Paris s’étouffe

Selon le bilan annuel d’Airparif, rendu public hier, trois millions de Franciliens ont été exposés à des niveaux de pollution atmosphérique élevés en 2011. Les températures et le trafic routier expliquent en partie cette forte exposition aux particules fines, au dioxyde d’azote et à l’ozone, néfastes pour la santé mais aussi pour l’environnement.

Selon Airparif, les conditions météorologiques enregistrées tout au long de 2011 ont été favorables à des niveaux élevés de pollution, « légèrement inférieurs à 2010 ». Il n’en demeure pas moins que plus d’un Francilien sur quatre a été exposé à un air qui ne respecte pas la réglementation sur les particules fines. Les épisodes de pollution ont été nombreux l’an dernier, mais « peu intenses », précise le rapport.

« Le dépassement a pu atteindre jusqu’à quatre fois la norme en vigueur sur le boulevard périphérique », précise Karine Léger, adjointe au directeur d’Airparif. Sur l’ensemble des stations franciliennes, celles qui ont enregistré les dépassements journaliers les plus nombreux sont celle de l’autoroute A1 (Saint-Denis), du périphérique à Auteuil, de la RN 2 à Pantin et des Champs-Elysées.

Pour tenter d’endiguer les épisodes de pollution, un arrêté interpréfectoral pris en octobre 2011 permet aux autorités de prendre dans l’urgence des mesures contraignantes. Si la pollution s’étend sur plus de trois jours, le préfet peut désormais interdire la circulation des poids-lourds, voir imposer la circulation alternée pour les particuliers. En 2012, le premier « seuil » de dépassement pourrait être déclenché une cinquantaine de fois.

Ces gaz ou particules, particulièrement irritants et agressifs, pénètrent plus ou moins loin dans l’appareil respiratoire et peuvent induire des effets respiratoires ou cardiovasculaires. Par ailleurs, les effets des polluants atmosphériques se conjuguent également avec ceux des particules biologiques présentes dans l’air, parmi elles, les pollens et les moisissures. La pollution de l’air est ainsi suspectée d’exacerber les allergies polliniques : les pollens seraient plus agressifs sous l’influence des polluants atmosphériques qui, de plus, fragilisent les voies respiratoires et les rendent plus réceptives aux pollens.

Les effets de cette pollution sur l’environnement peuvent se ressentir à différentes échelles géographiques. Sur les matériaux, elle induit de la corrosion due au dioxyde de soufre, des noircissements et encroûtement des bâtiments par les poussières issues en grande partie de la combustion des produits pétroliers, ainsi que des altérations diverses en association avec le gel, l’humidité et les micro-organismes. Sur les végétaux, de fortes concentrations de certains polluants peuvent conduire à des nécroses visibles sur les plantes. La pollution de l’air peut également entrainer une réduction de la croissance des plantes, même sans dommages visibles, par exemple une baisse de la production agricole de certaines céréales, ou une résistance amoindrie des plantes à certains agents infectieux.

Source : metrofrance.com   airparif.asso.fr

ALERTE : 2 ans d’espérance de vie en moins pour les citadins européens

developpementdurable.com

Ces informations sont une ultime alerte. Et oui, les citadins européens inhalent toujours des substances qui les condamnent à 2 ans d’espérance de vie en moins. Dans un nouveau rapport paru aujourd’hui, l’Agence européenne pour l’Environnement montre en effet que jusqu’à 95% des citadins européens absorbent de l’air contenant des substances dangereuses.

Qui est concerné ?

Un tiers des habitants des villes selon les critères de l’Union européenne. Et jusqu’à 95% des citadins selon les normes de l’OMS.

L’OMS est plus stricte que l’UE sur les particules fines car « on n’a identifié aucun seuil sous lequel les PM n’auraient pas d’impact sur la santé ». L’OMS estime donc que « les valeurs recommandées doivent représenter un objectif acceptable et atteignable afin de minimiser les effets sur la santé tout en prenant en compte les contraintes locales, les capacités et les priorités en matière de santé publique ».

WTF ?

Le problème, c’est que nous respirons un air beaucoup trop pollué par des particules fines principalement. L’AEE note qu’ « en dépit de lois et d’un certain nombre de succès en matière de pollution de l’air, des populations en Europe respirent encore de l’air contenant des substances dangereuses ». Incroyable, la directrice de l’agence, Jacqueline McGlade, affirme même que « la pollution atmosphérique réduit notre espérance de vie de près de deux ans dans les villes et les régions les plus polluées ».

Risque de maladies cardiaques et respiratoires

La concentration des particules fines,  majoritairement émises par la circulation en milieu urbain, mais également par le chauffage au bois, l’industrie et l’agriculture, représente le « risque sanitaire le plus grave ». Ces particules peuvent être à l’origine de pathologies cardiaques et respiratoires, ou encore du cancer du poumon. L’AEE appelle à réexaminer d’urgence la législation en matière de qualité de l’air. Elle s’inquiète aussi au sujet des niveaux d’ozone ou de dioxyde d’azote.

Quelles sont les régions les plus concernées ?

L’Est de la France, le Nord de l’Italie ainsi que les centres urbains et industriels d’Europe centrale et orientale sont considérés comme « les plus mauvais élèves ».

Source : Lematin.ch