USA : Bonne entente entre filière solaire et tortues du désert

Classées parmi les espèces menacées par le gouvernement fédéral, les tortues du désert sont au centre des attentions des entreprises désireuses de s’implanter dans leur habitat aride. Elles obligent ainsi les constructeurs à concilier protection de l’environnement et le marché en pleine croissance des énergies renouvelables.

« Chaque ouvrier sur le chantier sait que ses deux priorités les plus importantes sont la sécurité humaine et la protection de la tortue du désert. »

L’une des entreprises, BrightSource Energy s’est installée dans cet univers où le soleil brûle à près de 50°C. La société a fait appel à une centaine de biologistes chargés du bien-être des tortues, jours après jours, durant le temps de de la construction de centrales solaires thermiques de 392 mégawatts, près de la frontière entre la Californie et le Nevada, dans le désert de Mojave.

«  Nous plaçons la barre très haut pour protéger la tortue du désert », affirme le président de BrightSource, John Woolard, dans un communiqué.

Les biologistes sont chargés de recueillir les tortues « égarées » sur le chantier, afin de les pourvoir d’un émetteur-radio avant de les déposer dans une aire où les machines et les véhicules n’ont pas accès. Les mères abandonnent souvent leurs œufs, il faut donc être très attentif afin de les récolter et les mettre dans des parcs spécifiques pendant leurs cinq premières années. Il faut les protéger des renards, des coyotes et des autres prédateurs.

Une énergie solaire florissante dans le désert

BrightSource Energy a fait construire une énorme installation, baptisée « projet Ivanpah », dans l’objectif de vendre de l’électricité à deux compagnies et alimentera 140.000 foyers californiens.

La société alimente un secteur florissant aux Etats-Unis dont l’énergie solaire ne représente que 1% de la production énergétique totale du pays. Ainsi cette part devrait progresser rapidement, maintenant que le gouvernement fédéral met les bouchées doubles pour construire des méga-centrales solaires dont la production électrique est destinée à être vendue à des grossistes.

La valeur totale des installations solaires aux États-Unis atteignait 6 milliards de dollars fin 2010, contre 3,6 milliards un an plus tôt, selon l’association professionnelle, Solar Energy Industries. Les garanties de prêts offertes par le ministère de l’énergie pour réduire le coût des projets solaires n’ont pas manqué de séduire les investisseurs et ce dans la volonté du président Obama de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Une longue conciliation
Cependant les projets de construction  – même de centrales de ressources renouvelables – dans le désert inquiètent certains publics écosensibles. BrightSource a dû revoir plusieurs fois ses croquis d’élaboration de son projet Ivanpah afin d’y intégrer parfaitement la présence des précieuse tortues.  Après une longue analyse environnementale avec des autorités d’État et fédérales, elle a réduit la taille de son installation de 12 %. En outre, au lieu d’aménager le terrain en pente sur une superficie importante afin de pouvoir y construire des plateformes en ciment sur lesquelles elle prévoyait d’installer ses équipements, l’entreprise a monté ses miroirs solaires sur des barres pour limiter leur impact sur le terrain.

Sources: médiaterre, Bureau des programmes d’information internationale du département d’Etat

On a (re)retrouvé l’ancêtre des tortues !

 

Les tortues avaient jusqu’à présent des difficultés à trouver leur ancêtre dans l’arbre phylogénétique. Une étude publiée mercredi par Nicholas Crawford et son équipe de l’université de Boston apporte de nouveaux résultats.

L’étude des mutations dans l’ADN qui font apparaître des caractéristiques morphologiques dans une espèce, permet de classer les espèces et savoir quelles sont les plus proches génétiquement, avec un ancêtre commun le plus proche. Avant l’avènement de la génétique, les espèces étaient classées selon leur morphologie. Cependant, les  le processus d’adaptation face à des pressions environnementales similaires conduisent parfois à l’apparition des mêmes traits morphologiques. Ces convergences évolutives, ne présumant pas d’une quelconque proximité génétique, brouillaient les pistes de l’évolution.

L’incertitude sur les tortues

Ainsi, les tortues avaient tout d’abord été rattachées aux lépidosaures, c’est-à-dire dans le groupe des lézards et serpents.  Par la suite, suite à une première étude de leur ADN, les tortues avaient été replacées dans le groupe des archosaures. Les archosaures, c’étaient les ancêtres des dinosaures, vivant il y a 250 millions d’années. C’est ce groupe qui inclue aussi nos crocodiles et oiseaux actuels. Puis, une seconde étude, portant sur d’autres facteurs génétiques avait réaffirmé la proximité des tortues avec les lépidosaures.

Une nouvelle méthode

Afin d’y voir plus clair dans cet imbroglio, l’équipe de chercheurs de l’université de Boston, dirigée par Nicholas Crawford, a étudié les « éléments ultra-conservés » (ou UCE), c’est-à-dire les éléments génétiques qui se retrouvent parmi toutes les espèces concernées. L’étude a donc cherché les UCE sur la tortue peinte, la tortue à cou caché d’Afrique, le serpent des blés, le crocodile marin et le tuatara. Pour compléter l’étude, les UCE ont également été recherchés dans les génomes du coq sauvage, du diamant mandarin, de l’anole vert et enfin de l’homme. Suite aux comparaisons des UCE, l’équipe américaine  annonce que les résultats de ce travail sont la « preuve écrasante » que les tortues sont bien issues des archosaures, et donc qu’elles partagent un ancêtre commun avec les crocodiles, les oiseaux et les dinosaures.

Source : AFP

Contrebandes : les autorités malgaches à l’action pour les tortues

A Antananarivo, deux hommes ont été arrêtés in extremis à l’aéroport d’Itavo. Les bagages qui contenaient 196 tortues avaient franchis avec leurs propriétaire de nombreux systèmes de sécurité jusqu’au passage au scanner qui a permis aux autorités de les appréhender.

 

Les tortues : espèces menacées à Madagascar ou animaux de compagnies en Europe

Une enquête publiée par la WWF en 2010 révèle que plus de 10 camions transportant des zébus et près de 1000 tortues quittaient illégalement le plateau de Mahafaly au sud de Madagascar. Si le commerce international des tortues araignées, tortues à soc et tortues radiées est aujourd’hui interdit par la CITES, le contexte politique a engendré une hausse du braconnage qui profite de l’instabilité.

Les tortues extraites de leur milieu naturel – au nombre de 60 000 chaque année – sont destinées à devenir des animaux de compagnies en Asie et en Europe. A Madagascar, la tortue radiée est également recherchée pour sa chair à l’occasion des fêtes comme à Pâques, le Jour de l’indépendance ou encore à Noël.

L’habitat des tortues est d’ailleurs lui aussi menacé par les coupes sauvages et les incendies de forêt. Le risque d’extinction est de plus en élevé.

 

Volonté politique de résoudre les problèmes liés au trafic

Afin d’enrayer l’éventualité d’une disparition totale, le WWF MWIOPO (bureau des programmes de Madagascar et de l’Océan Indien) a développé en 2010 un plan d’action de conservation de ces deux espèces. Les progrès ont été visibles, de décembre 2010 à janvier 2011, 393 tortues destinées au trafic ont été saisies par les agents des services forestiers et la police.

Cependant le braconnage persiste, et pour beaucoup d’acteurs agissant pour la protection de l’environnement les efforts fournis par les autorités passent encore inaperçus car les lois de protection sont peu appliquées et les peines encourues restent dérisoires. Les propos de Richard Hugues, représentant régional du WWF Madagascar n’en sont pas moins encourageants. Il déclare : « nous applaudissons le gouvernement et les autorités pour leur vigilance accrue à faire respecter les lois, comme dans cet exemple, et nous les encourageons à continuer et espérons que ce cas ainsi que les prochains seront suivis de peines lourdes ».

« Le gouvernement de transition malgache a montré les signes d’une volonté politique de résoudre les problèmes liés au trafic, notamment pour leurs bois précieux comme le palissandre et l’ébène » annonçait Ndranto Razakamanarina, conseiller politique WWF à Madagascar. Il ajoute « des mesures importantes doivent être prises afin de s’assurer de l’application de ces lois de façon appropriée. Il ne doit y avoir ni compromis ni exception ».

 

Sources: wwf