Villes: des « puits de carbones »

Une étude publiée récemment dans le Journal of Applied Ecology a montré que les espaces verts peuvent apporter leur contribution au stockage de carbone et faire des villes des « puits de carbone urbain ».

A la suite d’une observation de la ville de Leicester dans les Middle Highlands, au centre de l’Angleterre, abritant 300 000 habitants sur 73 km2, les scientifiques ont mesuré la capacité à absorber le CO2 des parcs, jardins, zones industrielles abandonnées, golfs, berges et accotements des routes et ont trouvé que 231 000 tonnes de carbone ont été captées par ces espaces.

Les zones urbaines ne sont d’ordinaire jamais prises en compte comme source de photosynthèse. L’étude montre que leur contribution peut être significative.

Bien sûr les espaces verts dans les villes ne peuvent faire oublier l’impact néfaste de la pollution urbaine sur le réchauffement climatique. Aussi les « puits de carbone » ne seront certainement pas suffisants pour compenser les énormes émissions de carbone des activités humaines et du monde. Mais cela laisse à réfléchir. Alors qu’environ 4 % de la surface terrestre est urbanisée, et que la population mondiale s’élève à sept milliards aujourd’hui, pour croitre à près de 9,5 milliards d’individus d’ici à 2050, il va devenir essentiel de favoriser les dispositions des villes à absorber le carbone, en encourageant par exemple les jardiniers à planter des arbres plutôt que des pelouses ou des arbustes.

Toits blancs : l’étonnante injonction de Bill Clinton

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L’ancien président des Etats-Unis, Bill Clinton brille actuellement pour ses nouvelles idées. Par une élocution dans les médias américains, le politicien a enjoint les autorités de la Ville de New York a repeindre les toits de la Grande Pomme de couleur blanche. Conscient de l’impact positif de ce geste sur le réchauffement climatique, il y voit aussi « le meilleur moyen de booster la création d’emplois ».

« Tous les toits noirs de New York devraient être blancs »

Son raisonnement est simple et pourrait engendrer des retombées très positives pour l’environnement grâce à l’albedo. L’albedo, « grandeur sans dimension, est le rapport de l’énergie solaire réfléchie par une surface à l’énergie solaire incidente. ». Compris en 0 et 1, plus il est élevé, plus il absorbe la lumière du soleil et diminue la température de la planète.  La fonte des glaciers réduit la surface réfléchissante des pôles,  peindre les toits en blanc pourrait contribuer à ralentir la hausse de température terrestre. Clinton déclare « regardez au sommet des toits qui couvrent les milliers d’immeubles américains, ils absorbent d’énorme quantité de chaleur quand il fait chaud. Ils exigent alors plus d’air climatisé pour rafraichir les pièces. […] Dans la plupart des villes, vous pourriez recouvrir le coût de la peinture et du chantier en une semaine ».

L’initiative pourrait apporter une réelle bouffée de fraicheur aux villes qui deviennent souvent des « îlots de chaleur urbain » – c’est-à-dire la hausse de chaleur dans les milieux à forte concentration urbaine. Le collectif « Projet Toits  Blancs » apporte son soutien à M. Clinton. L’organisme propose chaque année à des copropriétés et à des volontaires de peindre certains toits de la ville de New York chaque année. Pour cette nouvelle édition, ces représentants espèrent pourvoir tripler leur action grâce à la prise de position de l’ancien président.

Si le bénéfice en termes d’économie d’énergie est attendu,  cela pourrait être rentable aussi en soi en considérant qu’il y a environ 20% des chômeurs dans le domaine du bâtiment, et chômeurs non qualifiés aux Etats-Unis.

Cet appel fait sourire… mais pourquoi pas ?

Ville : la pollution atmosphérique néfaste pour le cerveau

Dans une étude publiée dans la revue Molecular Psychiatry et reprise par le quotidien britannique TheTelegraph, Laura Fonken, de l’université américaine de l’Ohio,  auteure principale de l’étude, révèle que la pollution n’est pas seulement néfaste pour le cœur ou les poumons mais aussi pour le cerveau.

Décortiquer le mythe de l’urbain dépressif

La dépression urbaine photographiée par Mathieu Casimir trouve une explication nouvelle grâce aux résultats de cette étude. Après avoir soumis, chaque jour, des souris pendant 6 heures à une source de pollution, et ce durant 10 mois, les chercheurs ont finalement pu observer l’impact néfaste de la pollution sur l’hyppocampe du cerveau. Cette zone qui régule la mémoire et l’anxiété a révélé des troubles chez les souris exposées bien plus importants que chez les cobayes témoins.

« L’hippocampe est particulièrement sensible aux dommages causés par une inflammation. Nous soupçonnons que l’inflammation systémique causée par le fait de respirer un air pollué soit communiquée au système nerveux central », explique Laura Fonken.

Les villes concentrent les activités et les hommes, condamnant plus ou moins ces derniers à évoluer dans un milieu hostile. Les inquiétudes urbaines seront fortes si les résultats de cette étude sont confirmés…

Source: Enviro2b, maxisciences, terrafemina