La baisse des précipitations dans les régions tropicales retarde la migration des oiseaux vers le nord

 

crédits photographiques: Cephas

Une étude de cinq ans du centre de conservation et de recherche de la Smithsonian Institution sur les oiseaux migrateurs de la Jamaïque à l’Amérique du Nord a démontré que la diminution des précipitations entraîne la rareté des insectes, l’aliment de base de nombreux oiseaux pendant l’hiver. En effet, les précipitations déterminent en grande partie le nombre d’insectes disponibles et le réchauffement climatique, à l’origine de la baisse des précipitations, a pour conséquence de retarder la migration de certains oiseaux.

La baisse des précipitations est liée au changement climatique

La corrélation entre la quantité d’insectes sur le territoire d’un oiseau et le moment de son départ a suggéré à l’équipe que la variation annuelle de la disponibilité alimentaire a été un facteur déterminant dans le calendrier de migration du printemps. Bien que ce soit cette migration soit régie par des mécanismes internes, les parulines flamboyantes étudiées quittent tous leur territoire d’hiver à la même période chaque année.

Les résultats appuient l’idée selon laquelle les conditions environnementales sur les zones de non-reproduction tropicales peuvent influer sur l’heure de départ pour la migration de printemps.

Une migration plus tardive diminue la durée de la période de reproduction

Au cours des 16 dernières années, la saison sèche en Jamaïque est devenue à la fois de plus en plus longue et imprévisible, entraînant une baisse de 11 % des précipitations totales pendant la sécheresse de trois mois chaque année.

La question essentielle pour les scientifiques est de savoir si cette variation dans le déclenchement de la migration printanière aura des conséquences pour les oiseaux. Retarder ce départ pourrait être bénéfique si les ressources alimentaires sont faibles et que l’individu n’a pas encore stocké assez d’énergie pour migrer. Toutefois, retarder le départ pourrait affecter l’heure d’arrivée sur le territoire de reproduction et ainsi diminuer la durée de la période de reproduction.