Japon: scandale autour du redémarrage de deux centrales

La décision de redémarrer deux centrales nucléaires, sur les 50 fermées depuis la catastrophe de Fukushima, a été confirmée ce samedi 16 juin, après une semaine de délibération, ceci en dépit des protestations et de l’indignation du public et des organisations gouvernementales, dont Greenpeace, scandalisée, qui proteste et juge que cette décision menace «  inutilement l’environnement japonais, son peuple et son économie ».

Photo: fotopedia.com

Le redémarrage pour la survie du pays?

C’est dans l’Ouest du pays, à Ohi, que le gouvernement japonais a autorisé la réouverture de deux réacteurs nucléaires. Ce sont les deux premiers à bénéficier de cet accord, car jugés sûrs par l’Agence de sécurité nucléaire, qui a effectué les tests pour le compte du Japon. Après l’arrêt complet de tout le parc nucléaire suite à la catastrophe de Fukushima, survenue le 11 mars 2011, le gouvernement japonais déclarait la semaine dernière que «si tous les réacteurs qui fournissaient 30% de l’électricité du Japon sont arrêtés, la société japonaise ne peut pas survivre».

Le ministre de l’industrie, Yukio Edano déclare quant à lui que « les préparatifs d’une relance effective sont en cours », relance qui sera assurée par le groupe industriel Kansai Electric dans les cinq à six prochaines semaines.

Cette annonce, qui intervient avant le pic de demande dû à la saison chaude, période où la climatisation au Japon tourne à plein régime, n’est pas la seule explication de la réouverture des deux réacteurs du site d’Ohi. Le Premier ministre Yoshihiko Noda rappelle que « ce n’est pas un problème de pénurie cet été, mais une nécessité pour ne pas freiner l’activité économique du pays qui s’accélère ».

Une forte désapprobation populaire

La réouverture du site d’Ohi semble être le commencement d’un mouvement massif de relance de l’activité des centrales nucléaires japonaises, malgré la forte hostilité de l’opinion publique. Le gouvernement japonais a prévenu « qu’environ 20 autres réacteurs ont subi des examens et qu’ils sont jugés sûrs ». Déjà, une dizaine de milliers de manifestants se sont rassemblés vendredi 15 juin « pour s’opposer à cette mesure ». Ils ont également fait circuler une pétition dans l’espoir « d’abandonner l’énergie atomique », qui a déjà recueilli 7,5 millions de signatures.

Fortement opposée à ce « feu vert » du Premier ministre qu’elle trouve « hâtif et dangereux », Greenpeace souligne dans un communiqué de presse que le gouvernement « ne tient pas compte de l’avis des experts en matière de sécurité et de l’hostilité de l’opinion ». Gouvernement japonais qui assure pourtant que « la politique de dépendance à l’égard de l’atome à l’horizon 2030 n’est pas remise en cause ».

 

Source: LeFigaro.fr