PNUE : protéger les eaux en haute mer

Source: Antoine STANISIERE sur artactif.com

 

Si les eaux territoriales sont soumises à la protection des Etats, les eaux internationales ou hautes-mers sont sous la tutelle des autorités internationales. Un récent rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), intitulé « Perspectives Environnementales Mondiales », conclut que les trois quarts de cette zone sont exploités au-delà de leur capacité maximale par le secteur de la pêche maritime.

Une étude précédant ces conclusions – celui du congrès du Programme international sur l’Etat des Océans (Ipso) – dénonçait également la surpêche de cette zone, la pollution détruisant des habitats entiers, acidifiant les eaux et l’augmentation de température des océans.

Ce panel scientifique concluait qu’au cours du demi-milliard d’années écoulées, cinq extinctions de masses sont survenues après des calamités naturelles, au cours desquelles plus de 50% des espèces existantes ont disparu.

Le PNUE dénonce une faiblesse dans l’application des engagements pris dès le sommet de la Terre, à Rio au Brésil, en 1992. Les eaux de hautes mers sont protégées mais la pression de la pêche détériore la biodiversité sous-marine. La surpêche s’explique d’après Achim Steiner, vice secrétaire de l’ONU et directeur du PNUE, par les subventions des Etats à leur industrie maritime : « il y a deux fois plus de navires de pêche industrielle présents pour capturer du poisson que les océans ne peuvent en supporter ». A la fragmentation des juridictions nationales de préservation des océans, s’ajoute l’apparente surdité des gouvernements aux cris alarmants de leurs propres experts. Tous les pays exploitent mais aucun ne gèrent au final.

Une série de résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies depuis 2004, a permis d’élaborer un régime de protection de la biodiversité dans les profondeurs marines. Mais les résultats restent limités. Il faut repenser la gouvernance des océans et le processus de mise en œuvre des engagements. A ce sujet,  les gouvernements se réuniront à New York à la fin du mois de juin, pour préparer le sommet de Juin 2012 de Rio, et se concentreront notamment sur la problématique des océans.

Il devient nécessaire d’adopter des mesures au niveau international pour la conception et la gestion des régions marines protégées dans les eaux internationales, décrit le rapport de la PNUE. L’agence onusienne estime que 110 milliards de dollars d’investissements sont nécessaires dans les prochaines années pour gérer la pêche et amener les fonds marins de « récupérer

Le monde ne peut plus se permettre de retarder la restauration de la santé et la richesse des océans. Le demi-milliard de personnes qui dépendent d’une industrie de pêche en bonne santé, et le milliard qui dépendent du poisson comme principale source de protéines, ne peuvent attendre la communauté internationale, encore 20 ans, pour agir.

Sources: mediaterre, actualites-news-environnement.com, romandie, lefigaro, radio-canada

L’appel des religions à la protection de l’environnement

Dans le cadre de l’Interfaith Center for Sustainable Development (Centre inter-religieux pour le Développement durable), de Jérusalem en Israël, les chefs locaux du christianisme, du judaïsme et de l’islam ont lancé une campagne pour la protection de l’environnement basée sur les préceptes de leurs religions.

Un retour au « pragmatisme »…

Réchauffement climatique, acidification des océans et crise des espèces trouvent aujourd’hui des manifestations extrêmes. Personne ne peut plus ignorer l’urgence de prendre position et d’agir pour l’environnement afin d’éviter « le pire ». Les trois religions ont compris que sans une planète viable, aucun message « divin » n’aura d’échos.

Aussi c’est avec justesse que l’évêque catholique romain William Shomalie a remarqué que « si la Terre est polluée, cela touchera aussi bien les musulmans que les chrétiens et les juifs ».

Les « grandes » religions se disent naturellement vouées à sensibiliser leur fidèles aux grandes thématiques actuelles, or elles avaient jusqu’à peu laissé le domaine de « green » sur la touche. C’en est fait  avec le coup d’envoi de cette campagne de protection de l’environnement.

Parler de l’implication des religions pour l’environnement  n’est pas nécessairement du prosélytisme. Alors qu’André Malraux prophétisait que « le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas »,  et qu’aujourd’hui le ton est donné au développement durable, que reste-t-il ? Les pratiques les plus archaïques et destructrices de l’environnement persistent et les religions restent « un formidable vecteur de mobilisation » et ont une « audience considérable ». Un bon cocktail ?

…toujours voué à être diffusé…

Les trois monothéismes envisagent l’année prochaine d’organiser une conférence internationale pour « former leurs représentants respectifs aux problèmes de l’environnement ». La conférence aurait lieu en parallèle du sommet de Rio en 2012. Le but n’est pas de proposer une solution totalement alternative mais plutôt complémentaire.

Les religions investies ont l’intention de sensibiliser tant leurs croyants que « ceux du bouddhisme et de l’hindouisme aux problèmes écologiques dans la perspective de la foi », explique le rabbin David Rosen.

…« pour éviter le danger d’une crise climatique majeure »

Le dernier communiqué du centre inter-religieux pour le développement durable, qui s’appuie sur la Genèse,  appelle « les fidèles de toutes les religions à lutter contre l’effet de serre » et « de presser les dirigeants politiques à œuvrer en ce sens ». D’autant que les groupes de pression conservateurs de la Terre Sainte sont tout particulièrement puissant et « maintiennent leur (gigantesque) auditoire dans le déni vert ».

Recherche d’un renouveau d’audience ou non, cette initiative religieuse n’est pas à minorer. Elle peut faire sourire, elle peut rendre perplexe mais c’est un moyen d’inciter une part non négligeable d’individus dans le monde. A défaut d’avoir été convaincus par des arguments rationnels, les chefs religieux appellent leurs croyants à agir alors avec leur foi. Aussi preuve d’une ouverture, certains proposent que le centre inter-religieux trouve une entente avec l’Alliance of Religions and Conservation (ARC), créée en 1995, qui encourage des actions menées par des groupes religieux avec des ONG de protection de la nature et qui, comme lui, prône l’union sacrée.

Source: zegreenweb, bluewin