Ça butine de moins en moins

  Depuis quelques années déjà, ce phénomène mondial mobilise les chercheurs de toutes les nationalités. La disparition des abeilles serait un désastre écologique menaçant l’agriculture  et une grande partie de nos ressources alimentaires. A l’approche de la Conférence des Nations Unies sur le Développement Durable (CNUDD) qui aura lieu à Rio de Janeiro en juin 2012, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) interpelle les Etats sur la disparition croissante de colonies entières.

Un phénomène déjà connu

  En 2007, les Etats-Unis tirent la sonnette d’alarme : les abeilles disparaissent soudainement et massivement. Partout dans le monde, le taux de mortalité apicole atteint des records. Les USA ont connu une perte de 60 % de ces colonies en une année et jusqu’à 90% dans certains Etats de l’Est et du Sud. Des colonies sont décimées dans de nombreux autres pays d’Europe. Ce phénomène se nomme « le Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles » ou CDD (pour l’expression anglaise Colony Collapse Disorder). Ce syndrome, dont l’ampleur devient épidémique reste inexpliqué. Les études ne permettent à ce jour, que de supposer une synergie entre plusieurs causes.

Un problème multifactoriel

 Plusieurs pistes sont alors étudiées. Le « Varroa destructor », acarien nuisible aux abeilles, se développe de façon anormale. Ce parasite originaire d’Asie, s’attaque aux ruches déjà affaiblies et pourrait être un facteur aggravant. Des chercheurs américains ont ensuite mis en cause la grippe chez les abeilles, mais même traitées contre le virus, les morts inexpliquées des butineuses se poursuivent.

La piste privilégiée est alors celle des pesticides. Pris séparément, les produits employés sont en théorie inoffensifs pour les abeilles, mais, combinés, les insecticides pourraient se révéler nocifs. Les butineuses sont exposées à ces substances chimiques et seules les plus solides parviennent à survivre. Celles-ci rapportent à la ruche les pollens contaminés, nuisibles pour les larves. D’autres études ont également mises en avant la téléphonie mobile comme facteur potentiellement destructeur.

Des conséquences écologiques et économiques

 Les abeilles ont un rôle essentiel en termes de préservation de la biodiversité. L’activité de pollinisation est essentielle à l’agriculture. Les cultures maraîchères et fruitières dépendent largement des pollinisateurs, les Etats-Unis ont déjà importé massivement des abeilles d’Australie pour assurer la fertilisation de leurs vergers. Selon une étude de l’INRA, 35% de la production mondiale de nourriture est directement dépendante des pollinisateurs. La valeur du service de pollinisation des insectes a été estimée à 153 milliards d’euros, soit 9,5% de la valeur de la production agricole mondiale.

Des abeilles urbaines, une aide à la préservation ?

 C’est en 2005 que l’UNAP (Union Nationale des Apiculteurs) a commencé à introduire des ruches sur les toits des grands édifices, comme l’opéra de Paris, à Lille ou encore Marseille. La ville se révèle être un véritable refuge pour les abeilles. Elles trouvent dans nos cités un environnement propice et de très nombreuses variétés de fleurs et plantes dépourvues d’engrais et de pesticides. L’UNAP a décidé d’aller encore plus loin en proposant à des entreprises et des collectivités locales d’héberger une ruche sur leurs toits, il s’agit du programme «  Abeille, Sentinelle de l’environnement ». Une trentaine de villes et une dizaine d’entreprises sont déjà partenaires.

Sources : universcience.fr   science.gouv.fr   paris.fr nature et biodiversité


Abeilles : les mères de notre agriculture en danger

source: terresacrée.org

Menacées, les abeilles sont victimes de nombreux phénomènes prédateurs.

Lors de la journée de l’environnement du 6 juin, Dennis Van Engelsdorp, chercheur à l’université de Penn State en Pennsylvanie et Philippe Lecompte, apiculteur et président du Réseau biodiversité pour les abeilles, ont conclu que la disparition de ces charmants insectes est issue de plusieurs variables interdépendantes et nuit gravement à notre agriculture. On estime que le travail fourni par l’ensemble des pollinisateurs représente environ 153 milliards d’euros, soit 9,5% de la valeur de la production mondiale de produits agricoles. Pour rappel, sur les 100 espèces végétales qui fournissent 90% de la nourriture dans le monde, plus de 70 sont pollinisées par les abeilles.

Le « syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles » se caractérise par une soudaine disparition de toutes les abeilles adultes d’une colonie. Constaté dès le milieu des années 1960, le phénomène s’est accéléré en Europe depuis 1998, particulièrement en Belgique, en France, en Italie, aux Pays-Bas, en Espagne et au Royaume-Uni. Le phénomène a été constaté dans de nombreuses autres régions du monde.

De quoi souffrent-elles ?

– Des pesticides agricoles qui peuvent affecter le sens de la direction, de la mémoire et le métabolisme des abeilles ;

– des bactéries, des virus et du Varroa qui détruisent les riches ou se nourrissent de leurs larves ;

– d’espèces invasives comme le frelon asiatique qui affectent les colonies ;

– du manque de nourriture (pollen et nectar) dans les paysages agricoles simplifiés où la présence de fleurs est limitée dans le temps et peu diversifiée ;

– de la régression et dégradation des espaces naturels et semi naturels, diminution des surfaces en légumineuses, expansion du maïs (qui ne produit pas de nectar) ;

– de la pollution de l’air qui interfère avec leur capacité à retrouver l’odeur des pollens.

Selon le rapport publié en mars par le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), il y aurait plus d’une douzaine de facteurs à l’origine de l’effondrement des colonies d’abeilles et des pollinisateurs en général.

Quelle(s) solution(s) ?

M. Van Engelsdorp reconnait qu’ »on a identifié soixante-quatre variables différentes, allant des pesticides aux modifications génétiques et agents chimiques, mais nous n’avons pas pu trouver LA solution ».

« Il suffit que 0,5 % de la zone de butinage des abeilles accueille des plantes diversifiées pour assurer les 2/3 de leur alimentation quotidienne », calcule Philippe Lecompte. Or nous avons, en France, 2 millions d’hectares mobilisables pour les abeilles, il revient donc aux agriculteurs de leur y laisser une place.

Le Réseau biodiversité pour les abeilles place beaucoup d’espoirs dans la Pac qui devra être revue en 2014, et qui permettra peut-être de favoriser ces solutions, faciles à mettre en place. Mais rien n’est pourtant encore tranché dans la réforme de la Pac.

La résolution prise, en novembre 2010, par le Parlement Européen invitent la Commission européenne à accroître son aide au secteur apicole dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) après 2013. Il prévoit, également, un renforcement de la recherche indépendante sur la mortalité des abeilles, une réglementation sur les pesticides et les produits phytopharmaceutiques, pour permettre une évaluation des risques liés à l’exposition des abeilles à ces substances et culture et enfin la mise en place d’un plan d’action qui comporterait des pratiques agricoles respectueuses des pollinisateurs.

Les zones non agricoles doivent aussi être mobilisées, estime Philippe Lecompte, qui confie travailler sur un projet de partenariat avec RTE (Réseau transport d’électricité), qui dispose d’un réseau de 10 000 ha de tranchées forestières. »

La protection des abeilles suggère une gestion coordonnée et collective du problème afin de réduire avec efficacité l’ensemble des variables qui les menacent.