Mexique: recyclage et création font bon ménage

A une époque où la plupart des vêtements sont fabriqués en Asie à partir de tissus synthétiques et très polluants, leur transport dans les différents pays du monde étant très énergivore, la jeune créatrice mexicaine, Margarita Meza, met dans ses collections les matériaux écologiques à l’honneur. Elle tente d’imposer la prise en compte de l’environnement dans un mouvement de création durable, car « prêt-à-porter et recyclage font bon ménage »!

Photo : unami.typepad.com

Le recyclage de plus en plus à la mode

Margarita Meza, fondatrice d’une jeune entreprise de prêt-à-porter nommée Margrietina Ecofashion, se montre intransigeante lorsqu’il est question de développement durable. Elle fait partie d’une nouvelle génération de créateurs très sensibles à l’impact de la société sur la planète. Cette préoccupation est tout naturellement arrivée au cœur de sa création, impossible donc de ne pas prendre en compte l’impact de son activité sur l’environnement et les hommes.

Le travail de Margarita Meza est né de sa révolte face aux conditions de travail dégradantes qu’endurent des millions de Mexicains. La créatrice a donc décidé de créer une entreprise plus respectueuse des travailleurs et de l’environnement. Pour elle, « ce type d’entreprises se multiplie » car elles répondent « à un véritable besoin. Tout le monde en prend conscience. Nous voulons que les gens analysent leur pouvoir d’achat. Souvent nous consommons en pensant aux marques, sans essayer de savoir ce qui se cache derrière. Dans ce secteur, il peut s’agir d’exploitation au travail ou de produits dangereux pour l’environnement ». Elle tente de créer des vêtements respectueux de l’environnement, au plus près des tendances et surtout, abordables pour toutes les bourses.

Du tissu à partir de plastique recyclé

Pour élaborer ses collections, Margarita Meza encourage fortement le recyclage et, pour cela, fait preuve de beaucoup d’inventivité. En effet, elle utilise un tissu fabriqué à partir de bouteille en plastique PET, type de plastique le plus recyclé à ce jour dans le monde. Son avantage principal est d’être très résistant aux pressions et torsions, il est également d’une extrême transparence, le rendant ainsi simple de réutilisation dans le monde du prêt-à-porter.

Le PET (polyéthylène téréphtalate), est un pétrole raffiné principalement utilisé dans la composition de bouteilles recyclables, notamment de boissons gazeuses. Ce matériau assez insolite, permet donc à la créatrice de confectionner des vêtements et accessoires féminins. Une de ses créations s’est particulièrement faite remarquée par son nom, ce sont des pantoufles appelées « PEToufles ». Les matériaux utilisés proviennent, pour la plupart, de chutes de plastiques venant de diverses entreprises de recyclage.

Un succès à la clef ?

Les collections créées par l’entreprise Margrietina Ecofashion sont donc en phase avec la philosophie de la créatrice, qui est : « la consommation locale, la consommation de produits durables ». Récemment, Margarita Meza a sorti un nouveau catalogue, afin de présenter sa collection à une clientèle plus responsable. Toutefois, son enthousiasme ne semble pas encore être récompensé, les ventes de ses vêtements et accessoires n’étant pas à la hauteur de ses attentes. La créatrice explique que « la culture consistant à préférer les produits durables n’est pas très ancrée dans le pays. Le secteur de consommation de ces produits est très restreint. Nous avons néanmoins reçu un bon accueil, l’idée intéresse les consommateurs. Nous allons démontrer que l’option écologique est à la portée de tous, grâce à des vêtements de créateurs élégants et à un prix accessible ».

Après avoir porté son intérêt sur les tissus recyclés, Margrietina Ecofashion compte se tourner vers les fibres naturelles, avec la création d’une ligne de produits en bambou.

Source : Greenetvert.fr

2012 : Tous les déchets plastiques pourront être recyclés

Le 1er janvier 2012 va signer la fin des incertitudes de 5 millions de Français devant les bacs de recyclage. Ils pourront jeter tant les bouteilles et flacons plastiques – déjà collectés – que les emballages surgelés, barquettes de fruits et pots de yaourt.

Eco-Emballages, un éco-organisme chargé du financement du tri des emballages a présenté jeudi les grandes lignes de cette opération. Il propose une expérimentation de deux ans à grande échelle impliquant 83 communes représentatives des difficultés du recyclage. En cas de succès, l’expérimentation sera généralisée à l’ensemble du territoire.

Promouvoir l’éco-conception

L’expérimentation permettra la collecte de quatre nouvelles résines de plastique et s’accompagnera du développement dans les centres de tri concernés de nouvelles techniques permettant de les recycler. Aujourd’hui cependant seuls 13 à 23% des matériaux d’un sachet plastique sont recyclables, ainsi récoltés ou non, il n’est pas possible de les recycler parfaitement. C’est pourquoi, Eco-Emballages incite, en amont, les producteurs de plastique à revoir leurs procédés de fabrication. La nouvelle tarification Point vert qui sera effective en 2012 en est, en partie, la manifestation. Un bonus (de 2 à 4 %) sera attribué aux industriels qui font l’effort de l’éco-conception et de la recyclabilité. En revanche un malus (de 50 à 100 %) pénalisera ceux qui ne travaillent pas dans ce sens. En parallèle, l’éco-organisme lance un appel à projets sur l’éco-conception des emballages plastique.

Pour les emballages qui ne pourront pas être recyclés, Eco-Emballages envisage une valorisation énergétique à haut rendement. L’éco-organisme affirme qu’aucun des nouveaux déchets collectés ne sera destiné à l’enfouissement.

Chercher les débouchés au recyclage

L’augmentation du volume de déchets amène le problème des débouchés de la nouvelle matière créée. Eric Brac de La Perrière, directeur général d’Eco-Emballages, justifie leur initiative : « c’est parce qu’il y a une demande qu’il y a recyclage ».

De plus, la volonté de l’organisme est d’accompagner le développement de nouvelles solutions industrielles pour concevoir des nouvelles techniques et processus permettant de recycler les nouvelles résines collectées. Eco-Emballages a, pour l’heure, sélectionné 9 projets répondant à cette problématique et espère que « la majorité des tonnages va être recyclée dans des nouvelles filières au cours des 3 prochaines années ».

« Plus d’un million de tonnes d’emballages en plastique sont mises sur le marché chaque année et seules 200.000 tonnes sont recyclées », soit un taux de recyclage de 22,5%, explique Eco-Emballages. Grâce à « une simplification du geste du tri », l’organisme espère augmenter à 40% le recyclage réalisé. La force de cette expérimentation réside dans l’implication de tous les acteurs de la chaine du tri, de la production à la valorisation matière. Le projet constitue « une première étape pour accélérer le recyclage en France » où la bonne volonté des sondés et des acteurs de la filière plastique sera seuls facteurs du succès…

Source: actu-environnement, commentcamarche.net, AFP

Méditerranée : quand le plastique tue la biodiversité marine

Deux récentes études scientifiques, menées par les chercheurs de l’Expédition MED (Méditerranée en Danger),  ont révélé la présence de 290 milliards de micro-fragments de plastiques dans les eaux méditerranéennes. Micro-plastiques ayant la fâcheuse faculté de fixer les polluants persistants et de les transmettre à la chaîne alimentaire via le phytoplancton, tuant, de ce fait, la biodiversité marine et affectant les consommateurs.

Photo: envi2bio.com

Une mer de plastiques

Dans le cadre de MED, les chercheurs ont mené deux campagnes scientifiques, en 2010 et 2011, afin de surveiller la qualité de l’eau et de la vie marine en Méditerranée. Les  quelque 290 millions de micro-plastiques flottant découverts dans la partie méditerranéenne nord-occidentale apparaissent comme une menace pour la chaîne alimentaire, les déchets polluants étant ingérés par les poissons. Les chercheurs ont décelé environ 115 000 éléments ou fragments de micro-déchets par km² dans cette même zone, avec un maximum atteignant 892 000 éléments, selon l’analyse pratiquée sur les prélèvements. L’équipe de scientifiques, issus d’une dizaine de laboratoires universitaires européens, comme l’Ifremer, l’Observatoire de Villefranche-sur-Mer, et le CNRS, a publié ses résultats, en avril 2012, dans le périodique scientifique « Marine Pollution Bulletin ». Bruno Dumontet, responsable de l’expédition déclare que « les données confirment et valident les premières études liées à la campagne 2010 ».

Une véritable « soupe de plastique » composée de 60 à 80% de déchets véhiculant des espèces invasives, telles que des plantes exotiques mettant « en péril la biodiversité marine » – en plus des polluants persistants – à l’origine de la polymérisation de la mer Méditerranée, a été mise en lumière. Ces micro-plastiques de 0,3 à 5 mm de grandeur, de diverses compositions, tels que les filaments, le polystyrène, les films minces en plastique, issus de la fragmentation des emballages et de résidus industriels, comme des billes de polystyrène, peuplent cette faune très particulière. Roland Courteau, Sénateur de l’Aude, alarmé par la pollution en Méditerranée, pointe du doigt « la biodégradabilité des sacs plastiques » estimée à seulement 30% et propose dans un rapport gouvernemental 10 pistes pour sortir de cette situation d’ici 2030. A l’heure où le 7ème continent s’étend de plus en plus dans le Pacifique, les expéditions MED permettent de connaître les impacts des micro-plastiques  sur la biodiversité marine.

Dangereux impacts sur la chaîne alimentaire

L’expédition MED, menée d’août à septembre 2011, exploite des techniques poussées d’observation et de collecte du milieu marin. Pour affiner les relevés des outils de mesure traditionnels des courants, dans lesquels vivent les planctons, les scientifiques ont utilisé deux flotteurs équipés de balises Argos. En complément, 240 prélèvement du milieu ont été effectués, certains jusqu’à 100 mètres de fond, dont 80 étaient composés de micros plastiques, et 160 de myctophidés, ces petits poissons situés à la base de la chaîne alimentaire aquatique, qui se nourrissent exclusivement de zooplanctons.

Les analyses pratiquées sur les myctophidés ont révélé la présence de micro-débris de plastique dans l’estomac de ces derniers. Le point noir que soulèvent ici les scientifiques du MED est que les myctophidés sont la source principale de nourriture des poissons pélagiques, comme le thon, l’espadon ou encore l’anchois, que nous avons l’habitude de consommer. Pour le directeur de l’expédition, les impacts sur les organismes marins sont énormes, et les risques sanitaires réels. Il signale qu’ « un million d’oiseaux de mer et 100 000 mammifères marins “meurent de nos déchets chaque année“ ». Les risques pour l’humain sont également bien réels, puisque les micro-plastiques que nous ingérons peuvent être de type POP (polluants organiques persistants) et les polluants chimiques de type polyéthylène, polypropylène et polyphénols, qui affectent les organismes.

La « nécessité » de poursuivre les recherches

Suite aux résultats alarmants qu’ils ont obtenus, les scientifiques de l’expédition ont décidé « d’interpeller l’Union Européenne et ont lancé une pétition européenne visant à recueillir plus d’un million de signatures dans le cadre des initiatives citoyennes prévues par le Traité de Lisbonne ». Ils espèrent ainsi que la Commission européenne règlementera plus sévèrement « l’éco-conception des produits et de leurs emballages ».

Afin de prendre toute la mesure des dangers que recèle cette pollution et pour trouver des solutions pour limiter « cette catastrophe écologique en Méditerranée », les expéditions vont être poursuivies entre 2012 et 2014 dans l’ensemble du bassin méditerranéen, allant des côtes maghrébines, à la Lybie, en passant par les îles grecques. Les scientifiques insistent sur la « nécessité » de faire des études complémentaires pour évaluer les mécanismes de transfert des composés chimiques de plastiques aux zooplanctons, et mesurer l’impact des micro-plastiques sur l’environnement.

Source : Actu-Environnement.com

 

Champignons mangeurs… de plastique !!!

Photo: Visoflora.com

Le plastique est un véritable fléau pour la planète aujourd’hui. Selon son type, il peut mettre entre 50 ans et 200 ans à se dégrader, c’est le cas des bouteilles d’eau. La découverte récente d’un champignon pouvant manger, mais aussi digérer le plastique, est donc considérée comme très prometteuse par les chercheurs.

Une découverte surprenante

Des chercheurs américains ont découvert en Amazonie une variété de champignons capables de dégrader le plastique, plus précisément le polyuréthane.  C’est un type de polymère très utilisé dans la fabrication d’adhésifs, de peintures, de mousses de plastique, de caoutchouc ou de certains métaux. Ce composé plastique ne peut être totalement dégradé et absolument pas être recyclé pour d’autres usages.

C’est l’étudiant Jonathan Russel, de l’Université de Yale, qui a isolé un enzyme contenu dans ce champignon, qui a la propriété d’affaiblir les liens chimiques du polymère. Une deuxième découverte insolite issue de recherches complémentaires sur deux souches de pestalotiopsis microspora a révélé, à la surprise des chercheurs, que l’enzyme fonctionne aussi en l’absence d’oxygène. Le champignon pourrait donc être utilisé dans les décharges publiques qui contiennent plusieurs couches de déchets enfouissant les plastiques. Le résultat en serait une meilleure oxygénation des sols et une dégradation naturelle plus efficace des déchets.

Espoir pour la préservation de l’environnement ?

Les recherches sont encore expérimentales, les champignons n’ayant pas encore développé « un arsenal d’enzymes suffisant pour dégrader les longues chaines synthétiques de carbone, hydrogène et autres éléments de composition des plastiques. » C’est pour cela que la recherche et les expérimentations doivent être poursuivies. Une action concrète est mise en place à Sao Polo, au Brésil, depuis le 3 avril, afin de réduire la distribution des sachets plastiques dans les supermarchés puis de l’abandonner. Cette action a pour but d’éduquer les consommateurs face au respect de l’environnement et à la pollution engendrée par l’abandon de plastiques dans la nature.

Les résultats de l’étude conduite sur les pestalotiopsis microspora ont été publiés dans la Revue Applied and Environmental Microbiology. La découverte de ces micro organismes capables de dégrader le polyuréthane, et peut-être d’autres types de plastiques, représente « une découverte à première vue extraordinaire », selon Bernard Henrissat, directeur de recherche au CNRS.

Ces champignons disposent d’un grand potentiel de biodégradation, l’étude pourrait présager de nouvelles stratégies environnementales permettant de réduire  l’impact des plastiques et autres polymères sur la nature.

Source : Greenetvert.fr