De la ferme au quartier : quand l’agriculture arrive au cœur de Saint-Etienne

Dans la ville ouvrière de Saint-Etienne, associations de quartiers et paysans se mobilisent autour du projet « de la ferme au quartier », une plateforme d’approvisionnement alimentaire solidaire en circuit court ayant pour objectif de proposer aux riverains des légumes de saison et des produits sains. La principale différence avec les AMAP traditionnelles réside dans le fait que ce projet se veut créateur d’emplois et touche un plus large public, y compris les couches les moins favorisées de la population stéphanoise.

 

« Comment permettre au plus grand nombre, y compris aux personnes aux revenus très faibles et précaires, d’accéder à une alimentation saine ? » Georges Günther et les autres initiateurs du projet « de la ferme au quartier » ont répondu concrètement à la question. Cette initiative se veut complémentaire de l’offre proposée par les AMAP, qui repose totalement sur l’engagement bénévole de familles directement en lien avec les paysans partenaires. « Le projet De la ferme au quartier se veut, quant à lui, créateur d’emplois » explique Georges Günther.

Lancer une activité viable économiquement et créatrice d’emplois a évidemment un coût. Pour sa mise en place, le projet a notamment bénéficié d’un soutien dela RégionRhône-Alpes, de la chambre régionale de l’économie sociale et solidaire Rhône-Alpes avec le fond social européen, l’Etat et la ville de Saint-Etienne qui loue un local.

Producteurs et consommateurs participent à parts égales aux frais de fonctionnement de la structure. « Nous misons sur la solidarité entre les consommateurs. L’idée est qu’ils participent aux frais de fonctionnement en fonction de leurs revenus », précise Georges Günther. Le montant de cette participation aux frais varie de 0 à 20%. L’association accepte également les chèques d’aide alimentaire, « notre objectif est de pouvoir proposer à tous les publics de l’agglomération de Saint-Etienne des produits agricoles locaux de qualité à un prix abordable ».

L’une des spécificités du projet est l’engagement de plusieurs associations de quartier qui mettent à disposition leur local, participent au conseil d’administration et mènent également un travail de sensibilisation auprès des riverains. Aux côtés de l’Association Départementale pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural (ADDEAR), on retrouve des centres sociaux, des amicales laïques, mais aussi le centre Al Qalam-Firdaws, qui développe et diffuse des travaux traitant de la culture musulmane.

« Se démarquer de l’image bobo qui colle aux AMAP n’est pas simple mais on a globalement un bon retour », estime Michel Avril, directeur de l’Agence Française des Producteurs Indépendants (AFPF). La mise en place du quotient familial soulage les familles les plus modestes, « on insiste sur le fait que c’est un service auquel même les populations en difficulté ont droit ». Tout l’enjeu pour l’AFPF est de redonner du sens afin de renforcer d’adhésion au projet « cela passe par une éducation, les gens ont perdu ces repères. C’est aussi une sensibilisation au développement local, on montre que c’est générateur d’emplois et de débouchés. On sensibilise aussi aux difficultés que rencontrent les paysans ».

« De la ferme au quartier » compte 24 paysans, dont la moitié environ est labellisée en Agriculture Biologique. « On discute avec les producteurs, on les met en lien avec d’autres producteurs et consommateurs pour faire évoluer leurs pratiques », l’association se place dans une démarche de respect de la charte de l’agriculture paysanne. Récemment, les initiateurs du projet sont rentrés en contact avec un producteur de poules pondeuses utilisant des aliments avec des OGM, « ce dernier à accepter d’y renoncer pour travailler avec nous ». Pour Georges Günther, refuser de travailler avec ce type de producteur reviendrait à vouloir s’enfermer dans une niche, « face à un système productiviste délocalisable, nous voulons tirer les pratiques vers le haut ».

L’objectif « de la ferme au quartier » est d’atteindre la taille d’une dizaine d’AMAP d’ici 2013, soit environ 600 familles pour une trentaine de paysans. « L’enjeu est d’augmenter en nombre d’adhérents si l’on veut embaucher ». L’association pourrait devenir une coopérative vers la mi-2013 si, comme l’espère ses initiateurs, le projet atteint son équilibre économique.

Source : http://www.bastamag.net

Covoiturage : se réunir et créer une philosophie

D’abord réunis au sein d’une fédération de covoiturage – Feduco depuis 2008 -, les quatre grands sites de covoiturage – Roulez malin, covoiturage.fr, Ecolutis et Covivo – s’assemblent aujourd’hui pour mutualiser leurs offres et former une base de données plus complète.

L’objectif de ce partage de données est de créer une véritable philosophie du covoiturage et faire de ce moyen de déplacement une solution communautaire efficace. Aujourd’hui, les sites sont encore cloisonnés : une offre postée sur plateforme précise, par exemple dédiée au département Nord, ne sera pas transmise sur les plateformes des départements limitrophes. En facilitant l’accès aux offres, les responsables des différents sites espèrent voir le nombre d’inscrits augmenté et ce mode de locomotion favorisé.

La mutualisation va être engendrée grâce à un protocole de communication ouvert et un système 100% décentralisé, baptisé RDEX (Ridesharing Data EXchange). « C’est simplement du développement informatique », note Marc Grojean, cofondateur et président de Covivo, « c’est surtout la première pierre d’un protocole national que l’on souhaite rendre ensuite européen ».

Le but n’est pas de former un cartel des plus grands sites. Les dirigeants se disent ouverts à la collaboration avec les autres acteurs locaux ou nationaux, grands ou petits. Trois ou quatre autres opérateurs français d’envergure pourraient rapidement rejoindre l’initiative, comme Comuto ou Green Cove.

Cela va pousser les entreprises du covoiturage à faire la différence non autour du volume de leurs offres mais bien d’après la valeur ajoutée créée autour des services à l’usager, l’accompagnement, le conseil ou encore le volet technique de leur plateforme. « Cela doit renforcer l’innovation », conclut Marc Grojean.

Relayée par les réseaux sociaux et les nouvelles techniques Internet, cette association des acteurs du covoiturage tend à promouvoir un mode de transport plus flexible et plus écologique.

Source: greenunivers, cartech.fr