Tibet : Un programme de protection pour le plateau du Qinghai

Jeudi 23 juin, un vaste programme de protection de l’environnement et l’écosystème du plateau Qinghai-Tibet a été publié par le Conseil des Affaires d’Etat pour les 20 prochaines années. Selon un communiqué publié sur le site du ministère de la protection de l’Environnement, « le plateau Qinghai-Tibet doit relever de sérieux défis liés à son environnement naturel complexe et fragile et à la structure économique déséquilibrée de la région ». Le nouveau projet joue également un rôle important pour l’écologie, la stabilité aux frontières et la solidarité interethnique.

Un programme en trois phases

La feuille de route est composée de trois étapes :

–         L’une avant 2015, la dégradation et la pollution de l’écosystème devraient être stoppées avec efficacité ;

–         En 2020, la région devrait sans réserve adopter un modèle de développement équilibré, qui se concentre sur la croissance économique et la protection des écosystèmes, avec une amélioration globale de la qualité de l’environnement ;

–         Enfin en 2030, la restauration d’écosystèmes sains devrait être en place.

Un environnement complexe et fragile

Selon les écologistes, autrefois intact, le plateau Qinghai-Tibet a été fragilisé par de nombreux facteurs :

–         La désertification liée aux activités intensives de l’homme, comme l’exploitation minière, le surpâturage ou la dégradation forestière pour la construction de logements ;

–         La dégradation écologique aggravée par le réchauffement climatique qui soulève un risque de sécheresse ;

–         La dégradation des forêts primitives par la population locale afin de créer des logements ;

–         La cueillette de champignons rares pour la médecine chinoise de Yarsagumba…

Wen Guodong, le secrétaire adjoint du Parti de la préfecture, explique que plus de la moitié des prairies sont endommagées, et plus de 46 % de la terre souffre de pertes en sol et en eau.

Le programme a également listé 10 zones de protection prioritaires

La préfecture autonome tibétaine de Yushu définit six zones de protection : le Tibet, le Qinghai, le Sichuan, le Yunnan, le Gansu et le Xinjiang ; des régions spéciales où les ressources naturelles sont abondantes. Quatre autres zones concernent la Montagne et les trois grands fleuves qui tirent leur source au cœur du plateau.

L’action est d’autant plus urgente que suite au séisme de 2010, une partie de la population s’est concentrée dans les villes de la région, créant une importante pression démographique sur les ressources et l’environnement fragile.

Lu Zhi, professeur de biologie de la conservation à l’Université de Pékin précise qu’il est primordial de permettre aux habitants de participer aux programmes de protection et de leur fournir des moyens de subsistance durables afin qu’ils ne dépendent plus des ressources naturelles.

Indépendamment, l’organisme de surveillance environnementale chinois a lancé une étude à l’échelle nationale sur plus de 80 installations de traitement de la pollution des sociétés cotées en bourse qui rejettent des métaux lourds polluants.

La protection de l’environnement délicat du plateau Qinghai-Tibet montre une prise de conscience des autorités du Tibet et de Chine qui n’attendent pas l’état de non-retour pour commencer à agir…