35 000 réfugiés climatiques hors du commun

Alors que la marche pour le climat a mobilisé des centaines de milliers de personnes la semaine dernière dans le monde entier, 35 000 morses se sont réfugiés sur une plage cette semaine, faute de banquise. Le réchauffement climatique fait peser une lourde menace sur ces réfugiés climatiques dont le territoire privilégié, la banquise, se réduit chaque année.

SOS Morses en détresse

Il s’agit là d’une migration record. Près de 35 000 morses en détresse ont été identifiés samedi dernier sur une plage d’Alaska. Le constat s’impose : ces gros mammifères n’ont pas trouvé de glace où se réfugier. Il faut dire que le réchauffement climatique fait des ravages sur les calottes glaciaires, du coup, les zones de mer deviennent trop vastes et les lourds animaux ne parviennent pas à atteindre les rivages encore gelés.

Chaque année, les morses de l’Océan Pacifique migrent pour passer l’hiver en mer de Béring, au nord des îles Aléoutiennes. Lors de cette migration, les morses font des pauses pour se reposer car leur poids, jusqu’à 1,5 tonnes pour un adulte, ne leur permet de nager tout du long. Ils fatiguent.

Ce phénomène de regroupement « en terre inconnue » pour les morses avait déjà été observé en 2009 d’après WWF. Dommage que rien n’ait été fait depuis pour leur préserver leur habitat et leur épargner ces attroupements mortels. En effet, les plus gros d’entre eux, sans le vouloir évidemment, écrasent parfois les plus petits. WWF rappelle qu’en 2009, près de 131 jeunes morses avaient été retrouvés écrasés par les plus gros.

Ce signal de détresse des morses a constitué une belle opportunité pour WWF de rappeler la nécessité d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, principal facteur du réchauffement climatique.

Image d’entête : DPA/DANIELREINHARDT/AFP

Choisir de ne pas couvrir la marche pour le climat

People's Climate March
People’s Climate March

Ce qui est qualifié de mobilisation historique contre le changement climatique n’a pas fait long feu dans la cheminée médiatique. La People’s climate march s’est tenue, dimanche 21 Septembre 2014, sur tous les continents. Pourtant l’écho politique se fait lui aussi attendre. Cette marche était organisée par le mouvement de cybermilitantisme Avaaz, en collaboration avec des associations locales.

Les médias américains, notamment ceux qui ont leurs sièges à New-York n’ont pas relayé suffisamment l’information de la People’s climate march qui  a eu lieu en plein centre de Manhattan. Les médias européens n’ont pas offert une large couverture sur cet événement national et international. Est-ce là un choix éditorial ou politique, comme le pense certains participants de la People’s climate march?

Deux jours après ce quasi couac médiatique, le président de la République, François Hollande, annonce un don d’un milliard de dollars pour la conférence onusienne sur le climat. Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, espérait récolter 10 milliards de dollars pour ce forum mondial sur le climat. Actuellement, seulement 2 milliards de dollars ont été réunis.

L’ancienne ministre de l’Ecologie, Cécile Duflot, apparaissait heureuse de la mobilisation en faveur de la marche pour le climat, notamment à cause du nombre de personnes présentes pour cette manifestation à Paris : entre 5000, selon la police, et 25000 selon les organisateurs.  La lutte contre le changement climatique et pour la transition énergétique est donc un réel engouement responsable des citoyens. Cependant nombre d’observateurs, dont Mme Duflot, regrette le « manque de volonté politique » pour faire évoluer les choses dans le bon sens.

Alors que l’échéance de la conférence climat Paris 2015 arrive à grands pas, il temps pour certains députés socialistes que François Hollande agisse dans le sens du développement durable en faisant des propositions claires et courageuses. Le dossier climatique est une occasion pour lui de se démarquer sur la scène politique nationale et mondiale.

Villes: des « puits de carbones »

Une étude publiée récemment dans le Journal of Applied Ecology a montré que les espaces verts peuvent apporter leur contribution au stockage de carbone et faire des villes des « puits de carbone urbain ».

A la suite d’une observation de la ville de Leicester dans les Middle Highlands, au centre de l’Angleterre, abritant 300 000 habitants sur 73 km2, les scientifiques ont mesuré la capacité à absorber le CO2 des parcs, jardins, zones industrielles abandonnées, golfs, berges et accotements des routes et ont trouvé que 231 000 tonnes de carbone ont été captées par ces espaces.

Les zones urbaines ne sont d’ordinaire jamais prises en compte comme source de photosynthèse. L’étude montre que leur contribution peut être significative.

Bien sûr les espaces verts dans les villes ne peuvent faire oublier l’impact néfaste de la pollution urbaine sur le réchauffement climatique. Aussi les « puits de carbone » ne seront certainement pas suffisants pour compenser les énormes émissions de carbone des activités humaines et du monde. Mais cela laisse à réfléchir. Alors qu’environ 4 % de la surface terrestre est urbanisée, et que la population mondiale s’élève à sept milliards aujourd’hui, pour croitre à près de 9,5 milliards d’individus d’ici à 2050, il va devenir essentiel de favoriser les dispositions des villes à absorber le carbone, en encourageant par exemple les jardiniers à planter des arbres plutôt que des pelouses ou des arbustes.

Le réchauffement climatique influe de plus en plus rapidement sur les forêts françaises

Un colloque a réuni jeudi dernier à Paris des chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique, du CNRS (INRA) et de plusieurs universités. Ce rassemblement a permis de dévoiler une étude sur l’impact du réchauffement climatique sur les forêts françaises.

« Il y a 10 ou 15 ans, on pensait que l’impact du réchauffement climatique serait bénéfique à la forêt. » L’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère laissait espérer un impact positif sur la croissance des arbres et un rendement plus important des massifs forestiers. Le constat des chercheurs aujourd’hui est moins optimiste. Les scientifiques ont expliqué que « au mieux nous irons vers une stabilisation, au pire vers une diminution de la production de nos forêts ».

Les études présentées durant le colloque n’avaient pas pour objectif de définir « la carte des forêts françaises de demain », mais bien de quantifier l’amplitude des changements rencontrés au cours du XXIème siècle.

Les scientifiques affirment que le  principal danger qui menace les forêts réside dans les sécheresses qui devraient se multiplier et s’aggraver suite au réchauffement de la planète. En conséquence de ces périodes sans pluie, les forêts souffriront d’un manque d’eau qui causera leur régression. Certaines régions comme par exemple le Sud et le Sud-Ouest de l’hexagone seront touchées dans un futur proche (vers 2050).

Les espèces méditerranéennes, comme le chêne vert (Quercus ilex), devraient remonter vers le nord. Quand au pin sylvestre (Pinus sylvestris), l’espèce diminuera considérablement dans tout l’Ouest, voire disparaîtra. « L’augmentation des températures sera particulièrement néfaste pour cette espèce, impactant fortement la respiration de l’arbre », indique Paul Leadley, du laboratoire d’écologie systématique et évolution de l’Université d’Orsay (ESE).

Selon les chercheurs, les forestiers devront donc s’adapter en fonction des espèces, de la région et du milieu local. Un colloque international sur les forêts et les changements climatiques se tiendra en mai 2012 à Tours.

Sources : immoxygene, journal de l’environnement

Les traditions Massaïs menacées par le changement climatique

Le peuple Massaï se définit à la fois comme une population de pasteurs et de nomades. Les tribus élèvent les troupeaux de vaches qui constituent leur principale source de richesse. En pleine période de changement climatique et de pressions démographiques, les tribus ont de plus en plus de mal à faire perdurer leurs troupeaux.

On estime le nombre de Massaïs entre 300 000 et 800 000 personnes réparties sur les savanes de Tanzanie et du Kenya. Au gré des saisons, les Massaïs font paître leur cheptel là où l’herbe et les pâturages sont abondants. Ce peuple revendique son indépendance mais aussi son attachement à ses traditions et son mode de vie. Gardiens des terres qu’ils investissent, les Massaïs se disent également gardiens d’un bien que leur dieu unique leur a confié : la vache.

L’idée donc, que certains éleveurs kényans puissent chercher à réduire le nombre de bêtes au sein de leurs troupeaux semble peu probable. Mais avec l’augmentation des sécheresses qui dévaste une importante quantité de bétail et la population humaine qui ne cesse de croître, les pâturages disponibles se font de plus en plus rares.

«  Les précipitations sont beaucoup moins abondantes qu’avant, au mois de mars dernier, il n’a plu que deux semaines. Il arrive que parfois, les précipitations durent deux ou trois semaines, mais la sécheresse revient avant que l’herbe n’ait le temps de repousser ce qui cause la perte de nombreuses bêtes au sein du troupeau. Si j’avais plus d’argent, j’aimerais pouvoir envoyer mon fils à l’école pour qu’il n’ait pas à devenir éleveur comme moi » indique Kenyatta Mpesi, un Massaï de 44 ans.

Le changement devient alors inévitable et les tribus d’éleveurs  sont désormais obligés de s’adapter à ce monde en mutation.

Dans la région de la Vallée du Rift, au Kenya, un programme innovant a été mis en place par un groupe Massaï  afin d’aider les éleveurs à maintenir leur mode de vie traditionnel. L’idée est de rassembler un seul et même troupeau de grande qualité – bien adapté aux conditions difficiles – et de la faire paître de la même manière que le font les animaux sauvages de la région.

Les animaux se tiennent alors regroupés contre les prédateurs. Ils ont un gros impact sur une petite zone, semant des graines et fertilisant la terre quand ils passent. Quand la pluie arrive, le sol est bien préparé pour que croissent de nouveaux pâturages même lors de sécheresses.

Une vidéo de ce programme est disponible à cette adresse.

Sources : the guardian , cntv

Réchauffement climatique : les animaux et les plantes migrent plus vite que prévu

 

Si certaines conséquences du réchauffement climatique étaient déjà connues, telles que le retrait des glaciers, la fonte de la banquise ou l’élévation du niveau moyen des océans,  son impact sur les migrations des espèces animales et végétales était moins évident, celles-ci étant plutôt attribuées à la destruction des écosystèmes par l’homme.

Or, les conclusions d’une étude de département de biologie de l’université de York, publiées le 19 août dans la revue Science, établissent un lien direct entre ces migrations et le réchauffement climatique.  A partir de l’analyse de données sur quatre décennies, il a été démontré que sous l’effet de la chaleur, les animaux et les plantes migrent vers les pôles et des altitudes plus hautes, à un rythme qui va de pair avec celui du réchauffement climatique.

Si la capacité des espèces à s’adapter aux changements de température était déjà connue des scientifiques, en revanche la rapidité de ces déplacements mise en évidence par cette enquête reste une surprise. En moyenne, les espèces déplacent leur habitat vers des zones moins affectées par les changements climatiques, à raison de 17,6 kilomètres et 12,2 mètres d’altitudes par décennie, soit trois fois plus vite en latitude et deux fois plus vite en altitude que présumé.

« Ces changements reviennent, pour les plantes et animaux, à s’éloigner de l’équateur de vingt centimètres par heure, chaque heure et chaque jour de chaque année, explique Chris Thomas, biologiste à l’université de York et responsable de l’étude.

Autre surprise, il n’y a pas de différence entre les groupes taxonomiques : les plantes se déplacent au même rythme que les insectes, les oiseaux et les mammifères. En revanche, au sein de ces groupes, certaines espèces se déplacent beaucoup plus vite que d’autres, comme le papillon commun en Grande-Bretagne qui a migré 220 km vers le nord en deux décennies.

Si les résultats induisent le risque, à terme, d’extinction d’espèces dans certaines régions où les  conditions climatiques se détériorent, certains experts y décèlent plutôt une note d’espoir, puisque d’autres espèces vont se déplacer vers les zones où le climat sera devenu convenable, révélant ainsi une capacité d’adaptation au changement climatique. Mais qu’en sera-t-il si le rythme du réchauffement climatique s’accélère ?

Cette étude, en mettant en lumière un nouvel impact du réchauffement climatique, nous rappelle l’importance de ralentir son rythme.

La Nasa retrace l’histoire du réchauffement climatique en vidéo

Pour ceux qui doutent encore du réchauffement climatique, la NASA vient de réaliser une vidéo de 26 secondes retraçant l’évolution de la température sur terre au cours de ces 130 dernières années. Surprenant et angoissant.

Cette animation, réalisée par le laboratoire de la Nasa Goddard Institute for Space Studies (GISS), révèle une nette augmentation de la température depuis la fin des années 1970, renforcée dans les années 2000. Les couleurs rouges représentent des températures supérieures à la moyenne de la période de référence (1951-1980), quant aux couleurs bleues, elles, représentent des températures inférieures.

Les données proviennent des relevés d’un millier de stations météo dans le monde, des observations satellitaires de la température de la surface de la mer et des mesures effectuées par la station de recherche de la NASA en Antarctique.

L’année 2011 se classe 9ème année la plus chaude au niveau planétaire. « Même avec les effets rafraîchissants d’une forte influence de la Nina et une activité solaire faible ces dernières années, 2011 a été une des dix années les plus chaudes enregistrées », indique James Hansen, directeur du GISS.

L’agence spatiale américaine confirme que la hausse des températures est largement soutenue par l’augmentation des concentrations des gaz à effets de serre dans l’atmosphère, particulièrement du dioxyde de carbone, produit par l’activité humaine. La concentration de CO2 dans l’atmosphère à aujourd’hui dépassé 390 parties par million, contre 285 en 1880.

Selon de nombreux scientifiques, le taux maximal acceptable de CO2 qui peut être envoyé dans l’atmosphère ne peut dépasser 350 parties par million…

Source : ecologie.blog.lemonde.fr

Le Royaume-Uni bientôt leader en matière de réduction des émissions de CO2

crédits : fotosearsh.fr

Le premier ministre britannique David Cameron est en passe de tenir l’une de ses promesses de campagne : conduire un gouvernement plus écologique que jamais. En effet, des médias anglo-saxons tel The Guardian, nous indiquent que celui-ci devrait accepter aujourd’hui de mettre en œuvre le programme de réduction des émissions de CO2 le plus ambitieux au monde, d’ici à 2025. Il passerait ainsi outre les craintes exprimées par certains des membres de la coalition au pouvoir, qui souhaitaient voir développer un programme de réduction moins ambitieux, sur l’impact de telles mesures sur la croissance économique.

Ce programme de réduction des émissions de gaz carbonique vise à réduire leur niveau de 50% par rapport à celui relevé en 1990, à l’horizon 2025. Cette initiative a été saluée par le dirigeant de la WWF Royaume-Uni, Keith Allot. Ce dernier a en effet déclaré que le Royaume-Uni se posait avec cette décision en leader sur le dossier du changement climatique. M. Allot a également rappelé qu’aucun autre pays n’a mis en place des objectifs juridiquement contraignants en vue d’une réduction des émissions de CO2 pour les années 2020.

Le Royaume-Uni n’est pas novice en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Il avait en effet été le premier pays au monde à se doter d’une loi poursuivant cet objectif : le « Climate Change Act 2008 », en affichant alors l’objectif de réduire de 80% ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050, par rapport à 1990. Un portefeuille ministériel dédié à l’énergie et au changement climatique avait été créé à cette occasion, confié aujourd’hui à Chris Huhne.

Les militants investissent COP 17

Des milliers de manifestants se sont rassemblés ce 3 décembre pour une marche dans les rues de Durban, dans le cadre de la journée mondiale d’action contre les changements climatiques (COP17). Ils demandent qu’un accord soit trouvé entre les Etats pour sauver la planète.

Ces militants écologistes mettent en avant le fait qu’il est indispensable qu’un accord soit conclu pour que, même en temps de crise, la lutte contre le réchauffement climatique se poursuive. « Sinon, ce sont les générations futures et l’Afrique qui vont en payer le prix fort ».

Le directeur international de Greenpeace, Kuomi Naidoo, souhaite que les pays de l’Union européenne et les grands émergents (Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chine), fassent bloc et se mettent d’accord sur une seconde période d’engagement du protocole de Kyoto. « Ce qui risque de se passer à l’issue de la conférence de Durban, c’est que le protocole de Kyoto devienne une sorte de coquille vide, un accord qui ne soit pas légalement contraignant. Et à ce moment-là, on courrait à la catastrophe ».

 

Un appel à la mobilisation a d’ailleurs été passé par le mouvement Paysan International (La Via Campesina), invitant tous les mouvements paysans et organisations agricoles à manifester ce lundi 5 décembre dans les rues de Durban. Selon l’organisation, « la lutte contre le changement climatique est un combat contre le capitalisme néolibéral, contre l’accaparement des terres et la précarité foncière, contre la dépossession, contre la faim, contre pauvreté et inégalité.  Pendant la journée consacrée à l’agro-écologie et la souveraineté alimentaire, nous organiserons des manifestations pour porter notre protestation jusqu’à la conférence des pollueurs. Nous organiserons également des actions contre les multinationales qui sapent notre souveraineté semencière. »

Toutes ces initiatives culmineront dans une grande Assemblée des Opprimés qui se tiendra ce jour devant le siège de COP17.

Sources :  viacampesina.org   rfi.fr

Record historique pour la fonte des glaces de l’Arctique

L’Institut de physique environnementale de l’université de Brême, en Allemagne, a publié une étude révélant que la banquise de l’Arctique a atteint, cet été, son plus bas niveau depuis le début des observations par satellite en 1972. Avec 4,24 millions de kilomètres carrés, l’étendue des glaces du pôle Nord est inférieure d’environ 0,5 % à celle du précédent record enregistré en septembre 2007 (mesuré à 4,27 millions). Des résultats confirmés par le rapport américain du centre d’observation de la neige et de la glace (NSIDC), selon lequel la couverture actuelle de glace ne représente plus que les deux tiers de l’étendue moyenne enregistrée entre 1979 et 2000. Outre l’étendue, l’épaisseur des glaces s’est également significativement réduite au cours des récentes décennies.

Les deux équipes de scientifiques s’accordent pour dire que la fonte des glaces durant l’été est un impact du réchauffement climatique. Georg Heygster, chercheur à l’université de Brême, explique effectivement que « le recul de la glace de mer ne peut plus être expliqué par la variabilité naturelle d’une année sur l’autre. Les modèles climatiques montrent plutôt que ce recul est lié au réchauffement climatique, particulièrement prononcé en Arctique du fait de l’albédo » (l’albédo correspond à la fraction de l’énergie solaire qui est réfléchie vers l’espace). En effet, l’atmosphère au-dessus de la région arctique se réchauffe plus vite qu’ailleurs. Les températures y auraient augmenté deux fois plus vite que les températures moyennes au cours des cinquante dernières années.

A ce rythme, la banquise pourrait complètement disparaître en période estivale d’ici 30 ans, soit quarante ans plus tôt que ce qu’a estimé le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

Cette fonte de la glace entraîne des conséquences néfastes, tant pour les populations autochtones, la faune et la flore de cette région que pour le reste de la planète (modification des courants océaniques et atmosphériques, relargage accru de pesticides et autres polluants organiques persistants dans l’atmosphère, etc.).

Sources : ecologie.blog.lemonde.fr, energie-climat.greenpeace.fr, actu-environnement.com et enviro2b.com

Les coraux menacés par le réchauffement climatique

Un courant marin chaud, ayant provoqué une destruction des récifs coralliens dans l’est du Pacifique pendant 2 500 ans, pourrait réapparaitre dû au réchauffement climatique.

Une étude parue le 6 juillet dans la revue américaine Science, a révélé qu’un bouleversement climatique, dû à des variations extrêmes du courant marin chaud El Nino, a entraîné une destruction des récifs coralliens dans l’est du Pacifique et ce pendant 2 500 ans.

Les chercheurs en sont arrivés à cette conclusion, en enfouissant des sondes d’aluminium sous les récifs. L’analyse des échantillons a permis de reconstituer l’histoire des récifs coralliens sur une période  de 6 000 années. Lauren Toth, co-auteur de l’étude et chercheuse à l’Institut de technologie de Floride, explique : « nous avons été choqués de découvrir un trou de 2 500 ans dans la croissance de ces récifs. Ce trou représente un effondrement de ces écosystèmes coralliens sur 40 % de leur histoire ».

Risque d’un phénomène similaire

Les auteurs de l’étude lient cet effondrement aux fortes fluctuations du courant El Nino et de l’oscillation australe, regroupés sous le sigle « Enso », responsable des conditions météorologiques cycliques pluriannuelles. Les auteurs du rapport mettent en garde contre le risque d’un phénomène similaire faute du réchauffement climatique en cours.

Richard Aronson, ayant participé à l’étude, tire la sonnette d’alarme : « alors que nous continuons à émettre des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, le système climatique est sur le point de connaître de nouveau un bouleversement avec des conséquences désastreuses pour les écosystèmes coralliens si aucune mesure n’est prise pour contenir le changement climatique. »

« Se décloisonner l’esprit » pour lutter contre le réchauffement climatique

Le président des Maldives lors de la conférence du 12 octobre au ministère du développement durable

En visite officielle en France les 12 et 13 octobre, le Président de la République des Maldives, Mohamed Nasheed, a soutenu une vision proactive de la lutte contre le réchauffement climatique. Directement concerné par la montée du niveau de la mer, le point culminant des Maldives s’établissant à 3 mètres au-dessus du niveau de la mer, la transition vers une économie décarbonée est un enjeu vital pour cet atoll de plus de 1.000 îles flottant dans l’océan indien.

L’annonce d’un double partenariat

Lors de la conférence de presse organisée au Cabinet ministériel de la ministre de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, le 12 octobre, M. Nasheed a expliqué sa vision de la lutte contre le réchauffement climatique : « réinitialiser les manières de faire » et « se décloisonner l’esprit » pour repenser l’économie et « se repenser » dans une optique soutenable. Le Plan de neutralité carbone des Maldives s’inscrit dans cette dynamique préférant aux attributions d’aides au développement la mise en place de partenariats innovants et de financements de projets environnementaux existants. Par cette action, Mohamed Nasheed espère faire des Maldives un laboratoire actif du développement économique d’un pays par les énergies renouvelables et l’innovation environnementale. Symboliquement, cette initiative se traduit par l’ambition d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2020.

La ministre de l’Environnement et le président maldivien ont déclaré partager « l’urgence » de « trouver des mécanismes économiques et politiques ». A cet effet, Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé le soutien de la France au projet du Président Nasheed et ce dernier a indiqué que son pays adhérait à l’initiative franco-kenyane visant la promotion de l’accès aux énergies propres dans les pays en voie de développement. Ces partenariats s’inscrivent également dans la préparation de la Conférence internationale de Durban (28 novembre-11 décembre 2011) sur le climat.

Un engagement sur le financement innovant poursuivi après la conférence

Pour poursuivre ce raisonnement novateur sur le financement innovant, la Baronne Ariane de Rothschild, vice-président de la compagnie financière la Holding Edmond de Rothschild SA, a annoncé qu’un dîner de travail serait tenu le 12 octobre au soir en l’honneur du président maldivien. Mohamed Nasheed expliquait lors de la conférence avec Nathalie Kosciusko-Morizet n’être « pas venu chercher des financements » mais bien des « engagements dans l’avenir » sur « de nouveaux enjeux économiques ». Cette vision sera approfondie à l’occasion du dîner : la Compagnie Benjamin de Rothschild, le ministère de l’Environnement, le Conseil Économique, Social et Environnemental, des représentants industriels français, des experts économiques et environnementaux, des représentants des institutions internationales et des membres du corps diplomatique échangeront des idées en vue d’un accompagnement pour les financements environnementaux innovants.

La recherche des nouvelles manières de raisonner économiquement pour un financement innovant n’est pas restreint à la seule initiative des Maldives, qui selon Mohamed Nasheed est un « prélude à ce qui va se passer » dans le monde, mais se présente comme un laboratoire à l’échelle mondiale pour « nouer des partenariats de longue date pour l’avenir. »


Maldives: Pour une économie sans carbone en 2020 par Youphil

Australie: L’environnement au coeur d’un débat entre stars et politiques

Source: Fotosearch

L’Australie est le plus important pays émetteur de gaz à effet de serre par habitant. Julia Gillard, premier ministre travailliste, a décidé d’imposer la taxe carbone d’ici le mois de juillet 2012.

Mais l’opposition des conservateurs compromet ce projet – rappelons que les travaillistes ne possèdent pas la majorité au parlement australien. Ces derniers soulèvent le risque d’une hausse importante des factures d’électricité des ménages et craignent que certains citoyens deviennent insolvables.

L’actrice Cate Blanchett a pris position lors d’une campagne télévisée pour encourager les citoyens australiens à soutenir la taxe. Sincère ou non, la vedette s’est vue violemment critiquée par les conservateurs. Ils fustigent son attitude déconnectée de la réalité car en plus de posséder une fortune de 53 millions de dollars, elle vit le plus souvent à Hollywood et n’est pas soumise à cette taxe. Cependant,  le parti conservateur australien lui-même est formé tant de sceptiques que de partisans à l’idée de changement climatique. Finalement, la polémique concerne surtout l’influence médiatique de l’actrice aux dépens de celle des politiques.

L’inscription du réchauffement climatique au cœur d’un débat strictement politique est la réaffirmation de son importance mais peut aussi la réduire à une simple rhétorique. Et quelque soit la légitimité de la jeune femme pour s’exprimer ainsi, voilà une piqure de rappel à tous les citoyens sur les enjeux environnementaux.

Source: Le Figaro, The Guardian, Romandie

EAU : en 15 ans, 6% de zones humides en moins dans le monde

accueil-vendee.com

Selon une étude publiée le 26 avril dans la revue Geophysical Research Letters, réalisée par des chercheurs au CNRS et à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), « 6% des marais et des tourbières du globe ont disparu au cours des 15 dernières années ». L’eau et le zones humides du monde se sont donc incroyablement raréfiées en 15 ans.

Pourquoi ?

Les auteurs de l’étude mettent en cause une problématique qui revient souvent et explique de nombreuses évolutions concernant nos ressources : la pression démographique. Elle serait telle, sur les zones riches en biodiversité et « essentielles au cycle de l’eau », qu’elle conduirait parfois à leur disparation, tout bonnement.

Carte mondiale des zones humides

Le 9 mai, le CNRS a communiqué sur la pression démographique sur les zones humides :

CNRS, 9 mai 2012

Les chercheurs ont donc combiné et analysé simultanément leurs observations entre 1993 et 2007 des images issues de différents satellites.

Leurs conclusions :

  • l’étendue des zones d’eau varie fortement au cours de l’année, mais aussi d’une année à l’autre, avec une forte modulation durant les épisodes El Niño ;
  • cette réduction de surface affecte en premier lieu les régions tropicales et subtropicales, ainsi que les régions qui ont connu les plus importantes augmentations de population au cours des deux dernières décennies ;
  • la pression démographique affecte ces zones en favorisant l’assèchement des marais pour l’urbanisation et l’augmentation des prélèvements d’eau dans ces zones humides.

Comprendre les zones humides pour lutter contre le réchauffement climatique

Les zones humides produisent un tiers du méthane atmosphérique, un gaz à effet de serre majeur. Elles influencent les échanges d’eau douce des continents vers la mer et modifient la météorologie locale en amplifiant l’évaporation.

Le CRNS explique donc que « mieux appréhender le fonctionnement des zones humides, leur variabilité et leur dynamique dans le temps s’avère indispensable pour évaluer les changements climatiques et pouvoir élaborer des recommandations en termes de gestion des ressources en eau».

Sources : Journaldelenvironnement.net

Paris : développer la ville sans trop abîmer la planète

Comment développer nos villes sans abîmer la nature alentour ni réchauffer davantage notre climat ? Une étude française passe au banc d’essai des mesures d’urbanisme qui permettraient de « verdir » Paris sans nuire à la qualité de vie ni faire exploser les prix de l’immobilier.

Lutter contre l’étalement urbain pour protéger la biodiversité et l’activité agricole, réduire la place de la voiture, mieux protéger les citadins face aux impacts du changement climatique, parfois difficiles à mettre en œuvre, de telles mesures gagneraient particulièrement à être appliquées simultanément.

« Au niveau international, les négociations climat sont bloquées. A l’échelle nationale, le sujet a aussi du mal à avancer. Aujourd’hui, c’est vraiment au niveau des politiques locales qu’il revint de progresser » sur les questions environnementales, estime l’économiste Stéphane Hallegatte.

Ce spécialiste du climat au Centre International de Recherche dur l’Environnement et le Développement (Cired) et à Météo-France, a modélisé, avec son collaborateur Vincent Viguié, un urbanisme plus « vert » de l’agglomération parisienne dans une étude récemment parue dans Nature Climate Change.

« En l’absence d’action spécifique, l’étalement urbain va se prolonger et on aura en 2030 encore plus de zones à basse densité de population qui dépendent de l’automobile », une perspective néfaste pour la biodiversité, l’agriculture comme le climat, explique Monsieur Hallegatte.

« L’une des solutions, selon lui, est d’interdire toute nouvelle construction au-delà des limites de l’agglomération, mais on se heurte à l’argument suivant : vous allez interdire les constructions alors qu’il n’y en a déjà pas assez et vous allez faire monter les prix de l’immobilier. »

Autant d’inconvénients qui compliquent la mise en œuvre concrète des mesures environnementales.

Pour lever ce verrou, les chercheurs ont développé un modèle permettant de « quantifier » les avantages et inconvénients de trois mesures selon qu’elles sont mises en œuvre individuellement ou simultanément.

La première est d’interdire les constructions au-delà des limites actuelles de l’agglomération pour établir une « ceinture verte ». La deuxième de développer les transports en commun avec notamment un tarif unique de 14 euros par mois. La dernière d’interdire de nouvelles constructions en zone inondable, des inondations plus fréquentes étant attendues avec le réchauffement.

Ces mesures ont été évaluées au regard de quatre objectifs : l’accès au logement, la réduction des gaz à effet de serre, la réduction des risques naturels et la lutte contre l’étalement urbain.

Ils ont simulé pour cela la taille moyenne du logement des ménages parisiens en 2030, ou encore le nombre de kilomètres que les Parisiens parcourront alors en voiture ou l’évolution de la population dans les zones inondables.

Le plus efficace, constatent-ils, est l’application simultanée des trois politiques, « chacune des politiques compense les problèmes crées par les deux autres », relève Vincent Viguié. Par exemple, l’effort sur les transports en commun facilite l’installation en banlieue et compense l’augmentation du coût des logements due à la « ceinture verte » et à l’interdiction de construire en zone inondable.

Un travail encore très théorique mais qui peut permettre, espère Stéphane Hallegatte, d’aller « au-delà de la présentation souvent très négative des politiques environnementale en général. »

L’objectif est de montrer que faire de l’environnement n’est pas forcément contradictoire avec l’accès au logement ou la qualité de vie.

Source : AFP

Stations de ski et développement durable ne font pas bon ménage

Chaque année, des millions de skieurs envahissent les quelques milliers de stations aux quatre coins de l’Europe. A elles seules, les Alpes abritent plus de 600 stations qui disposent de plus de 10 000 rampes de télésièges et qui consomment une quantité phénoménale d’eau et d’énergie pour faire de la neige artificielle. Quel est l’impact de cette industrie florissante sur les fragiles écosystèmes montagneux ? 

Les régions montagneuses sont particulièrement sensibles au changement climatique. Dans les Alpes par exempe, le réchauffement récent y a été près de trois fois supérieur à la moyenne planétaire. Actuellement, on considère que 90% des domaines skiables alpins de moyenne ou grande taille bénéficient d’un enneigement naturel suffisant au moins cent jours par an. Les 10% restants opèrent déjà dans des conditions précaires. Une hausse de la température de 1°C ou 2°C pourrait ramener le nombre de domaines skiables jouissant d’un enneigement fiable à 500 ou 400. La perspective d’une fréquence plus forte d’hivers sans neige est maintenant avancée comme une conséquence du réchauffement climatique pour les stations, et ce dans divers pays.

Le marché des sports d’hiver est totalement tributaire des conditions météorologiques et face à l’augmentation des jours de fermeture, les stations se doivent d’innover afin de continuer à attirer les touristes. Ces principales innovations sont d’ordre technologique et la stratégie la plus répandue consiste à la création de nouvelles pistes grâce à l’enneigement artificiel. Ces pratiques, considérées comme nécessaires par de nombreuses stations, ont un coût environnemental et économique considérable.

Le coût de l’enneigement artificiel représente un minimum de 140 000 euros par hectare. L’énergie constitue la plus grosse dépense mais l’impact le plus important d’un point de vue écologique est celui de l’eau. Selon la Commission Internationale pour la Protection des Alpes, 95 milliards de litres d’eau sont nécessaires pour couvrir de neige artificielle les 23 800 hectares de pistes de ski alpines.  En prélevant l’eau dans les rivières, les lacs et les bassins de retenue, cette technique affecte la vie aquatique et la distribution d’eau. La demande est si importante que certaines stations sont obligées de construire des lacs artificiels.

En ce qui concerne l’impact écologique des skieurs eux-mêmes, l’empreinte carbone la plus importante proviendrait des voyages. Une étude réalisée en 2007 par l’association Mountain Riders et l’ADEME montre que 73% des émissions de CO2 engendrées par les séjours au ski proviennent des voyages en avion. Afin d’accompagner les passionnés  des sports de glisse à réduire leur empreinte carbone, plusieurs initiatives ont été créées comme par exemple le site Snow Carbon ou encore Responsible Skiing.

Sources : duralpes.com   Courrier International.com

 

Les négociations sont serrées à Durban

COP 17 prend la tournure d’un dialogue de sourds. Les Etats semblent se trouver dans une impasse et réussir à conclure un compromis satisfaisant les exigences de chacun s’annonce difficile. L’Europe s’active, la Chine semble vouloir faire preuve de bonne volonté, l’Inde reste inflexible, quant aux Etats-Unis, ils campent sur leurs positions.

 

Etats-Unis :

En plus d’être le deuxième plus gros émetteur de CO2 de la planète après la Chine, les Etats-Unis sont le seul pays industrialisé à n’avoir jamais ratifié le protocole de Kyoto. Les USA tiennent donc un rôle primordial au coeur des négociations tenues à Durban.

Le problème est que le pays refuse de prendre la moindre décision sans engagements similaires des pays émergents, au risque de paraître comme responsable d’un éventuel blocage des négociations.

« J’ai le sentiment que les délégations commencent à perdre patience avec les Etats-Unis », indique Jennifer Morgan, directrice du programme Climat et Energie au sein du World Resources Institute (WRI).

Chine :

Su Wei, le négociateur en chef pour la Chine, se dit prêt à des concessions mais pas autant que ce que voudrait l’Union européenne.

La première période du protocole de Kyoto n’engageait pas l’Empire du Milieu à respecter des engagements chiffrés en matière de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. Mais l’Europe refuse de payer indéfiniment et exige qu’un mécanisme de réduction obligatoire des émissions soit déterminé et signé avant 2015.

« Ces conditions vont au-delà de ce qui a été décidé auparavant, notamment dans la feuille de route de Bali signée en 2007. Ce sont des conditions qui manquent d’équité envers les pays en voie de développement. Cependant, la Chine est prête à négocier avec l’Union européenne (…) Nous souhaitons qu’un accord pour prolonger le protocole de Kyoto soit trouvé. C’est la pierre angulaire de toute la politique internationale sur le climat. », indique Su Wei.

L’Inde :

Par le passé, l’Inde et la Chine ont eu des partis-pris assez similaires quant à leurs prises de positions lors des négociations sur le climat. Ce ne sera pas le cas pour COP 17.

En effet, la ministre de l’Environnement qui a la charge des négociations au nom de l’Inde veut que son pays reste inflexible sur ses exigences. Le pays exige une continuation du protocole de Kyoto avec la même exonération d’objectifs de réduction d’émissions  chiffrées pour les pays en développement, et ce, sans aucun engagement pour la période post-2020. L’Inde n’a donc absolument pas changé de prise de position depuis la conférence de Cancùn.

Inutile de préciser, qu’à ce jour, la conclusion d’un accord entre les Etats s’annonce une fois de plus laborieuse…

Sources :  greenetvert, maxisciences

 

Ce que la France défend à Durban

La stratégie de la France dans les négociations de Durban consistera principalement à contribuer à l’application des accords qui ont été décidés politiquement à Cancùn. Serge Lepeltier, l’ambassadeur Français en charge des négociations sur le changement climatique, estime que la France et l’Europe sont en mesure d’arracher une prolongation du protocole de Kyoto après 2012. « Kyoto ne peut pas exister de façon isolée, il est nécessaire d’élaborer un nouvel instrument juridique recouvrant les actions et les engagements de tous les principaux émetteurs ».

Interview de Serge Lepeltier, ambassadeur en charge des négociations climatiques, sur les enjeux de la conférence

Source : Ministère du développement durable

Ouverture de COP 17 à Durban

 

 

La 17ème conférence  des parties à la convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (COP) s’ouvre aujourd’hui  dans la ville de Durban, en Afrique du Sud . Ce sommet, qui se tiendra jusqu’au 9 décembre, réunis 195 pays et est censé préparer la suite du protocole de Kyoto, signé en 2007.

Après le succès de Cancùn en 2010, COP 17 constitue une nouvelle étape importante quant aux négociations sur le climat. La communauté internationale n’étant toujours pas parvenue à mettre en place un nouveau régime de lutte contre le changement climatique qui limite le réchauffement du climat en dessous du seuil dangereux des 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle.  Les dernières avancées scientifiques rappellent pourtant la nécessité de réduire de moitié les émissions mondiales d’ici 2050.

Le changement climatique produit déjà des effets désastreux particulièrement marqués dans les pays les plus pauvres. Le secrétaire de l’ONU Ban Ki-Moon assure qu’il n’est plus possible de « demander aux plus pauvres et aux plus vulnérables de payer le prix du changement climatique ». Durban doit permettre de consolider les mesures actuellement  insuffisantes afin de répondre au défi de l’adaptation au changement climatique.

COP 17 est en quelque sorte le sommet  de la dernière chance pour construire rapidement un nouveau protocole de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cependant, les négociations s’avèrent compliquées. En effet, la Chine, premier émetteur mondial de CO2, refuse toujours de signer tout accord pour préserver son « droit au développement ». Les Etats-Unis, deuxième pays émetteur de la planète – qui n’a jamais ratifié Kyoto – n’avanceront pas si la Chine ne débloque pas la situation, la Russie et le Japon sont du même avis. Quant à l’Union européenne, elle affirme ne rien vouloir ratifier sans engagement de réduction des Etats-Unis. Il est donc fort peu probable que la signature d’un traité effectif dès 2013 se fasse en Afrique du Sud.

Enfin, Durban devrait concrétiser les engagements pris lors des derniers rounds de négociation. Le cas de la question des financements de long terme sera de nouveau aborder, sur ce sujet, un travail important a déjà été accompli  au-delà du cadre strict de la Convention climat, notamment dans le cadre du G20 qui s’est tenu à Cannes les 3 et 4 novembre dernier.

Source : France Diplomatie


Pour les citoyens européens, le changement climatique est plus préoccupant que la crise financière

La Commission européenne vient de publier un nouveau baromètre européen consacré au changement climatique. Celui-ci, réalisé par TNS est consacré au le sentiment des citoyens de l’Union à l’égard de cette problématique.

Il démontre notamment qu’elle préoccupe chaque année un nombre croissant de personnes. En effet, alors qu’en 2009, année marquée par la tenue du sommet de Copenhague, 64% des personnes interrogées classaient le changement climatique parmi les problèmes les plus graves auxquels nous devions faire face, elles sont désormais 68% à le faire. Mais il y a plus éloquent encore, puisque les citoyens européens estiment en majorité que le changement climatique est aujourd’hui un problème plus sérieux pour le monde que la situation économique marquée par la crise financière. D’ailleurs, 80% d’entre eux estiment que la lutte contre le réchauffement climatique peut impulser un élan économique et contribuer à la création d’emplois nouveaux.

Plus surprenant, ce baromètre souligne que la population européenne est assez largement favorable à l’idée d’une imposition des émissions de gaz à effet de serre. 68% des personnes interrogées se déclarent ainsi favorables à une telle démarche.

Cependant, seule une personne sur cinq estime avoir sa part de responsabilité dans le changement climatique. La faute reste rejetée en majorité sur les gouvernements nationaux, les institutions européennes et les entreprises.

La Commission européenne s’est pour sa part félicitée de ces résultats. Ceux-ci vont conforter sa politique de promotion d’une réduction de 20% des émissions de CO2 en 2020, par rapport à 1990.