Les traditions Massaïs menacées par le changement climatique

Le peuple Massaï se définit à la fois comme une population de pasteurs et de nomades. Les tribus élèvent les troupeaux de vaches qui constituent leur principale source de richesse. En pleine période de changement climatique et de pressions démographiques, les tribus ont de plus en plus de mal à faire perdurer leurs troupeaux.

On estime le nombre de Massaïs entre 300 000 et 800 000 personnes réparties sur les savanes de Tanzanie et du Kenya. Au gré des saisons, les Massaïs font paître leur cheptel là où l’herbe et les pâturages sont abondants. Ce peuple revendique son indépendance mais aussi son attachement à ses traditions et son mode de vie. Gardiens des terres qu’ils investissent, les Massaïs se disent également gardiens d’un bien que leur dieu unique leur a confié : la vache.

L’idée donc, que certains éleveurs kényans puissent chercher à réduire le nombre de bêtes au sein de leurs troupeaux semble peu probable. Mais avec l’augmentation des sécheresses qui dévaste une importante quantité de bétail et la population humaine qui ne cesse de croître, les pâturages disponibles se font de plus en plus rares.

«  Les précipitations sont beaucoup moins abondantes qu’avant, au mois de mars dernier, il n’a plu que deux semaines. Il arrive que parfois, les précipitations durent deux ou trois semaines, mais la sécheresse revient avant que l’herbe n’ait le temps de repousser ce qui cause la perte de nombreuses bêtes au sein du troupeau. Si j’avais plus d’argent, j’aimerais pouvoir envoyer mon fils à l’école pour qu’il n’ait pas à devenir éleveur comme moi » indique Kenyatta Mpesi, un Massaï de 44 ans.

Le changement devient alors inévitable et les tribus d’éleveurs  sont désormais obligés de s’adapter à ce monde en mutation.

Dans la région de la Vallée du Rift, au Kenya, un programme innovant a été mis en place par un groupe Massaï  afin d’aider les éleveurs à maintenir leur mode de vie traditionnel. L’idée est de rassembler un seul et même troupeau de grande qualité – bien adapté aux conditions difficiles – et de la faire paître de la même manière que le font les animaux sauvages de la région.

Les animaux se tiennent alors regroupés contre les prédateurs. Ils ont un gros impact sur une petite zone, semant des graines et fertilisant la terre quand ils passent. Quand la pluie arrive, le sol est bien préparé pour que croissent de nouveaux pâturages même lors de sécheresses.

Une vidéo de ce programme est disponible à cette adresse.

Sources : the guardian , cntv