Californie : C’en est fait pour les chercheurs d’or

 

source: academic.ru

 

Les rivières de la Californie ont fondé le mythe du chercheur d’or. De nombreux passionnées vivaient encore de la recherche du précieux minerais. C’est fini. L’Etat californien a récemment passé une réglementation de l’activité, prédatrice des saumons.

Ce n’est pas l’or qui tue, ceux sont les procédés d’extraction de l’or selon la technique du dragage par aspiration – c’est-à-dire – un aspirateur géant qui pompe le gravier et la vase au fond d’un cours d’eau puis isole de minuscules quantités d’or des cailloux et de la terre grâce à la gravité. Cette pratique pourrait libérer du mercure, très toxique, dans les rivières qui abritent la fécondation de plusieurs espèces de poissons et notamment celle du saumon du Pacifique, en brutal déclin, dénoncent les écologistes.

Après avoir fait pression sur Arnold Schwarzenegger, gouverneur de Californie, les écologistes ont obtenu, en 2009, un moratoire de deux ans – interdisant la recherche d’or dans les rivières – pour attendre les résultats d’une étude scientifique analysant l’impact du dragage sur l’écosystème. L’étude a été commandée par empêcher les Services de la pêche et de la chasse californiens afin de savoir comment réguler l’activité.

Aujourd’hui, les conclusions autorisent la pratique, et ajoutent un ensemble de conditions strictes portant sur la taille des dragues et les saisons de prospection. Pourtant, si ces autorisations devaient être effectives dans un délai de 6 mois, une prolongation du moratoire a été discrètement imposée par les écologistes. Ces derniers sont parvenus, grâce au soutien de

Jared Huffman, un membre démocrate de l’Assemblée de l’Etat, à modifier un paragraphe du document de façon à empêcher les Services de la pêche et de la chasse d’affecter des fonds à la délivrance d’autorisations de dragage jusqu’en 2017.

Ainsi, si les poissons, et notamment les saumons, des rivières californiennes ont un sursis, les importants cours de l’or vont irriter plus d’un prospecteur. Ceci annonce des violentes protestations pour la suite…

Le saumon est en phase de devenir la ruine écologique de la Norvège

Une association norvégienne a transmis au site d’information Rue89 les résultats catastrophiques de son étude sur l’impact environnemental de l’élevage de saumons en Norvège.

Critiquer l’industrie lucrative du saumon est de très mauvais goût à Oslo. Ce marché, multiplié par trois en vingt ans, représente 416 millions d’euros annuels.

L’association Green Warriors en a payé le prix lorsqu’elle a rendu publique l’année dernière son rapport sur l’impact environnemental de l’élevage de saumon.

En livrant à Rue89 l’exclusivité de la version française de son étude, Green Warriors poursuit son combat. En effet, l’association souhaite sensibiliser la population française – la France est le plus gros importateur de saumon norvégien – quant aux conditions d ‘élevage déplorables de ces poissons dont les Français sont si friands.

Il faut dire que, le site internet des exportateurs norvégiens de saumon ne lésine pas pour nous donner envie de consommer le fameux poisson à la chair rosée :

« Les médecins et scientifiques du mode entier s’accordent à dire qu’il faut manger plus de poissons gras, car ils sont bons pour le cœur, la circulation et la lutte contre certaines maladies inflammatoires, voire contre certain cancers.

De plus, le poisson gras renforce la santé mentale, les acides gras contenus dans l’huile sont essentiels pour le développement du cerveau et ont un effet bénéfique sur la dépression, la schizophrénie, la maladie d’Alzheimer et certaines formes d’hyperactivité. »

Mais derrière ces belles paroles, une tout autre réalité du saumon norvégien est bien dissimulée.

Selon l’enquête Green Warriors :

  • · 10 à 20% des saumons d’élevage meurent dans les cages, du fait de la surpopulation, de malformations et de maladies ;
  • · Les études vétérinaires montrent que presque la moitié des saumons souffrent d’inflammation cardiaque, neuf sur dix de dépôts graisseux supplémentaires au cœur ;
  • · Les vaccins inoculés aux saumons provoquent des effets secondaires, comme des péritonites ;
  • · Les déchets alimentaires des fermes aquacoles s’élèvent à 7%, il y a donc 70 000 tonnes de restes rejetés en mer et qui sont ensuite mangés par les poissons sauvages à proximité.

Rue89 revient sur un reportage diffusé sur France 3 l’an dernier qui montre que l’aquaculture norvégienne n’a rien à envier aux élevages de porc intensifs bretons : entassement des animaux, traitements aux antibiotiques, épandages nocifs pour l’environnement…

Le ministre français de l’Agriculture Bruno Le Maire, inquiet d’apprendre l’usage de diflubenzuron dans les fermes norvégiennes, avait écrit à son homologue Lisbeth Berg-Hansen.

Il s’étonnait que ce pesticide, ne disposant pas d’autorisation de mise sur le marché en Europe, soit utilisé pour lutter contre le pou de mer dans les élevages norvégiens.



Poisson sauvage atteint par le pou de mer autour des fermes salmonicoles (John Øistein Berg/Rapport des Green Warriors de Norvège)

Sur la notice de ce produit, il est clairement écrit qu’il est « très toxique pour les organismes aquatiques, peut entrainer des effets indésirables à long terme pour le milieu aquatique. Ne doit pas être utilisé à moins de 30 m des fossés de drainage, des ruisseaux, des barrages ou de grands plans d’eau ».

Lisbeth Berg-Hansen avait tout simplement répondu au ministre français que ce produit était légal dans son pays pour lutter contre le pou de mer.

Le gros problème est qu’aucune expertise indépendante n’existe. Et pour cause, comme le met en avant, sous couvert d’anonymat, un journaliste norvégien :

« L’industrie piscicole et la politique sont très connectées, cela ne dérange pas vraiment les Norvégiens, et peu de journalistes enquêtent sur ce sujets. La Norvège a déjà des difficultés à exporter en Chine et aux Etats-Unis, elle ne veux pas se priver du marché français ».

Le président de Green Warriors, Kurt Oddekalv a pu constater en filmant les fonds marins l’ampleur de leur dégradation ou eutrophisation.

Le rapport complet de l’association Green Warriors est disponible sur le site de Rue89 à cette à cette adresse.

 

Source : Rue89 planete