Hidden Consequences : Le prix invisible de la pollution de l’eau

crédits : fotosearch.fr

 

Greenpeace International vient de publier un rapport sur les coûts invisibles de la pollution. Celui-ci souligne que la pollution toxique de l’eau passe souvent inaperçu, mais cause de nombreux dégâts. En effet, les produits chimiques rejetés dans nos cours d’eau, s’accumulent à l’intérieur des organismes vivants, et peuvent à terme occasionner chez nous cancers ou perturbations hormonales.

Il relève par ailleurs que cette pollution est tenace. Prenant l’exemple d’un site situé en Slovaquie, encore contaminé aujourd’hui, en raison d’une pollution par des rejets de PCB toxiques qui s’est arrêtée il y a 25 ans.

Le nettoyage des cours d’eau pollués nécessite la mise en œuvre de moyens très coûteux. Le rapport mentionne ici l’exemple de la compagnie américaine General Electric, condamnée aux Etats-Unis pour la contamination de la rivière Hudson à de lourdes amendes. Mais il dénonce surtout le fait que les conséquences de ce type de pollution sur la santé et l’environnement ne soient pas prises en compte par celles-ci.

Ces problèmes de pollution des cours d’eau, à l’origine très localisés dans les pays industrialisés dits du Nord, tendent aujourd’hui à se multiplier dans les pays dits du Sud comme en Asie.

Ce rapport appelle les gouvernements à prendre des mesures urgentes contre ce type de problème. Celles-ci consisteraient en l’identification des produits chimiques dangereux, afin d’en interdire l’usage et d’aboutir au fait qu’ils ne soient plus rejetés dans nos cours d’eau. Enfin, plus que les gouvernements, il appelle les entreprises à agir sans attendre.

Source : Greenpeace.org

PCB : Chimirec devant le tribunal correctionnel de Paris

L’entreprise Chimirec comparaît à partir d’aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Paris. Ce groupe, investi dans le traitement des déchets industriels dangereux, est accusé de fraudes sur l’élimination d’huiles polluées aux Polychlorobiphényles, les fameux PCB. Le PDG du groupe, Jean Fixot, ainsi que six cadres de l’entreprise, sont donc appelés à s’expliquer devant la justice, « après cinq années d’une instruction, menée notamment par l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique ».

Quelle est cette affaire ?

Les responsables de l’entreprise cités à comparaître « sont soupçonnés d’avoir éliminé « de façon irrégulière » des déchets par la dilution d’huiles polluées aux PCB dans trois des usines du groupe ».

Sur les 7 prévenus, 6 « sont également poursuivis pour « faux et usages de faux ». En clair, ils sont soupçonnés d’avoir « modifié ou falsifié des rapports d’activité, des registres et des bordereaux de suivi industriel, dans le but de masquer la réalité à leurs clients ainsi qu’à l’administration ».

L’argent comme leitmotiv

C’est l’appât du gain qui aurait entièrement motivé le PDG de Chimirec et les cadres accusés de pratiques frauduleuses. Leurs pratiques ont été dénoncées par « d’anciens salariés du groupe » : elles consistaient à « mélanger à d’autres huiles usagées » les huiles polluées aux PCB « afin d’en baisser le taux », au lieu de les traiter comme il se doit.

Il apparaît qu’un responsable du laboratoire Aprochim, filiale de Chimirec, cité à comparaître aujourd’hui, aurait adressé un message à son directeur au sujet d’un marché concernant « 250 tonnes d’huiles polluées en provenance d’Espagne. Il aurait alors indiqué :

  • « Où nous décontaminons et nous perdons 22 000 euros, ou nous faisons du transit vers Chimirec et nous gagnons 30 000 euros avec d’éventuels problèmes avec la justice ».

 C’est en 1994, qu’auraient débuté la fraude organisée dans l’usine Aprochim de Grez-en-Bouère, site dédié au traitement des déchets contenant des PCB.

Parties civiles

Des associations de l’environnement et une agence publique en charge de l’environnement figurent parmi les parties civiles au procès. Il s’agit par exemple de la fédération France Nature Environnement ou même de Greenpeace, ainsi que de l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (Ademe). Cette agence subventionnait la collecte d’huile. Elle demande aujourd’hui le « remboursement du trop-perçu par Chimirec, ainsi que 500 000 euros de dommages et intérêts ».

L’avocat de l’Ademe, Me Benoist Busson, promet un procès « exemplaire ».

Source : Enviro2b.com

Arctique : des polluants piégés puis volatilisés par le réchauffement climatique

Prisonniers des glaces, les pesticides et d’autres polluants organiques persistants sont les « témoins indésirables de notre passé environnemental » venant « du froid ». C’est ici le constat des auteurs d’un récent article dans la revue scientifique Nature Climate Change. Pire, le réchauffement climatique conduit à la fonte des neiges et libère ces produits dans l’atmosphère, expliquent-ils.

 

Qu’est-il advenu des restrictions imposées à leur usage ?

La concentration dans l’air de la région arctique de plusieurs de ces substances toxiques avait pourtant diminué au cours des dernières décennies suite aux restrictions de production et d’utilisation. En effet, la Convention de Stockholm, entrée en vigueur en 2004, visait à réduire ou éliminer progressivement les rejets de douze polluants organiques persistants (POP), dont le DDT, l’hexachlorobenzène (HCB) et le polychlorobiphényle (PCB). Neuf autres substances ont été ajoutées en 2009.

Les polluants sont susceptibles d’être transportés sur de longues distances, aidés d’un vent fort et de l’effet des basses températures ; les substances ont pu s’accumuler sur le pôle. Mais le recul des banquises menacent les gains obtenus par ces mesures en les rendant volatiles, décrit Jianmin Ma de l’agence Environnement Canada, Toronto.

« Nos résultats indiquent qu’un large éventail de POP ont été relargués dans l’atmosphère de l’Arctique au cours des deux dernières décennies suite au changement climatique », résument les chercheurs.

 

D’inquiétants commentaires

Dans un commentaire accompagnant l’article scientifique, Jordi Dachs de l’Institut espagnol de diagnostic environnemental et d’étude de l’eau relève que des « milliers » de polluants organiques persistants pourraient se comporter de façon similaire. Ainsi relargués « les polluants générés par nos grands-parents » deviendraient des « témoins indésirables de notre passé environnemental » venant « du froid ».

Cela confirme « que le réchauffement de l’Arctique pourrait entraver les efforts destinés à réduire l’exposition de l’homme et de l’environnement à ces produits chimiques toxiques », concluent les auteurs de l’étude.

 

Sources:  goodplanet, 20minutes, radio-canada

 

Arctique : des polluants piégés puis volatilisés par le réchauffement

L’Agence européenne de l’environnement cible la pollution chimique des eaux européennes

L’AEE vient en effet de publier un nouveau rapport en date du 14 juillet sur ce thème, et met en évidence « la persistance des substances chimiques dans les rivières et mers d’Europe malgré un attirail de législations » visant à la contrecarrer. Ces substances chimiques sont émises par l’usage de produits domestiques, par les activités industrielles et de transport, ou encore l’agriculture notamment.

Elle souligne, après des recherches menées par un organisme de la Commission européenne, le Joint research center, que 60 % des rivières et 25 % des eaux souterraines analysées contiennent un ensemble de substances chimiques néfastes pour l’environnement, parmi lesquelles figurent des herbicides, des anticorrosifs, mais aussi des antibiotiques et antiépileptiques. Les eaux marines ne sont pas en reste, puisque leur teneur en PCB reste élevée, malgré un recul de leur concentration en produits chimiques.

Outre un impact sur l’environnement et la faune, ces substances chimiques ont un impact sanitaire important sur l’homme. Il s’agit en effet de perturbateurs endocriniens, molécules qui agissent sur l’équilibre hormonal, et peuvent ainsi provoquer certains symptômes tel des malformations génitales, ou encore altérer le développement neuronale, voire entrainer des risques de cancer.

Face à ces constats, l’AEE souhaite une amélioration du traitement des produits chimiques dans les eaux des villes, principalement lorsque de fortes précipitations accentuent le risque de ruissellement et d’infiltration. Elle appelle également à une réduction de leur usage à la source, en favorisant l’essor de la chimie verte.

Source : actu-environnement.com.

La Suisse n’atteindra pas ses engagements pris dans le cadre du protocole de Kyoto

source : fotosearch.fr

Alors que le Conseil fédéral suisse élabore actuellement une stratégie pour la préservation de la biodiversité, qui sera soumise au Parlement au début de l’année 2012, un rapport vient d’être publié sur l’état de l’environnement dans le pays. Il s’agit d’un rapport bisannuel réalisé conjointement par l’Office fédéral de l’environnement et l’Office fédéral de la statistique. Et celui-ci se révèle quelque peu alarmant.

Il souligne en effet que la Suisse n’a pas atteint ses objectifs en matière de changement climatique et de conservation de la biodiversité. Son engagement de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 8% entre 2008 et 2012, pris dans le cadre du protocole de Kyoto, ne pourra ainsi pas être rempli. Dans le même temps, l’extension des zones d’habitation et des surfaces d’infrastructures, comme l’agriculture intensive, ont fortement contribué à la disparition d’espèces animales et végétales, en favorisant le recul de leurs habitats. A ce jour, 13.500 espèces parmi celles qui composent la faune et la flore helvétique s’avèrent menacées par ces facteurs.

Mais ce rapport est aussi nuancé. Il souligne par exemple les progrès réalisés dans l’amélioration de la qualité de l’eau et de l’air. Ceux-ci se manifestent par un recul de la pollution aux métaux lourds, aux dioxines, aux biphényles polychlorés (PCB) et aux polluants organiques persistants (POP) notamment.

Enfin, il met en évidence l’impact de la consommation intérieure du pays, alimenté à 70% par des importations, sur l’environnement à l’étranger, relevant d’ailleurs que cette tendance à l’import est à la hausse.

Sources : Romandie.com, documentation de l’Office fédéral de l’environnement.