OMI : entrée en vigueur d’une nouvelle régulation sur la pollution marine dans l’Antarctique

Soucieuse de réduire la pollution dans l’océan Antarctique, l’Organisation maritime mondiale (OMI) a déclaré dans un communiqué que la nouvelle régulation permettant de lutter contre la pollution dégagée par les navires transitant dans la région de l’Antarctique entrait en vigueur, hier, le 1er août.

Des amendements à la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) détaillent la densité spécifique de pétrole brut qui ne devrait pas être utilisée par les navires sillonnant l’Antarctique. En dessous de cette densité fixée, le carburant est considéré comme de moindre qualité. Ainsi « les navires de commerce comme ceux de passagers auront besoin de changer de carburant lorsqu’ils transitent par la zone de l’Antarctique », explique l’OMI, lorsque ces cargos navigueront avec du carburant de qualité inférieure.

La Convention prévoit aussi une zone nord-américaine de contrôle des émissions (ECA), dans laquelle les émissions d’oxydes de soufre, d’oxydes d’azote et d’autres produits provenant des navires seront soumises à des contrôles plus sévères que les limites qui sont actuellement appliquées.

La pollution a un impact considérable sur les glaciers des pôles. La revue scientifique Nature Climate Change a révélé d’ailleurs récemment que les polluants piégés dans les glaces se volatilisaient dans l’air à cause du réchauffement climatique, alimentant l’effet de serre… L’entrée en vigueur de cette mesure marque donc une étape concrète pour réduire les émissions de gaz polluants nuisibles à l’environnement.

Initiative bretonne rarissime pour l’environnement

Sept villages bretons ont décidé de prendre leur environnement rural en main. Décidés à en finir avec leurs excédents de lisier et à donner un coup de fouet à leur activité économique, à sept, ils ont décidé d’adopter un plan territoire 100% énergies renouvelables et locales d’ici 2030, une démarche rarissime en France.

«Très tôt, on a pris conscience que si on voulait continuer à vivre dans ce territoire rural, il fallait se prendre en main tout seul»

Jacky Aignel, vice-président énergie de la communauté de communes du Mené (Côtes-d’Armor), primée pôle d’excellence rurale en 2010, raconte que l’idée de développer une filière fondée sur les énergies renouvelables naît au début des années 2000 à partir des réflexions d’agriculteurs s’inquiétant de leur impact environnemental et d’élus soucieux du développement économique local. « A l’époque, on nous prenait pour des barjots » rappelle-t-il.

Premier objectif de la démarche: 2013, plus de 20% de l’énergie consommée d’origine renouvelable

Les responsables du projet cherchent la diversification du bouquet énergétique et aussi du tissu économique et social afin de maintenir l’activité agricole dans ce micro-territoire de 165 km2  de 6.500 habitants. Les villages voudraient s’émanciper du fioul dont les cours sont élevés et volatiles.

La première installation d’une huilerie de colza-carburant a été inaugurée en 2007 à Saint-Gouéno. Par un processus de pressage à froid, les graines de colza donnent une huile pouvant alimenter les moteurs diesel des tracteurs, ainsi que des tourteaux pour le bétail. « Ceux-ci sont utilisés localement par des éleveurs de vaches laitières, qui n’ont plus besoin d’importer des tourteaux de soja du Brésil », se félicite Laurent Gaudicheau, directeur de la communauté de communes. « Il est plus intéressant de vendre cette huile pour acheter du fioul mais, pour autant, si le pétrole continue à flamber, notre outil sera prêt… », assure-t-il.

On observe aussi un réseau de chaleur mis en place dans deux autres communes et bientôt généralisé à toute la communauté, une nouvelle usine de méthanisation Géotexia, inaugurée en juin dernier, irriguant une plantation de saules pour le bois de chauffage. Les éleveurs porcins, eux, se sont engagés à ne pas augmenter leur cheptel. On évoque aussi un projet participatif de parcs éoliens d’une puissance totale de 25 mégawatts et un ensemble de 35 nouveaux logements ne générant pas de dépenses d’énergie pour les habitants.

L’initiative est un choix clair afin de continuer à vivre dans ce territoire rural. Les agriculteurs ont mis en route une boucle vertueuse, se félicite Dominique Rocaboy, agriculteur et président de la structure. Aussi d’un problème environnemental, on peut arriver à faire une économie basée sur la filière énergétique durable, analyse Laurent Gaudicheau à propos de l’initiation d’une trentaine d’éleveurs porcins qui apporte plus de 75.000 tonnes de déchets, lisiers et boues issues de la filière agroalimentaire.

Sources: AFP, journaldelenvironnement, nouvelobs, romandie

Nigéria : Shell appelé à verser 1 milliard de dollars par Amnesty International pour le delta du Niger

Photo de Jean Farr (Flickr) rnw.nl

Amnesty International, dans un nouveau rapport publié il y a une semaine (à lire ici), et à travers une vidéo disponible ici, peu relayés par les médias francophones, demande à Shell de s’engager à verser 1 milliard de dollars afin d’amorcer le nettoyage du Delta du Niger, « victime de deux fuites de pétrole dévastatrices en 2008 ». En août dernier, Shell avait reconnu sa responsabilité dans ces déversements de pétrole ayant fortement impacté les pêcheurs de Bodo, dans l’Ogoniland.

Alors que la communauté Bodo, qui compterait près de 69 000 membres, a lancé une procédure devant les tribunaux britanniques, Amnesty International et le Centre pour l’Environnement, les droits de l’Homme et le développement (CEHRD) appellent Shell à verser immédiatement l’argent en vue de réparer les dommages causés par l’oléoduc Trans-Niger.

Aster van Kregten, chercheuse d’Amnesty pour le Nigéria, affirme qu’ « il est temps que cette société qui vaut plusieurs milliards de dollars assume sa responsabilité, nettoie et passe à la caisse » ; « l’incapacité de Shell à stopper rapidement et à nettoyer les déversements de pétrole de Bodo a ruiné la vie de dizaines de milliers de personnes ».

Patrick Naagbanton, du CEHRD, explique qu’en raison de « l’impuissance des agences nigérianes », le rapport réclame la création d’un « organisme de contrôle indépendant et doté de ressources suffisantes ».

Shell indique dans un communiqué être « déjà en train d’appliquer beaucoup des recommandations du rapport », notamment par le versement de « dédommagements adéquats dont le montant est actuellement l’objet de procédures légales au Royaume-Uni ». L’entreprise argue que des actes de « sabotages et de vol de pétrole », par des siphonages sur l’oléoduc, pratique qui avait notamment été à l’origine d’un véritable charnier au Kenya à la mi-septembre, retardent le nettoyage de la région. Amnesty conteste cette « excuse » qu’elle estime non recevable.

L’Ogoniland est tellement pollué depuis des années que les Nations Unies se sont saisies de la problématique, en recommandant la « mise en place d’un fonds de restauration de l’environnement doté de 1 milliard de dollars, avec un financement additionnel ultérieur ».

Entreprises, institutions locales, ONG, Nations-Unies, institutions juridiques britanniques, des acteurs prennent donc position à différents niveaux…un « flou juridique » semble bien expliquer aussi la lenteur du processus de nettoyage de l’environnement ogoni.

Jacques Viers, responsable de la commission entreprise à Amnesty International France, plaide pour « une réglementation internationale obligeant les compagnies pétrolières à respecter les droits humains, partout où elles interviennent y compris à l’étranger ».

Sources : 20minutes.fr, Rfi.fr, Jeuneafrique.com

Angola : nouveau membre de l’Agence internationale de l’énergie renouvelable

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L’Angola a annoncé hier que suite à l’approbation de sa candidature par le conseil d’administration de l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (IRENA), transmise à l’Allemagne, pays dépositaire, le pays en deviendrait un membre à part entière.

La délégation angolaise auprès du conseil de l’agence, réuni à Abou Dhabi, aux Emirats Arabes Unis, depuis dimanche dernier, est conduite par Joao Baptista Borges, secrétaire d’Etat à l’énergie, Sandra Cristao, secrétaire d’Etat à la coopération internationale et par Kiala Pierre, directeur national des énergies renouvelables.

L’Angola, aujourd’hui « simple membre observateur », deviendra donc un membre effectif, « grâce à la ratification par son gouvernement de la charte de l’agence », selon le centre de documentation et d’information du ministère de l’Energie et Eaux. Ce nouveau statut permettra au pays de « bénéficier d’informations sur les énergies renouvelables » ainsi que « d’assistance technique pour la mise en œuvre de projets dans le domaine des énergies renouvelables ».

C’est avec satisfaction que nous prenons acte des signaux émis par le gouvernement angolais en matière de promotion des énergies nouvelles, alors que l’Angola figure, aux côtés du Nigéria, parmi les plus importants producteurs de pétrole d’Afrique, avec « une capacité de production d’environ 1,8 million à 2 millions de barils par jour ».

L’assemblée générale de l’IRENA se tiendra du 14 au 15 janvier 2012, à Abou Dhabi.

Sources : Afriquinfos.com, Portalangop.co.ao

US Army : le virage énergétique

L’armée américaine n’a pas attendu les révélations de l’ancien général Steve Anderson (voir R&E) sur le surprenant montant dédié à la climatisation des soldats en Afghanistan pour revoir sa politique énergétique. Le Département de la Défense Américain vient de publier un document exceptionnel sur la stratégie future de consommation énergétique par l’armée américaine et sa volonté d’indépendance face au pétrole.

1,5 fois la consommation de pétrole de la Suisse

Le pentagone est le plus grand consommateur de pétrole du monde : elle consomme chaque jour 320.000 barils de pétrole ou 19 milliards de litres/an. Sa facture énergétique, toutes énergies confondues, a augmenté de 225% en moins de 15 ans et pourrait rapidement doubler si rien n’est entrepris.

En Afghanistan, l’énergie est devenue un enjeu stratégique prioritaire. Les transports de carburants sont les convois sont les plus vulnérables face aux tirs des talibans. Selon le Corps des Marines, sur les 3000 soldats morts au front, 80% d’entre eux étaient des militaires chargés de protéger les transports de carburant – il y a un mort tous les 24 convois.

Les équipements modernes qui assurent le lien entre les commandements armée et les troupes sont gourmands en énergie. Les chiffres sont édifiants : un Marine transporte sur lui… 33 batteries pesant 3,5 kg qui doivent être rechargées toutes les 72 heures par des génératrices à essence et si un militaire nécessitait 3,7 litres d’essence par jour en 1945, le même soldat américain en consomme aujourd’hui 65…

Inquiet de la hausse de la consommation énergétique de son armée, l’Etat major craint les crises pétrolières et l’explosion des factures induites. Ainsi le plus grand consommateur mondial tente de contourner ce problème stratégique en investissant dans les nouvelles technologies renouvelables.

La conversion aux biocarburants

La Navy est l’unité de l’armée la plus engagée vers une véritable réforme énergétique. Elle a décidé, d’ici à 2020, de diminuer sa consommation de carburant de 50% et d’implémenter un système de conversion de «déchets en carburants » (biogaz). Plusieurs vaisseaux vont devenir hybrides et être propulsés par l’électricité.

Les infrastructures américaines en dehors du territoire vont être converties aux biocarburants et promouvoir l’énergie positive – produire plus d’énergie qu’elles n’en consomment. Déjà de nombreuses bases sont équipées entièrement à l’énergie solaire et éolienne et l’installation de smart grids – «réseau électrique intelligent » – maximaliseront l’utilisation de l’électricité.

L’objectif de l’armée est de réduire sa consommation énergétique de 20% et d’atteindre 30% d’efficacité énergétique par la diminution des transports inutiles particulièrement dans l’US Air Force. L’économie est estimée à 400 millions de dollars.

Le revirement de situation du Pentagone trouve sa concrétisation par l’investissement massif dans les énergies renouvelables pendant longtemps marginal. La crainte de la pénurie de pétrole et l’explosion du budget énergétique deviennent aujourd’hui les facteurs moteurs du changement vers une politique énergétique plus responsable de son impact sur l’environnement.

L’espoir réside d’ailleurs dans les propos d’Amory Lovins, président du Rocky Mountain Institute, consultant indépendant et conseiller du Pentagone, pour qui le plan de l’armée américaine marque un tournant. Il déclare en effet que «la démarche du Pentagone aura des effets majeurs sur la consommation et l’utilisation de l’énergie aux Etats-Unis et dans le monde. […] La révolution énergique en sera accélérée.»

Source: 2000watts, le Temps

Inflation des prix agricoles et G20

 

Source: site ocde

Dans un nouveau rapport publié le 31 mai, Oxfam souligne que les défaillances de l’actuel système alimentaire mondial et les conséquences du changement climatique vont entrainer de nouvelles crises marquées par l’épuisement des ressources naturelles et l’augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde. Les prévisions du rapport sont terribles : le prix des cultures de base augmenterait de 120 à 180 % d’ici 2030.

 

Pourquoi les prix flambent ?

Les prix flambent et provoquent la famine. L’inflation des prix de l’alimentation a de nombreuses causes.

L’ONG l’explique par les conditions d’offre de produits agricole, que ce soit la spéculation sur les matières premières ou l’augmentation du cours du pétrole qui a provoqué l’augmentation des prix des engrais et des transports ou encore les accidents dus au changement climatique (sècheresse, inondations, vagues de froid…).

La demande augmente énormément sous l’effet de la croissance de la population mondiale. L’ONG Oxfam dénonce aussi l’utilisation de la nourriture comme matière première pour la production de biocarburants qui concurrence les cultures alimentaires.

Le NPA y voit les revers d’ « autres causes plus structurelles [qui] ont mis à mal la souveraineté alimentaire des pays du nord comme du sud ». Pour eux, « le problème n’est donc pas, comme on voudrait nous le faire croire, le manque de nourriture mais la répartition et l’accès pour la moitié de la population mondiale déjà concernée par la crise alimentaire » des denrées existantes. Le mouvement anticapitaliste regrette le « développement d’un modèle agricole productiviste » et « des programmes d’ajustement structurel imposés au pays du sud pour assurer le remboursement de leur « dette » » qui nuisent finalement à leur agriculture. La destruction des barrières douanières des pays du sud soumet leurs paysans à produire pour exporter et non pour vivre…

Le rapport Oxfam souligne aussi l’impact négatif des politiques inefficaces des gouvernements et du comportement des grandes entreprises tirant bénéfice de ces politiques et faisant pression pour leur maintien.

 

Quelles victimes ?

« Les pauvres des pays pauvres, et les éleveurs des pays riches » sont les victimes de cette crise, affirme Philippe Chalmin, de l’université Paris-Dauphine.

Dans les pays développés, on observe l’augmentation des prix à la consommation (de 2,1% en France). La déclaration du G8 de Deauville les 26 et 27 mai concluaient que « la forte augmentation des prix des matières premières et leur volatilité excessive gênent considérablement la reprise » de l’économie.

« 44 millions de personnes […] sont tombées dans la misère depuis juin dernier sous le coup de la flambée des prix » déclare la Banque Mondiale. Oxfam envisage un scénario catastrophe surtout dans les pays pauvres importateurs de denrées alimentaires. Mais le pessimisme ne gagne pas tout le monde et Concepcion Calpe, économiste de la FAO estime qu’ « on a encore énormément de potentiels pour éviter une crise alimentaire »…

 

Que faire d’un tel constat ?

Une semaine avant la rencontre ministérielle du G20 agricole qui se tiendra à Paris les 22 et 23 juin, Oxfam appelle les pays du G20 à agir. Les gouvernements doivent investir dans l’agriculture paysanne et familiale, en valorisant les ressources naturelles, en gérant mieux le système alimentaire et en assurant l’égalité hommes – femmes.

Un rapport confidentiel de Pierre Jacquet, économiste en chef de l’Agence française de développement a été remis à Nicolas Sarkozy. Il juge impossible d’encadrer la spéculation, malgré l’objectif affiché de la présidence du G20 et propose 6 points pour réguler la hausse du cours des matières premières (les points ont, eux, été communiqués).

De nombreux désaccords subsistent entre les Etats-Unis, la Chine et l’Europe. Mais le ministre français de l’Agriculture, Bruno Le Maire reste confiant sur la capacité des pays du G20 agricole à trouver fin juin un accord pour lutter contre la volatilité des prix. A la demande américaine, aucune réglementation financière ne sera étudiée lors du sommet.

Ainsi les 400 représentants dont 250 délégués de 120 organisations agricoles et paysannes de 80 pays répartis sur les 5 continents discuteront de l’avenir de l’agriculture mondiale dans les locaux de l’OCDE de Paris. L’objectif vise à établir une vraie régulation pour le G20 de Cannes, début novembre. Mais le risque de l’absence de consensus subsiste…