Hidalgo / NKM : quelle écologie pour 2014 à Paris ?

univers-nature.com

Les élections municipales auront lieu les 23 et 30 mars 2014. La campagne parisienne a commencé il y a un moment, avec son lot de rebondissements plus ou moins importants. Mais qu’en est-il des propositions des deux principales candidates en matière de politique écologique ? Anne Hidalgo, première adjointe du maire actuel, Bertrand Delanoë, et Nathalie Kosciusko-Morizet, principale rivale investie par l’UMP, ont toutes deux formulé des propositions claires. Elles se rejoignent sur deux points mais se distinguent par d’autres. Voici un état des lieux proposé aujourd’hui par univers-nature.com

Les propositions communes à Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet sont les suivantes :

–          Abolir le diesel du parc automobile municipal pour contribuer à la réduction de la fréquence des pics de pollution de l’air parisien. Rappelons que le déclenchement des « alertes à la pollution » est basé sur les moteurs diesel, responsables d’un tiers des émissions de particules fines.

–          Faire de la « Petite ceinture de Paris » une voie verte : cette voie ferrée, toute autour de l’enceinte de la ville, devrait être réhabilité en espaces verts et piétonniers. Comment ne pas défense cette idée dont la réalisation est déjà entamée ? Les premiers tronçons sont déjà ouverts…

Les propositions propres à NKM sont les suivantes : vélo / espaces verts / navettes électrique à Boulogne

–          Faire de la ceinture ferrée une « boucle cyclable » qui permettrait de faire le tour de la ville à vélo.

–          Construire 3000 places de stationnement sécurisées pour vélos par an.

–          Rouvrir et agrandir les squares fermés.

–          Verdir autant que possible les espaces de bitume.

–          Instaurer des navettes électriques dans le bois de Boulogne.

Les propositions d’Anne Hidalgo : basées sur un rapport commandé à Serge Orru, ancien directeur du WWF :

–      Création de 100 hectares de toitures et façades végétalisées, utilisées comme refuge de biodiversité. Notons que 30% de ces toitures seront consacrés à la production de fruits et légumes. On ne sait pas s’ils seront certifiés « bio » mais ils auront au moins le mérite d’être produits au plus proche de leur lieu de consommation.

–          Planter chaque année 20 000 arbres, avec un objectif de 500 000 arbres dans la capitale en 2020.

–          Expérimentation : création d’une rue entièrement végétalisée.

Voilà… Paris sera toujours étriquée au sein des portes périphériques mais peut-être sera-t-elle plus verte, plus respirable… Déplorons toutefois l’absence de propositions en matière de lutte contre la pollution sonore.

Marathon de Paris : l’énergie des coureurs devient électricité !

Esprit Running

Le Marathon de Paris, couru ce week-end par 50 000 sportifs professionnels mais aussi et surtout amateurs, a été l’occasion d’utiliser l’énergie dépensée par les coureurs et de la transformer en électricité. Enviro2b.com, qui consacre aujourd’hui une brève informative à ce sujet, parle de « la première course à énergie positive du monde ».

Comment ça marche ?

Imaginez l’énergie qui a dû être dépensée pour faire parcourir  42,195 km à 50 000 coureurs ! Et bien Schneider Electric, sponsor de l’évènement, l’a imaginé avant vous et moi. A l’initiative du groupe, l’entreprise britannique Pavegen Systems a su récupérer l’énergie fournie par les marathoniens pour la transformer en électricité.

Pavegen Systems a en effet installé des « dalles fabriquées en pneu de camions recyclés et équipées de capteurs chargés de récupérer l’énergie cinétique produite par les coureurs » sur « 25 mètres du parcours, au niveau des Champs Elysées ». Pour information, chaque pas produit entre 4 et 7 watts, cela dépend du poids du coureur. L’énergie captée « a ensuite été envoyée vers des batteries chargées d’alimenter les écrans plats et signaux électriques le long du parcours ». Pas bête !

En tout, avec cette énergie issue de la somme des efforts individuels, on aurait pu éclairer la « Tour Eiffel durant 2 heures ». Bon, ce n’est qu’une indication qui vaut ce qu’elle vaut, sachant que l’économie la moins chère et celle qui pollue le moins reste celle que l’on ne consomme pas.

Quelle suite à donner à cette expérience ?

Quoi qu’il en soit, l’objectif pour les organisateurs est de faire de cet évènement sportif « la première course à énergie positive du monde ». Cette expérience, qui avait été testée lors des JO de Londres, est positive, selon Pavegen Systems. Laurence Kemball-Cook, qui a inventé cette nouvelle technologie, rêve d’une ville nouvelle : « Pavegen pourrait jouer un rôle clé dans les villes intelligentes du futur. Imaginez que vous rendre au travail en courant ou en marchant puisse aider à créer la lumière de votre voyage retour à la maison le soir ».

L’idée est bonne a priori mais restent en suspens bon nombre de questions. Aujourd’hui, chacun a les moyens juridiques de faire respecter son « droit à l’image » par exemple. Et si ce n’est pas votre image qui est utilisée à des fins commerciales mais votre énergie, qu’en est-il ? Existera-t-il un jour un « droit à l’énergie » comme il existe un « droit à l’image » ?

Source : enviro2b.com

 

Gaz à effet de serre à Paris : stop ou encore?

greenstore.ma

La France pourrait être condamnée par la Cour européenne de justice pour non application des Plans de Protection de l’Atmosphère (PPA) en raison des dépassements des limites de microparticules PM10 dans plusieurs villes de l’Hexagone dont Paris. En clair, il y a trop de gaz à effet de serre dans l’air à Paris. Pour y remédier, la France bénéficie de délais afin de prendre des mesures et stabiliser son comportement en accord avec la directive sur la qualité de l’air. Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, s’est prononcée sur le sujet sans pour autant donner un calendrier précis des mesures qui seront prises afin que la France redevienne un « bon élève » de l’Europe.

Causes des émissions des gaz à effet de serre à Paris

2013, déclarée année de l’air en Europe, rend la situation davantage alarmante vu le niveau de pollution à Paris malgré des règles existantes. De plus, les liens que l’OMS a établis entre la pollution atmosphérique et la santé humaine confirment la nécessité d’intensifier les politiques et les actions dans ce domaine. Après l’échec du dispositif de l’ancien gouvernement, zones d’actions prioritaires pour l’air (zapa), Delphine Batho parle désormais de repenser les moyens de transport existants, les politiques de mobilité et les moyens de chauffage domestique qui sont les principales sources d’émissions de dioxyde carbone dans l’air.

Réduire les émissions des gaz à effet de serre à Paris

Le transport routier est l’une des sources de pollution qui demande une gestion très encadrée car il implique une commutation de véhicules significative vers et hors de Paris quotidiennement. Le trafic urbain et son impact sur la qualité de l’air exigerait une mesure consistant à restreindre la circulation aux « véhicules les plus vertueux », d’où le retour de la pastille verte, mesure du gouvernement de Lionel Jospin, instaurée il y a 15 ans. Les taxes sur le diesel et l’essence pourraient être rééquilibrées selon Chantal Jouanno, sénatrice UDI, ancienne secrétaire d’État à l’Écologie. Afin de réduire la circulation automobile et routière, il y a une montée en puissance des solutions alternatives : la mise en service de nouvelles lignes de tramway et de métro pour inciter les individus à utiliser les transports en commun au détriment des véhicules particuliers, le covoiturage est mis en avant, le développement des véhicules électriques en ville avec l’autolib, les moyens de transports alternatifs de marchandises.

Par ailleurs, pourrait fortement et favorablement impacter le niveau des gaz à effet de serre, une politique volontariste en matière de rénovation thermique avec des diagnostic de performances énergétiques des logements ainsi que la construction de logements à haute performance énergétique, entre autres. Un exemple concret de l’implication des autorités de la ville de Paris est l’objectif d’effectuer la rénovation thermique de 200 écoles parisiennes d’ici 2014.

Mesures réelles des gaz à effet de serre à Paris

Afin d’identifier les sources géographiques et les concentrations en dioxyde de carbone (CO2), monoxyde de carbone (CO) et méthane (CH4) à Paris, la capitale a établi une collaboration avec Astrium, filiale spatiale du groupe aéronautique EADS qui déploiera un système de capteurs au sol et aérien autour de Paris. Le système est constitué de boitiers qui filtrent l’air et analyse sa composition à l’aide d’un laser. Les livrables se présenteront sous forme de « cartes de flux » qui recueillent les informations collectées sur l’année. Une première carte est attendue fin 2013. Cette démarche servira à mesurer l’impact des initiatives environnementales de l’Etat et s’inscrit dans l’initiative de la ville de Paris de réduire de 75% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.

Sur le plan individuel, il est également possible de mesurer sa consommation d’énergie sur le site de la Nationalgeographic ou son empreinte carbone sur Coachcarbone proposé par l’Agence Parisienne du Climat (APC).

Néanmoins, les résolutions du gouvernement français semblent être davantage une réponse pour éviter les sanctions de l’Union Européenne face au non-respect de la France des normes qui maintiennent la qualité de l’air, qu’un engagement sincère. Quoi que rien interdit de l’espérer. Mais il est impératif que l’ampleur de l’enjeu sanitaire de la situation soit également une préoccupation pour l’état car le bien-être des citoyens doit cohabiter avec les intérêts financiers du pays. Ceci dit, les parisiens  pourraient aussi se conformer à des comportements plus éthiques à l’égard de l’environnement pour contribuer à l’objectif national.

Sources : lefigaro.fr, batiactu.com

Un rapport du CAE redoute pour l’avenir de la voiture électrique

source: lev-news.com

Rien ne laisse présager un avenir commercial radieux à la voiture électrique d’après le dernier rapport de Jean Syrosa, dont les premières conclusions ont été dévoilées fin mars. Le chercheur du Conseil d’Analyse Economique (CAE) parie plutôt sur les véhicules hybrides (mêlant carburant et électricité) avant d’espérer voir se développer un marché de masse des voitures électriques. Le tout électrique est handicapé par des batteries encore trop chères et à l’autonomie perfectible.

 

Une liste non exhaustive de défauts

Le rapport du CAE est sceptique et liste les obstacles à la commercialisation générale du modèle électrique.

Les variables les plus importantes sont évidemment le prix et l’autonomie.  Pourquoi payer une voiture bien plus chère – « le  coût de revient kilométrique d’un véhicule électrique apparaît le plus souvent entre 20 % et 100 % plus élevé qu’un véhicule conventionnel à usage équivalent » – quand son autonomie est bien plus limitée ?

Un exemple est celui du projet de Rolls-Royce Phantom électrique. Le projet de voiture électrique de luxe semble tomber à l’eau, faute de clients.

Le surcoût des batteries (achetées ou louées) est très difficilement compensé par les économies sur l’essence, même en tenant compte de l’aide actuelle de l’Etat, de 5 000 euros en France, d’autant que les points de recharges sont quasi-inexistants car ils sont très chers à mettre en place.

S’ajoutent à ces obstacles, la question de l’approvisionnement des batteries en lithium, tenu par trois pays (Japon, Corée, Chine), le soupçon sur leur inflammabilité, l’obstacle de la recharge, qui manque toujours de points d’accès publics et privés et qui exige entre cinq et huit heures en temps normal…

 

Des milliers investis pour peu ?

Le rapport est cependant plus positif quant à un éventuel essor des deux-roues ou trois roues électriques. Les auteurs du rapport n’entrevoient l’électrique que dans le cadre des véhicules hybrides.

Finalement, la voiture électrique semble plus un investissement de niche comme pour les  flottes d’entreprises et l’auto-partage. Même si pour Autolib’ proposé à Paris par Delanoë, Jean Syrosa calcule une rentabilité de service qu’avec 200 000 abonnements et 7 h d’utilisation journalière de chaque véhicule…

Le CAE questionne aussi le bénéfice environnemental des véhicules électriques : il est difficile de dresser un bilan net de la conception au recyclage des batteries. L’utilisation et l’origine de l’électricité peut les amener à « un bilan désastreux ».

Au final, « pour les pouvoirs publics, l’atteinte d’objectifs généraux de réduction des émissions passe d’abord par l’incessante amélioration des performances des véhicules thermiques » affirment les auteurs du rapport.

 

Qu’est-ce que propose le CAE ?

Il faut cessez de croire au mythe de la voiture « décarbonée » : les émissions de CO2 d’un véhicule électrique en France seraient de 41g de CO2/km, soit bien en-dessous des 130 grammes actuellement émis par un véhicule thermique dans le pays. Mais au Japon ou en Corée ce taux grimperait à 130g, et irait même jusqu’à 200g pour un véhicule chinois, décrit Jean Syrota.

Le rapport propose d’« imposer les systèmes de stop and start sur toutes les voitures », c’est-à-dire un système coupant automatiquement le moteur quand il est à l’arrêt. Les auteurs ajoutent qu’il faudrait « réduire le stationnement résidentiel en augmentant son tarif », « imposer une norme pour les bornes de recharge électriques », et de « renforcer l’incitation à l’achat de véhicules peu polluants ».

Ce papier ne fait pas l’unanimité. Beaucoup lui reproche de ne pas prendre en compte l’ensemble des innovations technologiques récentes. Le ton rabat-joie de l’analyse déconcerte les lobbies de l’électricité et les constructeurs. Les répercussions du rapor dépendront de l’influence des acteurs du véhicule électrique ) s’exprimer sur la scène publique et à réduire les obstacles de prix et d’autonomie de cette automobile…

Sources: Green Univers, OuestFrance-Auto, Latribune, enviro2b, 20minutes.fr

Une forêt pour réhabiliter la plaine polluée de Pierrelaye Bessancourt

crédits : fotosearch.fr

Ce projet émanant du Grand Paris semble tenir la corde en vue de la réhabilitation de cette plaine située au Nord-Ouest de Paris. La plantation de plus d’un millier d’hectare de bois sur place a en effet été validée récemment par le gouvernement. Le journal Les Echos nous indique ainsi dans un article intitulé « une nouvelle forêt à l’Ouest », que 1100 hectares seront mobilisés pour l’occasion : 400 appartenant à la ville de Paris, 400 à la région et à d’autres communes, et 300 qui seront acquis auprès de particuliers. Le début des opérations étant prévu pour 2017, il faudra donc encore patienter quelques années.

La pollution des sols, à l’origine de cette initiative, est due à l’épandage d’eaux usées en provenance de la région parisienne et des communes alentours. Celui-ci avait pour objectif au XIXème siècle de favoriser le maraîchage grâce à l’enrichissement des sols. Cependant, cet épandage y a engendré une accumulation de métaux lourds, rendant les terres impropres à toute culture vivrière.

Pour mener à bien ce projet, un groupement d’intérêt public devrait être créé. Il réunirait alors l’ensemble des communes concernées. Il devrait également s’accompagner de la création de 8.000 logements à proximité des zones nouvellement boisées. En tout les cas, s’il est mené à bien, ce projet sera historique, puisque le dernier domaine forestier créé l’avait été par Colbert au XVIIème siècle.

Stop aux mégots !

Dès cet été, jeter un mégot sur les trottoirs parisiens sera passible d’une amende de 35 euros. Cette sanction a été développée dans le cadre de la campagne « Paris met les pollueurs à l’amende », qui rappelle que « salir, c’est polluer ; et polluer est  une infraction ». La capitale mettra en place en 15 000 et 20 000 cendriers supplémentaires sur les poubelles. Certes, les cigarettes sont nocives pour la santé mais elles le sont aussi pour l’environnement. Chaque année, 72 milliards de mégots sont disséminés dans la nature. Or, ce sont des déchets non biodégradables qui polluent les villes, la flore et la faune, en particulier le milieu marin. Différentes solutions pour réduire leur impact sur l’environnement ont déjà  été proposées, sans grands résultats.

Les filtres des cigarettes ont été ajoutés à celles-ci dans les années 1950 pour, soi-disant, réduire le taux de goudron et de nicotine dans les cigarettes. On estime que 845 000 tonnes de mégots terminent en détritus chaque année. Aux Etats-Unis, les mégots représentent entre 28% et 33% du total des déchets ramassés. Contrairement à ce que pensent de nombreux fumeurs qui trouvent complétement normal de jeter leurs mégots n’importe où, ces derniers ne sont pas biodégradables. En effet, les mégots sont photodégradables, la matière première ne disparaît pas complétement mais se dilue au contact de l’eau ou du sol.

Ces filtres terminent souvent leur vie dans les océans, du fait du parcours des égouts, polluant les eaux. En effet, ces mégots ont absorbé une partie des 4000 substances nocives présentes dans la cigarette, dont la nicotine, l’éthylphénol, des résidus de pesticides, des métaux lourds, des gaz toxiques tels que l’ammoniaque et l’acide cyanhydrique… Autant de substances qui se retrouvent dans l’eau et menacent la faune et la flore. Une étude récente a montré qu’un seul mégot contenait suffisamment de poison pour tuer la moitié des petits poissons mis dans un litre d’eau en seulement 96 heures. De plus, les animaux marins peuvent ingérer les mégots, ce qui peut entrainer la mort ou en tout cas provoquer un faux sentiment de satiété et donc une sous-nutrition.

La culture du tabac est pratiquée dans plus de 125 pays. Environ trois quart de la production provient de pays en développement. En plus des pesticides, le traitement du tabac implique des dangers pour les travailleurs sous-payés.

Les chercheurs commencent à étudier de près la question, le programme de Recherche pour la lutte mondiale contre le tabac (RMCT) s’intéresse aux conditions de travail et aux effets de la culture du tabac sur la santé des ouvriers qui travaillent sur les grandes exploitations agricoles.

A priori, sensibiliser les fumeurs à cette pollution reste le meilleur moyen. De nombreuses initiatives, parfois insolites, ont d’ailleurs déjà été mises en place, à l’instar de la démarche de Flore Garcia Bour et de son «Mégot Défi ».

Sources :  stop-tabac.ch   notre-planete.info

Paris : développer la ville sans trop abîmer la planète

Comment développer nos villes sans abîmer la nature alentour ni réchauffer davantage notre climat ? Une étude française passe au banc d’essai des mesures d’urbanisme qui permettraient de « verdir » Paris sans nuire à la qualité de vie ni faire exploser les prix de l’immobilier.

Lutter contre l’étalement urbain pour protéger la biodiversité et l’activité agricole, réduire la place de la voiture, mieux protéger les citadins face aux impacts du changement climatique, parfois difficiles à mettre en œuvre, de telles mesures gagneraient particulièrement à être appliquées simultanément.

« Au niveau international, les négociations climat sont bloquées. A l’échelle nationale, le sujet a aussi du mal à avancer. Aujourd’hui, c’est vraiment au niveau des politiques locales qu’il revint de progresser » sur les questions environnementales, estime l’économiste Stéphane Hallegatte.

Ce spécialiste du climat au Centre International de Recherche dur l’Environnement et le Développement (Cired) et à Météo-France, a modélisé, avec son collaborateur Vincent Viguié, un urbanisme plus « vert » de l’agglomération parisienne dans une étude récemment parue dans Nature Climate Change.

« En l’absence d’action spécifique, l’étalement urbain va se prolonger et on aura en 2030 encore plus de zones à basse densité de population qui dépendent de l’automobile », une perspective néfaste pour la biodiversité, l’agriculture comme le climat, explique Monsieur Hallegatte.

« L’une des solutions, selon lui, est d’interdire toute nouvelle construction au-delà des limites de l’agglomération, mais on se heurte à l’argument suivant : vous allez interdire les constructions alors qu’il n’y en a déjà pas assez et vous allez faire monter les prix de l’immobilier. »

Autant d’inconvénients qui compliquent la mise en œuvre concrète des mesures environnementales.

Pour lever ce verrou, les chercheurs ont développé un modèle permettant de « quantifier » les avantages et inconvénients de trois mesures selon qu’elles sont mises en œuvre individuellement ou simultanément.

La première est d’interdire les constructions au-delà des limites actuelles de l’agglomération pour établir une « ceinture verte ». La deuxième de développer les transports en commun avec notamment un tarif unique de 14 euros par mois. La dernière d’interdire de nouvelles constructions en zone inondable, des inondations plus fréquentes étant attendues avec le réchauffement.

Ces mesures ont été évaluées au regard de quatre objectifs : l’accès au logement, la réduction des gaz à effet de serre, la réduction des risques naturels et la lutte contre l’étalement urbain.

Ils ont simulé pour cela la taille moyenne du logement des ménages parisiens en 2030, ou encore le nombre de kilomètres que les Parisiens parcourront alors en voiture ou l’évolution de la population dans les zones inondables.

Le plus efficace, constatent-ils, est l’application simultanée des trois politiques, « chacune des politiques compense les problèmes crées par les deux autres », relève Vincent Viguié. Par exemple, l’effort sur les transports en commun facilite l’installation en banlieue et compense l’augmentation du coût des logements due à la « ceinture verte » et à l’interdiction de construire en zone inondable.

Un travail encore très théorique mais qui peut permettre, espère Stéphane Hallegatte, d’aller « au-delà de la présentation souvent très négative des politiques environnementale en général. »

L’objectif est de montrer que faire de l’environnement n’est pas forcément contradictoire avec l’accès au logement ou la qualité de vie.

Source : AFP

Greenpride – l’écologie fait le show à Paris

En ce premier weekend de vacances de la Toussaint, les associations de protection de l’environnement vont faire leur show. La toute première édition de la Greenpride sera organisée ce dimanche, le 23 octobre, à l’initiative du collectif Appel de la Jeunesse. Cette ONG jusqu’alors méconnue du public s’est créée en 2009. Elle fonde son action, axée sur la santé environnementale, sur l’article 1er de la Charte constitutionnelle de l’Environnement qui dispose que « chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé ».

Diverses animations sont au programme de cette journée. Dans un premier temps, un brunch bio sera organisé à la Villette dès 11h30. Il sera le point de départ d’un défilé qui gagnera la place Stalingrad, suivi d’une série de concerts au Trianon dont le coup d’envoi sera donné à 17h. Les organisateurs de l’évènement souhaitent, selon leurs dires, faire de l’écologie une fête et mettre en lumière les enjeux sanitaires liés à l’environnement, « encore trop peu connus du grand public ».

Le collectif Appel de la Jeunesse est soutenu dans sa démarche par plusieurs ténors de la protection de l’environnement comme WWF France, Greenpeace, GoodPlanet ou encore le réseau Environnement Santé, qui seront représentés au sein du cortège.

Mais ce n’est pas tout. Cet évènement a aussi pour vocation de lancer, sous les meilleurs auspices, une série de conférences ouvertes au public durant les mois de novembre et décembre au sein des universités et grandes écoles parisiennes portant sur les questions écologiques actuelles.

Les nuisances de l’éclairage public

L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie) relance le débat sur la problématique de l’éclairage public. Dans l’une de ses études, relayée par le quotidien L’Est-Eclair, elle indique ainsi que « l’éclairage artificiel public occasionne 37 % des dépenses en électricité des municipalités, soit 7,10 € par habitant et par an en moyenne ».

Les motifs avancés par les municipalités pour justifier ces dépenses sont connus. Celles-ci mettent en avant l’apport pour l’esthétique des villes de l’éclairage public, ainsi qu’une nécessité de lutter contre l’insécurité. Mais selon le quotidien, son efficacité en matière de sécurisation « n’a jamais été démontrée ».

En outre, l’ADEME souligne qu’actuellement, près de neuf millions de lampes sont utilisées en France dans le but d’éclairer les villes et les campagnes, pour une consommation estimée à 5,6 térawatts par heure, soit l’équivalent de la production annuelle d’un réacteur nucléaire.

Un tel sur-éclairage aurait des conséquences importantes sur notre organisme, de même que sur la faune. La sécrétion de mélatonine – l’hormone du sommeil – chez l’Homme, diminuerait ainsi sous l’influence de la lumière artificielle environnante. Or, celle-ci contribue à stabiliser la tension par exemple. Les espèces animales, comme les oiseaux ou les chauves-souris, verraient pour leur part leurs repères s’estomper et seraient alors considérablement désorientées. Enfin, les insectes  trouvent dans la pollution lumineuse une grande cause de mortalité, devenant des proies faciles.

Des progrès devront donc être réalisés dans les années à venir, afin de rendre l’éclairage public plus durable. Poursuivant cet objectif, l’association Cluster Lumière qui regroupe les acteurs de de la filière, organisera le 29 septembre les premières rencontres sur le thème de la performance et de l’efficience durables dans l’éclairage public à Paris. Nous verrons ce qu’il en sortira.