Pour les citoyens européens, le changement climatique est plus préoccupant que la crise financière

La Commission européenne vient de publier un nouveau baromètre européen consacré au changement climatique. Celui-ci, réalisé par TNS est consacré au le sentiment des citoyens de l’Union à l’égard de cette problématique.

Il démontre notamment qu’elle préoccupe chaque année un nombre croissant de personnes. En effet, alors qu’en 2009, année marquée par la tenue du sommet de Copenhague, 64% des personnes interrogées classaient le changement climatique parmi les problèmes les plus graves auxquels nous devions faire face, elles sont désormais 68% à le faire. Mais il y a plus éloquent encore, puisque les citoyens européens estiment en majorité que le changement climatique est aujourd’hui un problème plus sérieux pour le monde que la situation économique marquée par la crise financière. D’ailleurs, 80% d’entre eux estiment que la lutte contre le réchauffement climatique peut impulser un élan économique et contribuer à la création d’emplois nouveaux.

Plus surprenant, ce baromètre souligne que la population européenne est assez largement favorable à l’idée d’une imposition des émissions de gaz à effet de serre. 68% des personnes interrogées se déclarent ainsi favorables à une telle démarche.

Cependant, seule une personne sur cinq estime avoir sa part de responsabilité dans le changement climatique. La faute reste rejetée en majorité sur les gouvernements nationaux, les institutions européennes et les entreprises.

La Commission européenne s’est pour sa part félicitée de ces résultats. Ceux-ci vont conforter sa politique de promotion d’une réduction de 20% des émissions de CO2 en 2020, par rapport à 1990.

Enquête : désamour entre les Français et le développement durable

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L’agence de conseil en communication et en développement durable Comonlight a révélé dans un communiqué de presse les résultats d’une enquête menée en avril et mai 2011 sur l’évolution des rapports des Français au « développement  durable ».

 

Premier constat : « les Français ne sont, en majorité, pas prêts à adopter des gestes écocitoyens. »

Les chercheurs ont fait un constat détonnant : peu sensibles à la médiatisation croissante du sujet, les communications officielles et privées, les Français donne une maigre attention au « développement durable ». Cela s’illustre d’ailleurs chez les grandes entreprises et l’Etat qui accordent peu de confiance aux informations sur le développement durable, respectivement 16% et 37%.

Si 92% des Français estiment que « cela vaut la peine de s’engager dans des comportements éco-citoyens », leurs actes n’illustrent pas cette même adhésion. Les Français respectent en majorité le tri et le recyclage des déchets mais oublient tous les autres gestes du quotidien à réduire le gaspillage de l’eau, faire attention à la provenance d’un produit, rapporter les piles usagées…

Il semble que les gestes les plus faciles à mettre en œuvre sont ceux qui ne sont pas ou peu coûteux économiquement. Cependant, les Français réprouvent de réaliser les actes les moins « impliquants » comme de moins utiliser sa voiture ou de consommer moins de viande.  C’est à ce sujet que l’écart entre les comportements déclarés et les comportements perçus est flagrant, comme en témoigne cet exemple : « alors que 81% d’entre eux déclaraient en  2008 « ramasser un plastique ou un carton par terre », ils ne sont en 2011 que 5% à penser que les Français  « le font en majorité, régulièrement ou systématiquement. »

La surestimation de leur engagement individuel

Beaucoup de personnes ont conscience que leur engagement est modéré, déclarant alors que ce n’est pas eux d’agir, qu’ils manquent d’informations pour agir efficacement. Les Français refusent de remettre en cause leurs principaux choix de vie. Le cas des cadres est d’ailleurs paradoxal. Ils estiment avoir intégré le développement durable dans la plupart des gestes quotidiens, mais ce sont eux qui émettent le plus de CO2 : 8 580 kg  CO2 /an par cadre pour une moyenne nationale de 7 388 kg CO2 / an par individu.

Le phénomène s’explique peut-être par le manque d’attachement des Français au concept. Certes, ils ont compris son sens et ses manifestations mais ils sont, pour la plupart, déçus par le manque d’ambition de son application. Ils déplorent des politiques peu « durables » chez les promoteurs du concept, souvent réduites à des effets d’annonce.

Le développement durable n’est plus perçu comme un moyen de parvenir au bonheur mais plutôt comme une contrainte, ceci explique peut-être la faiblesse d’efforts réalisés.

Cette étude n’a pas de portée « accusatrice » mais vise à éveiller les spécialistes de la communication comme les ménages au gouffre entre leur discours et leurs gestes alors qu’ils sont 78% à penser que « les citoyens sont parmi les mieux placés pour agir efficacement en faveur d’un développement durable ».

Sources: médiaterre

Les Australiens disent non à la taxe carbone !

Sources: Fotosearch

Après un sondage, réalisé les 1er et 2 juin, par l’institut Galaxy pour les journaux du groupe News Limited, l’avis est clair : 58% des Australiens sont contre la taxe carbone. Celle-ci n’est soutenue que par 28% des sondés.

Le projet de loi a été lancé en février 2011. Déjà, l’idée était très impopulaire provoquant manifestations et oppositions des conservateurs et des libéraux. Le projet de loi consiste à créer un marché de crédits-carbone : durant les trois à cinq premières années, le prix de ces crédits sera fixé, ensuite ils entreront dans un mécanisme d’échanges et de transactions. Les principaux secteurs visés par la taxe sont l’énergie, les mines et les transports. La taxe-carbone entrera en vigueur dès juillet 2012.

L’idée est louable et vise à renforcer les mesures prises en 2007 pour la réduction des émissions des gaz à effets de serre. L’énergie australienne provient en grande partie du charbon, elle fait du continent un des plus grands émettrices de gaz à effet de serre: une réduction s’impose. Mais la taxe qui touche les producteurs d’électricité pourrait se répercuter fortement sur les ménages et  amener une hausse des prix de l’énergie. Même si ces prix sont parmi les plus bas de la planète, les ménages modestes ne pourront supporter une augmentation.

La population exige des élections anticipées avant toute décision de cette importance.

Pour calmer les craintes de ces citoyens, le gouvernement propose de reverser les sommes issus de cette taxe à l’aide octroyées aux ménages, mais cela ne suffit pas. Une campagne de promotion a même été mise en place, incluant notamment quelques célébrités comme les acteurs Cate Blanchett et Michael Caton.

Mais le principe de cette taxe n’est pas suffisant pour faire diminuer les émissions carboniques affirme l’économiste Lynn Chester, de l’université de Sydney, dans une interview à Rfi. Il est nécessaire d’investir massivement dans des programmes de recherche en faveur des énergies durables afin de réduire la dépendance aux énergies polluantes. Elle ajoute que l’investissement doit provenir directement de l’Etat pour apporter des résultats efficaces.

Le rejet d’une telle taxe n’est pas nouveau. En France, en 2010, 69% des Français se montraient favorables au retrait du projet de taxe carbone décidé par Nicolas Sarkozy, président de la république. L’efficacité d’une telle taxe dépend en grande partie de l’application qu’en fera le gouvernement. Dans le cas australien, il sera nécessaire de rester ferme face aux revendications des secteurs miniers pour qu’elle conserve toute sa substance. Même si la loi doit rester consciente des difficultés des entreprises et à même d’inciter des activités de la recherche, en énergie verte notamment.