Chine : incendie d’usine passé inaperçu à cause de la pollution

Des voitures roulent au ralenti dans un épais brouillard dû à la pollution à Hefei, dans la province d’Anhui, au centre de la Chine – AFP (courrierinternational.com)

Aujourd’hui, lemonde.fr a informé que l’incendie d’une usine, dans l’Est de la Chine, était passé inaperçu pendant plus de trois heures tellement le brouillard de pollution qui l’entourait était épais. En conséquence, les pompiers sont intervenus avec un retard considérable.

Les ravages de la pollution atmosphérique

L’incendie, qui s’est déclaré dans une fabrique de meubles de la province du Zhejiang, a donc fait plus de ravages que prévu compte tenu de sa confusion avec la pollution environnante. Selon l’agence d’information Chine nouvelle, citée par lemonde.fr, « à cause de l’épais brouillard chargeant l’air à ce moment-là, presque trois heures se sont déroulées avant que les résidents voisins se rendent compte de la fumée et des flammes ». Incroyable.

Mais notons que la pollution atmosphérique n’était pas exclusivement due à l’activité de l’usine en question. De plus, elle était tellement chargée en particules nocives qu’elle a aussi affectée les transports routiers, causé l’annulation de vols dans les aéroports et une ruée sur les masques filtrants. La pollution de l’air était si dense qu’elle a fait chuter la visibilité à 100 mètres par endroit. Ambiance !

Débat sur le rythme de développement de la Chine

Le caractère inédit de la mauvaise qualité de l’air a provoqué un débat à travers toute la Chine sur les effets pervers de son développement effréné. Certains médias officiels ont émis de fortes critiques et « exigé des autorités davantage de transparence ». Une occasion aussi pour les experts de réaffirmer que « si la Chine souhaite lutter efficacement contre la pollution atmosphérique qui étouffe ses villes, il lui faut prendre des mesures audacieuses et coûteuses pour restreindre sa dépendance au charbon et promouvoir des alternatives à la circulation automobile ».

Dans ce sens, le professeur John Cai, de la Chine Europe International Business School de Shanghai, martèle qu’ « il est nécessaire que le gouvernement prenne des mesures à long terme en centralisant les réseaux de chauffage, afin que des foyers ne brûlent pas du charbon dans les zones rurales ». Espérons qu’il soit entendu.

Lemonde.fr rappel un fait majeur : selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la Chine consomme la moitié de la consommation mondiale de charbon. Le pays tire en effet du charbon « plus de 70% de son énergie ». La tendance est d’ailleurs à la hausse, en raison de la demande d’électricité qui ne cesse d’augmenter. Autre rappel choc : « ces dernières années il s’est construit en moyenne une centrale au charbon par semaine en Chine ».

Si Paris s’étouffe, la Chine s’asphyxie.

 

Source : lemonde.fr

Paris s’étouffe

Selon le bilan annuel d’Airparif, rendu public hier, trois millions de Franciliens ont été exposés à des niveaux de pollution atmosphérique élevés en 2011. Les températures et le trafic routier expliquent en partie cette forte exposition aux particules fines, au dioxyde d’azote et à l’ozone, néfastes pour la santé mais aussi pour l’environnement.

Selon Airparif, les conditions météorologiques enregistrées tout au long de 2011 ont été favorables à des niveaux élevés de pollution, « légèrement inférieurs à 2010 ». Il n’en demeure pas moins que plus d’un Francilien sur quatre a été exposé à un air qui ne respecte pas la réglementation sur les particules fines. Les épisodes de pollution ont été nombreux l’an dernier, mais « peu intenses », précise le rapport.

« Le dépassement a pu atteindre jusqu’à quatre fois la norme en vigueur sur le boulevard périphérique », précise Karine Léger, adjointe au directeur d’Airparif. Sur l’ensemble des stations franciliennes, celles qui ont enregistré les dépassements journaliers les plus nombreux sont celle de l’autoroute A1 (Saint-Denis), du périphérique à Auteuil, de la RN 2 à Pantin et des Champs-Elysées.

Pour tenter d’endiguer les épisodes de pollution, un arrêté interpréfectoral pris en octobre 2011 permet aux autorités de prendre dans l’urgence des mesures contraignantes. Si la pollution s’étend sur plus de trois jours, le préfet peut désormais interdire la circulation des poids-lourds, voir imposer la circulation alternée pour les particuliers. En 2012, le premier « seuil » de dépassement pourrait être déclenché une cinquantaine de fois.

Ces gaz ou particules, particulièrement irritants et agressifs, pénètrent plus ou moins loin dans l’appareil respiratoire et peuvent induire des effets respiratoires ou cardiovasculaires. Par ailleurs, les effets des polluants atmosphériques se conjuguent également avec ceux des particules biologiques présentes dans l’air, parmi elles, les pollens et les moisissures. La pollution de l’air est ainsi suspectée d’exacerber les allergies polliniques : les pollens seraient plus agressifs sous l’influence des polluants atmosphériques qui, de plus, fragilisent les voies respiratoires et les rendent plus réceptives aux pollens.

Les effets de cette pollution sur l’environnement peuvent se ressentir à différentes échelles géographiques. Sur les matériaux, elle induit de la corrosion due au dioxyde de soufre, des noircissements et encroûtement des bâtiments par les poussières issues en grande partie de la combustion des produits pétroliers, ainsi que des altérations diverses en association avec le gel, l’humidité et les micro-organismes. Sur les végétaux, de fortes concentrations de certains polluants peuvent conduire à des nécroses visibles sur les plantes. La pollution de l’air peut également entrainer une réduction de la croissance des plantes, même sans dommages visibles, par exemple une baisse de la production agricole de certaines céréales, ou une résistance amoindrie des plantes à certains agents infectieux.

Source : metrofrance.com   airparif.asso.fr

Impact de la pollution routière sur l’agriculture

Les impacts environnementaux des transports routiers sont nombreux : émissions de gaz à effet de serre, polluants locaux, épuisement des ressources énergétiques (pétrole), déchets, etc. Des externalités néfastes pour l’environnement mais aussi pour la santé de l’homme. Les espaces cultivés à proximité des voies de circulation sont des zones particulièrement sensibles, puisque les personnes y résidant ou y travaillant sont exposées aux risques de problèmes respiratoires dus à la pollution atmosphérique et de dépôts sur les produits agricoles.

Tels sont les résultats qui ont été mis en évidence par une étude de l’Inra et Airparif sur l’impact de la pollution routière sur les espaces cultivés jouxtant les voies de circulation routière, qui s’inscrit plus largement dans le cadre d’un projet de recherche « Pollution de proximité, transport et agriculture », piloté par l’Inra-AgroParisTech, cherchant à comprendre la pollution de proximité aux abords des axes autoroutiers. Durant un mois, la concentration de polluants et des dépôts métalliques (fer, plomb, cuivre et zinc) dans l’air et sur les plantes (les plantes de Raygrass, plante herbacée fourragère) liés au trafic, a été mesuré, sur une exploitation agricole longeant l’autoroute A6. Les résultats ont mis en évidence une augmentation de ces matières à mesure que l’on se rapproche de l’autoroute A6. « Pour le dioxyde d’azote, l’impact de l’autoroute est toujours observable sur le site de mesure placé à 120 mètres de l’axe. Pour les dépôts de fer, l’impact est perceptible jusqu’à 30 mètres. Il n’est que de quelques mètres pour le plomb et le cuivre ». Les mesures semblent toutefois indiquer que les niveaux de dépôt de plomb et de cadmium mesurés sont en dessous des normes concernant la consommation de légumes.

Ce risque de pollution de proximité est d’autant plus important que pour la seule région d’Ile-de-France, la surface agricole située à moins de 250 mètres des axes routiers ayant un trafic routier supérieur à 4.500 véhicules par jour, est d’environ 54.500 hectares, soit près de 10% de la surface agricole utile (SAU) régionale. 48% des exploitations agricoles franciliennes ont au moins un îlot dans la bande de 250 mètres. En petite couronne parisienne, les exploitations agricoles sont d’autant plus concernées que l’infrastructure routière y est dense et les niveaux de trafic élevés. (Sources : Primequal/Predit).

Or, une enquêté réalisée toujours dans le cadre de ce projet « Pollution de proximité, Transport et Agriculture », pour connaître la politique de localisation des agriculteurs, a rapporté que « la pollution atmosphérique liée au trafic routier n’est pas un déterminant courant des décisions de localisation des cultures ». Il n’existe dans les filières agricoles que trois secteurs qui intègrent des critères de distances par rapport aux routes et d’intensité de trafic : « les céréales dans certains créneaux de niche, peu présents en Île-de-France, l’alimentation infantile et les herbes aromatiques ». La raison principale de cette non-prise en compte étant le coût des nuisances liées au trafic (réduction des surfaces cultivables) que les agriculteurs envisagent mal de supporter seuls.

Sources : actu-environnement, respire-asso, airparif

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Ville : la pollution atmosphérique néfaste pour le cerveau

Dans une étude publiée dans la revue Molecular Psychiatry et reprise par le quotidien britannique TheTelegraph, Laura Fonken, de l’université américaine de l’Ohio,  auteure principale de l’étude, révèle que la pollution n’est pas seulement néfaste pour le cœur ou les poumons mais aussi pour le cerveau.

Décortiquer le mythe de l’urbain dépressif

La dépression urbaine photographiée par Mathieu Casimir trouve une explication nouvelle grâce aux résultats de cette étude. Après avoir soumis, chaque jour, des souris pendant 6 heures à une source de pollution, et ce durant 10 mois, les chercheurs ont finalement pu observer l’impact néfaste de la pollution sur l’hyppocampe du cerveau. Cette zone qui régule la mémoire et l’anxiété a révélé des troubles chez les souris exposées bien plus importants que chez les cobayes témoins.

« L’hippocampe est particulièrement sensible aux dommages causés par une inflammation. Nous soupçonnons que l’inflammation systémique causée par le fait de respirer un air pollué soit communiquée au système nerveux central », explique Laura Fonken.

Les villes concentrent les activités et les hommes, condamnant plus ou moins ces derniers à évoluer dans un milieu hostile. Les inquiétudes urbaines seront fortes si les résultats de cette étude sont confirmés…

Source: Enviro2b, maxisciences, terrafemina

Moyen-Orient : la pollution ou la guerre ?

Source: thefirstpost.co.uk

 

De part et d’autre du Moyen-Orient, la pollution atmosphérique tue. Le constat est grave. L’Agence nationale de protection de l’environnement en Afghanistan note que la mauvaise qualité de l’air fait plus de victimes à Kaboul que la guerre. Selon elle, 3000 personnes mourraient chaque année à cause de la pollution de l’air à Kaboul, en comparaison, 2777 civils ont été tués dans l’ensemble du pays en 2010.

Les troubles atmosphériques sont aussi alarmants à Beyrouth, au Liban, décrit une équipe conjointe de chercheurs de l’Université Saint-Joseph (USJ) et de l’Université américaine de Beyrouth, sous l’égide du Conseil national pour la recherche scientifique – et  grâce à un financement de la région Île-de-France.

L’étude – réalisée en 2008 et 2010 – montre ainsi qu’en moyenne annuelle, « la concentration de dioxyde d’azote (NO2) dans l’air a dépassé les 53 microgrammes par mètre cube en 2009 et 58 µg/m3 en 2010, sachant que la teneur maximale admise par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est de 40 µg/m3 », explique Maher Abboud, professeur de chimie à l’USJ et membre de l’équipe de recherche.

Les causes de la pollution sont pour chacune des villes l’usage de voitures vétustes, le carburant de mauvaise qualité utilisé pour chauffer maisons et usines – les  déchets brûlés par les habitants à Kaboul et le manque d’urbanisation à Beyrouth.

Partout les urgences des hôpitaux sont de plus en plus fréquentées par les patients atteints de maladies cardio-pulmonaires. « Nous savons que la mortalité journalière hausse avec le degré de pollution » ajoute le Dr Marie-Louise Coussa-Koninski, chef du service de pneumologie à l’hôpital Rizk (Liban).

Ces constats sont finalement des appels à la réaction des autorités publiques pour réguler et réglementer les secteurs polluants tels que l’automobile ou l’urbanisme. Le cas afghan est un comble. La guerre qui tiraille le pays depuis 30 ans n’a pas permis de conduire des politiques de protections environnementales. Belligérants ou non, toute la population est à la fois victime et bourreau de ses voisins. La réaction des autorités sanitaires est certainement une première étape au changement, faut-il maintenant, pour les gouvernements avoir les moyens de réaliser ce changement…

 

 

Voiture et palmarès : l’Ademe a rendu le verdict 2011

Source: Fotosearch

 

Le dixième palmarès des véhicules les moins émetteurs de CO2 – « car labelling » – de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a été publié ce 8 juin.

Dans la catégorie diesel, la Smart Fortwo arrive en tête, comme en 2009, avec 86g de CO2/km. Pour les véhicules « essence » ce sont les hybrides Toyota Auris et Toyota Prius qui se hissent au premier rang avec 89g de CO2/km. L’agence note que, comme l’an dernier, les lauréats du palmarès sont des voitures émettant moins de 90g de CO2/km, alors qu’en 2002 le véhicule le plus performant de la catégorie essence émettait encore 118g de CO2/km.

Du côté des voitures « essence » les plus émettrices en CO2, le groupe italien Lamborghini a été jugé avec sévérité ; son modèle super-sportif, la Murciélago, voiture – essence et diesel confondues – franchit la barre des 500 g de CO2/km en 2009. Le groupe Mercedes-Benz enregistre lui les plus fortes émissions de CO2 au niveau des voitures Diesel avec son modèle G280 (320 g/km).

 

La France, deuxième au classement

En 2010, la moyenne des émissions de CO2 des véhicules neufs vendus en France a été de 130 g/km, ce qui place la France en deuxième position juste après le Portugal (129 g/km). En 10 ans, la France a réduit de 25 g la moyenne de ses émissions sur les véhicules neufs. Quant à la moyenne européenne des émissions de CO2, elle a baissé de 45 g en 15 ans.

Cette performance est due en grande partie aux incitations et aides de l’Etat. D’après le rapport de l’Ademe, la prime à la casse, le dispositif bonus-malus, première mesure du Grenelle de l’environnement – qui a pris fin en décembre 2010 – et l’arrivée des véhicules hybrides ont joué un rôle important, en France, pour augmenter l’achat de voitures plus « vertes ».

 

Un constat positif qui doit être nuancé

En dressant ce palmarès, l’Ademe dresse un bilan positif des progrès automobiles en matière de pollution. En 2002, les meilleurs véhicules essences plafonnaient à 118 g d’émission CO2 par km. Aujourd’hui, les véhicules les plus vertueux ne dépassent pas les 90 g/km. Les innovations technologiques ont permis aux constructeurs de réduire les émissions des véhicules, certes, mais la planète n’est toujours pas préservée de leurs émissions de particules fines, d’oxydes d’azote et d’hydrocarbures imbrûlés.

Si Joëlle Colosio, du département « Air » de l’Ademe, relève que la sortie de crise engendre une aggravation des émissions des gaz à effet de serre et « renforce la nécessité d’agir, elle rappelle aussi les résultats de l’étude européenne Aphekom faisant le bilan de l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique. Publiée en mars dernier, cette étude fait le lien entre les émissions urbaines de particules fines et d’oxydes d’azote et la réduction de l’espérance de vie des citadins. La Commission européenne avait d’ailleurs assigné la France pour non-respect des valeurs-limites sur les particules et pour un dépassement sur les oxydes d’azote.

L’Ademe exprime son inquiétude face au constat selon lequel les voitures sont de plus en lourdes. Elle déclare qu’« il serait intéressant de voir quel serait le gain en CO2 avec des voitures moins lourdes ».

L’agence dénonce aussi la faible performance du domaine du diésel : en 2002 la voiture la plus performante émettait 81g de CO2/km contre 86g en 2010. Elle note néanmoins que six constructeurs automobiles, dont trois européens, ont d’ores et déjà atteint l’objectif fixé pour 2015 par Bruxelles d’une émission inférieure ou égale à 130g de CO2/km, à savoir Fiat (122g), Toyota (127g), Renault et PSA (129g chacun).

Autre souhait de l’Ademe, « que le la proportion des véhicules diesel diminue et notamment en ville ». « Avec l’obligation d’installer un catalyseur pour les oxydes d’azote et un filtre à particules dans un proche avenir, le prix des diesels devrait augmenter », espèrent les porte-parole du bras séculier du ministère de l’Ecologie.

 

A quand l’intégration des voitures à nouvelles technologies dans le palmarès ?

Si l’inconvénient, toujours irrésolu, de la voiture à hydrogène est la formation de CO2 pour la construction même de son moteur, la voiture du futur ne polluera pas car elle n’émet que de la vapeur ou de l’eau… L’intégration des ces voitures rendra peut-être le classement obsolète obligeant les constructeurs à faire appel à des systèmes moins polluants…