La cigale chinoise dans la tourmente

L’économie chinoise devrait selon toute vraisemblance passer l’hiver à la diète. Un porte-parole de la Commission d’Etat de régulation de l’électricité vient en effet d’annoncer que le pays allait être confronté, au cours de l’hiver et du printemps prochain, à une pénurie de 16 gigawatts dans son approvisionnement énergétique.

« La cigale ayant chanté tout l’été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue… »

Cette pénurie résulte de la conjonction de plusieurs facteurs.

La sécheresse qui a frappé le pays cette année est l’un d’entre eux. Le volume d’eau disponible pour alimenter les multiples centrales hydroélectriques qui le jalonnent a ainsi réduit de 36% par rapport à l’année 2010.

Mais sa cause principale reste la trop grande dépendance de la Chine à l’égard du charbon. Comme toute bonne ressource fossile qui se respecte, ses réserves se raréfient. Or, face à leur diminution inéluctable, l’industrie et les ménages chinois élèvent chaque année un peu plus leur consommation : la hausse se chiffre ainsi à 9% en 2011.

Plus inquiétant encore, ce type de pénurie risque fort de frapper la Chine de manière récurrente ces prochaines années si aucune mesure n’est prise. Promouvoir l’efficacité et l’efficience énergétique et transformer la cigale chinoise en fourmi avisée serait l’une des solutions.

« Que faisiez-vous au temps chaud ? […] Nuit et jour à tout venant, je chantais ne vous déplaise. Vous chantiez ? J’en suis fort aise. Eh bien, dansez maintenant ! »

Sources : Agence Ecofin.

Les traditions Massaïs menacées par le changement climatique

Le peuple Massaï se définit à la fois comme une population de pasteurs et de nomades. Les tribus élèvent les troupeaux de vaches qui constituent leur principale source de richesse. En pleine période de changement climatique et de pressions démographiques, les tribus ont de plus en plus de mal à faire perdurer leurs troupeaux.

On estime le nombre de Massaïs entre 300 000 et 800 000 personnes réparties sur les savanes de Tanzanie et du Kenya. Au gré des saisons, les Massaïs font paître leur cheptel là où l’herbe et les pâturages sont abondants. Ce peuple revendique son indépendance mais aussi son attachement à ses traditions et son mode de vie. Gardiens des terres qu’ils investissent, les Massaïs se disent également gardiens d’un bien que leur dieu unique leur a confié : la vache.

L’idée donc, que certains éleveurs kényans puissent chercher à réduire le nombre de bêtes au sein de leurs troupeaux semble peu probable. Mais avec l’augmentation des sécheresses qui dévaste une importante quantité de bétail et la population humaine qui ne cesse de croître, les pâturages disponibles se font de plus en plus rares.

«  Les précipitations sont beaucoup moins abondantes qu’avant, au mois de mars dernier, il n’a plu que deux semaines. Il arrive que parfois, les précipitations durent deux ou trois semaines, mais la sécheresse revient avant que l’herbe n’ait le temps de repousser ce qui cause la perte de nombreuses bêtes au sein du troupeau. Si j’avais plus d’argent, j’aimerais pouvoir envoyer mon fils à l’école pour qu’il n’ait pas à devenir éleveur comme moi » indique Kenyatta Mpesi, un Massaï de 44 ans.

Le changement devient alors inévitable et les tribus d’éleveurs  sont désormais obligés de s’adapter à ce monde en mutation.

Dans la région de la Vallée du Rift, au Kenya, un programme innovant a été mis en place par un groupe Massaï  afin d’aider les éleveurs à maintenir leur mode de vie traditionnel. L’idée est de rassembler un seul et même troupeau de grande qualité – bien adapté aux conditions difficiles – et de la faire paître de la même manière que le font les animaux sauvages de la région.

Les animaux se tiennent alors regroupés contre les prédateurs. Ils ont un gros impact sur une petite zone, semant des graines et fertilisant la terre quand ils passent. Quand la pluie arrive, le sol est bien préparé pour que croissent de nouveaux pâturages même lors de sécheresses.

Une vidéo de ce programme est disponible à cette adresse.

Sources : the guardian , cntv

La sécheresse risque fort de perturber la nidification des oiseaux

crédits : fotosearsh.fr

 

L’association de protection de l’environnement RSPB, spécialisée dans le domaine de la protection des oiseaux vient de lancer un appel afin de sensibiliser le public aux dangers de la sécheresse sur leur habitat. De la boue humide est en effet nécessaire pour bâtir un nid. Or, elle se fait de plus en plus rare… Et cela pourrait aller jusqu’à influer négativement sur les chances des oiseaux de se reproduire avec succès. Elle nous suggère ainsi de mettre à leur disposition de la boue humide, dans un récipient peu profond.

La principale espèce menacée est l’hirondelle, qui produit généralement deux ou trois couvées durant l’été. Nichant généralement sur nos toits, celle-ci a besoin de fixer solidement son nid pour assurer la sécurité de sa progéniture. Il ne tient dès lors plus qu’à nous de lui en donner les moyens.

La lutte contre la désertification s’organise au haut niveau

Le 20 septembre s’est tenu le premier forum de haut niveau de l’ONU consacré à la lutte contre la désertification et la sécheresse.

Une Convention « à la traîne », en comparaison aux conventions sur les changements climatiques ou la diversité biologique, alors que le sujet est plus que jamais un enjeu d’actualité. En effet, les périodes de sécheresse sont deux fois plus nombreuses que dans les années 1970. Une désertification qui fait que chaque année, 12 millions d’hectares de terres cultivables disparaissent, soit une superficie qui pourrait produire 20 millions de tonnes de céréales, alors que dans le même temps la population mondiale et les besoins de production alimentaire croissent de manière importante.  Le président de l’Assemblée générale de l’ONU, Nassir Abdulaziz Al-Nasser, du Qatar, a expliqué que « pas moins du quart de la masse terrestre de la planète frise la dégradation et la désertification […] Le coût économique, social et humain de la désertification est considérable. »

Deux milliards de personnes sont concernées par ce phénomène et ses impacts. Mais l’attention a surtout été attirée sur la crise qui sévit actuellement dans la Corne de l’Afrique, montrée en exemple pour illustrer les pires conséquences possibles de la dégradation des terres et de la désertification. 13 millions de personnes y souffrent de malnutrition aiguë, en grande partie à cause des mauvaises récoltes liées à la sécheresse et à une piètre gestion des terres.

Au-delà de l’enjeu de survie alimentaire de ces populations, la lutte contre la désertification est interdépendante des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, a avertit : « s’il n’est pas mis fin au phénomène de la désertification, ses impacts risquent d’annihiler nos efforts de lutte contre la pauvreté ainsi que ceux déployés en faveur de la réalisation des OMD et du développement durable. »

Cette situation d’urgence a motivé les participants à prendre des mesures de nature à favoriser l’utilisation durable des terres. M. Rajiv Shah, qui représentait les États-Unis à cette session, a déclaré : « lutter contre la désertification par le biais de la gestion des terres et du développement agricole d’une manière qui s’inscrive dans la durée est l’un des outils les plus efficaces à notre disposition pour prévenir les crises provoquées par les pénuries de vivres et les carences alimentaires. »

Source : mediaterre.org (ici et )

Corne de l’Afrique – régler les causes profondes de la crise s’annonce délicat

La sécheresse qui frappe actuellement la Corne de l’Afrique ne suscite toujours que bien peu d’engouement. Alors que les Nations Unies évaluent à près de sept cent millions d’euros le montant de l’aide humanitaire qu’il faudrait réunir pour soutenir les populations affectées, les promesses de dons de la communauté internationale ne comblent pour l’heure que la moitié de ce montant. Une évolution de cette situation est attendue le 25 août, date à laquelle doit intervenir une conférence de l’Union africaine, à laquelle participeront les donateurs.

Mais au-delà de cette aide d’urgence, certains intervenants appellent à aller plus loin, et à envisager le déploiement de mesures pour qu’une telle crise ne se reproduise plus. Jacques Diouf, directeur général de la FAO, souhaite ainsi que l’on commence « à bâtir pour l’avenir » et veut inciter les gouvernements et les donateurs à investir dans l’agriculture. Position mise en avant également par Yukiko Omura, vice-présidente du Fonds international de développement agricole, qui souhaite un soutien accru au développement de cultures vivrières sur place, permettant de fournir en alimentation les communautés.

Certaines mesures envisagées par la communauté internationale vont dans ce sens. Il s’agit par exemple de la fourniture de semences, d’engrais et d’eau destinée à l’irrigation, afin d’assurer la campagne de semis à venir. Mais régler les causes profondes de la crise sera bien plus délicat, même si des propositions existent.

Source : journaldelenvironnement.net.

Les causes environnementales de l’extrême sécheresse en Somalie

La crise humanitaire en Somalie inquiète. Jean-Cyril Dagorn d’Oxfam France donne une interview au Journal de l’environnement. Il dessine un portrait des causes environnementales de la crise alimentaire qui y sévit. Les Nations Unies estiment que 1,6 milliards sont nécessaires à l’Afrique de l’Est pour éviter la crise.

La crise alimentaire a créé une situation humanitaire désastreuse. Guerre civile et mouvement de réfugiés rendent difficiles ou impossible l’intervention de secours internationaux.  La situation est grave 12 millions de personnes sont en situation très critique, dont 3,7 millions sont touchées par « la sécheresse exceptionnelle » en Somalie, explique M. Dagorn.

Les causes environnementales sont connues. La région de la Corne d’Afrique est affectée par le phénomène de la Nina – il s’agit d’une anomalie climatique qui touche différemment certaines régions du monde, et a ici particulièrement  renforcé la sécheresse. Pour le représentant d’Oxfam, « ce phénomène n’est pas nouveau mais devrait il s’accentuer dans le futur » d’autant qu’il a été d’une amplitude extrême cette année.

Le responsable d’Oxfam France s’inquiète cependant déjà des conséquences prochaines. Deux saisons des pluies ont été minées par la sécheresse. En octobre, les pluies torrentielles risquent d’être absorbées difficilement dans les sols devenus arides. Cela risque de provoquer des inondations des plus destructrices, entrainant les sols les plus fertiles…

« L’impact est très clair sur les denrées alimentaires. La FAO prévoit une chute de productivité de 20% sur le maïs et les haricots dans ces régions d’ici la fin du siècle. » Aussi la région somalienne dénombre beaucoup d’éleveurs de bétails, et la plupart ont perdu entre 30 et 60% de leur cheptel.

 

Qu’advient-il de l’environnement dans l’urgence ?

L’association Peuples Solidaires a récemment enjoint les autorités à donner la possibilité aux populations dans la misère d’accéder aux zones touristiques et aux parcs nationaux. L’objectif est de donner une terre à ces éleveurs afin qu’ils y trouvent de quoi nourrir leur bêtes. Mais alors les terres vont perdre leur statut de zone protégée… C’est là une question de gouvernance essentielle qui questionne l’urgence de la situation et les perspectives de retour à la normale sur le long terme.

Jean- Cyril Dagorn cite aussi l’exemple des zones qui ont été « accaparées par l’Etat » comme en Ethiopie ou les terres cultivables auraient été vendues par l’Etat à des sociétés étrangères pour produire des agro-carburants. Le débat « rouler ou manger » revient ici à la surface… Les éleveurs sont perturbés par ce nouvel usage de leur terre et sont contraints de trouver de nouvelles routes de migration. Oxfam envisage le rachat du bétail le plus affaibli à ces paysans afin de distribuer la viande par la suite tout en leur permettant « de parer au plus pressé ».

La gouvernance internationale est trop limitée. Et l’aide nationale, il cite l’exemple de la France, est faible. Il relève l’exemple de la conférence des donateurs, à Nairobi, le 27 juillet…qui « n’existe pas ! » ; « l’activité diplomatique déployée par la France ces derniers jours n’est qu’un écran de fumée pour cacher la faiblesse de ses engagements financiers ». Mercredi 27 juillet, le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies a effectivement réuni à Nairobi les ambassadeurs des pays donateurs, mais simplement pour faire un point régulier et technique de la situation en Somalie. La France n’a donné que 10 millions d’euros alors que l’Australie a donné l’équivalent de 46 millions. Or, il le rappelle, 1,6 milliards seraient nécessaires.

La crise somalienne est une crise humanitaire grave. La question de la gouvernance environnementale perd de son sens tant le contexte est avancé. Les sols ne peuvent être sauvés pour l’heure, la priorité est évidemment à l’humain. Cependant, peut-on penser qu’une prise de conscience plus rapide aurait pu prévenir une telle catastrophe ? Prévenir les émissions de gaz à effet de serre aurait-il réduit la violence du phénomène Nina ?

Sécheresse : arroser nos cultures avec des eaux usées recyclées ?

La sécheresse exceptionnelle de cette année (près de 60 départements en restrictions au début de l’été) doit nous alerter sur l’avenir, et le recyclage des eaux usées semble  constituer une solution durable pour approvisionner en continu l’agriculture (50% des consommations totales d’eau en France).

sécheresse : recycler les eaux usées, la solution?

Cette pratique apparaît de plus en plus comme opportune, au moment où les solutions proposées par le gouvernement (créer de nouvelles zones de stockage d’eau) ne semblent pas convenir et répondre aux attentes ni des agriculteurs, ni des associations environnementales.

Il s’agit d’un mode d’irrigation par aspersion d’eaux usées traitées (les projeter sous pression pour qu’elles retombent en une pluie fine sur les cultures) qui reste encore exceptionnel en France pour des raisons législatives, mais qui pourrait se généraliser et donner ainsi un nouveau souffle aux agriculteurs.

Le ministère de l’Ecologie a réuni en mai des experts pour lancer un plan d’actions visant à limiter l’impact de la sécheresse Le comité a étudié différentes dispositions à mettre en place dans le cadre d’un plan de lutte contre la sécheresse. Parmi ces mesures, les experts envisagent la possibilité d’utiliser certaines eaux usées pour l’agriculture.

Cette technique fait également partie des recommandations du projet de Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) 2011-2015, qui a été remis au ministère de l’Ecologie le 14 juin : la réutilisation des eaux usées traitées pour l’irrigation de cultures ou d’espaces verts est soutenue, mais elle doit être « envisagée avec des précautions strictes et différents suivis aux niveaux environnemental, agronomique et sanitaire. »

Il est évident que les critères de qualité et de contrôle doivent être très bien définis, surtout en ces temps de torpeur E-Coli…

L’avantage final de cette technique serait d’empêcher un télescopage avec tout autre usage de l’eau, domestique ou industriel, et donc sécuriserait véritablement l’approvisionnement sur le long terme et quoi de plus durable au final que le recyclage!

Voici donc quelques exemples de villes qui font d’ores et déjà l’expérience du recyclage des eaux usées :

Depuis le 6 juillet 2009, la ville d’Agde mène une expérimentation afin de recycler les eaux usées en eau d’arrosage pour ses espaces verts.

C’est dans les pays où les ressources en eau sont les plus faibles que cette pratique est la plus courante. À titre d’exemple, la ville de Mexico réutilise presque 100 % de ses eaux usées pour irriguer près de 85.000 hectares de cultures. Et en Israël, presque la moitié de l’irrigation provient des eaux usées recyclées.

Il me semble donc logique que la France, en pointe sur les innovations dans le secteur de l’eau, suive cette tendance de gestion durable de la ressource en eau et ne l’envisage pas seulement comme une option de secours.

Tibet : Un programme de protection pour le plateau du Qinghai

Jeudi 23 juin, un vaste programme de protection de l’environnement et l’écosystème du plateau Qinghai-Tibet a été publié par le Conseil des Affaires d’Etat pour les 20 prochaines années. Selon un communiqué publié sur le site du ministère de la protection de l’Environnement, « le plateau Qinghai-Tibet doit relever de sérieux défis liés à son environnement naturel complexe et fragile et à la structure économique déséquilibrée de la région ». Le nouveau projet joue également un rôle important pour l’écologie, la stabilité aux frontières et la solidarité interethnique.

Un programme en trois phases

La feuille de route est composée de trois étapes :

–         L’une avant 2015, la dégradation et la pollution de l’écosystème devraient être stoppées avec efficacité ;

–         En 2020, la région devrait sans réserve adopter un modèle de développement équilibré, qui se concentre sur la croissance économique et la protection des écosystèmes, avec une amélioration globale de la qualité de l’environnement ;

–         Enfin en 2030, la restauration d’écosystèmes sains devrait être en place.

Un environnement complexe et fragile

Selon les écologistes, autrefois intact, le plateau Qinghai-Tibet a été fragilisé par de nombreux facteurs :

–         La désertification liée aux activités intensives de l’homme, comme l’exploitation minière, le surpâturage ou la dégradation forestière pour la construction de logements ;

–         La dégradation écologique aggravée par le réchauffement climatique qui soulève un risque de sécheresse ;

–         La dégradation des forêts primitives par la population locale afin de créer des logements ;

–         La cueillette de champignons rares pour la médecine chinoise de Yarsagumba…

Wen Guodong, le secrétaire adjoint du Parti de la préfecture, explique que plus de la moitié des prairies sont endommagées, et plus de 46 % de la terre souffre de pertes en sol et en eau.

Le programme a également listé 10 zones de protection prioritaires

La préfecture autonome tibétaine de Yushu définit six zones de protection : le Tibet, le Qinghai, le Sichuan, le Yunnan, le Gansu et le Xinjiang ; des régions spéciales où les ressources naturelles sont abondantes. Quatre autres zones concernent la Montagne et les trois grands fleuves qui tirent leur source au cœur du plateau.

L’action est d’autant plus urgente que suite au séisme de 2010, une partie de la population s’est concentrée dans les villes de la région, créant une importante pression démographique sur les ressources et l’environnement fragile.

Lu Zhi, professeur de biologie de la conservation à l’Université de Pékin précise qu’il est primordial de permettre aux habitants de participer aux programmes de protection et de leur fournir des moyens de subsistance durables afin qu’ils ne dépendent plus des ressources naturelles.

Indépendamment, l’organisme de surveillance environnementale chinois a lancé une étude à l’échelle nationale sur plus de 80 installations de traitement de la pollution des sociétés cotées en bourse qui rejettent des métaux lourds polluants.

La protection de l’environnement délicat du plateau Qinghai-Tibet montre une prise de conscience des autorités du Tibet et de Chine qui n’attendent pas l’état de non-retour pour commencer à agir…

Eau et agriculture : quel est l’impact du changement climatique ?

Source: Fotosearch

La période estivale amène sécheresse, pic de pollution et incendies. A chaque jour, son rapport. Hier, le 9 juin, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publiait son dernier rapport « Changement climatique, eau et sécurité alimentaire ». Le papier se présente comme « une étude exhaustive des connaissances scientifiques actuelles sur les conséquences annoncées du changement climatique sur l’utilisation de l’eau dans l’agriculture ».

Au cours des prochaines décennies, le changement climatique aura un impact majeur sur les disponibilités en eau pour l’agriculture et sur la productivité des cultures, décrit la FAO. D’autant que la demande alimentaire mondiale va progresser de 70% d’ici 2050 et la production de viande devrait doubler…

 

L’agriculture pèse lourd dans la consommation d’eau mondiale

L’Organisation estime que les décideurs doivent développer l’utilisation des eaux souterraines disponibles afin d’atténuer les risques susceptibles d’affecter la production des agriculteurs. La FAO conseille de mettre en œuvre des systèmes efficaces de «comptabilité de l’eau » dans les pays en voie de développement et de changer leurs modèles culturaux pour pouvoir planter plus tôt ou plus tard. Cela permet d’optimiser l’irrigation. L’analyse des secteurs agricoles consommateurs permet d’agir de manière spécifique.

La production de céréales et de maïs consomme beaucoup. C’est cependant l’élevage de certaines espèces qui est le plus gourmand en eau.

 

Produit Unité Equivalent en eau en m3 par unité
Bovins Tête 4000
Moutons et chèvres Tête 500
Boeuf frais kg 15
Agneau frais kg 10
Volaille fraîche kg 6
Céréales kg 1,5
Agrumes kg 1
Huile de palme kg 2
Légumineuses, racines et tubercules kg 1

 

Les pays en voie de développement devraient veiller à mieux développer les procédures d’attribution d’eau aux parcelles agricoles, qui seraient à la fois «robustes et flexibles».

Ce conseil est fondé. Cependant, le problème mondial trouve une fois encore sa solution …chez les pays les plus pauvres. En temps normal (de non sécheresse), les rendements de production sont bien inférieurs à leur potentiel agro-climatique, faute de moyens et de techniques. La Banque mondiale estime qu’il faut investir environ 2,5 milliards de dollars (1,88 milliard d’euros) par an entre 2010 et 2050 pour réussir cette adaptation de l’agriculture Si le FAO les encourage à modifier leurs modèles, il faudra aussi qu’elle reste présente pour les supporter – notamment financièrement – vers cette transposition.

L’organisation développe une autre piste : favoriser des systèmes agroforestiers mixtes. Elle décrit que « tout en séquestrant le carbone, ces systèmes offrent des avantages supplémentaires, tels que l’ombre qui réduit la température du sol et l’évaporation, une protection accrue contre le vent et une meilleure conservation des sols ainsi qu’une meilleure rétention de l’eau ». Elle propose aussi de chercher à conserver l’humidité des sols, notamment la pratique du « labour zéro » ou « minimum » – la réduction du labourage des champs – ou la plantation de cultures ayant des racines profondes qui exploite l’humidité disponible dans le sol.

 

Ce nouveau rapport ne cherche pas à être alarmiste mais bien à proposer une interprétation de l’impact du changement climatique et des solutions pour réduire l’ampleur du problème. Ces conseils constituent les premiers pas vers une nouvelle orientation qui doit impliquer tant les producteurs de pays développés que les producteurs de pays en voie de développement….

 

Sources: afriquinfos.com, le journal de l’environnement, le CRI, Romandie