L’Afrique a soif

La forte croissance démographique  sur le continent africain oblige les Etats à augmenter leurs investissements afin de garantir un meilleur accès à l’eau potable. « La ressources existe, le problème réside dans les infrastructures », explique François Ombanda, directeur général de la Société d’énergie et d’eau du Gabon. En effet, sur les 5 400 milliards de mètres cubes d’eau que recèle le continent, seulement 4%  est utilisé.

Selon un rapport conjoint de l’Organisation Mondiale de la Santé et du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), en 2008, l’approvisionnement en eau de la population était de 31% en Afrique subsaharienne et de 60% en Afrique du Nord. « Il est nécessaire d’accroître les investissements pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) », indique Sering Jallow, directeur du département eau et assainissement à la Banque africaine de développement (BAD). Ces OMD prévoient de réduire de moitié le nombre d’habitants dépourvus d’accès à l’eau d’ici 2015. « Seuls l’Afrique du Sud et peut-être le Sénégal atteindront ces objectifs. La démographie urbaine est galopante, c’est le principal défi des pays, se mettre à jour rapidement et anticiper l’avenir », précise Sylvain Usher, secrétaire général de l’Association Africaine de l’Eau (AAE).

En effet, la population africaine devrait ainsi augmenter de moitié entre 2010 et 2040, avec un pourcentage de citadins qui passerait de 44% à 57%. La Banque Mondiale et l’Association Africaine de l’Eau, préparent actuellement une étude sur une trentaine de capitales africaines, afin de déterminer comment les sociétés de distribution peuvent préparer les vingt à trente prochaines années. Les besoins domestiques en eau d’ici à 2040 devraient se situer entre 135 et 161 milliards de mètres cubes par an pour l’ensemble du continent.

Des progrès ont tout de même étaient effectués depuis ces dernières années, les sociétés de distribution semblent avoir amélioré leur mode de fonctionnement. « On constate que les dirigeants sont de mieux en mieux formés », relève Sylvain Usher. Les firmes cherchent en outre à bénéficier des retours d’expériences. «  Au sein de l’AAE, nous avons mis en place une plateforme de rencontre entre les différentes sociétés du continent. Elles peuvent aussi échanger leurs expériences sur tous les continents. L’objectif, in fine, est de favoriser les partenariats entre sociétés d’eau. »

Des principes semblent avoir été pris en compte, « les politiques de développement soutenues des gouvernements et les réformes qui en ont découlé ont visé à créer un environnement propice en améliorant l’efficacité, le redressement financier et l’augmentation des prestations de services », souligne l’expert de la BAD. Reste que « la mobilisation de ressources internes et externes afin de construire les infrastructures d’eau et d’assainissement, d’une part, et la capacité institutionnelle à gérer leur mise en œuvre et à les exploiter à des fins économiques et sociales, d’autre part, demeurent les principaux défis auxquels sont confrontés les pays d’Afrique subsaharienne », indique Sering Jallow.

Rappelons qu’aujourd’hui, 300 millions d’Africains n’ont pas accès à l’eau potable. 15 milliards de dollars d’investissement annuels seraient nécessaires pour approvisionner toute la population.

Source : jeuneafrique.com

L’ONU soutient les Partenariats Public Privé (PPP)

Source: Fotosearch

Au cours d’une réunion de l’ONU organisée le 2 juin dernier à New York, les représentants des nations se sont interrogés sur la manière de « donner accès à l’électricité, de manière durable et économiquement viable, au quelque 2,5 millions de personnes qui sont mal reliées ou qui ne sont pas reliées à un réseau ».dans le monde.

Après avoir lu et commenté les conclusions d’un rapport sur les Partenariats public-privé (PPP) publié par l’organisation, les Etats ont été invités à s’inspirer des expériences de PPP réussies, à l’exemple du partenariat entre les communautés, le gouvernement local et le Partenariat mondial pour la création d’une station hydroélectrique près de Chorriaca, en Argentine.

Le communiqué de presse de l’ONU décrit que l’objectif du rapport est « d’aider la communauté internationale à trouver des solutions pour approvisionner en électricité les millions de personnes « pauvres en énergie » dans le monde. »

Le PPP est-il LA solution ?

Tout d’abord, le PPP est conditionné à des choix rigoureux et pragmatiques, décris par le rapport :

– choisir une technologie électrique appropriée au lieu et aux conditions de vie ;

– avoir des objectifs de développement de l’énergie et des politiques claires sur le long terme, accompagnées d’un cadre juridique et de l’assurance d’un retour sur investissement voire de profits pour les investisseurs ;

– avoir des fonds suffisants pour la recherche et le développement d’énergies propres ;

– prendre des mesures pour optimiser la capacité du secteur privé à proposer ce qu’il sait faire de mieux dans le cadre d’un partenariat public privé ;

– entretenir des relations fortes entre les secteurs public et privé, et réaliser des accords d’achat de l’électricité assurant le secteur privé d’un retour sur investissement.

Et si les partisans de la formule PPP vantent sa rapidité de mise en œuvre et l’obligation de résultat pesant sur le partenariat, ses détracteurs pointent le coût des études qui limite la concurrence et le surcoût lié au financement privé. Il est important que les PPP ne puissent  servir d’artifice à l’Etat et aux collectivités pour ne pas s’engager financièrement et à long terme dans les investissements nécessaires, ici, à la production de l’énergie.

Selon Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, « la disponibilité de réserves d’énergies propres et fiables est essentielle pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement et combattre le changement climatique ».

Les PPP deviennent progressivement le cheval de bataille de l’ONU pour inciter les Etats membres à agir. Le partenariat mutualise les ressources et partage les coûts et les prises de risques entre le public et le privé favorisant ainsi la poursuite d’investissement dans le secteur de l’énergie.

La formule PPP constitue un outil efficace de gouvernance mondiale alliant action locale et acteurs internationaux. Le PPP permet de gérer la divergence intérêts, les motivations et des enjeux des parties prenantes publics et privés afin d’atteindre les résultats fixés initialement. A l’échelle mondiale, les résultats d’une bonne gouvernance s’observent, d’après les différentes organisations internationales, dans la transparence, la participation, l’imputabilité, l’efficacité et l’efficience, l’équité et l’orientation du consensus obtenus par les partenariats.