L’extinction de l’espèce de dauphin la plus rare au monde ?

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« Cinq dauphins au large de la ville d’Hamilton « ,

Source :http://a401.idata.over-blog.com

 

L’extinction des dauphins Maui, la plus rare au monde, est-elle proche ? En effet, il ne reste plus que 55 cétacés adultes (identifiés à ce jour) de cette espèce qui vit uniquement au large de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande.

 

Alors que les défenseurs de la vie sauvage mettent la pression sur Wellington pour éviter qu’il disparaisse à jamais, le Maui est à l’ordre du jour de la réunion du comité scientifique de la Commission baleinière internationale, qui s’est tenue le 15 juin 2014 à Jeju, en Corée du Sud. La réunion n’a malheureusement pas permis de résoudre la question. L’ONG très active Sea Shepherd, fondée par Paul Watson en 1977, vient de lancer une action de mobilisation contre les pécheurs et les industries extractives qui prospectent dans le secteur.
De petite taille (170 cm au maximum), gris et blanc, le dauphin Maui tient son nom d’un demi-dieu polynésien. Au regard du nombre réduit de survivants, les experts estiment probable son extinction d’ici 2030 au plus tard si aucune mesure d’urgence n’est prise. Cette espèce de dauphin n’a été observée que dans les eaux peu profondes en bordure de la côte occidentale de l’île du Nord. Sachant que la période de gestation de la femelle varie de deux à quatre ans, les risques de disparition définitive de cette espèce de dauphin pourraient-être imminents.

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Source : http://www.lets-face-it-dolphins.com

 

Les filets de pêches et l’immobilisme du gouvernement, principaux coupables
Cinq de ces cétacés sont tués tous les ans par les pêcheurs, lors de prises accidentelles, selon Liz Slooten, professeur de zoologie à l’Université d’Otago (Dunedin en Nouvelle-Zélande), citant un rapport d’experts commandité par le gouvernement. « Ces dauphins sont au bord de l’extinction. Si on ne fait pas quelque chose tout de suite, jamais ils ne survivront », prévient-elle. Selon Wellington, les filets maillants, ces filets de nylon de plusieurs kilomètres de long, fixés verticalement et laissés dans l’eau pendant de longues périodes, sont la principale cause de disparition des dauphins. Par ailleurs, plusieurs associations de défense de la biodiversité suspectent l’exploitation minière des fonds sous-marins d’être l’une des raisons de l’extinction progressive de l’animal, y compris la surveillance sismique. Ces missions ont repris en 2014 avec l’attribution par la Nouvelle-Zélande d’une licence d’exploration pétrolière à un consortium d’entreprises et ce, malgré la catastrophe écologique datée d’octobre 2011, lors de laquelle un cargo s’était échoué au large des côtes du pays, provoquant une importante marée noire.
L’an dernier, quelques restrictions ont été prises en matière de filets maillants et de pêche au chalut, dans la zone de vie des dauphins Maui. Mais le gouvernement néo-zélandais a refusé de les interdire complètement, comme le recommandait la Commission baleinière internationale. Il a préféré ouvrir une enquête pour la mise en place d’un programme de sauvegarde, qui doit évaluer les risques pour les dauphins et ceux encourus par « les communautés de pêcheurs si la pêche est interdite ».
L’enquête a pris fin en novembre. Aucune mesure n’a été annoncée par le gouvernement, accusé par les écologistes d’immobilisme et de défendre les intérêts des lobbys pétroliers. « Le temps est un facteur essentiel avec des populations aussi basses, leur nombre peut chuter d’un coup », s’inquiète Karli Thomas, membre de Greenpeace. «Nous craignons que le gouvernement fasse trainer les choses jusqu’à un point de non-retour. Attendre qu’on n’en parle plus, faute de survivant, n’est pas une solution».

 

L’image de la Nouvelle-Zélande écornée
Sur la côte de l’île nord néo-zélandaise, les pêcheurs démentent être la cause de la disparition du mammifère marin. Ils se voient comme le bouc émissaire des défenseurs de l’environnement. «En 25 ans, il n’y a eu qu’un seul dauphin Maui pêché par accident», assure Keith Mawson, un représentant de l’industrie de la pêche de la région. «Vous pouvez éliminer tous les droits de pêche le long de la côte ouest, ça ne garantira pas la survie du dauphin », a-t-il rappelé.
L’affaire du dauphin Maui nuit à l’image de la Nouvelle-Zélande, réputée pour sa nature sauvage et intacte. Le pays, qui vante ses paysages « 100% purs » dans les campagnes touristiques à travers le monde, doit agir rapidement, estime la Société pour les mammifères marins. « Les gens viennent ici parce qu’ils savent que nous sommes respectueux de la nature, c’est l’image que nous cherchons à promouvoir », rappelle Phil McCabe, qui possède une agence de tourisme.
L’inaction de Wellington risque de lui valoir une image d’hypocrite, renchérit Liz Slooten, la zoologue de l’université d’Otago. « Les Japonais n’ont pas manqué de noter que nous les critiquons pour la pêche à la baleine mais nous ne bougeons pas le petit doigt pour sauver nos propres dauphins de l’extinction ».
L’organisation non gouvernementale World Wildlife Foundation a par ailleurs lancé le 20 mai 2014 une campagne baptisée « The Last 55 » pour appeler le gouvernement néo-zélandais à interdire totalement la pêche au filet et au chalut le long des côtes de l’île du Nord où vivent ces cétacés. Bien que leur objectif soit identique, leur action est différente de Sea Shepherd, car le groupe est bien plus modéré dans ses modalités d’action.

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Source : www.wwf.org

PNUE : protéger les eaux en haute mer

Source: Antoine STANISIERE sur artactif.com

 

Si les eaux territoriales sont soumises à la protection des Etats, les eaux internationales ou hautes-mers sont sous la tutelle des autorités internationales. Un récent rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), intitulé « Perspectives Environnementales Mondiales », conclut que les trois quarts de cette zone sont exploités au-delà de leur capacité maximale par le secteur de la pêche maritime.

Une étude précédant ces conclusions – celui du congrès du Programme international sur l’Etat des Océans (Ipso) – dénonçait également la surpêche de cette zone, la pollution détruisant des habitats entiers, acidifiant les eaux et l’augmentation de température des océans.

Ce panel scientifique concluait qu’au cours du demi-milliard d’années écoulées, cinq extinctions de masses sont survenues après des calamités naturelles, au cours desquelles plus de 50% des espèces existantes ont disparu.

Le PNUE dénonce une faiblesse dans l’application des engagements pris dès le sommet de la Terre, à Rio au Brésil, en 1992. Les eaux de hautes mers sont protégées mais la pression de la pêche détériore la biodiversité sous-marine. La surpêche s’explique d’après Achim Steiner, vice secrétaire de l’ONU et directeur du PNUE, par les subventions des Etats à leur industrie maritime : « il y a deux fois plus de navires de pêche industrielle présents pour capturer du poisson que les océans ne peuvent en supporter ». A la fragmentation des juridictions nationales de préservation des océans, s’ajoute l’apparente surdité des gouvernements aux cris alarmants de leurs propres experts. Tous les pays exploitent mais aucun ne gèrent au final.

Une série de résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies depuis 2004, a permis d’élaborer un régime de protection de la biodiversité dans les profondeurs marines. Mais les résultats restent limités. Il faut repenser la gouvernance des océans et le processus de mise en œuvre des engagements. A ce sujet,  les gouvernements se réuniront à New York à la fin du mois de juin, pour préparer le sommet de Juin 2012 de Rio, et se concentreront notamment sur la problématique des océans.

Il devient nécessaire d’adopter des mesures au niveau international pour la conception et la gestion des régions marines protégées dans les eaux internationales, décrit le rapport de la PNUE. L’agence onusienne estime que 110 milliards de dollars d’investissements sont nécessaires dans les prochaines années pour gérer la pêche et amener les fonds marins de « récupérer

Le monde ne peut plus se permettre de retarder la restauration de la santé et la richesse des océans. Le demi-milliard de personnes qui dépendent d’une industrie de pêche en bonne santé, et le milliard qui dépendent du poisson comme principale source de protéines, ne peuvent attendre la communauté internationale, encore 20 ans, pour agir.

Sources: mediaterre, actualites-news-environnement.com, romandie, lefigaro, radio-canada

Bahamas : la pêche au requin interdite

Après une longue campagne de sensibilisation contre la surpêche des requins et la publication d’un rapport sur leur rôle important dans l’écosystème, l’association américaine Pew Environment Group (Peg) a eu raison des réticences des autorités au Bahamas ; la pêche au requin y est aujourd’hui interdite. La pêche à la palangre – une technique de pêche – y était déjà interdite depuis 20 ans mais les pêcheurs commerciaux pouvaient toujours capturer des requins à l’aide de méthodes moins populaires…

Dans le rapport publié en juin, l’association explique que la surpêche est responsable chaque année de la disparition de 73 millions de ces grands prédateurs, recherchés principalement pour leurs ailerons consommés dans une soupe traditionnelle chinoise. C’est un commerce très lucratif, en hausse ces dernières années, qui entraine cependant la disparition annuelle de 73 millions de ces poissons. L’association avait vivement sonné l’alerte lorsqu’une entreprise localisée dans l’archipel avait déclaré vouloir exporter les ailerons vers Hong Kong, en Chine.

 

Une préservation lucrative

Les Bahamas ont prohibé la pêche et le commerce du requin dans ses eaux territoriales (630.000 km2). Ceci n’est pas sans bénéfices pour l’archipel qui retire chaque année 80 millions de dollars de la plongée aux requins.

La préservation a été compliquée à mettre en place et l’embargo sur le commerce d’ailerons de requins est difficile à maintenir. La Californie, aux Etats-Unis, a maintes fois tenté de l’appliquer mais la résistance de sa population sino-américaine l’oblige souvent à revoir ses positions à la baisse.

Les Bahamas sont aujourd’hui le dernier pays en date à interdire la pêche au requin. Parmi les plus grands consommateurs, la Chine a pris peu d’initiative dans ce sens, à l’exception notable de la proposition du milliardaire et député chinois Ding Liguo, qui a demandé cette année un embargo total sur le commerce d’ailerons de requins.

Sur la plage de « Jaws » de l’île principale de l’archipel, les caméras avaient pris place pour le tournage des « Dents de la mer » en 1975. L’an dernier encore, les restes d’un plaisancier, porté disparu de cette plage, étaient retrouvés dans l’estomac d’un requin-tigre. Le requin alimente toujours les peurs les plus fantasmées parfois fondées. De nombreuses personnes s’interrogent : aurions-nous tort de protéger un mangeur d’Homme ? La protection de la nature passe finalement par la fin d’une vision anthropocentrée pour une perspective plus lointaine…bénéfique pour la planète, et finalement aussi pour l’Homme.

Source: cyberpress, tahiti-info

 

UE : pêcheurs et poissons du monde protégés par les Nations Unies

corbisimages.com

Aujourd’hui, le Parlement européen a voté une résolution visant à protéger aussi bien les pêcheurs européens qui respectent la loi que les poissons peuplant les océans. La pêche illégale représenterait près de « 15 % des prises mondiales, soit entre 11 et 26 millions de tonnes chaque année ». Il apparaît impossible d’assurer une gestion durable des ressources marines sans lutter contre la pêche illégale.

D’après cette résolution, proposée par l’eurodéputée Isabella Lövin, membre de L’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE), adoptée à une large majorité (491 voix pour, 7 voix contre et 24 abstentions), l’Union européenne doit promouvoir des actions coordonnées sur la scène internationale en vue de combattre la pêche illégale, notamment multiplier les inspections en mer, fermer les marchés aux produits issus de la pêche illégale, et imposer des sanctions aux Etats négligents.

D’après le Parlement, qui communique à ce sujet, « étant donné que deux tiers des océans échappent à toute juridiction nationale et compte tenu de la mobilité élevée des stocks de poissons et des flottes de pêche, seule une coopération internationale permettra de lutte efficacement contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) ». Les députés jugent que l’UE, « première puissance dans le domaine de la pêche », doit jouer « un rôle clé en vue de mobiliser la communauté internationale dans la lutte contre la pêche INN ».

La journaliste et députée écologiste Isabella Lövin déclare que « l’Union européenne doit faire davantage en vue de promouvoir une coopération internationale efficace pour lutter contre la pêche illégale ». Elle appelle à « garantir que les opérateurs sans scrupules ne puissent pas simplement changer le drapeau de leur navire pour échapper à leurs responsabilités. Alors que de nombreux stocks de poissons sont déjà sérieusement menacés dans le monde entier, la pêche illégale pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder  le vase ».

Vers des casques bleus de la mer ?

Le Parlement exhorte donc la Commission et les Etats membres à mettre cette problématique sur l’agenda international et « à consulter les grands Etats de commercialisation, tels que les Etats-Unis, le Japon et la Chine » pour définir des instruments juridiques internationaux afin de mettre un terme au commerce relevant de la pêche INN, de le poursuivre et de le sanctionner. Cet arsenal institutionnel serait envisagé sous l’égide des Nations Unies, bien que le rôle des organisations régionales de gestion de la pêche soit aussi renforcé.

Parmi les mesures envisagées :

– l’enregistrement obligatoire des navires de pêche de plus de 10 GT ;

– l’établissement de schémas de documentation des captures ;

– l’utilisation obligatoire de systèmes de surveillance de navires par satellite (SSN) ;

– l’échange d’informations sur les activités des navires ;

– le contrôle des importations ;

– un accord sur la fermeture des marchés aux produits de la pêche capturés illégalement.

Vers une liste noire des navires impliqués dans la pêche illégale ?

Les députés européens demandent à l’UE de dresser une liste des bateaux de pêche illégale ainsi que  d’établir un « registre des navires de pêche autorisés à pêcher ».

Les Etats négligents sanctionnés

Les Etats ne respectant leurs obligations internationales devraient faire l’objet de sanctions, selon la résolution. Enfin, les députés demandent à la Commission d’examiner « la possibilité que l’aide octroyée via le système de préférences généralisées de l’UE ne soit allouée que si le pays candidat respecte les règles de la FAO et de l’ONU visant à lutter contre la pêche INN ».

Source : Europarl.europa.eu

Le dauphin rose de l’Amazone en péril

Alors que la protection de la forêt amazonienne truste le haut du pavé en Amérique du Sud, un autre symbole issu de la faune de la région cette fois ci s’avère être menacé d’extinction si rien n’est fait dans les années à venir. Il s’agit du dauphin d’eau douce du fleuve Amazone, autrement nommé dauphin rose en raison de sa teinte particulière.

Sa population aujourd’hui estimée à 30.000 individus ne cesse en effet de décroitre en raison d’un braconnage tenace, et ce à un rythme de 10 % par an si l’on en croit les chercheurs de l’institut national de recherche en Amazonie (INPA).

Ce braconnage s’explique par deux facteurs. Le malheureux dauphin est tout d’abord perçu comme un concurrent de poids par les villageois habitants les rives du fleuve, très dépendants de la pêche pour s’assurer un revenu et une alimentation pérenne. Il se révèle ensuite être un appât de choix pour la traque du silure, une prise pouvant atteindre jusqu’à 2 mètres 50 de long pour 250 kg, et se monnayer au prix fort.

Mais le problème majeur reste qu’aucune mesure concrète n’est pour l’heure mise en œuvre pour endiguer ce phénomène. Selon l’agence environnementale brésilienne IBAMA, moins de cinq agents seulement sont en charge de la protection de la faune dans l’Etat d’Amazonas, particulièrement touché, d’une superficie équivalente à deux fois la taille du Texas. Le fait est que le gouvernement concentre son action sur la lutte contre la déforestation…

Sénégal : 3000 à 5000 filets de pêche perdus

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3000 à 5000 filets perdus continuent à pêcher les ressources au fond de l’océan entre Kayar et Joal Fadiouth, au Sénégal. L’Organisation non-gouvernementale Oceanium de Dakar a révélé cette « estimation assez exacte »  ce mardi 2 août.

 

« Deux tonnes de poissons capturés qui pourrissent dans l’eau »

Les filets perdus proviennent de différentes pratiques de pêche. Il y a des filets pour la capture des seiches, du symbium-symbium, ainsi que des filets en coton et beaucoup de filets abandonnés par les chalutiers industriels.

Le plus dangereux des filets est le mono filament en nylon qui n’est pas biodégradable. Ainsi à la dérive en mer lorsqu’il est perdu, « il va y rester et continuer à pécher pendant très longtemps », explique Aly Haidar, écologiste et président de l’ONG Oceanium. Une loi sénégalaise datant de 1998 interdit la pêche avec le mono filament en nylon. Mais cette interdiction n’a jamais été accompagnée de mesures d’application, que ce soit pour la pêche artisanale ou la pêche industrielle pratiquée par des flottes étrangères.

Mais tous ces filets, une fois dans l’eau lorsqu’ils se désagrègent, libèrent des matières toxiques dans l’écosystème. Les filets prennent 600 ans pour une désagrégation complète. « En réalité, a-t-il poursuivi, il va pêcher à peu près sur une durée de deux ans pour ensuite s’affaisser au fond de la mer, tout en continuant à tuer les coquillages. »

Les filets à la dérive pêche le poisson qui meurt une fois piégé, pourrit et attire d’autres prédateurs qui seront également piégés.

 

Une manifestation pour lutter contre ce désastre

De nombreuses espèces sont menacées, le requin scie qui figure comme emblème de la monnaie régionale ouest-Africaine, a presque disparu à cause des filets perdus. « Cela est dû au fait que le rostre dentelé du requin scie s’accroche facilement aux filets perdus flottants sur de vastes zones ».

Aussi, l’ONG organise une exposition intitulée « Filets perdus », à Dakar, afin de sensibiliser le grand public sur ce désastre et d’interpeller les acteurs de la pêche et les autorités compétentes. D’une véritable gouvernance de l’environnement maritime dépendra l’efficacité de la lutte contre cette pollution de filets de pêche afin de mobiliser l’attention de tous les acteurs du milieu.

 

Sources: radioalgerie, APS, aufaitmaroc