La taxe carbone, une nouvelle tentative en 2013?

l'UE veut mettre en place une taxe carbone minimum pour les 27 pays

La Commission européenne envisagerait sa mise en place en 2013

C’était l’une des mesures phares du Grenelle de l’environnement et il s’agissait alors de taxer les énergies polluantes. A force d’exceptions, elle a fini par être éclipsée par le Conseil constitutionnel en décembre 2009. Désormais, c’est l’Union européenne qui remet le projet de loi sur la table. Le commissaire européen à la fiscalité, Algirdas Šemeta, a annoncé lundi un projet de directive européenne qui va mettre en place une taxe carbone minimum dans les 27 pays de l’UE.

 

Comment va-t-elle fonctionner?

Semblable dans son fonctionnement à la TVA, cette taxe doit, si elle est votée, entrer en vigueur le 1er janvier 2013: chaque Français la paiera un peu à chaque achat. Contrairement à la «contribution carbone» de Sarkozy, et à ce qui se fait dans les autres états membres, il ne s’agit plus taxer le volume de C02 émis, mais de mettre en rapport ce volume de CO2 avec la quantité d’énergie que peut produire une matière première. Par exemple, le charbon qui produit beaucoup de CO2 par rapport à l’énergie qu’il produit serait beaucoup plus taxé. Enfin, seuls les secteurs les plus polluants seront visés: les transports, le bâtiment, et l’agriculture.

Combien coûte-t-elle?

A sa mise en place, la tonne de CO2 coûtera 20 euros. Un coût minimal imposé par l’Union Européenne. Mais chaque Etat membre sera libre d’augmenter ce tarif. Ce coût minimum augmentera jusqu’en 2018.

Le diesel plus taxé que l’essence

La taxe sera essentiellement visible sur les prix à la pompe. Benoît Hartmann, porte-parole de l’association France Nature Environnement, explique que «les prix à la pompe seront plus chers d’environ 10%. Surtout, le diesel sera plus taxé que le super-sans-plomb, parce qu’il pollue plus.»

L’électricité peu concernée

L’électricité, comme les autres énergies, serait taxée. Mais les Français le verront peu sur leur facture pour deux raisons. D’une part, l’électricité consommée en France produit peut de CO2. Selon les chiffres d’EDF en 2010, quand un Français consomme un kWh, il émet 45g de carbone, là où lamoyenne européenne se situe à 346g. L’énergie nucléaire, à l’origine de 80% du courant hexagonal, est faiblement productrice de CO2, contrairement, par exemple, au charbon des Allemands. Concrètement, chaque Français devra payer en moyenne 7 à 8 euros de plus par an. D’autre part, l’électricité consommée en France comprend aussi l’énergie qu’utilisent les entreprises et les infrastructures. Autant d’énergie que le particulier ne paie pas directement.

Un projet incertain?

La commission doit proposer mercredi un document afin de permettre aux 27 de discuter du projet. Mais des pays comme le Royaume-Uni ou l’Irlande y sont d’ores et déjà opposés. Sur le fonds, les Anglais ont déjà mis en place une taxe carbone, qui coûte 24 euros la tonne. C’est sur la forme que le projet pourrait être remis en cause. Certains états souhaitant faire de cette taxe leur chasse gardée.

Source : 20 minutes.fr

Australie: L’environnement au coeur d’un débat entre stars et politiques

Source: Fotosearch

L’Australie est le plus important pays émetteur de gaz à effet de serre par habitant. Julia Gillard, premier ministre travailliste, a décidé d’imposer la taxe carbone d’ici le mois de juillet 2012.

Mais l’opposition des conservateurs compromet ce projet – rappelons que les travaillistes ne possèdent pas la majorité au parlement australien. Ces derniers soulèvent le risque d’une hausse importante des factures d’électricité des ménages et craignent que certains citoyens deviennent insolvables.

L’actrice Cate Blanchett a pris position lors d’une campagne télévisée pour encourager les citoyens australiens à soutenir la taxe. Sincère ou non, la vedette s’est vue violemment critiquée par les conservateurs. Ils fustigent son attitude déconnectée de la réalité car en plus de posséder une fortune de 53 millions de dollars, elle vit le plus souvent à Hollywood et n’est pas soumise à cette taxe. Cependant,  le parti conservateur australien lui-même est formé tant de sceptiques que de partisans à l’idée de changement climatique. Finalement, la polémique concerne surtout l’influence médiatique de l’actrice aux dépens de celle des politiques.

L’inscription du réchauffement climatique au cœur d’un débat strictement politique est la réaffirmation de son importance mais peut aussi la réduire à une simple rhétorique. Et quelque soit la légitimité de la jeune femme pour s’exprimer ainsi, voilà une piqure de rappel à tous les citoyens sur les enjeux environnementaux.

Source: Le Figaro, The Guardian, Romandie

Pour les citoyens européens, le changement climatique est plus préoccupant que la crise financière

La Commission européenne vient de publier un nouveau baromètre européen consacré au changement climatique. Celui-ci, réalisé par TNS est consacré au le sentiment des citoyens de l’Union à l’égard de cette problématique.

Il démontre notamment qu’elle préoccupe chaque année un nombre croissant de personnes. En effet, alors qu’en 2009, année marquée par la tenue du sommet de Copenhague, 64% des personnes interrogées classaient le changement climatique parmi les problèmes les plus graves auxquels nous devions faire face, elles sont désormais 68% à le faire. Mais il y a plus éloquent encore, puisque les citoyens européens estiment en majorité que le changement climatique est aujourd’hui un problème plus sérieux pour le monde que la situation économique marquée par la crise financière. D’ailleurs, 80% d’entre eux estiment que la lutte contre le réchauffement climatique peut impulser un élan économique et contribuer à la création d’emplois nouveaux.

Plus surprenant, ce baromètre souligne que la population européenne est assez largement favorable à l’idée d’une imposition des émissions de gaz à effet de serre. 68% des personnes interrogées se déclarent ainsi favorables à une telle démarche.

Cependant, seule une personne sur cinq estime avoir sa part de responsabilité dans le changement climatique. La faute reste rejetée en majorité sur les gouvernements nationaux, les institutions européennes et les entreprises.

La Commission européenne s’est pour sa part félicitée de ces résultats. Ceux-ci vont conforter sa politique de promotion d’une réduction de 20% des émissions de CO2 en 2020, par rapport à 1990.

Australie : la taxe carbone travailliste soumise au parlement

L’initiative est osée. Alors que le gouvernement travailliste est le impopulaire depuis 40 ans, Julia Gillard, Premier Ministre, a annoncé dimanche 10 juillet son projet de loi de taxe carbone sur les gros pollueurs. Le prix est fixé depuis le début du mois : la taxe s’élèvera à 23 dollars australiens – 17,2 euros – par tonne de dioxyde de carbone émise.

Très peu fière de leur palmarès – l’Australie est l’un des plus gros pays émetteurs de CO2 de la planète, et où 80 % de l’énergie proviennent du charbon – les travaillistes ont décidé de prendre des mesures concrètes après avoir attendu 2007 pour signer le protocole de Kyoto.

Près de 500 gros pollueurs devraient être concernés

Pas moins de cinq cent entreprises polluantes vont être taxées dès juillet 2012. Les 17 euros exigés représentent trois euros de moins que le prix imposé par la Commission européenne. « Nous avons opté pour la solution la moins coûteuse », a précisé Mme Gillard dans un spot télévisé.

Le prédécesseur du Premier Ministre travailliste, Kevin Rudd, avait dû s’incliner l’année dernière devant la pression défavorable à son projet de marché de quotas d’émission. Arguant alors pendant sa campagne qu’elle ne passerait pas cette taxe, Julia Gillard s’est vue vivement critiquée par l’opposition présente dans les puissants groupes miniers, les compagnies aériennes, et le parti conservateur. Cependant « le dispositif mis en place par le gouvernement surprendra la plupart des gens par sa douceur » souligne un média australien. Le but est d’agir tout en calmant l’anxiété de l’électorat. En effet, au final, on dénombre plus de 60% des Australiens hostiles à la mesure. C’est pourquoi la mesure fait l’objet de quelques exceptions, les entreprises forestières ou les exploitations agricoles seront ainsi exemptées de taxe carbone.

Les opposants à la réforme dénoncent une importante hausse des prix. Les grandes entreprises craignent une inflation par les coûts qui amènerait une baisse de leur production et aurait de grandes chances de se répercuter sur les clients. Ils argumentent aussi que la taxe fera croître les coûts de l’énergie, de l’alimentation et de nombreux produits manufacturés. Les économistes estiment que le coût de la vie pourrait progresser de 0,7% à 1% du seul fait de la taxe carbone.

Détermination travailliste vers une nouvelle orientation environnementale de l’Australie

Julia Gillard rappelle les étapes de son projet. Premièrement, avec les 10 milliards de dollars qui seront ainsi levés, l’Etat constituera un fonds public chargé de financer la décarbonisation du pays : aides fiscales et conseils pour réduire ses consommations énergétiques des ménages, compensations aux compagnies minières, électriciens et aciéristes, soutien au développement des énergies renouvelables.

En 2015, la taxe devrait laisser la place à un marché de quotas d’émission de CO2, dont le prix planché sera fixé par l’Etat. Au total, espère Julia Gillard, l’Australie pourrait réduire de 150 millions de tonnes ses émissions de gaz carbonique entre 2005 et 2020.

Malgré les réticences conservatistes, le vote de la loi au parlement devrait permettre d’engager l’Australie durablement dans une voie nouvelle: la baisse volontaire de ses émissions de CO2.

Hormis l’Australie, seules l’UE et la Nouvelle-Zélande ont instauré des taxes de cette nature. Quel que soit la bonne volonté travailliste, on observe déjà de virulentes coalitions d’opposants comme le regroupement d’industriels baptisé l’Alliance Australienne qui s’apprête à lancer une campagne de protestation. L’espoir est de faire plier une nouvelle fois le gouvernement, tout comme il l’avait fait l’an dernier, vers un assouplissement des conditions…au dépend d’une véritable avancée environnementale.

Source: journal de l’environnementcourrierinternational, zegreenweb

Les Australiens disent non à la taxe carbone !

Sources: Fotosearch

Après un sondage, réalisé les 1er et 2 juin, par l’institut Galaxy pour les journaux du groupe News Limited, l’avis est clair : 58% des Australiens sont contre la taxe carbone. Celle-ci n’est soutenue que par 28% des sondés.

Le projet de loi a été lancé en février 2011. Déjà, l’idée était très impopulaire provoquant manifestations et oppositions des conservateurs et des libéraux. Le projet de loi consiste à créer un marché de crédits-carbone : durant les trois à cinq premières années, le prix de ces crédits sera fixé, ensuite ils entreront dans un mécanisme d’échanges et de transactions. Les principaux secteurs visés par la taxe sont l’énergie, les mines et les transports. La taxe-carbone entrera en vigueur dès juillet 2012.

L’idée est louable et vise à renforcer les mesures prises en 2007 pour la réduction des émissions des gaz à effets de serre. L’énergie australienne provient en grande partie du charbon, elle fait du continent un des plus grands émettrices de gaz à effet de serre: une réduction s’impose. Mais la taxe qui touche les producteurs d’électricité pourrait se répercuter fortement sur les ménages et  amener une hausse des prix de l’énergie. Même si ces prix sont parmi les plus bas de la planète, les ménages modestes ne pourront supporter une augmentation.

La population exige des élections anticipées avant toute décision de cette importance.

Pour calmer les craintes de ces citoyens, le gouvernement propose de reverser les sommes issus de cette taxe à l’aide octroyées aux ménages, mais cela ne suffit pas. Une campagne de promotion a même été mise en place, incluant notamment quelques célébrités comme les acteurs Cate Blanchett et Michael Caton.

Mais le principe de cette taxe n’est pas suffisant pour faire diminuer les émissions carboniques affirme l’économiste Lynn Chester, de l’université de Sydney, dans une interview à Rfi. Il est nécessaire d’investir massivement dans des programmes de recherche en faveur des énergies durables afin de réduire la dépendance aux énergies polluantes. Elle ajoute que l’investissement doit provenir directement de l’Etat pour apporter des résultats efficaces.

Le rejet d’une telle taxe n’est pas nouveau. En France, en 2010, 69% des Français se montraient favorables au retrait du projet de taxe carbone décidé par Nicolas Sarkozy, président de la république. L’efficacité d’une telle taxe dépend en grande partie de l’application qu’en fera le gouvernement. Dans le cas australien, il sera nécessaire de rester ferme face aux revendications des secteurs miniers pour qu’elle conserve toute sa substance. Même si la loi doit rester consciente des difficultés des entreprises et à même d’inciter des activités de la recherche, en énergie verte notamment.