Viande artificielle : nourrir le monde et sauver la planète ?

Source: sequovia.com

 

Il y a déjà quelques années que l’idée de cultiver de la viande en laboratoire est soumise au public. Des chercheurs hollandais de l’université d’Eindhoven, aux Pays-Bas, s’attèlent à reproduire ses bienfaits en protéines, son aspect et éventuellement son goût.

La viande cultivée est une viande produite in vitro dans une culture de cellules, plutôt que dérivée d’un animal. Les cellules produites peuvent être récoltées, assaisonnées, cuisinées et consommées en tant que viande traitée, sans os, tels que saucisses, hamburgers ou  nuggets de poulet.

Aujourd’hui, la viande artificielle est à nouveau au menu du jour puisque les experts de l’Université d’Oxford ont publié le 17 juin dans la revue « Environmental sciences and technology », les conclusions de leur étude : la culture de la viande en laboratoire génère une quantité d’émissions de gaz à effet de serre bien plus petite que la production d’élevage conventionnelle.

Première commercialisation d’ici 5 ans

De plus en plus, les populations de pays émergents – d’Inde ou de Chine – peuvent se permettre d’ajouter de la viande à leur régime alimentaire. L’un des premiers objectifs de la culture en laboratoire serait de nourrir toute la planète. Les défenseurs du projet évoquent aussi la possibilité de préserver de l’eau et l’énergie. D’autant que les coûts de production seraient bien moins importants.

Hanna Tuomisto, l’une des chercheuses, prédit que si plus de ressources sont placées dans la recherche, les premières commercialisations de la viande cultivée pourraient être disponibles d’ici moins de cinq ans.

« Nous ne sommes pas en train de dire que nous pourrions, ou voudrions nécessairement, remplacer la viande conventionnelle par sa contrepartie cultivée dès maintenant. […] Simplement, la viande de culture est potentiellement un moyen de mettre de la viande sur la table plus efficace et respectueux de l’environnement » ajoute-t-elle.

Des recherches financées par PETA

Le soutien est présent. Les premiers pas de l’étude ont été développés par l’organisation à but non lucratif « New Harvest » dont le but était de trouver une alternative à la viande. Les premiers résultats de leur recherche ont été présentés lors d’une conférence en 2010. L’Association de défense du droit des animaux (PETA) fournit également des fonds à la recherche.

Cependant, la viande de synthèse montre, d’après l’étude, quelques implications complexes. Les chercheurs citent l’exemple de la production de viande de poulet qui consomme plus d’énergie si elle est réalisée en laboratoire qu’en élevage. Aussi précise que soit l’étude, elle ne montre pas les effets plus négatifs du transport ou de la réfrigération des aliments.

Les nouveaux arguments fournis à la recherche pour créer in vitro de la viande renouvelle le débat sur la scène publique. Peut-on croire à ce procédé révolutionnaire, capable de réduire la faim et le réchauffement climatique ? Peut-on être surs que les découvertes réalisées dans les pays développés seront diffusés dans les pays pauvres ?

Planète en danger : les ONG misent sur les actions chocs !

En plein sommet de l’ONU Rio+20, qui a réuni chefs d’Etat, délégations gouvernementales et chefs d’entreprises et voulaient engager le monde vers l’éradication de la pauvreté et la préservation de la nature, des ONG s’insurgent contre les « formules creuses » prononcées lors de cette cérémonie. Deux d’entre elles, Greenpeace et Mouvement pour le Développement Mondial, ont choisi de mener des actions chocs afin de faire comprendre que notre planète est en danger.

Photo: wikimedia.org

La planète mise en vente sur eBay

L’ONG britannique Mouvement pour le Développement Mondial a mis la planète aux enchères sur le célèbre site de vente aux enchères eBay. Un de ses plus précieux joyaux, la forêt amazonienne a été mise en vente pour la modique somme de… 1,5 dollar ! Pour Lidy Nacpil, coordinatrice du mouvement sur la dette et le développement, l’économie verte, placée tout en haut des priorités à Rio+20 n’est qu’« un écran de fumée pour les tentatives des riches pays industrialisés de privatiser la nature ». Elle poursuit : « cela va entraîner une augmentation de la destruction de l’environnement et faire monter les niveaux d’inégalité et de pauvreté, alors que nous devons mettre les gens avant le profit ».

Kirsty Wright, du Mouvement pour le développement mondial, explique qu’« en vendant ces sites naturels », son organisation ne fait « que suivre le point de vue britannique qui veut que la valeur intrinsèque des écosystèmes puisse maintenant être quantifiée, qu’on puisse les posséder, spéculer dessus et finalement les vendre à celui qui a le plus d’argent ». L’ONG a précisé que l’opération, qui proposait également la vente de divers lacs, des océans ou encore le tigre de Sumatra, a vite été interrompue par le site.

Cette action, mise en place pour faire comprendre aux industriels que la planète et ses richesses n’ont pas de prix, pourrait se conclure par l’explication du « vendeur » du tigre de Sumatra : « comme c’est une espèce en voie d’extinction, c’est vraiment la peine d’investir là-dedans. Il va garder sa valeur, ne manquez pas cette fabuleuse opportunité! ».

Greenpeace au secours de l’Arctique

Autre opération, sans doute plus consensuelle que la précédente, est mise en place par Greenpeace. C’est une nouvelle campagne « impliquant des acteurs, cinéastes, stars du rock et hommes d’affaires, pour faire de l’Arctique un sanctuaire vierge de forages pétroliers et de pêche industrielle ». C’est une des campagnes les plus ambitieuses réalisée par l’ONG et engage déjà « cent personnalités du monde entier ». Ces cent premiers noms sont inscrits sur un « rouleau arctique », présenté jeudi 21 juin au sommet Rio+20, jour « symbolique » puisque le plus long de l’année dans le cercle arctique qui bénéficie alors de 24 heures de soleil. Greenpeace compte planter ce rouleau « sur les fonds marins du Pôle nord » lorsqu’il contiendra 1000 noms. Un « drapeau du souvenir » sera placé à l’endroit où le rouleau aura été déposé. A ce jour, plus de 160 000 personnes ont signé la pétition disponible sur le site savethearctic.org.

Photo: wikimedia.org

Bien plus qu’une opération coup de poing, Greenpeace cherche à sensibiliser les publics, l’Arctique faisant « l’objet d’attaques » et ayant « besoin qu’on agisse pour le protéger », déclare Kumi Naidoo, le directeur général de Greenpeace International. Greenpeace explique qu’« actuellement, l’énorme espace autour des pôles nous appartient à tous, parce que la loi internationale le définit comme la haute mer ». Sachant que le changement climatique entraîne une montée des températures engendrant la fonte des glaces, les « états riverains de l’Arctique avancent des revendications territoriales sur le fond de la mer, “pour ouvrir la porte aux géants du pétrole“ », dont Shell. La compagnie devrait entamer « des forages exploratoires dans deux sites offshore de l’Arctique, près de l’Alaska » au cours des prochaines semaines, au grand damne des organisations protectrices de l’environnement. Sur ce point Kumi Naidoo indique qu’« une interdiction sur les forages offshore et la pêche non durable serait une grande victoire ».

De plus, les populations indigènes sont également menacées. Pour Rodion Sulyandziga, vice-président de Raipon, Association des peuples indigènes du nord, l’exploitation pétrolière de l’Arctique pourrait « mettre en péril l’existence et la survie des peuples indigènes ».

A quoi bon Rio+20 si les politiques « peinent à prendre des mesures fortes pour préserver l’environnement » ?

 

Sources : Goodplanet.info

Man and the Biosphere : 18 nouvelles réserves

La classification n’est évidemment pas suffisant, cependant l’intégration nouvelles de 18 sites au nombre de réserves de biosphère du programme MAB (Man and the Biosphere) est une étape positive dans la préservation de la planète.

Le programme MAB de l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) est caractérisé par une forte intégration des communautés locales afin qu’elles impliquent dans la gouvernance, la gestion, la recherche, la formation et le suivi du site protégé. Il privilégie une approche qui associe conservation de la nature et développement socio-économique.

Ainsi ces inscriptions au patrimoine naturelle ont permis à la Lituanie, aux Maldives et au Togo de voir, pour la première fois, la reconnaissance de leurs réserves. A l’inverse, l’Australie a décidé de retirer l’île Macquarie du Réseau mondial de réserves de biosphère car cette dernière ne compte aucun habitant alors qu’il s’agit d’un critère du réseau mondial depuis 1995.

Chacun des sites réaffirme les objectifs de l’Unesco que ce soit l’accélération du développement durable et la gestion globale des sites  à l’exemple du lac Bras d’Or du Canada – mer intérieure salée qui communique avec l’Atlantique et abrite 14.000 personnes, l’accent sur la grande diversité culturelle comme sur la montagne Mao’er, en Chine, où plusieurs minorités cohabitent avec les Chinois Han. La promotion des technologies vertes et les économies d’énergie sont elles aussi mise en valeur grâce au programme MAB, qui félicite le dynamisme des habitants de l’archipel Blekinge, au Sud-est de la Suède.

Suite à la conférence de Dresde, on dénombre 580 réserves de biopshère du MAB dans 11 pays du globe. La question des moyens et du respect des engagements reste toujours à vérifier sur le long-terme.

Source: actu environnement, tela-botanica