Burkina Faso : des chenilles pour lutter contre la malnutrition

Chenilles de karité sur un marché du Burkina

Un projet conduit au Burkina Faso en matière de lutte contre la malnutrition, basé sur des chenilles, est également un exemple d’innovation sociale. Le média de toutes les solidarités, Youphil.com, consacre un article à cette belle initiative.

Ce projet, baptisé Faso Prot, est né d’un constat : l’abondance des chenilles de karité dans l’Ouest du Burkina Faso permettrait de lutter durablement contre la malnutrition. Rappelons ici que la malnutrition touche « environ 50% des enfants dans ce pays d’Afrique de l’Ouest ». Fort de constat, les conducteurs du projet ont donc décidé « d’exploiter ce produit d’une grande valeur nutritive, déjà consommé et exploité dans la région entre juillet et septembre, et de le déployer sur tout le territoire burkinabé ». Le projet est particulièrement implanté dans la région de Bobo-Dioulasso.

Qui porte ce projet ?

L’université : Institut International d’Ingenierie de l’Eau et de l’Environnement (Fondation 2iE), à Ouagadougou

Les Porteurs de Projet : Kahitouo Hien, Douyiri Christophe Mandi, Dr Moussa Ouedraogo

Les Mentors : Elodie Hanff (2IE) et Gaëtan Baudry (Fondation de Rotschild) 

Le projet en 90 secondes

Le projet a été Finaliste à Berkeley – Prix de l’Impact Social à Berkeley, dans le cadre du concours Global social venture competition (GSVC) qui réunit « des projets d’entreprises provenant de grandes écoles dans le monde ». Ce prix lui a permis de récolter 10 000 dollars, une somme non négligeable pour le projet « encore en essai en laboratoire » qui devrait être lancé avant la fin de l’année.

Pourquoi des chenilles ?

Les chenilles de karité, parfois appelées chitoumous, « sont deux fois moins chères que la viande et contiennent trois fois plus de protéines ». Le rapport qualité/prix de ces mets est donc tout à fait attractif. Le produit sera vendu séché, conformément à son mode de consommation habituel, « mais aussi réduit en poudre (enrichie en vitamines et minéraux) à intégrer dans l’alimentation ».

Kahitouo Hien, coresponsable du projet, explique que « cette poudre de chenille ne vise pas à résoudre une urgence, mais à prévenir la malnutrition. Elle intervient en amont des crises alimentaires ». En effet, le produit est consommable toute l’année.

Un projet durable

C’est « surtout l’impact social positif de ce projet qui le rend durable ». En effet, c’est localement que la récolte des chenilles sera organisée, en milieu rural, auprès de « 2000 femmes » pour la « première année ». Le revenu de ces femmes et le niveau des familles seront donc logiquement accrus.

Quel est le rôle des ONG ?

Le produit, qui contribue « à pérenniser l’alimentation des populations pauvres du Burkina Faso de façon durable », étant « adapté aux habitudes alimentaires locales », n’intéresserait pas encore les ONG qui se concentrent avant tout sur les situations de crise.

Kahitouo Hien explique avoir contacté des ONG telles que Médecins Sans Frontières, l’Unicef, Action contre la faim, entre autres. Ces dernières, qui ne seraient pas encore positionnées sur l’intervention en amont des crises humanitaires, soutiendraient toutefois la démarche. Elles accompagneraient Faso Prot en termes de recherche et développement.

Ce projet d’agro-business, innovant, « pourrait se développer à terme dans les pays voisins où les habitudes alimentaires sont similaires » : au Mali notamment, qui aurait « bien besoin de solution pour prévenir la crise alimentaire qui guette ».

Source : Youphil.com

L’Afrique a soif

La forte croissance démographique  sur le continent africain oblige les Etats à augmenter leurs investissements afin de garantir un meilleur accès à l’eau potable. « La ressources existe, le problème réside dans les infrastructures », explique François Ombanda, directeur général de la Société d’énergie et d’eau du Gabon. En effet, sur les 5 400 milliards de mètres cubes d’eau que recèle le continent, seulement 4%  est utilisé.

Selon un rapport conjoint de l’Organisation Mondiale de la Santé et du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), en 2008, l’approvisionnement en eau de la population était de 31% en Afrique subsaharienne et de 60% en Afrique du Nord. « Il est nécessaire d’accroître les investissements pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) », indique Sering Jallow, directeur du département eau et assainissement à la Banque africaine de développement (BAD). Ces OMD prévoient de réduire de moitié le nombre d’habitants dépourvus d’accès à l’eau d’ici 2015. « Seuls l’Afrique du Sud et peut-être le Sénégal atteindront ces objectifs. La démographie urbaine est galopante, c’est le principal défi des pays, se mettre à jour rapidement et anticiper l’avenir », précise Sylvain Usher, secrétaire général de l’Association Africaine de l’Eau (AAE).

En effet, la population africaine devrait ainsi augmenter de moitié entre 2010 et 2040, avec un pourcentage de citadins qui passerait de 44% à 57%. La Banque Mondiale et l’Association Africaine de l’Eau, préparent actuellement une étude sur une trentaine de capitales africaines, afin de déterminer comment les sociétés de distribution peuvent préparer les vingt à trente prochaines années. Les besoins domestiques en eau d’ici à 2040 devraient se situer entre 135 et 161 milliards de mètres cubes par an pour l’ensemble du continent.

Des progrès ont tout de même étaient effectués depuis ces dernières années, les sociétés de distribution semblent avoir amélioré leur mode de fonctionnement. « On constate que les dirigeants sont de mieux en mieux formés », relève Sylvain Usher. Les firmes cherchent en outre à bénéficier des retours d’expériences. «  Au sein de l’AAE, nous avons mis en place une plateforme de rencontre entre les différentes sociétés du continent. Elles peuvent aussi échanger leurs expériences sur tous les continents. L’objectif, in fine, est de favoriser les partenariats entre sociétés d’eau. »

Des principes semblent avoir été pris en compte, « les politiques de développement soutenues des gouvernements et les réformes qui en ont découlé ont visé à créer un environnement propice en améliorant l’efficacité, le redressement financier et l’augmentation des prestations de services », souligne l’expert de la BAD. Reste que « la mobilisation de ressources internes et externes afin de construire les infrastructures d’eau et d’assainissement, d’une part, et la capacité institutionnelle à gérer leur mise en œuvre et à les exploiter à des fins économiques et sociales, d’autre part, demeurent les principaux défis auxquels sont confrontés les pays d’Afrique subsaharienne », indique Sering Jallow.

Rappelons qu’aujourd’hui, 300 millions d’Africains n’ont pas accès à l’eau potable. 15 milliards de dollars d’investissement annuels seraient nécessaires pour approvisionner toute la population.

Source : jeuneafrique.com

La 4ème nuit de l’eau aura lieu le samedi 2 avril

Une sensibilisation au respect de l’eau

La 4ème nuit de l’eau est organisée par la Fédération française de natation et UNICEF France. Parrainée par le nageur Alain Bernard, elle a pour objectif la sensibilisation au respect de l’eau autour de différentes animations dans ou hors de l’eau. 220 piscines devraient participer à cet évènement GD6TSMWN95N7.

 

Une collecte pour améliorer l’accès à l’eau potable des enfants du Togo

Les fonds récoltés seront destinés à améliorer l’accès à l’eau potable des enfants du Togo. L’UNICEF compte sur la participation d’un maximum de piscines françaises et souhaite atteindre les 180 000 € de dons cette année au profit du programme Eau et assainissement au Togo.

Ce programme WASH de l’UNICEF destiné aux écoles a pour but la mise en place d’un point d’accès à l’eau potable, d’une citerne de récupération d’eau de pluie et de modules scolaires relatifs aux bonnes pratiques d’hygiène, de santé et d’assainissement. En effet, en 2010,  seulement 26% des écoles togolaises ont un accès à l’eau et 30% possèdent des latrines.

L’accès à l’eau a un impact sur l’apprentissage scolaire

Selon l’UNICEF, des installations sanitaires inappropriées aux besoins des populations ainsi qu’un faible accès à l’eau impactent directement la fréquentation et l’apprentissage des enfants à l’école et plus spécifiquement chez les filles.

La prévalence des maladies dues à l’utilisation d’eau non potable et au
manque d’hygiène constituent un obstacle supplémentaire à l’apprentissage des écoliers. La collecte 2010 a ainsi permis de financer le programme WASH dans 12 écoles du Togo et 4300 enfants ont pu en bénéficier. GD6TSMWN95N7