L’Antarctique, le continent délaissé

En Antarctique, l'été austral dure 6 mois. Puis la nuit tombe et l'obscurité perdure 6 mois également.

Continent gelé, l’Antarctique a très longtemps été délaissé par l’homme. Son isolement en fait une terre de tous les espoirs, non pas pour s’y installer, les conditions y sont trop rudes, mais pour exploiter des ressources dont les réserves sont encore intactes.

Dérivant de plus en plus au sud, le continent Antarctique s’est retrouvé définitivement isolé des autres il y a 25 millions d’années lorsqu’il s’est séparé de l’Amérique du Sud. Presque centré sur le pôle Sud, ce continent subit des pressions climatiques très fortes : l’altitude moyenne du continent est de 3 000 mètres au dessus du niveau de la mer et les nuits australes durent six mois. Cette combinaison de facteurs induit des températures minimum en hiver de l’ordre de -80 °C.

Traité sur l’Antarctique

Découvert relativement tard et inhabité de façon permanente, l’Antarctique est protégé par un ensemble de traités ; le premier, le traité sur l’Antarctique, signé le 1er décembre 1959 par 12 pays, est aujourd’hui ratifié par 48 États. L’objectif du traité était d’interdire l’utilisation de cette partie du globe à des fins militaires. Il a été complété par une série de conventions et protocoles afin d’en protéger la faune et la flore ainsi que de considérer le continent comme réserve naturelle dont on ne peut pas exploiter les ressources minérales (Protocole de Madrid).

Le continent est protégé jusqu’en 2048 par ce traité, mais ce dernier peut être révisé et les interdictions d’exploitations pourraient être assouplies bien avant cette date. En effet, en tenant compte des modèles de dérives des continents et en se basant sur les minéraux exploités sur les continents autrefois adjacents aux terres antarctiques, il est probable que l’Antarctique soit riche en ressources minérales, dont 203 milliards de barils de pétrole, selon l’étude « Antatirca: assessing and protecting Australia’s national interests » du Lowy Institute. De plus, le réchauffement planétaire pourrait pousser à l’exploitation des calottes polaires qui contiennent 70 % des ressources en eau douce mondiale.

Ressources de la dernière chance

Les prétentions actuellement gelées sur les terres antarctiques, pourraient être source de nouvelles tensions pour l’appropriation et l’exploitation du continent dans le contexte actuel d’épuisement des ressources, au mépris de la biodiversité extrêmophile adaptée à ce milieu. Cependant, comme le souligne Michel Rocard, ambassadeur de France pour les pôles, dans une entretien donné à actu-environnement.com, l’exploitation des ressources polaires signifira, étant donné leur coût et leur mise en place difficile, que l’humanité n’aura pas résolu le problème intrinsèque de son « modèle énergétique » actuel, qui contribue, voire provoque, le réchauffement climatique.

Sources : mineralinfo.org, transpolair.free.fr, actu-environnement.com, lecerclepolaire.com