Ile de Pâques : tourisme durable et biodiversité

Le gouvernement chilien souhaite pallier la menace de l’attrition de la biodiversité de l’île de Pâques en encourageant le tourisme durable. Pâques est probablement le lieu le plus isolé du monde. Située dans l’Océan Pacifique à 3 700 km de Santiago du Chili (pays dont elle dépend) et à 4 300 km de Tahiti, l’île est particulièrement connue pour ses statues monumentales, les Moais.

Depuis 1995, le patrimoine exceptionnel de l’île est protégé et inscrit au Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO.

 Des parcs ou réserves naturelles, parfois surveillés, enserrent les zones des vestiges. La communauté Rapa Nui veille jalousement sur les traces de son histoire et constitue un pouvoir parallèle au gouvernement officiel chilien.

Malgré cet isolement et le pouvoir parallèle octroyé aux Rapa Nuis, l’île souffre d’un afflux de visiteurs particulièrement dommageable pour son écosystème, pourtant, tout à fait exceptionnel. Pâques abrite une importante population d’oiseaux de mer tel que des frégates, des goélands ou encore des sternes noirs, une espèce qui ne compte plus qu’une poignée de spécimens.

Depuis la fin des années 1960 et la construction par les Américains de l’aéroport de Hanga Roa, tout semble même avoir été entrepris pour qu’il le soit davantage. L’île de Pâques, à peine plus grande que celle d’Oléron, en Charente-Maritime, voit débarquer chaque année par moins de cinquante mille visiteurs. Ces flux migratoires incessants s’expliquent par l’inconséquence de Santiago, qui après avoir limité l’accès à environ six mille visiteurs par an, a autorisé l’implantation d’hôtels de luxe. Les vols et les croisières se sont par ailleurs multipliés, ce qui a également fortement contribué à menacer l’ordre naturel établi.

Néanmoins, les autorités chiliennes ont récemment décidé d’en faire une destination pilote en matière de tourisme durable.

Il s’agit de la troisième destination pilote du pays mise en place par le Programme National de Tourisme Durable. Avec cette initiative, SERNATUR (Service National du Tourisme) chercher à impulser le développement durable de l’île, tout en se différenciant d’autres destinations concurrentes au niveau national et international. Un gage de qualité pour les touristes, qui seront ainsi sensibilisés à l’impact écologique de leur passage.

Pour ce faire, habitants et acteurs économiques de l’île cherchent à coordonner leurs actions. La gestion globale du tourisme dans la zone, la généralisation du recyclage ou encore la préservation des lieux sont quelques une des pistes de travail qui seront étudiées. Sur le plan de l’énergie, le recours aux énergies renouvelables, solaires et éoliennes, sera ainsi développé.

Ce plan visera également à valoriser et sauvegarder le riche écosystème environnant. Pour ce faire, les parcs nationaux sont appelés à se développer. Récemment, un projet visant à créer la plus grande réserve marine du monde a été proposé dans le but de conserver l’exceptionnelle biodiversité existante dans la zone.

Sources : chile-exepcion  zegreenweb

Le « passeport vert » pour un tourisme durable en Outre-mer

Le ministère de l’Outre-mer a mis en place un « passeport vert » afin de sensibiliser les touristes à la biodiversité qui existe dans ces départements et en faire un atout pour le tourisme durable. Cette démarche est une adaptation du « green passport », destiné à sensibiliser les touristes à l’impact du tourisme sur la biodiversité et l’environnement. Pas moins de 300 000 exemplaires sont désormais disponibles dans tous les territoires d’Outre-mer.

La France possède un patrimoine biologique exceptionnel et extrêmement varié grâce à ses départements d’Outre-mer, patrimoine qui est en fait l’un des plus riches en diversité biologique au niveau mondial. L’Outre-mer représente 97% de l’espace maritime français et 80% de sa biodiversité soit 13 000 espèces endémiques. Les écosystèmes de l’Outre-mer font partie des « points chauds » de la biodiversité, c’est-à-dire les zones les plus riches mais aussi les plus menacées de la planète.

Le « passeport vert », piloté par le service des politiques publiques du ministère en charge de l’Outre-mer, s’inscrit dans les engagements de l’Etat, adoptés lors de la nouvelle stratégie nationale sur la biodiversité 2011-2020. L’objectif du projet est, dans un premier temps, de sensibiliser les touristes à la protection de ces écosystèmes mais aussi de valoriser la biodiversité comme atout du développement touristique des DOM-TOM.

Ce document, qui comprend une partie générale sur les enjeux et les richesses de la biodiversité ultramarine ainsi qu’une autre sur la biodiversité spécifique et les sites naturels à découvrir, met en valeur l’ensemble des douze départements et collectivités d’Outre-mer.

300 000 passeports seront distribués, dont 100 000 en anglais, afin de sensibiliser également les touristes étrangers. Les comités régionaux du tourisme seront les vecteurs essentiels de la diffusion, puisqu’ils remettront le document à l’arrivée des voyageurs dans les aéroports.

Voici une vidéo de présentation du parc naturel marin de Mayotte qui, en cette période de grand froid hivernal, permet de s’évader durant 13 minutes. Bon voyage !

 

Source : .interieur.gouv.fr