieux encore, les expériences menées par les chercheurs japonais montrent que ces «terres rares» contenues dans les boues sous-marines peuvent être facilement extraites à l’aide d’un bain acide. Selon Yasuhiro Kato, une telle technique ne présenterait pas de danger pour l’environnement, «car les acides dilués utilisés dans ce lessivage ne sont pas rejetés dans l’océan».

Cependant ces propos n’ont pas encore été mis à l’épreuve de la grande profondeur des mers pacifiques – entre 4000 et 5000 mètres – « c’est une question difficile pour moi, car je ne suis pas ingénieur, juste géologue » admet M. Kato. Sera-t-il possible technologiquement et rentable économiquement d’extraire ces terres rares ? Quoiqu’il en soit, pouvons-nous encore accepter que les matériaux de fabrication de nos voitures électriques ou éoliennes proviennent d’une production polluante ?

Source: 20minutes.fr, les echos, le devoir

Le tribunal international du droit de la mer critiqué par des associations environnementales

Novethic.fr, spécialisé sur le développement durable, informe que le tribunal international du droit de la mer (ITLOS) – en aviez vous déjà entendu parler? – vient de rendre un avis consultatif sur la question des responsabilités des Etats contractant avec des entreprises pour l’exploitation des minerais dans les grands fonds marins. Pour plusieurs associations environnementales, cette instance onusienne basée à Hambourg, en Allemagne, rend un avis insuffisant.

Novethic.fr cite :

  • Christian Neumann, expert des questions maritimes au WWF, qui qualifie d’avis de « décision de principe » et en dénonce les limites : les Etats autorisant des entreprises à forer dans la « zone » (terme employé par l’ONU pour évoquer les fonds marins et sous sols situés en dehors des juridictions nationales) ne portent pas la responsabilité s’ils ont « pris toutes les mesures nécessaires et appropriées pour assurer le respect effectif » par l’entreprise des obligations qui lui incombent.
  • Iris Menn, biologiste marine chez Greenpeace Allemagne, qui s’exprime sur l’extraction des sulfures, à laquelle s’intéresserait de (trop) près l’île de Nauru, au nord-est de l’Australie : « les sédiments, en retombant sur le sous-sol marin, bouleversent profondément des organismes très sensibles, d’autant qu’à cette profondeur, leur rythme de croissance est extrêmement lent ».

On apprend également que WWF et Greenpeace au remis à l’ITLOS « un exposé des enjeux écologiques, économiques et politiques d’un espace maritime dont les ressources ont été déclarées patrimoine commun de l’humanité par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer« .

La réglementation en matière d’extraction de minerais dans les sous-sols marins mérite en effet d’être plus claire et plus efficace. C’est encore de la légitimé de l’ONU dont il s’agit, espérons qu’elle sera crédible à ce sujet.