Agenda : atelier de concertation pauvreté-environnement en Centrafrique

Ce mardi 19 juillet 2011 s’ouvre, sous la présence du ministre de l’Environnement et de l’Ecologie, François Naouyama, l’atelier national de concertation Pauvreté-Environnement avec le concours technique et financier du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), à Bangui.

L’objectif premier est la rédaction de documents nouveaux et récents sur la question de la pauvreté. Cependant le ministre a réitéré, après avoir longuement son soutien à l’initiative, tout en insistant sur l’importance d’y intégrer une dimension environnementale. Pour lui, « il s’agit de rendre les actions environnementales plus efficaces au profit de nos populations démunies ».

Il souligne la nécessité d’améliorer l’articulation entre les deux domaines. Ainsi pendant quatre jours, une quarantaine de délégués du ministère de l’Environnement et de l’Ecologie et de représentants des ONG nationales œuvrant dans le domaine de l’environnement vont se pencher sur  les questions environnementales ;  entre autres sur l’impact économique tel que la dégradation des terres. L’atelier doit aussi émettre un profil de pauvreté en République Centrafricaine.

La gouvernance africaine est un point clé aujourd’hui. La sécheresse sur la Corne d’Afrique en Somalie est le vibrant témoignage qu’environnement et pauvreté ne s’excluent pas. De la préservation de l’environnement : des sols et des sources dépend la vie de milliers d’Africains. Donner un visage à la misère des populations devrait permettre ainsi d’apporter des réponses concrètes aux besoins …

Sources: afriquehebdo, acap-cf

Précarité énergétique : des mesures intelligentes s’imposent !

Fondation Abbé Pierre

Alors que les températures hivernales s’installent, que la France fait face à sa première tempête, le moment semble bien choisi pour évoquer la thématique de la précarité énergétique.

En effet, selon le gouvernement, « plus de 3,5 millions de ménages français consacrent plus de 10% de leurs dépenses mensuelles à l’énergie et, dans un cas sur cinq, les ménages sont amenés à limiter leur consommation de chauffage en raison de son coût ».

La Fondation Abbé Pierre, qui milite contre le mal-logement et contre la précarité énergétique, à travers la campagne « ils s’aiment, mais ce n’est pas ce qui les rapproche » notamment, indique qu’ « aujourd’hui, 3,7 millions de logements en France sont de véritables passoires énergétiques et leurs occupants y vivent comme s’ils étaient dehors, le plus souvent avec un chauffage et un éclairage réduits au minimum… »

L’automaticité de l’attribution des tarifs sociaux du gaz et de l’électricité devrait être instaurée à compter du 1er janvier 2012 pour les ménages remplissant les conditions de ressources requises. Cette mesure devrait faire passer le nombre de bénéficiaires de ces tarifs sociaux de 600 000 à l’heure actuelle, à 1,5 voire 2 millions de foyers.

Il faut dire que l’énergie coûte de plus en plus cher et les Français semblent bien en avoir conscience. D’après un sondage réalisé par BVA pour Evasol et « 20 minutes » (consultable ici), « une écrasante majorité de Français pense que l’énergie va devenir de plus en plus chère ». D’après l’institut de sondage, « en plein débat sur l’avenir du nucléaire, les Français s’attendent presque tous à ce que l’énergie devienne plus chère qu’aujourd’hui, dans 2 ans (89%), dans 10 ans (98%) ou dans 20 ans (91%) ».

Quel est donc l’intérêt pour l’Etat d’augmenter les tarifs de l’énergie si c’est pour attribuer de plus en plus d’aides aux ménages pour se chauffer et s’éclairer ?

La Fondation Abbé Pierre s’interroge en ce sens aussi, estimant que les mesures mises en œuvre par les pouvoirs publics « n’allègent qu’une partie du public concerné » et « ne compensent pas les diverses augmentations subies par les familles les plus modestes ». Elle réclame donc la création d’un bouclier énergétique qui garantirait à chacun une capacité minimum à se chauffer.

Chaque année, des SDF meurent de froid. Cela ne choque peut-être plus. Mais comment l’opinion réagirait-elle si des individus mourraient de froid chez eux ? Comment les pouvoirs publics réagiraient-ils face à une « canicule » à l’envers… ? Il est urgent d’agir.

Sources : Localtis.info, Fondation Abbé Pierre, BVA

FAO : un guide de gestion forestière

Lors de la Conférence internationale sur les modes de tenure, la gouvernance et l’entreprise en matière de forêt de Lombok, en Indonésie, du 11 au 15 juillet, la FAO – l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture –  a révélé les grandes lignes de son nouveau rapport sur la gouvernance de forêts – Reforming Forest Tenure – un guide pour une réforme de la tenure forestière à l’attention des décideurs.

Le rapport résulte de l’étude, sur plusieurs années, des régimes forestiers et de leurs impacts sur la gestion durable des forêts et la réduction de la pauvreté en Afrique, en Asie du Sud-Est, en Amérique latine et en Asie centrale. Les propos d’Eva Muller, experte du Département des forêts de la FAO illustrent les conclusions de l’étude : « la demande de terres continue, les faiblesses de la gouvernance dans de nombreux pays et les nouveaux défis mondiaux tels que le changement climatique renforcent l’urgence de la réforme de la tenure forestière ».

La FAO propose une réforme de la gestion des domaines forestiers. Elle désire une plus grande implication de populations locales en permettant non un accaparement des terres mais plutôt une sécurisation des droits de propriété. L’organisation espère ainsi améliorer considérablement les moyens d’existence des populations et leur permettre de tirer des revenus des produits de la forêt.

La proposition est risquée. La distribution de droits de propriété implique l’exclusion de certaines populations au profit d’autres, or l’organisation montre qu’environ 80 % des forêts mondiales appartiennent aux Etats « mais la propriété et la gestion par les communautés, les individus et les sociétés privées sont en expansion, à des degrés divers selon les pays ». Les représentants de l’association souligne que « la tenure informelle peut s’avérer efficace, à moins que d’autres intérêts, comme la privatisation ou la conversion des forêts à d’autres utilisations des terres, ne viennent empiéter sur les droits coutumiers, ce qui porte souvent à des conflits et entraîne la dégradation des forêts. »

Intervenir dans la gouvernance permettrait alors de prendre en considération tous les intérêts des parties prenantes mais dans une perspective de long terme tant pour l’environnement que pour la végétation.

Sources: actu-environnement, mediaterre

Afrique : Discorde entre ONG et gouvernements sur le terrain environnemental

Fin juin, lors du 5ème dialogue sur l’eau de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) à Manzini, au Swaziland a été témoin de la discorde entre les Organisations non gouvernementales et les gouvernements. Les ONG ont exprimé le souhait de ne pas être exclues des stratégies de financement climatique.

Elles argumentent que sans elles, les stratégies de financement perdent leur force d’impact sur le terrain dans la région d’Afrique Australe. Hilary Dhliwayo-Motriri de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ajoute que leur présence permet d’atteindre bien plus de personnes que par la seule action des gouvernements. Ce 5ème dialogue sur la gouvernance environnementale d’Afrique Australe néglige indéniablement les ONG et omet leur rôle à jouer dans l’adaptation climatique.

Les gouvernements ont favorisé la préparation au sommet de Durban, en Afrique du Sud, de novembre prochain pour la 17ème Conférence des Parties (CdP).

Ruth Beukman, la secrétaire exécutive régionale au ‘Global Water Partnership’ (Partenariat mondial de l’eau) en Afrique du Sud suggère une collaboration entre ONG et gouvernements afin qu’ils puissent profiter des fonds climatiques de la SADC. « Mais il ne suffit pas de former des synergies avec les gouvernements », a déclaré Dhliwayo-Motriri, « parce que parfois, les ONG et les autorités étatiques ne s’accordent pas sur des questions de gouvernance ».

Cependant, le président du Groupe de travail de l’Union européenne pour l’Initiative financement de l’eau, Alan Hall, exige une mise en ordre au sein des différents acteurs, gouvernementaux ou non, afin d’éviter tout gaspillage de l’argent des fonds. Il explique que « nous devons renforcer nos institutions gouvernementales pour nous assurer que l’argent est bien dépensé, afin que nous gagnions la confiance des institutions de financement ». La coopération entre ONG et gouvernement doit être constructive et prévoir un budget structuré – qui rassure.

 

Réduction de la pauvreté ou lutte contre le changement climatique : il faut choisir ?

Les projets proposés par les pays ne sont toujours pas suffisamment viables. C’est là que les difficultés se posent car les financements verts souffrent d’une mauvaise allocation – s’ils sont disponibles, très peu arrivent dans la région, décrit Alex Banda, le principal chargé de programmes au Programme de l’environnement et de développement durable de la SADC. En conséquence, un programme régional sur les changements climatiques, qui touche tous les secteurs a été élaboré afin de concevoir des projets finançables, ajoute-t-il.

D’autant que  « nous avons tendance à nous concentrer davantage sur les questions à court terme et à négliger les investissements à long terme », a déclaré Dumisani Masilela, le commissaire général du ‘Swaziland Revenue Authority’ (Trésor public du Swaziland). Les politiques de réduction de la pauvreté ne prennent pas en compte les questions des changements climatiques et de l’environnement car les acteurs sur le terrain et les budgets ne sont pas prévus pour.

Finalement, la faible intégration des acteurs de la préservation de l’environnement, le manque de projets finançables, la mauvaise coordination des politiques nationales au niveau national nuit gravement à la situation de gouvernance en Afrique Australe et à l’acquisition de fonds climatiques, et au final, à la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique…

Source: Mediaterre