Le lobby OGM courtise les candidats à la présidence

L’Association Française des Biotechnologie Végétales (AFBV) a adressé une lettre à tous les candidats à la présidentielle afin de solliciter leur soutien aux OGM. Dans cette lettre, poétiquement intitulée « les biotechnologies végétales, une chance pour le développement durable de l’agriculture », l’AFBV pousse ainsi un « cri d’alarme pour sauver les Organismes Génétiquement Modifiés biotechnologies végétales  dans notre pays ». Selon l’association, les OGM contribueraient à « une agriculture durable économiquement viable, socialement responsable et écologiquement saine »…

Pour mieux convaincre, l’AFBV appuie son discours sur plusieurs arguments :

Nos OGM vont permettre de nourrir le monde :

Le principal raisonnement des disciples du lobby OGM reste toujours le même : pour nourrir l’humanité, l’utilisation des OGM est inévitable, car sans eux, le monde ne pourra pas manger à sa faim. « Le monde est confronté au défi de devoir nourrir plus de 9 milliards d’humains en 2050, ce qui exigera d’augmenter la production agricole de 50%. Cette augmentation devra se faire à 80% par la croissance des rendements des cultures et essentiellement dans les pays en développement ».

Etrangement, de nombreux scientifiques mettent en avant le fait que c’est justement cette forme d’agriculture intensive qui épuise les ressources de la terre et qui va finalement mener à une crise alimentaire mondiale. « L’industrialisation de l’agriculture, avec l’usage massif d’engrais chimiques, de pesticides et de semences hybrides et la mécanisation excessive, a porté gravement atteinte à la terre nourricière et à la culture paysanne. Ne pouvant produire sans détruire, l’humanité s’expose ainsi à des famines sans précédent », explique Pierre Rabhi, reconnu expert international pour la sécurité alimentaire.

Vous allez perdre de l’argent

« L’Europe et la France ne peuvent rester plus longtemps à l’écart du dynamisme de l’innovation dans la création variétale issue du génie génétique et que l’on peut constater dans de nombreux pays, aux Etats-Unis comme dans les pays émergents, lesquels sont déjà nos concurrents sur les marchés mondiaux des produits agricoles et agroalimentaires. Ne pas agir dans ce domaine créera à échéance rapide une perte d’expertise, une dépendance technologique et économique, une perte de compétitivité coûteuse pour notre agriculture et négative pour notre balance commerciale, pour l’emploi et notre sécurité d’approvisionnement en matières agricoles. Relancer notre recherche dans le domaine des biotechnologies vertes s’inscrit parfaitement dans la volonté affichée de relancer la croissance en remettant au centre de la politique économique une dynamique de l’offre de production de nos filières agricoles et agro-industrielles sur le territoire français », explique ainsi la lettre aux candidats.

De la publicité pro-OGM à la télé ?

L’AFBV demande aux candidats s’ils ont l’attention d’agir auprès du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel afin de « veiller à ce que les grands médias respectent le pluralisme des idées sur les controverses scientifiques et ainsi assurer une information des citoyens rigoureuse et équilibrée sur les grands enjeux scientifiques de notre pays ». L’association souhaite sensibiliser le grand public à la cause OGM…

Rappelons que, selon un sondage IFOP / Ouest France publié en décembre 2011, 80% des Français se déclarent opposés à la culture de plantes génétiquement modifiées en plein champ en France.

 

Source : bioaddict.fr

Agriculture : Vandana Shiva appelle les Français à désobéir

Les Français, au même titre que tous les habitants de la planète, sont appelés à désobéir par Vandana Shiva, docteur en philosophie, illustre figure des écologistes de terrain et des altermondialistes au niveau mondial, reconnue notamment pour la défense de l’agriculture paysanne et biologique face à la politique d’expansion des multinationales agro-alimentaires et aux effets pervers du génie génétique.

Un appel de l’Alliance pour la Liberté des Semences

Alors qu’elle organise une « grande quinzaine d’actions du 2 au 16 octobre 2012 », l’Alliance pour la Liberté des Semences a choisi l’activiste indienne Vandana Shiva, qui lutte contre le brevetage du vivant et la biopiraterie, autrement dit, contre « l’appropriation par les firmes agro-chimiques transnationales des ressources universelles, notamment les semences », pour alerter sur l’impact des semences industrielles.

Ces prises de position interviennent dans le même temps que la onzième conférence de l’ONU de la Convention sur la Diversité Biologique (COP11), organisée à Hyderabad, en Inde, jusqu’au 19 octobre.

Qu’en est-il en France ?

Vandana Shiva a été reçue en France le 10 octobre par la Fondation France Libertés. La détentrice du Prix Nobel alternatif de 1993 a présenté le Rapport Mondial Citoyen sur la Liberté des Semences : Seed Freedom », élaboré par plus d’une centaine d’ONG internationales.

Vandana Shiva appelle la France à « entrer en désobéissance civile contre l’industrie semencière, sur les pas de Gandhi ». Un parallèle est établi avec la marche du sel, de 1930, qui a permis aux paysans indiens menés par le Mahatma de s’opposer à la taxation que voulaient leur imposer les Anglais « pour un produit, le sel, qui comme les semences est donné par la nature ! ».

L’activiste affirme : « Dans ce pays de révolution, il est temps  de résister à la stupidité, à l’irresponsabilité et aux crimes contre la Nature ».  La désobéissance est si simple ! Il suffit de semer « des semences libres, en apprenant à les reproduire, en les échangeant, et en s’unissant ».

Au niveau politique, car cette révolution doit être soutenue, Guy Kastler, du  Réseau Semences Paysannes rappelle que le gouvernement socialiste s’est engagé et qu’il est attendu au tournant : « Voici un an, en France, une loi a été imposée par l’ancienne majorité pour interdire aux paysans de ressemer une partie de leurs récoltes » (…) « La nouvelle majorité s’est engagée à abroger cette loi. Nous attendons. » Il a aussi invité les députés européens à se mobiliser d’urgence « contre l’interdiction programmée d’échanger ou de diffuser toutes les semences qui concernent l’agriculture vivrière sans passer par le système légal ».

Les semences industrielles menacent la biodiversité

L’Alliance pour la Liberté des Semences dénonce l’atteinte à la biodiversité que représentent les semences industrielles. Elle estime que leur monopole entrave la diversité génétique, indispensable au maintien de la biodiversité. Vandana Shiva déplore que les semenciers font passer le critère D.H.S (Distincte, Homogène, Stable, pour une variété de semence inscrite dans un catalogue officiel) pour un critère scientifique, alors que selon elle, « il ne l’est pas ».

Les semences industrielles menacent les droits des agriculteurs

Vandana Shiva dénonce aussi que les industriels interdisent aux agriculteurs de semer librement ce qu’ils récoltent ou échangent, ce qu’elle considère comme un droit, pour pouvoir mieux continuer à leur vendre des semences pourtant naturellement fournies par la nature. Pour argumenter sur l’atteinte à ce droit de semer naturellement, elle affirme qu’aujourd’hui « au moins 90% des semences cultivées dans le monde sont des semences industrielles ».

Pas étonnant qu’elle contre-attaque les « faux arguments » donnés par l’industrie semencière pour justifier les OGM : « les recherches dans le domaine n’ont pas pour but de résoudre le problème de la faim dans le monde ! » mais de « légitimer, au nom des lois imposées par l’OMC,  le droit de déposer des brevets » et ainsi, toujours et encore, d’« obliger les agriculteurs à acheter des semences chaque année ».

Source : Novethic.fr